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Accueil du site > Tribune Libre > Les élections à venir : gauche bourgeoise VS gauche prolétarienne
#63 des Tendances

Les élections à venir : gauche bourgeoise VS gauche prolétarienne 

 

 fracture de classe au sein de la gauche française

 

Introduction : une fracture ancienne qui structure encore la gauche française

Depuis les années 1970, la gauche française s’est divisée en deux blocs sociaux distincts :

- une gauche bourgeoise, urbaine, diplômée, centrée sur les luttes sociétales ; 

- une gauche prolétarienne, issue des classes populaires, centrée sur les enjeux matériels.

 

Cette fracture s’est cristallisée autour d’un moment clé : 

le discours de Georges Marchais en 1981 sur l’immigration de travail, 

et la réaction violente de la gauche bourgeoise, du patronat et des médias.

 

Ce discours, souvent caricaturé, portait en réalité sur la lutte de classes, pas sur l’identité.

---

1. Le discours de Marchais (1981) : un avertissement de classe étouffé par la morale 

En janvier 1981, Marchais publie dans *L’Humanité* un texte devenu historique. 

 : 

 « Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. »

 

Mais le sens réel du discours est systématiquement déformé. 

Marchais ne parle pas de :

- culture, 

- identité, 

- race.

 

Il parle strictement de lutte de classes :

- concurrence entre travailleurs, 

- pression sur les salaires, 

- affaiblissement syndical, 

- fragmentation du salariat, 

- abandon des quartiers populaires.

 

Pour Marchais, l’immigration de travail massive est un instrument patronal pour :

 

- réduire les coûts, 

- casser les revendications, 

- diviser les travailleurs, 

- contourner les protections sociales.

 

C’était une analyse économique, pas morale.

 

La gauche bourgeoise, les médias et le patronat ont immédiatement disqualifié ce discours, empêchant tout débat rationnel sur ses implications.

 

---

2. Ce qu’on aurait pu éviter si le discours de Marchais avait été entendu 

Les travaux de Beaud, Pialoux, Noiriel, INSEE, OCDE montrent que la France aurait pu éviter :

 

2.1. Une désindustrialisation brutale 

Les bassins industriels ont été exposés à :

- la concurrence internationale, 

- la pression sur les salaires, 

- la fragmentation du marché du travail.

 

2.2. Une précarisation massive des classes populaires 

Sans régulation :

- explosion des contrats courts, 

- segmentation du salariat, 

- affaiblissement syndical.

 

2.3. Une fracture territoriale 

Les métropoles ont prospéré. 

Les périphéries ont décliné

 

2.4. La perte d’hégémonie de la gauche ouvrière 

Le PCF a été marginalisé. 

Les classes populaires ont été abandonnées.

 

2.5. Le basculement du vote ouvrier vers le RN 

Les ouvriers votaient PCF. 

Ils votent aujourd’hui RN.

 

Ce basculement est un effet de l’abandon des questions matérielles théorisé par l officine proche du PS « Terra Nova ».

 

---

 

3. Le rôle du patronat : moteur économique de la décomposition sociale 

Les études de l’INED, de l’OCDE et de sociologues montrent que le patronat a historiquement intérêt à une main-d’œuvre :

- abondante, 

- flexible, 

- segmentée, 

- peu syndiquée.

 

Les secteurs concernés :

- BTP, 

- restauration, 

- agriculture, 

- aide à domicile, 

- logistique.

 

Le patronat a donc poussé à :

- l’ouverture du marché du travail, 

- la dérégulation, 

- la flexibilisation, 

- la mobilité internationale.

 

Ce modèle est incompatible avec les intérêts des classes populaires.

---

4. L’anticommunisme des années 1980 : la chape de plomb 

 

Dans les années 1980, l’anticommunisme est :

- médiatique, 

- culturel, 

- universitaire, 

- politique.

 

Il sert à :

- disqualifier le PCF comme “archaïque”, 

- présenter Marchais comme “réactionnaire”, 

- empêcher tout débat sur les salaires, 

- masquer le rôle du patronat, 

- imposer un antiracisme moral (SOS Racisme), 

- remplacer la lutte de classes par les luttes sociétales.

 

Les médias ont joué un rôle central :

- inflation du terme “fascisme”, 

- moralisation du débat, 

- disqualification du vote populaire, 

- justification du front bourgeois.

 

L’anticommunisme a empêché la gauche de traiter les questions matérielles.

---

5. Les intérêts matériels de la petite bourgeoisie : l’acteur invisible du clivage 

La petite bourgeoisie — cadres, professions intermédiaires, enseignants, journalistes, consultants, travailleurs du secteur culturel et administratif — joue un rôle décisif dans la recomposition de la gauche.

 

5.1. Une classe qui bénéficie de la main‑d’œuvre bon marché

Elle dépend d’une économie de services à bas coût :

- restauration, 

- ménage, 

- aide à domicile, 

- livraison, 

- garde d’enfants.

 

Ces services sont moins chers lorsque la main‑d’œuvre est :

- abondante, 

- flexible, 

- en concurrence.

 

Elle a donc un intérêt matériel à l’ouverture du marché du travail, même si cela fragilise les classes populaires.

 

5.2. Une classe qui profite de la gentrification** 

La petite bourgeoisie s’installe dans les quartiers populaires, où les loyers sont bas. 

La présence d’une population précaire maintient les prix bas, facilitant la gentrification.

 Elle n’a aucun intérêt à une politique qui renforcerait le pouvoir d’achat des classes populaires dans ces quartiers.

 

5.3. Une classe qui dépend du capital 

Elle travaille dans les entreprises des riches, dépend de leurs investissements, bénéficie de leurs médias et de leurs financements.

 

Elle n’a aucun intérêt matériel à taxer fortement le capital ou les ultra‑riches.( taxes zucman, Peyrelevade, Prats)

 

5.4. Une classe qui craint la gauche prolétarienne

Une gauche centrée sur :

- les salaires, 

- les loyers, 

- les services publics, 

- la régulation du marché du travail,

 

menacerait ses propres avantages.

 

Elle préfère une gauche qui parle de symboles plutôt que de salaires.

 

 5.5. Une classe qui domine les médias et les institutions

Elle occupe massivement :

- les rédactions, 

- les plateaux télé, 

- les universités, 

- les ONG, 

- les cabinets politiques.

 

Elle impose un cadrage qui protège ses intérêts matériels, tout en se présentant comme “progressiste”.

 

---

 

6. Les élections à venir : un affrontement entre deux gauches 

6.1. La gauche bourgeoise**

- urbaine, 

- diplômée, 

- centrée sur les luttes sociétales, 

- compatible avec les intérêts du patronat **et de la petite bourgeoisie**.

 

6.2. La gauche prolétarienne**

- populaire, 

- territoriale, 

- centrée sur les salaires, l’emploi, les services publics, 

- en conflit avec les effets de la mondialisation.

6.3. Le vrai clivage

Les élections à venir ne sont pas un affrontement entre :

- “progressistes” et “réactionnaires”, 

- “antifascistes” et “fascistes”.

 

Elles sont un affrontement entre :

une gauche bourgeoise (alliée de la grande bourgeoisie cf Mme Arnault – le capitaliste le plus riche du monde- appelant à voter Mélenchon) 

une gauche prolétarienne (issue des classes populaires)

C’est une recomposition de classe, pas un débat moral.

---

 

Conclusion : Marchais avait annoncé la fracture 

Le discours de 1981 n’était pas un repli. 

C’était une analyse économique.

Si la gauche avait écouté Marchais :

- elle aurait protégé les classes populaires, 

- elle aurait régulé le marché du travail, 

- elle aurait évité la fracture territoriale, 

- elle aurait conservé son électorat ouvrier.

 

L’anticommunisme, le patronat, et les intérêts matériels de la petite bourgeoisie ont empêché cette voie.

 

Les élections à venir sont le résultat direct de ce rendez-vous manqué.

 


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3 réactions à cet article    


  • La Bête du Gévaudan 17 septembre 19:51

    je suis assez d’accord... 

    ceci-dit, je ne vois pas bien en quoi les questions d’identités sont à bannir... le peuple gaulois refuse la charia... la gauche refuse de se positionner : « lapider les femmes ou non, tout est relatif »... on pourrait même imaginer un compromis : lapidons les femmes à moitié, ah ah ! 

    La réalité est que les questions identitaires sont même supérieures aux questions socio-économiques... la question de savoir s’il faut ou non lapider les femmes n’est pas tranchée par le partage de la richesse entre capital et travail, mais par l’affirmation philosophique de certaines valeurs... 

    Tout ordre juridique, quel qu’il soit, est fondé sur un système implicite de valeurs... et un système de valeurs repose sur une vision-du-monde, une métaphysique... implicite ou explicite... 

    Vous n’avez, dans l’absolu, aucun argument pour justifier s’il faut égorger ou non les blasphémateurs... C’est une question de choix philosophique... 

    Si les adeptes de la charia venaient à être majoritaires démographiquement, ou simplement prépondérant par leur poids électoral, ils pourraient parfaitement imposer démocratiquement leurs législations... 

    Donc la question identitaire est existentielle... mais, en effet, elle n’est pas raciale mais idéologique et culturelle. 


    • La Bête du Gévaudan 17 septembre 20:13

      je pense que la gauche est pétrie de valeurs éthiques occidentales (largement d’origine chrétiennes latines) et qu’elle refuse de se l’avouer... Ce que la gauche prend pour des « valeurs universelles » voire « naturelles », ne sont en réalité que les moeurs issues du christianisme romain et du libéralisme moderne qui en est sorti. La prépondérance si forte de la raison est elle-même un trait culturel occidental. 

      La gauche est totalement incapable de penser le « radicalement différent »... elle chante la diversité du monde comme le « mythe du bon sauvage » au XVIIIème siècle... c’est à dire qu’elle ramène implicitement toutes les cultures du monde à sa propre norme identitaire de gauche occidentale pétrie de romanité chrétienne et de libéralisme. 

      La gauche est persuadée que « tout le monde finira par vivre comme nous »... comme nous les blancs bourgeois occidentaux ! ... Cela suppose que les différentes cultures du monde sont un « aimable folklore enfantin » qui finira par rejoindre notre vérité adulte... C’est un ethno-centrisme ahurissant ! Et totalement inconscient... Tout le mythe du « vivre ensemble » repose sur cet angle mort... 

      En fait, la gauche est intrinsèquement et totalement suprémaciste... son mode de pensée cosmopolite ne trouve de logique rationnelle que si l’on admet la supériorité et l’avènement inexorable du mode-de-vie (et de ses valeurs implicites) de la bourgeoisie occidentale libérale. 


    • jakem jakem 17 septembre 21:44

      Marchais n’avait pas défendu la culture et l’identité françaises parce qu’à l’époque elles n’étaient pas clairement contestées par des Aliens et des traitres de l’intérieur.

      Même les trotskocos soviétiks ne l’attaquaient pas.

      Je ne pense pas qu’il aurait fait l’impasse sur la défense de la culture populaire si celle-ci avait été mise en cause comme elle l’est depuis une trentaine d’années.

      Il aurait certainement répliqué à cette connasse, dont le nom m’échappe, qui a déclaré que le canon français ( manger du porc, boire du vin, chanter des chansons pop de variété ) est fasciste.

      Dans les années 70 suis allé deux fois à Paris avec les JC. C’était pas cher : 10 F le voyage en car, des musiciens, de la nourriture ( comme tous les Français, les jeunes cocos se pressaient vers les stands, alors un responsable prenait un porte-voix : « Camarades ! faites des chaînes ! ), on dormait parterre, on n’écoutait pas Leroy et Cie, et je voyais plein de drapeaux tricolores français dont la partie rouge était allongée.
      Aucun drapeau étranger. Sincèrement, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul drapeau de l’URSS.

      Je ne pense pas non plus que Marchais aurait vu d’un bon œil les intrusions de travelos, de trans et de drag queens dans les écoles.

      Á l’époque les manifestants et les grévistes ne saccageaient pas les rues, les commerces, les monuments, les administrations, les parcs, les transports en communs ; ils n’incendiaient pas les bagnoles de leurs voisins ni celles qui étaient garées ds les rues ; ils ne détruisaient pas » l’outil de production" ... le tout sous le regard enamouré des connards islamisés de la CGT et de LFI.

      Les défilés du 1er Mai étaient dignes. Les ouvriers et employés et toutes les personnes qui y participaient pouvaient ressentir de la fierté d’être représentés et honorés ce jour-là.

      Aujourd’hui c’est devenu un jour de racaillitude. Un de plus. Avec le SM des magistrats et le SNUIPP des profs.

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