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« Les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe »

Voilà des mots qu'on pouvait lire sur les murs en mai-juin 68... Au gré des évènements, des politiques menées, des manipulations, on se rend compte, pourvu qu'on s'y attarde que le sens des mots change. Vocabulaire manipulé ? Perte du sens ? Mais aussi parfois signe de prise de conscience.

Noam Chomsky, célèbre linguiste, s'est attaché à mettre en évidence cette continuelle dérive. Le vocabulaire de la guerre, sans doute pour rendre celle-ci plus acceptable, nous donne quelques exemples... frappants. Ainsi on ne parle plus de « bombardements » mais de « frappes aériennes » ou même de « frappes chirurgicales ». J'égrène à présent, comme cela me vient certains vocables tel qu'utilisés socialement, c'est-à-dire par les grands médias. Mais vous en avez peut-être d'autres...

Réformes

Au XIXe siècle, en France, le mot « Réforme » était pratiquement synonyme de « Révolution ». En ce début du XXIe siècle c'est devenu l'application d'une politique ultra libérale, la mise en place de mesures anti sociales.

La situation est un peu compliquée

Cela veut dire que ça va être très difficile de s'en sortir

Conseiller spécial

Complice un peu louche pas toujours efficace, capable de vous enfoncer dans le trou.

Premier Ministre

Appelé parfois « collaborateur » ou « fusible » par d'autres.

Grand Débat National

Sorte de concours de bavardages sans issue. Les organisateurs pensent ainsi distraire le Peuple de solutions concrètes, de faire oublier, hormis les flash balls, la passivité de l'Etat.

Assemblée Nationale

Terne chambre d'enregistrement des desirata du gouvernement en place. Ses débats sont rejetés dans l'ombre par le « grand débat national » animé en solo par le Président.

Entrons plus profondémment dans le monde politique....

Intérêt général

Expression utilisée surtout par les politiciens de tous bords, modulée des trémolos dans la voix au gré des exactions commises. Voir les cv de quelques personnages – la liste n'est exaustive - comme Fillion, Cahuzac, Sarkozy, Strauss-Kahn...

Citoyenneté

Il y a encore une trentaine d'années on employait peu le terme « Citoyen ». On a voulu lui donner une nouvelle noblesse. Et puis c'est pratique : on peut plus facilement ostraciser les métèques qui, eux, ne sont pas des citoyens.

Capitalisme

Ce mot avait semblé être quelque peu oublié, ou du moins mis de côté dans les années 1960. Les communistes avaient été les derniers à l'employer. En mai-juin 68 il est utilisé par les gauchistes pour dénoncer toute la société occidentale. Mais on estime alors que le bloc soviétique n'en fait pas partie puisque ce serait là le « monde socialiste »... Tant que les affaires roulaient, tant bien que mal, il est vrai que l'on n'avait pas à s'interroger sur la nature de notre société, en déterrant un terme qui, dans le passé, avait été l'objet de tant de contreverses, de conflits. Mais avec la grave crise financière de 2008, on fut bien obligé, dans ces élites mêmes qui se voulaient responsables, de s'interroger sur la nature de cette merveilleuse société. Et donc pour la définir, ce terme est revenu en première ligne

Libéralisme

Rappelez-vous : à l'ombre du gaullisme, Giscard d'Estaing, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Alain Madelin nous serinaient que la France n'était pas un vrai pays libéral – sous-entendu : comme les Etas-Unis –. L'expression retrouva une nouvelle jeunesse, avec plus de précision dans les objectifs, dans ce que pouvait être une politique libérale. Le libéralisme, seule solution sociétale, est mis en opposition avec certaines dictatures taxées de « socialistes ».

Communisme

Le grand art de la mystification ne consiste t-il pas à qualifier, à couvrir d'oripeaux choisis le ou les entités que l'on veut discréditer ? Avec la Russie, devenue URSS, n'avait-on pas là l'épouvantail rêvé ? Socialisme ? Communisme ? Qu'est-ce que cela voulait dire exactement ? La tyrannie stalinienne... Quelle triste blague ! Ce mythe resta longtemps aussi l'espoir sans perspective de nombre d'ouvriers. Tous les exploiteurs avaient intérêt à entretenir cette mystification. Les libéraux gagnaient ainsi sur les deux tableaux. Le modèle socialiste, vulgaire capitalisme d'état, dirigé de façon irrationnelle, ne pouvait supporter une analyse critique sérieuse. Et les classes laborieuses ainsi encadrés, mystifiées, se retrouvaient beaucoup moins dangereuses. La faillite avérée de l'URSS, en 1989, ne consacra pas cependant un triomphe durable du capitalisme libéral. Dès les années 1990, des craquements inquiétants se produisent dans le système financier, amenant des crises toujours plus graves comme en 2001, ou en 2008. Si beaucoup croient toujours que le communisme fut le régime qui régna sur l'URSS jusqu'en 1989, un certain nombre savent aujourdhui qu'il ne s'est agi que d'une forme de capitalisme d'état et que sa faillite ne fut qu'une étape avant le krach final de l'ensemble du système capitaliste.

Démocratie Directe

Voilà une expression longtemps « oubliée », totalement exclue du langage « médiatique » de ces dernières années. Mais à partir des années 2000, avec l'usage par Ségolène Royal, des mots de « démocratie participative » une critique du système parlementaire s'affinait et on commença à répliquer en mettant en avant la « Démocratie Directe ».

La Démocratie Directe est l'argument politique des anarchistes dès le XIXe siècle contestant le régime de la démocratie parlementaire. Avec l'effondrement du capitalisme et des institutions qui l'accompagnaient, il redevient très « tendance »...

Prolétariat.

Ce terme utilisé par Marx n'est pas encore revenu à l'ordre du jour.Sans doute manque t-il pour mieux définir la sociologie de notre société. Et tout d'abord existe t-il encore un prolétariat ? Et les classes sociales elles-mêmes, n'ont-elles pas disparues ? Il convient d'être solennel : celui qui trouvera ici la clef pourra ouvrir la porte du futur.


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11 réactions à cet article    


  • oncle archibald 12 février 12:03

    Un de mes camarades de l’ENSBA, fainéant notoire et noceur patenté, revenant de Paris en plein Mai 68, nous avait déclaré son admiration sans borne pour les étudiants de la capitale : ils ne sont pas cons à Paris, j’ai lu sur un mur « je ne veux pas perdre ma vie à essayer de la gagner ».

    Ça se défend, c’est un choix de vie, mais il ne faut pas « en même temps » jalouser ceux qui peuvent partir au ski en hiver et sur l’ile de Ré en été parce qu’ils ont beaucoup bossé.


    • JL JL 12 février 13:32

      @oncle archibald
       
       parce qu’ils ont beaucoup bossé ?
       
       parmi ceux que vous citez, il y en effet ceux qui ont beaucoup bossé, mais il y a aussi ceux qui n’ont eu qu’à naître et ceux qui ont commis des choses que mon pacifisme légendaire m’interdit de nommer ici.
       
       Pour ma part je ne jalouse aucun d’entre eux : j’ai du respect pour les premiers, du mépris envers les seconds, et de la colère contre les troisièmes.

      Mon problème vient de ce que je ne sais pas les distinguer a priori.


    • oncle archibald 12 février 14:44

      @JL : ah la belle affaire ! Vous découvrez aujourd’hui qu’il y a des vaillants et des fainéants, qu’il y a des voyous qui vendraient père et mère ou qui se feraient enc .. pour quelques euros de plus, qu’il y a des mecs qui ont envie de « paraitre » et d’autres qui s’en foutent .....

      La vie est un choix perpétuel disait mon père, certains l’oublient et voudraient tout et le contraire, ce sont eux qui foutent la merde.

      Il y a aussi ceux qui « moins égaux que d’autres » comme aurait dit Coluche n’ont pas les mêmes possibilités de choix que les autres. C’est tout à fait dommage et il faut autant que faire se peut essayer d’y remédier davantage qu’actuellement, j’en suis d’accord.

      A 13 h j’adore regarder « météo à la carte ». Ce matin j’ai vu un chef cuisinier Jérémie Tourdjman qui avec son fournisseur de légumes magrébin disait qu’il aimerait que les journées durent 48 heures parce qu’ils aiment leur travail et prennent plaisir à travailler. Bien sûr ils gagnent de l’argent, mais je suis persuadé que ça n’est pas leur moteur. Ce qui les fait avancer c’est de savoir faire à la perfection ce qu’ils font et que ce soit reconnu.

      D’autres ne rêvent que de diminuer encore le temps de travail, jalousent et « en même temps » méprisent celui qui les emploie. Ils aimeraient disposer de la même reconnaissance et des mêmes revenus sans faire les efforts nécessaires pour obtenir ce résultat. En France la valeur travail n’est pas honorée comme il se doit .


    • JL JL 12 février 14:48

      @oncle archibald
       
       ’’ ... Vous découvrez aujourd’hui

      ... ’’
       
       Non, c’est vous qui découvrez que je sais ’’qu’il y a des vaillants et des fainéants, qu’il y a des voyous qui vendraient père et mère ou qui se feraient enc .. pour quelques euros de plus, qu’il y a des mecs qui ont envie de « paraitre » et d’autres qui s’en foutent .....

      ’’ ! Nuance, et qui en dit long sur vos erreurs de lecture.


    • foufouille foufouille 12 février 15:52

      @oncle archibald
      bosser 24 ou 48h veut dire que tu ne ferais vivre pour ton travail donc que tu es malade ou très mal payé.
      c’est assez rare d’ailleurs malade de son travail à ce point car tu n’as rien d’autre dans la vie.


    • nemo3637 nemo3637 12 février 19:29

      @oncle archibald
      « En France la valeur travail n’est pas honorée comme il se doit » .

      Baratin !
      J’ai bien gagné ma vie, mieux qu’en France à l’époque, en travaillant en Amérique du nord.
      Mais c’est une question d’offre et de demande. Cela n’a duré qu’un temps...
      Eh oui la grande distribution préfère acheter fruits et légumes à l’étranger Maroc, Espagne -, dans des pays où les travailleurs agricoles sont payés quelques miettes ou ...pas du tout comme les travailleurs immigrés en Italie.
      C’est le coût du travail qui inspire ceux qui ont déjà de l’argent, qui investissent. Normal, tonton.
      La morale, les nantis s’en foutent. Elle est bonne pour les autres. Pour tancer les pauvres qui refusent de bosser pour rien. Vieille rengaine.


    • oncle archibald 12 février 22:13

      @nemo3637

      J’achète depuis longtemps des pommes délicieuses toutes les semaines au cul du camion a un producteur qui s’installe dans un parking longeant un rond point. Il les vend 1,20€ Le kg les grosses impeccables 1,00 € les petites et 0,80 € celles qui sont un peu tachées, pour la compote.

      J’ai sympathisé et je lui ai demandé combien il les vendrait à la grande distribution. J’ai suggéré la moitié ? Il a éclaté de rire ... Ce serait entre 0,20 et 0,25 € le kg. Pourtant dans les présentoirs des supermarchés elles sont au moins à 3,00 € , souvent plus ... Marché de niche, oui certes, mais surtout pour l’agriculteur volonté de ne pas se laisser faire et pour l’acquéreur volonté de chercher à manger meilleur et moins cher. La vie est un choix perpétuel.....


    • nemo3637 nemo3637 13 février 23:11

      @oncle archibald
      Malheureusement la vie n’est pas dictée par un « marché de niche » et nos choix sont donc restreint...


    • Six Rennes Rouges Six Rennes Rouges 12 février 13:26

      Je me régale avec « lieux de privation de liberté »


      • L'Astronome L’Astronome 14 février 09:50

         

        Vous avez aussi parité (égalité de la valeur d’échange de monnaie de deux pays différents) qui signifie surtout maintenant égalité sexuelle. Le sexe comme monnaie d’échange ? Et l’on prétend lutter contre la prostitution ?

         

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