Les questions de fond
La société de la sur-information est aussi celle de la lutte pour l’intégrité de la vie privée, Inévitablement la sur-médiatisation de la vie des dirigeants entraîne aussi des sur-réactions de leur part, affaiblit leur image et leur autorité, et enfin devient un piège à débat qui divertit le peuple des vraies questions de fond pour lui proposer des question de « fond ».
La non-affaire des rumeurs du couple présidentiel Français révèle bien une bigoterie à la mode : on devrait être plus fidèle que les citoyens qu’on représente. On ne devrait pas être libre de sa sexualité quand on est un homme ou une femme publique ? Ne peut-on toujours pas en 2010, être un président décomplexé ?
A supposer (à supposer, n’est-ce pas...) qu’au Palais on soit tous "bi", que le président soit homosexuel dans la vie (non, mais c’est un exemple !) qu’il ait eu des déboires sentimentaux avec une première femme, lassée d’être trompée avec des hommes, pourrait-il, dans l’exercice de ce pouvoir si exposé, s’afficher en tant que tel ou au moins assumer son orientation privée ? Pas si sûr.
Dans ce contexte là, touchant à la stabilité des institutions de l’Etat, il vaudrait mieux qu’il s’entiche d’une poupée de luxe, de préférence ressemblant à sa précédente épouse, de façon à faire une transition douce sur les photos, ne pas générer d’impression d’instabilité, une femme déjà très rompue à cet "exercice", fréquentant les salons intellectuels et artistiques de gauche comme de droite, dont le contrat chichement doté et classé "secret d’Etat" inclurait qu’elle s’affiche bras-dessus, bras-dessous avec le Président, colle à son agenda de déplacement, s’établisse à l’Elysée, fasse obtenir quelque décoration républicaine à quelques amies, et garantisse ainsi à l’homme qui dirige une couverture médiatique en guise de diversion à ses véritables amours.Evidemment, ce contrat ne pourrait s’opposer à ce que cette brillante potiche ait une vie sociale par ailleurs et ne pourrait s’ingérer dans ses affaires privées torrides ou sentimentales. La fin dudit contrat ne pourrait intervenir que conjointement à la fin de l’exercice du pouvoir…
La raideur morale de la droite française, bigotte, mal à son aise en temps de crise, se retourne contre celui qui allait la "décomplexer". À force de jouer les "people" on se fait rattraper par ses avatars. Le tout, dans une époque où l’Eglise catholique prêche à qui veut l’entendre un lien entre homosexualité et pédophilie, pour mieux faire diversion de l’opinion sur le pacte séculaire et taiseux entre prêtrise et homosexualité… mais on a beau lutter, du Vatican à l’Elysée, un principe subsiste : la vérité finit toujours par se savoir.
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