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Accueil du site > Tribune Libre > Les EAU et le « péché national »
#73 des Tendances

Les EAU et le « péché national »

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Les groupes idéologisés et les régimes populistes ont généralement recours à des slogans et à une rhétorique retentissants dans leurs discours tactiques qui visent les sentiments des simplets, loin du langage raisonné fondé sur les faits et les preuves.

Dans ce contexte, on comprend la réaction du Mouvement palestinien Hamas à l’ouverture de l’ambassade d’Israël à Abou Dhabi lors d’une récente visite aux EAU du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid. Le mouvement a considéré que l’ouverture montre l’insistance des EAU sur ce que le mouvement a qualifié de péché national commis en signant l’accord de normalisation avec Israël.

Il a affirmé que l’ouverture de l’ambassade en ce moment confirme que les accords de normalisation « encouragent l’occupation israélienne à intensifier son agression contre le peuple palestinien et ses lieux saints. » Bien sûr, le Hamas ou d’autres mouvements palestiniens ont le droit de dire ce qu’ils veulent quand ils expriment leur opinion sur les développements régionaux ou internationaux.

On peut refuser, objecter et dénoncer comme on veut. Ce sont leurs positions que personne ne peut réprimer. Mais je trouve que c’est mon droit en tant qu’observateur politique d’aborder les positions et les commentaires de ces organisations avec l’analyse que je vois objectivement et qui n’est pas contraire au droit de chaque parti d’exprimer ses positions.

Je pense donc que s’efforcer de qualifier l’ouverture d’une ambassade israélienne aux EAU de « péché national » est le péché même. Le Hamas et les autres organisations palestiniennes ne prêtent plus la moindre attention au courant nationaliste qu’ils ont tantôt adopté, tantôt rejeté. .

Le mouvement devrait d’abord s’interroger sur la position du nationalisme arabe sur ce mouvement qui s’est jeté dans les bras de l’un des pires ennemis de l’arabisme, le régime des mollahs iraniens, ainsi que la Turquie. Ce n’est un secret pour personne que ces deux régimes sont hostiles au nationalisme arabe, dont le Hamas s’efforce de relever le slogan.

Le Hamas est aussi un mouvement ayant un lien idéologique confessionnel en tant que branche du groupe terroriste des Frères musulmans. Personne ne le conteste.

Personne ne conteste non plus l’état de déconnexion et d’hostilité absolue entre l’idéologie du mouvement parent (les Frères) et le nationalisme arabe, que le Hamas utilise pour tenter de stigmatiser la politique des EAU envers Israël. C’est dire l’ampleur de la tromperie, de l’emploi de slogans et de la politisation des positions par ces mouvements.

Une autre chose importante, à mon avis, est de décrire les relations arabes avec Israël comme un « péché. » C’est une description qui est censée inclure chaque partie arabe ayant des relations formelles ou informelles avec Israël. Mais ça n’a aucun sens que cette description soit limitée à l’approche et au comportement des EAU. Cependant, le ciblage est devenu clair.

Mais nous voulons l’étayer par des preuves. Plusieurs pays arabes ont précédé les EAU pour établir des relations officielles avec Israël. Il y a même des partis palestiniens qui ont signé des accords formels depuis les années 90.

Leurs téléphones sonnent tous les jours des appels depuis Israël. Il y a aussi des destinations arabes préférées des dirigeants du Hamas qui, bien des années avant les EAU, ont établi des bureaux de représentation commerciale et des relations formelles et informelles avec Israël.

Si de telles politiques souveraines sont qualifiés de péché arabe, Doha, où résident les dirigeants historiques du Hamas, est un pionnier du péché. Ceci à moins que les cadeaux qataris aient apporté à Doha une indulgence qui efface ce que le mouvement considère comme des péchés.

Je ne suis pas ici pour défendre la position des EAU sur l’établissement de relations avec Israël ou l’ouverture d’une ambassade ou d’un consulat. Ce sont des décisions souveraines basées sur des intérêts stratégiques supérieurs. Aucune tierce partie n’a le droit de les rejeter ou d’interférer.

Ces questions ont été abordées à l’époque et la position, les objectifs et les justifications des EAU ont été longuement expliqués, de manière officielle et analytique. Mais je rejette généralement le principe de deux poids, deux mesures, tant dans la structure des relations internationales que dans le regard porté sur certaines politiques d’autrui.

Il ne s’agit pas ici de décisions à admirer ou à critiquer. Toute décision ou politique est sujette à la critique et au rejet, à condition que chaque opinion ait sa raison d’être. Il doit y avoir une adéquation entre la pensée et le comportement.

Mais c’est la sélectivité de l’expression de l’opinion qui est déroutante et surprenante. Il est insensé d’accepter une chose d’un côté et de la rejeter de l’autre.

L’histoire dit que les EAU n’ont jamais abandonné leur nation arabe. Elle est toujours à l’avant-garde des défenseurs de ses causes et de ses intérêts.

Ceux qui le nient devraient revoir les positions des EAU, anciennes et nouvelles. Ils doivent se regarder dans le miroir pour savoir qui est allié aux ennemis des Arabes qui se vantent d'occuper nos capitales en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban.

 


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1 réactions à cet article    


  • eau-du-robinet eau-du-robinet 21 juillet 13:47

    Israël à confisque l’eau des Palestiniens, exercent ainsi un ignoble chantage sur les palestiniens !
    .
    « Notre problème, c’est Israël, pas les changements climatiques », affirme sans détour Deeb Abdelghafour, directeur général de l’Autorité palestinienne de l’eau.

    .

    Tout un contraste avec les puits creusés par Israël un peu partout en Cisjordanie pour approvisionner les colonies juives. À Al-Auja, les résidents notent que la demi-douzaine de colonies israéliennes du voisinage ont assez d’eau pour cultiver leurs champs. La multiplication des puits israéliens a contribué à tarir les sources de la Palestine, dont celle qui a fait la renommée d’Al-Auja, remarque Jihad Shabanat, ingénieur hydraulique pour la municipalité.

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