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Accueil du site > Tribune Libre > Les leçons de Nelson Mandela : Il voyait plus haut et plus juste

Les leçons de Nelson Mandela : Il voyait plus haut et plus juste

Au moment où les hommages sont rendus à Nelson Mandela, décédé ce jeudi 05 décembre, et que l’homme est parti pour faire parler de lui aux quatre coins de la planète, il y a au moins une leçon qu’on peut retenir de sa vie et de son parcours : il avait la capacité de percevoir, au-delà des horizons immédiats, ce qu’il y avait de plus « haut » et de plus important. Et cela s’est décliné dans plusieurs domaines.

La nation sud-africaine au-delà des Noirs

Il se sera battu toute sa vie contre le système d’apartheid et l’oppression que subissaient les Noirs. Mais une fois la victoire sur le système ségrégationniste acquise, Mandela sera l’homme de la réconciliation nationale. Il aurait pu s’en prendre à la minorité blanche et la contraindre à l’exil. Il sera le Président et l’icône de tous les Sud-Africains.

Il aurait aussi pu se servir de la machine judiciaire pour juger devant la face du monde les responsables du régime d’apartheid. Il fit le choix d’une commission, pas d’un tribunal. La Commission vérité et réconciliation. Car, à ses yeux, la vérité et la réconciliation représentaient quelque chose de plus important que des condamnations pénales, tenant compte du changement de contexte.

La démocratie au-delà du pouvoir

En matière d’exercice du pouvoir, Nelson Mandela sera, ici aussi un cas exceptionnel. A priori, un homme qui se sera battu pendant autant d’années pour libérer son peuple, est supposé rester au pouvoir le plus longtemps possible.

Elu Président en avril 1994, lors des premières élections multiraciale du pays, Nelson Mandela n’aura effectivement exercé le pouvoir que pendant trois ans. A partir de 1996, il laisse à Thabo Mbeki la gestion quotidienne du pays et, en décembre 1997, Mandela quitte le pouvoir avant la fin de son seul mandat à la tête du pays.

Il y a quelque chose de plus important dans la vie d’un homme politique, voire d’un homme tout court. Il aura une plus grande influence sur le Pays et le Continent, en dehors du pouvoir. Un choix qui contribua à préserver la stabilité politique et à garantir une démocratisation soutenue de l’Afrique du Sud. Il parvint ainsi à démentir les pronostics qui faisaient craindre un effondrement du pays si les Noirs en prenaient le contrôle.

L’intérêt général au-delà du confort personnel

Nelson Mandela ne s’était pas engagé dans la lutte par désespoir. Il était avocat et était promis pour avoir une brillante carrière le mettant à l’abri du besoin. Il a renoncé à cette vie confortable pour se battre, parfois, au péril de sa vie. Dans son ouvrage autobiographique intitulé « Un long chemin vers la liberté », Mandela décrit de nombreux épisodes où il aurait pu perdre la vie. Des tirs de policiers dans la foule des manifestants pacifiques, une bombe qui manque d’exploser, un accident d’avion évité de justesse au-dessus de l’Ethiopie,…

On retient plus globalement que l’homme aura presque tout sacrifié, et beaucoup des siens en ont tellement souffert, en commençant par son épouse Winnie.

Il y avait quelque chose de plus important qu’une vie de couple, même épanouie, et une prestigieuse carrière professionnelle de juriste : la lutte pour la liberté.

Boniface MUSAVULI


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8 réactions à cet article    


  • Hervé Hum Hervé Hum 6 décembre 2013 09:54

    Bonjour Musavuli,

    Nelson Mandela entre par la grande porte des grands humanistes de l’humanité, au coté d’un Gandhi, plus même qu’un Luther King. Car comme Gandhi, il incarnait la dignité et la fierté de son peuple.

    Le véritable danger pour l’Afrique du Sud commencera dès la fin des cérémonies d’adieu à Mandela.

    Son seul nom suffisait à calmer l’impatiente de la population pauvre et noire de l’Afrique du Sud, mais maintenant qu’il n’est plus là ?

    En effet, les nouvelles générations ne se satisfont plus de la liberté retrouvé par leurs parents, ils veulent aussi les fruits de la prospérité économique toujours contrôlé par la population blanche où se mêle une minorité noire. Et si cette minorité ne montre pas un élan envers cette majorité défavorisé par un effort accru de développement social, il faut craindre le pire.

    A suivre donc...


    • MUSAVULI MUSAVULI 6 décembre 2013 11:26

      Tout à fait d’accord avec vous, Hum. On serre les doigt pour ce grand pays. Mais je m’efforce de croire que la sagesse de « Madiba » continuera à plâner sur les esprits des décideurs politiques sud-africains. Je crois aussi que, contrairement à d’autres pays du Continent, l’Afrique du Sud a des institutions fortes (et non des « hommes fort »). Ca peut faire toute la différence. 


    • claude-michel claude-michel 6 décembre 2013 12:39

      Depuis son entrée au pouvoir...ce pays s’enfonce tous les jours un peu plus dans la pauvreté pout atteindre des sommets a ce jour...Par cotre toute sa famille est milliardaire.. ?


      • cedricx cedricx 6 décembre 2013 13:09

        L’hypocrisie des grandes puissances me dégoûte, après l’avoir classé dans la catégorie des terroristes pendant des années, après avoir soutenu le régime de l’apartheid ou pour certains l’avoir dénoncé du bout des lèvres, les voilà qui encensent le révolutionnaire qui les a combattu toute sa vie. (En vérité ils lui sont gré d’avoir épargné et protégé par son aura les intérêts financiers colossaux occidentaux en Afrique du sud)

        Ces dernières grandes puissances que l’on entend pas beaucoup sur la chasse à l’homme qui se déroule depuis des mois et qui a pour théâtre la très démocratique Arabie Saoudite ; les cibles sont les centaines de milliers de travailleurs immigrés sans papiers, principalement des asiatiques et des éthiopiens. Notre presse si prompte à dénoncer le moindre pet de lapin lorsqu’il s’agit de la Syrie ou d’un autre mal aimé, n’ a rien vu rien entendu de ce qui ce passe du côté de Ryadh. 

        • Morpheus Morpheus 6 décembre 2013 14:25

          Nelson Mandela a été sorti de prison pour accomplir une mission.

          A un certain moment, l’élite mondiale, capitaliste, a décidé que le régime politique en Afrique du Sud devait changer. L’embargo ne pouvait plus durer. Il n’était plus possible de soutenir - même en laissant croire qu’on le dénonçait - le régime de l’apartheid. Mais comment sauver le cul des riches blancs en cas de fin de l’apartheid ?

          C’est là que Mandela entre en jeu. Après toutes ces années de prison, ce révolutionnaire qui a mené une bataille armée (car il n’y avait pas d’autres moyens de se battre face au régime des blancs), était usé et la proposition qui lui était faite lui a semblé un bon deal. Il fallait qu’il participe au processus de changement de régime pour canaliser les noirs et empêcher ceux-ci de prendre leur revanche sur les blancs. Il fallait aussi protéger les intérêts des riches blancs. En échange, on mettait fin à l’apartheid.

          Mandela a alors accomplit à la perfection sa mission en se montrant sous un jour neuf : celui de l’homme de paix prônant la réconciliation entre les blancs et les noirs. A l’issue du processus, Frederik de Clerk et nelson Mandela se partagent tous deux le prix Nobel de la Paix décerné pour mission rendue au libre-échange.

          A présent que Mandela est mort, attendez-vous à une semaine de récit mythologique en boucle sur tous les médias mainstream : il faut assurer la pérennité du mythe et inscrire >>l’histoire<< dans la caboche des masses.

          Morpheus


          • christophe nicolas christophe nicolas 6 décembre 2013 14:43

            Oui, ce n’est que pourriture d’analyse.

            La vérité et la réconciliation est absolument normale pour les gens qui sont dans l’erreur, dès qu’ils s’en rendent compte, ils changent d’état d’esprit car ils sont de bonne foi. En acte, cela demande du temps car la mise en ordre du monde suit l’état d’esprit avec 30 à 40 ans de retard.

            Vous avez beau être contre le nucléaire, vous consommez de l’énergie nucléaire, non de votre volonté mais parce que c’est ainsi. Si vous n’avez pas de cellier, vous achetez vos légumes au supermarché. Vous remarquerez que les connards en tire un argument. D’un coté il vous font une obligation ou une coercition et de l’autre, ils la justifient par vos actes. On voit toute la bêtise d’une science comme l’éthologie appliquée aux humains. C’est le mystère d’iniquité.

            Quand les gens mentent, la vérité et la réconciliation sont inutiles car ils sont dans le choix, cela ne fait que les rendre hypocrites, le mal est de nature hypocrite. Pour eux, la vérité doit les ridiculiser, ce doit être comme un océan de feu pour qu’ils aillent s’enfouir sous terre.

            Savez vous que dans mon ex entreprise, le responsable des études de prix était certainement un homosexuel refoulé. On ne lui a jamais connu une amie, en revanche, il faisait des combats de gladiateur et collectionnait les armes... un repoussoir pour toute jeune femme naturellement constituée, un fumier de vices, tels sont ceux qui se laissent temporairement posséder par Satan.


            • Mugiwara 6 décembre 2013 19:29

              jusqu’au bout, il aura été digne, et nous aura donc épargnés des pleurs inutiles. il nous a préparé à l’inévitable, même dans une situation pas facile.

              il a enfin accompli sa vie comme il l’entendait, en homme libre.

              en faisant face à la seule certitude de la vie qu’est la mort, il a fait face à des vérités et c’est ce qu’il voulait. il a obtenu des réponses, qui ne les ont pas forcément réjouies mais au moins satisfait son énorme savoir.

              de là à dire qu’il était très libre en prison, je voudrais éviter de faire remarquer l’imbécilité dans cette remarque, mais il aurait préféré gouverner plus tôt, quand il était encore dans la force de l’âge. les autres n’ont rien voulu entendre, du temps perdu en somme à cause de l’orgueil de quelques uns, d’une petite minorité, n’en déplaise à la putasse des pétasses la reine d’angleterre.

              il faudra penser à virer les pays bas ainsi que d’autres royaumes d’Europe, du fait que leurs économies sont bien portantes, par rapport au reste du monde et que ces pays peuvent se débrouiller seuls sans rois et reines. c’est valable pour l’Espagne et d’autres. les virer de l’union démocratique d’Europe.

              pour les commémorations, Obama a prévu d’être présent, ainsi que hollande, il aurait fallu inviter cameron qui mériterait bien plus d’y être que la reine. il faut éviter à l’avenir de faire des fellations gratuites aux tenants de la royauté. et comme l’a dit un certain dirigeant écolo, il faut qu’il y ait une culture démocratique.

              pour le film où il y a un anglais qui joue mandela, je pense que mourir durant la première projection de ce film qui raconte sa vie, sous les yeux du prince d’angleterre, ça signifie bien quelque chose. il ne fallait pas trop le prendre pour un con. il apprécie mieux les républicains, aurait aimé les combattre.

              les rois ne sont pas différents d’Hitler. s’il cela plait aux députés anglais d’être des jouets...


              • Mugiwara 7 décembre 2013 20:59

                il veut juste vous prévenir : un utilmatum sera lancé contre les présidents élus des pays démocratiques qui continuent à s’afficher avec les bons mots adressés à des voleurs patentés, irrévencieux, immérités que sont les princes, rois et reines. pas d’affichage publique ni privée avec ces égarés de l’ancien régime. il tient à vous dire que les peuples sont rois, seuls juges, et ça doit le rester. mais il n’est pas interdit qu’un certain président ayant une descendance directe ou indirecte royale des temps anciens puisse se présenter et se soumettre à la volonté populaire. l’Europe s’est construit sur une vague idée qu’il fallait tenter quelque chose, un peu précipitamment. la crise de 2008 a rebattu les cartes, remis les pendules à l’heure, comme lors des grandes crises économiques digne de ce nom. les convictions de chacun seront leurs forces. après avoir analysé la gauche, effectivement, elle a toute sa place dans la vie des peuples. l’autre roi, le vrai roi français est juste un bout de papier : le programme de cnr.

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