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Accueil du site > Tribune Libre > Les « élections » législatives en Iran : « Je vote le changement de régime (...)

Les « élections » législatives en Iran : « Je vote le changement de régime »

Le 21 février 2020, les « élections » législatives se tiendront en Iran pour les 290 sièges de « l'Assemblée islamique » (Majles). En réalité, le Guide suprême du régime et l'institution sous son contrôle, le Conseil des gardiens de la Constitution (CGC), sélectionnent les candidats sur la base de leur allégeance "dans le cœur" et "dans la pratique" au Guide suprême, Ali Khamenei.

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Conformément à l'article 90 de la Constitution, toutes les candidatures à une élection sont examinées par ce Conseil de surveillance, qui est une chambre de 12 membres, dont six – issus du clergé - sont nommés par le guide suprême tandis que les six autres sont nommés par le chef du pouvoir judiciaire lui-même nommé par le guide suprême !

Au total, plus de 50% des personnes inscrites comme candidats aux 290 sièges du parlement ont été disqualifiées par le CGC comme inéligibles, principalement sous prétexte de manque de preuve suffisante d'allégeance à Khamenei.

Ironie de l’histoire que 90 membres du parlement actuel, qui avaient été qualifiés pour les élections précédentes, sont déclarés disqualifiés pour celles du 21 février 2020. Ainsi cette farce électorale est devenue la crise la plus profonde du régime des mollahs depuis les soulèvements de novembre 2019 et de janvier 2020.

 

Élection ou sélection ?

Le régime est devenu si fragile que même Khamenei, comme tous les dictateurs dans la dernière phase de leur règne, ne peut tolérer sa faction « rivale ». Et cela malgré le fait que les membres de cette faction lui aient prouvé à plusieurs reprises leur allégeance dans la pratique. Par le biais du CGC, sorte de Conseil de surveillance de la théocratie, qui est chargé de contrôler les candidats, Khamenei s'est employé à éliminer toute personne qui n'est pas à 100% obéissante.

La situation est si mauvaise que le président du régime, Hassan Rohani, a publiquement qualifié ces élections de la « cérémoniale » qui s'apparente plutôt à des « sélections ». Pour sa part, la faction de Khamenei a attaqué Rohani pour ses commentaires, lui rappelant que ce sont les mêmes processus et procédés qui ont conduit Rohani lui-même au pouvoir. Ils soulignent que Rohani a déclaré publiquement avoir loué le Conseil des gardiens dans le passé. Mais fidèle à son cynisme habituel, Rohani vient de supplier le peuple de participer aux élections qu'il qualifie lui-même de « sélections ».

Le 11 février, la télévision d'État a diffusé les propos de Khomeiny sur le Conseil des gardiens, où il avait déclaré : « Celui qui dit que la décision du Conseil des gardiens est erronée, est corrompu. Une telle personne est corrompue et doit être poursuivie comme quelqu'un qui sème la corruption sur Terre. »

 

Querelles dans le cercle du sérail

 Les querelles intestines entre les factions du régime ont atteint un niveau sans précédent. Il y a, en Occident, une perception erronée de la situation, qui est davantage encouragée par le régime iranien et ses lobbies, selon laquelle il existe une faction "modérée" au sein du régime, qui résiste aux "extrémistes" ou « durs ». Cette analyse erronée signifie un grave manque de connaissances sur le régime iranien, sa nature et sa politique.

Les luttes intestines en cours entre les deux principales factions du régime ne découlent pas de deux écoles de pensée différentes ni d'aucune véritable velléité de réforme. Elles relèvent plutôt d’une aggravation de la crise et l'incapacité du régime à contenir ses crises multiples, encore moins à les résoudre.

La principale divergence entre ces factions n'est pas entre les « réformateurs » et les tenants du statu quo, mais sur la meilleure façon de préserver le système. Il s'agit d'une crise existentielle profonde, où chaque faction soutient que l'approche du parti rival conduira au renversement du régime. Paradoxalement, les deux factions ont raison. C'est le dilemme auquel le régime est confronté. D’un côté, il ne peut pas maintenir le statu quo beaucoup plus longtemps. De l’autre, il n'a pas la volonté, ni la capacité de changer de comportement.

 

Un changement de régime est sur l'agenda du peuple

Un sondage semi-officiel a montré que 83% de la population n’envisagent pas de participer à ces « élections ». Le sondage a été immédiatement retiré (du site de la TV officielle de l’Etat).

Les « élections » pour cette nouvelle législature sont tenues dans un contexte très différent de celles de 2016. Depuis 2017, le peuple iranien s’est insurgé à quatre reprises lors des soulèvements majeurs à l'échelle nationale pour réclamer un changement de régime. En novembre 2019, au moins 1500 manifestants ont été assassinés de manière sauvage et indiscriminée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et d'autres forces répressives. En janvier 2020, les gens sont descendus dans la rue une fois de plus, scandant «  mort à l'oppresseur, que ce soit le chah ou le chef suprême ». Les gens scandaient également « conservateurs !réformateurs ! votre jeu est maintenant terminé », ce qui signifie que seul un changement de régime est sur l'agenda du peuple. Ainsi, «  mon vote est un changement de régime » est la réponse du peuple iranien à la farce électorale du régime.

 

Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a appelé le peuple iranien à boycotter ce simulacre d’élections.

Selon elle, boycotter cette mascarade est un devoir patriotique et signe de l’engagement de la nation envers les martyrs du peuple iranien, en particulier les 1 500 morts du soulèvement de novembre 2019. Il reflète également les exigences du soulèvement de janvier 2020 du peuple et des étudiants pour le renversement de la théocratie illégitime au pouvoir dans son intégralité.

 

Conclusion

 Le fait que Khamenei ait eu recours à une purge aussi drastique signifie que face à la montée des crises et des pressions à l’intérieur et celles venant de l’extérieur, il a un besoin urgent de resserrer les rangs. La faiblesse et la vulnérabilité de son régime sont telles qu’il ne peut résister à aucun schisme interne, en particulier au sommet de l’Etat.

 

Le peuple iranien a voté pour un changement de régime lors de son soulèvement de mi-novembre 2019 et janvier 2020. Le renversement du régime est devenu inévitable.

L’appel de Mme Radjavi à boycotter la farce électorale du régime bénéficie déjà d’un large soutien. Les appels à un changement de régime se multiplient sur les réseaux sociaux et des affiches et des bannières affichées dans des lieux publics à travers le pays reflètent l’aspiration du peuple iranien à un changement démocratique.

 

Le régime des mollahs en Iran est arrivé à son terme et n'a aucun avenir. Ce n'est qu'une question de temps pour le peuple de le renverser et d'instaurer la liberté et la démocratie dans leur pays d’une civilisation millénaire.

Il est temps que le monde reconnaisse le droit du peuple iranien à un changement de régime et se range du côté du peuple iranien et de sa véritable alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Mme Maryam Radjavi.


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5 réactions à cet article    


  • CLOJAC CLOJAC 19 février 21:16

    « Il est temps que le monde reconnaisse le droit du peuple iranien à un changement de régime et se range du côté du peuple iranien et de sa véritable alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Mme Maryam Radjavi.  »

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais sur Avox vous serez critiquée par une bande de crétins qui chassent en meute quiconque ne chante pas avec eux les louanges des mollahs.

    En vertu d’un pernicieux syllogisme : On n’aime pas Trump. Les mollahs non plus. Donc les mollahs sont des gens merveilleux !  smiley


    • Zolko Zolko 21 février 15:55

      @CLOJAC :

      Il est temps que le monde reconnaisse le droit du peuple iranien à un changement de régime

       
      Mince, j’ai du rater une étape : il est défini où, ce droit au changement de régime ? Est-ce que les Français peuvent s’y référer aussi ?
       

      véritable alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Mme Maryam Radjavi

       
      voyons voir :

      — Épouse de Massoud Radjavi
      1982, elle part à Paris
      — 1985, Maryam Radjavi est nommée par Massoud Radjavi...
      — 1993, sur la proposition de Massoud Radjavi, Maryam est nommée future présidente de la République

      c’est sûr qu’elle représente vachement bien la démocratie Iranienne en 2020.


    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 20 février 09:40

      Salut, les crétins sont ceux qui ne voient pas comme vous, ceci est une attitude commune à 7 milliards d’humains n’est il pas, donc moi aussi bien sur, comme si j’osais dire que je trouve votre position d’une crétinerie absolue, nous n’irons pas loin avec cette superficialité n’est il pas ?

      cela ma rappelle cette chanson..https://youtu.be/Dvlidx54jYg


      • CLOJAC CLOJAC 20 février 10:08

        @Géronimo howakhan

         « les crétins sont ceux qui ne voient pas comme vous  »

        Les crétins avancés sont ceux qui « raisonnent » par sophismes, syllogismes, paralogismes, tsunami péremptoire ou encore reductio ad hitlerum.
        En fait, la plupart du temps, ils reprennent à leur compte les assertions de leurs maîtres à penser, dans un monde tantôt manichéen, tantôt irénique, en fonction de leurs interlocuteurs.
        Les crétins basiques sont les gens comme vous qui se prennent tout seuls les pieds dans le tapis parce qu’ils ne sont pas armés intellectuellement pour jongler avec la dialectique et la rhétorique.


      • CLOJAC CLOJAC 22 février 03:09

        @Aff le loup

        « Des émules de Khomeini, planqués du clavier, en France ?  »

        Chez ceux qui ne font pas que passer, je note une double constante : le mépris des souffrances des Iraniens qui sont des gens civilisés et n’ont rien à voir avec les fanatiques criminels qui les gouvernent...
        Et la haine de l’Amérique. Avec ce syllogisme débile : puisque les mollahs n’aiment pas les Ricains, nous devons approuver tout ce que font les mollahs.

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