Les primaires ? Une machine infernale !
Le mécanisme consistant à consulter la base pour sacrer le champion de l'équipe est il aussi pertinent que cela ?
En 2007, les deux meilleurs candidats au poste de Président de la République ( Fabius et DSK), c'est à dire les deux qui avaient sans aucun doute les plus grandes aptitudes techniques au poste, ont été écartés via la primaire, au profit de Ségolène Royal.
Celle-ci s'est rapidement usé, tout à la fois par sa capacité proverbiale à se faire haïr de ses propres amis, puis par une campagne de type christique qui n'était guère adaptée.
En 2012, re-belotte : ce n'est pas le candidat le plus apte au poste qui a été consacré. On rappellera quelques phrases de l'époque (bien entendu, beaucoup iront ensuite à Canossa) : « l'une des caractéristiques de François Hollande, c'est de considérer que le mensonge est une pratique normale en politique » Claude Allègre . « Le point faible de François Hollande, c'est l'inaction. Les Français peuvent-ils citer une seule chose qu'il aurait réalisée en 30 ans de vie politique ? » Ségolène Royal. « Hollande, c'est le premier secrétaire qui a tout raté... Le Hollandisme n'existe pas ... » Pierre Moscovici. « Je n'ai pas oublié que François Hollande a immobilisé le Parti pendant 10 ans. Comment peut-il aspirer à diriger la France ? » Arnaud Montebourg. « Entre Ségolène et lui, je la préfère, elle. Au moins, elle dit des choses. Lui profite du vide. » Martine Aubry
Néanmoins, grâce en partie aux votes FN et aux votes du centre, hostiles tous deux à son adversaire gigotant, Hollande fut élu - avec hélas les résultats que l'on sait, et la certitude qu'il n'était pas le bon choix ( Aubry aurait été sans doute bien meilleure à ce poste).
Désormais se profile la perspective d'une primaire à droite. Le contexte de 2017 est simple : Marine Le Pen sera probablement au second tour, et celui qui parviendra à figurer aussi sera immédiatement élu. Une personnalité consensuelle et pondérée comme Alain Juppé est donc quasi certaine d'être élue en 2017, la gauche étant de facto carbonisée.
Néanmoins, si Nicolas Sarkozy parvenait à gagner la future primaire et à éliminer ses rivaux par KO, ce qui est très possible, il redonnera aussitôt une bouteille d'oxygène à la gauche : sa personnalité clivante ne sera pas suivi par le gros des troupes du centre ni même par une partie de la droite modérée. Il sera donc le candidat le plus dangereux pour son propre camp.
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