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Accueil du site > Tribune Libre > Les riches ont besoin des pauvres

Les riches ont besoin des pauvres

S’il n’y avait pas de pauvres, comment pourrait-il y avoir des riches ? Pour devenir encore plus riche que l’année précédente, le riche a besoin du pauvre, mais surtout que le pauvre ne devienne jamais riche. Et si le riche veut s’enrichir, le pauvre doit devenir un peu plus pauvre. Si le nombre de pauvres diminue dans un pays, les riches s’en vont pour investir ailleurs.

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Repas offert par Pacific Garden Mission
Chicago Tribune © Photo Nancy Stone

Nous participons tous à ce cercle infernal. Ainsi dans les années 1960-1970, la pauvreté avait diminué dans les grandes nations industrialisées et les riches, voyant en même temps leurs profits se réduire, sont allés investir dans des pays en développement en fermant leurs usines en Europe, aux Etats-Unis, partout où cela ne permettait plus une progression des bénéfices. En réponse à la désindustrialisation, les gouvernements concernés sous la pression des riches actionnaires ont mis en place des politiques économiques tendant à créer la précarité de l’emploi, à diminuer les avantages sociaux et salariaux acquis depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est-à-dire qu’il était nécessaire de créer de nouveaux pauvres pour satisfaire les exigences des actionnaires qui voyaient leurs profits diminuer et qui partaient placer tous leur capitaux là où la population est suffisamment pauvre et mal protégée par les institutions. Les actionnaires continuent aujourd’hui de réinvestir en en Europe de l’Ouest, au Etats-Unis et au Japon car nos gouvernements ont su créer les conditions nécessaires à la reconstitution d’une classe de pauvres. Car s’il n’y a point de pauvres, il n’y a point d’enrichissement. Mais alors, si les gouvernements d’Occident n’avaient pas recréé les conditions de la pauvreté nécessaires au marché et que tous les investissements avaient fui vers les pays sous-développés, que se serait-il passé ? Certainement, une forte croissance de la pauvreté également dans cette hypothèse, mais dans ce cas, les entreprises ainsi délocalisées, à qui vendraient-elles ses produits ? Sans doute les actionnaires auraient-ils été aussi les perdants, si les gouvernements n’avaient pas joué leur jeu, car trop de pauvreté tue la croissance. Il n’y aurait plus eu assez de consommation. Il faut donc trouver un juste milieu, selon le marché, le nombre de pauvres ne doit pas aller au-delà d’une certaine limite impossible à définir.

Les Américains prétendent donner des leçons au reste du monde pour développer l’économie et diminuer ainsi la pauvreté. Il faudrait quand même qu’ils s’occupent de ce qui se passe chez eux et qu’ils prennent conscience des dégâts causés par leur politique économique qui est devenue aussi la notre, une politique universelle s’opposant à toute alternative. Les recettes économiques qu’ils imposent dans le monde entier et que nous suivons tête baissée sont responsables de cette grande pauvreté qui se répand dans tous les grands pays industrialisés tout en constatant que les riches sont encore et toujours de plus en plus riches. Le fossé entre riches et pauvres s’étend dans tous les pays d’Europe, aux Etats-Unis et même au Japon. La Chine, avec un taux de croissance de plus de 10% et ses millions de chômeurs, n’échappe pas à l’aggravation de la pauvreté en pratiquant un capitalisme d’Etat. Ce qui crée partout une forte diminution de la classe moyenne. Selon le rapport Mc Clatchy, le nombre d’Américains ayant basculé dans l’extrême pauvreté n’a jamais été aussi haut depuis 1975. 16 millions d’Américains vivent dans une grande pauvreté avec un revenu de moins de 9900 dollars par an pour une famille de quatre personnes dont deux enfants. Le seuil de "grande pauvreté" pour une seule personne correspond à un revenu inférieur à 5080 dollars par an. Le rapport note une augmentation de 26% de la pauvreté entre l’an 2000 et 2005. Pendant que la croissance économique, la productivité du travail et les bénéfices ne cessent de croitre, les salaires et les emplois ne progressent plus. Peu importe les chiffres exacts et les critères fixant le seuil de pauvreté qui diffèrent d’un pays à l’autre. Par nous-mêmes, quel que soit l’endroit de la planète où l’on se trouve, nous constatons tous l’aggravation de la pauvreté et l’augmentation de la richesse pour une minorité privilégiée. Cette minorité devrait pourtant craindre une montée du nombre de pauvres, lesquels pourraient tôt ou tard commencer à se révolter, notamment dans les grands pays industrialisés. Il y a aussi des limites à ne pas dépasser dans l’accroissement des inégalités sociales et la réduction du partage des richesses comme dirait le professeur Robert CHARVIN. Mais si le marché a besoin de beaucoup de pauvres, le pauvre a aussi besoin du riche pour travailler et tenter de satisfaire tous ses besoins. On n’a toujours pas trouvé une véritable alternative à l’économie de marché qui pourrait tous nous satisfaire et fonctionner réellement.


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38 réactions à cet article    


  • Anthony Meilland Anthony Meilland 27 février 2007 11:08

    Les statistiques que vous citez ne concernent que les USA, vous ne pouvez donc pas faire de relation directe avec la situation dans les autres pays.

    Evitez les phrases du style :

    « Par nous même, quelque soit l’endroit de la planète où l’on se trouve, nous constatons tous l’aggravation de la pauvreté et l’augmentation de la richesse pour une minorité privilégiée »

    qui n’ont aucun sens scientifique.

    En fait, en France, la pauvreté n’a jamais augmenté depuis la fin de la guerre. Elle à même continué à diminuer jusqu’en 2002, et stagne depuis à environ 6% (revenu inférieur à 50% du revenu médian).

    Les écarts globaux entre les revenus ont eux même diminué (très légèrement) comme nous montre l’indice de Gini qui est passé de 27.6 en 1980 à 27.3 en 2000.

    Le principal problème auquel doit faire face la France ne provient pas des revenus qui sont réparti plus équitablement qu’avant mais de l’accumulation du capital, et principalement de l’augmentation des prix dans l’immobilier. Ainsi, le salaire devient de plus en plus un forme « d’argent de poche », et la vraie richesse est capitalistique.

    Pour conclure : Faire croire que la pauvreté augmente n’est pas seulement malhonnête, c’est aussi très dangereux car cela fait le jeu des déclinologues (les amis de Sarkozy) qui proposent simplement de détruire notre modèle et de le remplacer par un modèle néolibéral, qui lui fera fortement augmenter la pauvreté comme l’exemple de Thatcher au RU nous l’a montré (doublement de la pauvreté en 10ans).


    • JP (---.---.94.40) 27 février 2007 11:44

      Je ne sais pas dans quelle bulle vous vivez pour affirmer qu’en France la pauvreté n’a jamais augmenté. Pour s’en rendre compte, allez donc discuter avec les bénévoles qui servent les repas aux Restos du coeur.


    • nessoux (---.---.25.117) 27 février 2007 15:20

      Sortez de votre observatoire et de vos nébuleuses et vous comprendrez. La pauvreté augmente, et les pauvres vivent de plus en plus mal... et ce n’est pas votre discours teinté de dogmatisme qui y changera quelque chose.

      Les faits sont têtus Mr l’astrophysicien


    • cumulus (---.---.46.119) 27 février 2007 15:25

      « Le principal problème ne provient pas des revenus qui sont réparti plus équitablement qu’avant mais de l’accumulation du capital »

      Assez juste. Il y a beaucoup de capital (et pas seulement en France) . En plus, une grosse partie est « liquide » et ceux qui le détiennent ne savent pas quoi en faire pour ne pas le voir fondre.

      Là il y a 2 possibilité pour eux, en gros :

      (A) acquérir du capital existant,

      (B) essayer d’en créer en travaillant et en faisant travailler des gens.

      A l’échelle d’un pays, (A)est un cercle vicieux qui génére de la spéculation (exemple de l’immobilier et ou des bulles internet)et donc à terme de la pauvreté. (B) génère de la croissance, de la richesse et permet d’éliminer la pauvreté.

      Au niveau politique, la mise en place de (A) est assez simple. Il faut rendre compliqué et couteux l’« investissement » dans le travail.

      (B)demande plus de courage. Il faut diminuer le coût du travail et augmenter la flexibilité, le nombre d’heures en reculant l’age de la retraite, en abrogeant le smic et les 35 heures.

      Et l’accroissement de la richesse du pays est assurée ...


    • Anthony Meilland Anthony Meilland 27 février 2007 15:33

      @nessoux

      « La pauvreté augmente, et les pauvres vivent de plus en plus mal... »

      Pouvez-vous prouver mathématiquement ce que vous avancez ou s’agit-il simplement d’une impression ou d’un sentiment.

      @Cumulus

      « (B)demande plus de courage. Il faut diminuer le coût du travail et augmenter la flexibilité, le nombre d’heures en reculant l’age de la retraite, en abrogeant le smic et les 35 heures. »

      Malheureusement cela a déjà été essayé aux USA et au RU, et ça ne fonctionne pas pour réduire la pauvreté.

      Il ne suffit pas de créer de la richesse, il faut aussi savoir la répartir équitablement.


    • maxim maxim 27 février 2007 11:39

      il n’y a rien de plus degradant que le constant souci des moyens d’existance.

      l’argent est semblable à un sixieme sens sans lequel vous ne pouvez pas faire un usage complet des cinq autres.....

      (esclavage humain)


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 27 février 2007 12:00

        Je crois qu’Anthony a raison :

        Selon l’Observatoire des inégalités, la France comptait en 2004 entre 3,6 et 6,9 millions de personnes pauvres. Entre 1,6 million et 2,9 millions de ménages étaient dans cette situation. La part de personnes pauvres serait comprise entre 6 et 11,7 %. Officiellement, la pauvreté a baissé des années 70 au milieu des années 90, et est ensuite restée relativement stable. On n’assiste pas à une explosion de la misère mais à un arrêt des progrès. En outre, la pauvreté change de visage, en frappant davantage les jeunes, une partie des salariés les plus précaires et surtout les chômeurs mal indemnisés.

        (http://www.inegalites.fr/article.php3?id_article=270)

        Pierre R.


        • Anthony Meilland Anthony Meilland 27 février 2007 12:14

          Bonjour Pierre,

          Le chiffre de 6% est le taux de personnes dont le revenu est inférieur à 50% du revenu médian qui est la norme la plus utilisée (notamment par l’OCDE). Le chiffre de 11.7% est le taux de personnes dont le revenu est inférieur à 60% du salaire médian. Voilà pourquoi il existe une grande différence entre les deux chiffres.

          La pauvreté a continué de descendre en France jusqu’à la fin du gouvernement Jospin. Elle est passée de 7.2% en 1996 à 5.9% en 2002 soit une baisse de 20% en 5ans. Elle se situe aujourd’hui autour de 6.2% selon l’INSEE, la suppression des emplois jeunes (qui n’était pas la panacée mais qui avaient le mérite de sortir de la pauvreté beaucoup de gens) y est probablement pour beaucoup, puisque l’augmentation à été brutale en 2003 (5.9->6.3 soit 7% en 1ans).

          Je suis entièrement d’accord avec vous, on n’assiste pas (en France) à une explosion de la misère. Elle change effectivement de visage et la progression de la lutte contre la pauvreté a ralenti.

          Il faut aussi ajouter un facteur médiatique, car la pauvreté est beaucoup plus médiatisée qu’avant ce qui est un bien. Nous tolérons moins la misère maintenant, nos critères ont changée.

          PS : Je ne voulais pas qu’on prenne mon commentaire pour un « tout va bien dans le meilleur des monde », mais il faut regarder la situation telle qu’elle est et non telle qu’on la fantasme, c’est seulement en connaissant les point fort et les points faibles de notre système qu’on pourra l’améliorer.


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 27 février 2007 12:21

          Anthony

          Je viens de parcourir le rapport dont il est question dans cet exposé. A propos des États-Unis, il est intéressant de noter que la pauvreté n’est plus le fait des grands centres urbains mais s’étend également à l’amérique profonde :

          « McClatchy’s review also found statistically significant increases in the percentage of the population in severe poverty in 65 of 215 large U.S. counties, and similar increases in 28 states. The review also suggested that the rise in severely poor residents isn’t confined to large urban counties but extends to suburban and rural areas ».

          (http://www.realcities.com/mld/krwashington/16760690.htm)

          Je vais traiter de cette question sur mon blog, demain.

          Pierre R.


        • JP (---.---.94.40) 27 février 2007 12:27

          Au delà des chiffres il y a les faits. Je vous propose d’interroger un bénévole qui sert des repas aux Restos du coeur, ou même d’aller à la rencontre d’autres associations de terrain. Et ces bénévoles pourront vous confirmer que chaque année de plus en plus de personnes font appel à leurs services.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 27 février 2007 12:49

            Les statistiques, c’est une chose. La réalité au quotidien en est une autre. Je suis sensible, très sensible, à votre commentaire.

            Pierre R.


          • Anthony Meilland Anthony Meilland 27 février 2007 13:15

            @JP

            Cela ne veut pas dire que la pauvreté augmente, mais simplement que le recours aux aides diverses est moins tabou. La pauvreté devient donc plus visible. Seuls les staitistiques peuvent nous eclairer quantitativement sur la pauvreté.


          • Bob (---.---.34.107) 27 février 2007 14:40

            Les statistiques comme outil ultime ? Je ne suis pas d’accord car dans ces chiffres tout est question de définition, et on en regarde souvent qu’un aspect du problème.

            La somme d’argent gagnée chaque mois ne signifie pas grand chose si on ne connait pas les dépenses associées... selon l’endroit où on vit et ses contraintes on peut être bien pauvre avec un SMIC.


          • Cosmic Dancer (---.---.174.251) 27 février 2007 16:26

            @ Anthony :

            Je vais vous contredire sur les Restaus du Coeur avec un exemple concret. L’une de mes connaissances survit avec 930 euros par mois, un loyer de 400, un emprunt de 200 (antérieur à une dégradation financière due à la précarisation de l’emploi), des charges normales de mutulle, taxe d’habitation, assurances diverses. Elle se rend, avec un tableau des recettes et charges, chez une assistante sociale qui lui explique qu’elle n’a droit à aucune aide étant donné que les nouveaux calculs n’intègrent que le coût du loyer. Donc, que l’on se rassure : ceux qui ont faim en France ne se retrouvent pas tout aux Restos du Coeur... Et les statisticiens me paraissent loin du compte. Et comme vous le dites si bien, ce en quoi je suis entièrement d’accord avec vous, mieux vaut connaître la réalité du pays si l’on veut espérer y changer quelque chose. Cordialement.


          • faxtronic (---.---.127.45) 27 février 2007 17:05

            d’accord avec Anthony : les statistiques ne sont pas fiables a 100% car tout depend de la definition. mais si on connait la definition, alors elles sont fiables. Alors que les sentiments ou le « vecu », c’est de la merde en barre.


          • caramico (---.---.211.72) 27 février 2007 13:01

            Si on en revient au 19ème siècle, avec ses 30 millions de pauvres et 1 million de riches, en quoi voulez vous que celà gène ces derniers : Ca sera de nouveau la « Belle Epoque », petit personnel à foison, enfants dans les mines qui pourront « travailler plus pour gagner plus » comme le présage Sarko.

            Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur, disait Brel, le rêve quoi !


            • Adama Adama 27 février 2007 13:02

              Vous auriez pu intituler votre article : les pauvres ont besoin des riches, sorte de symbiose bien connue des insectes.

              Populiste ce titre comme le mien !


              • Gnole (---.---.192.187) 27 février 2007 21:17

                Comparé le système social à des faits biologiques est d’une idiotie sans borne... le darwinisme social ça n’a qu’une seule définition correcte : connerie !


              • ZEN zen 27 février 2007 14:09

                La pauvreté et son cortège de détresse à deux pas de chez nous,au « Royaume enchanté de Tony Blair » :

                Courrier international - 22 févr. 2007 ROYAUME-UNI • Du souci pour les jeunes Santé, éducation, violence : l’actualité et la publication de statistiques poussent une nouvelle fois les Britanniques à s’interroger sur les conditions de vie de leurs enfants. « 16,2 % des enfants britanniques vivent en dessous du seuil de pauvreté ; 35,8 % ont été brutalisés au cours des deux derniers mois ; 35,3 % des jeunes de 15 ans aspirent à un métier peu qualifié ; 30,8 % des jeunes ont été ivres deux fois ou plus. » Présentés à la une du Guardian, ces chiffres tirés d’un rapport publiés le 14 février par l’UNICEF dressent le tableau d’un pays dont les enfants et les adolescents sont « les plus pauvres, les plus en danger et les plus fragiles » parmi vingt et un pays riches. Ils ont choqué les Britanniques, en proie depuis de nombreux mois à des interrogations sur l’état de leur jeunesse.

                « Le Royaume-Uni arrive dernière, et de loin, pour le nombre de jeunes qui fument, qui abusent des drogues et de l’alcool, qui ont des rapports sexuels à risque et des grossesses à un âge précoce », ajoute le quotidien. Dans seize des dix-sept pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, entre 15 et 28 % des jeunes de 15 ans ont déjà eu des relations sexuelles. Pour le Royaume-Uni, le chiffre est de 40 %. En matière d’éducation, le pays arrive 17e sur 21, mais plus de 30 % des 15-19 ans sont sortis du système scolaire, ou en apprentissage et ne cherchent pas plus qu’un travail peu qualifié."

                Comme pour confirmer cette vision alarmiste, The Independent on Sunday évoque de son côté « une épidémie d’alcoolisme chez les enfants, qui se traduit par des milliers de jeunes hospitalisés chaque année pour empoisonnement à l’alcool, maladies du foie et maladies psychiatriques liées à l’alcoolisme ». Citant une enquête nationale inédite, l’hebdomadaire rapporte que « les jeunes boivent deux fois plus qu’il y a dix ans, la moitié des jeunes de 13 ans consommant plus de 10 unités d’alcool par semaine. La quantité consommée par les 11-13 ans a presque triplé pendant la même période. » De plus, « plus de 8 600 jeunes de moins de 16 ans ont été admis à l’hôpital l’année dernière, 37 % de plus qu’il y a cinq ans ».

                Tous ces chiffres sont publiés au moment où une vague de meurtres par arme à feu secoue les quartiers défavorisés de Londres. En deux semaines, quatre adolescents ont été tués, relançant les polémiques sur la « gun culture », la culture des armes à feu qui prévaut dans certaines communautés, en particulier la communauté noire. « La police prévient que les armes à feu et couteaux sont des ‘accessoires de mode’ et un moyen de régler des différends entre gangs pour des questions de drogue, de territoire ou simplement de ‘manque de respect’ », rapporte The Daily Telegraph. La même mise en garde a été lancée à Birmingham, Manchester, Bristol, Nottingham et ailleurs. Là encore, les statistiques montrent que les plus jeunes sont en danger. « En 2003, remarque le quotidien, la proportion de moins de 20 ans victimes de meurtres ou de fusillades ‘Trident’ était de 16 %. En 2005, elle était de 27 %, et cette année, elle est pour l’heure de 32 % ». Trident est le nom du programme de Scotland Yard dédié aux violences au sein de la communauté noire, lancé en 1998 à la demande des représentants de cette dernière.

                Que faire face à cet état des lieux ? Le leader conservateur David Cameron, sans surprise, en appelle aux valeurs familiales et à la responsabilité sociale. De manière surprenante, The Independent on Sunday partage le même avis, « pour la première fois depuis sa création en 1986 », précise-t-il. Mais il ajoute que le gouvernement a également un rôle à jouer en favorisant notamment la prise en charge des enfants souffrant de dépression et de troubles mentaux. « Si nous arrivons à un consensus pour dire que nous devons attacher plus d’importance aux enfants, le Royaume-Uni sera infiniment meilleur à vivre. » Eric Maurice


                • caramico (---.---.211.72) 27 février 2007 14:15

                  A rapprocher du sondage sur le mal vivre des jeunes en G.B.

                  Encore un peu de chemin à parcourir, messieurs les néo-libéraux, du temps de Dickens, on pendait des gosses de 11 ans pour le vol d’une pomme, on y vient, on y vient...


                • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 27 février 2007 14:55

                  Auriez-vous le lien Internet, si tant est qu’il existe, de l’article du journal The Guardian. Je prépare un exposé sur la pauvreté pour mon blog. Excellentes informations. Merci

                  Pierre R.


                • Anthony Meilland Anthony Meilland 27 février 2007 15:10

                  Pierre, si vous vous intéressez au problème de la lutte contre la pauvreté, lisez le livre « combattre la pauvreté et les inégalités : Les USA face à l’Europe » de Edward Glaeser et Alberto Alesina. Ce n’est pas un livre partisan, et c’est très enrichissant.


                • Reinette (---.---.221.104) 27 février 2007 17:17

                  DICKENS PAS MORTS !

                  CHAQUE ANNÉE, à la fin du mois de mai, des milliers de spectateurs vêtus en costumes de l’époque victorienne assistent à une grande fête dans le Kent (sud de l’Angleterre). Le Dickens Festival célèbre le grand auteur britannique qui n’a cessé de dénoncer la misère, les enrichissements assassins, les prisons pour enfants, la condition ouvrière et l’injustice sociale, toutes choses qui, paraît-il, sont aujourd’hui obsolètes.

                  La preuve : c’est à Medway, lieu de naissance de Charles Dickens, que le gouvernement britannique a eu l’idée en 1998 - avec ce cynisme et cette sauvagerie si particuliers à la « ruling class » britannique - de bâtir un centre de détention pour enfants de 12 à 14 ans.

                  Une quarantaine de « délinquants récidivistes » y sont enfermés dans des conditions qualifiées par Martin Narey, directeur général du service pénitentiaire, « d’inacceptables dans une société civilisée ».

                  En 2003, la Commission des Nations unies pour les droits de l’enfant a « sermonné » le gouvernement britannique à propos des isolements, suicides, automutilations, brimades et contentions par la force physique pratiqués dans ce genre d’établissements.

                  Il est même allé jusqu’à dire que la politique du gouvernement risquait d’être incompatible avec la Convention des Nations Unies relative aux droits des enfants.

                  Selon l’ONG Howard League for Penal Reform (Ligue Howard pour la réforme du système pénitentiaire), dans ces taules « le sort des enfants est tel que, hors d’une prison, il déclencherait des enquêtes pour mauvais traitements ».

                  Mais Tony Blair, ce héros moderne qui fait vibrer Ségolène Royal et ses potes du PS, tient bon. Le Royaume-Uni est le pays de la communauté européenne qui enferme le plus grand nombre de jeunes. La tolérance zéro, dans laquelle s’inscrit le centre de Medway (premier d’un programme concernant la construction de 5 autres prisons spécialisées pour enfants) a de « beaux » jours devant elle.

                  Tout comme la société privée Group4 : en plus de fournir des services de sécurité à l’Otan et au Pentagone, cette entreprise spécialisée dans le convoyage de fonds possède une « division enfant », la Rebound ECD (soin et discipline d’éducation), qui gère le centre et assure le transport des jeunes prisonniers.


                • Reinette (---.---.221.104) 27 février 2007 17:31

                  « Marx a démontré, et il ne s’est pas encore trouvé en Europe et en Amérique un économiste pour le réfuter, que le capital était du travail non payé . Tout capital, sous n’importe quelle forme qu’il se présente, propriété foncière, industrielle, financière, est donc un vol commis au profit de la classe bourgeoise et au détriment de la classe ouvrière, de la classe salariée [1] . Le vol est donc le roc sur lequel s’élève la bourgeoisie avec sa morale, sa philosophie, sa jurisprudence et sa politique. »

                  « La forme républicaine, c’est-à-dire le pouvoir politique confié exclusivement à des bourgeois, doit donc être la forme gouvernementale qui permet le mieux les répressions ouvrières et les vols bourgeois. Les plus grands massacres d’ouvriers ont été pratiqués par des républicains bourgeois : juin 1848, mai 1871. Aucun des gouvernements monarchiques qui ont opprimé la France depuis le XVIIè siècle n’aurait osé ou pu exécuter de telles saignées prolétariennes... »

                  La politique de la bourgeoisie, 18 décembre 1881

                  Paul Lafargue (1842 - 1911)

                  [1] La classe salariée, la classe qui vend sa force-travail pour être dépensée au gré de l’employeur en efforts musculaires comme le terrassier, en efforts intellectuels comme le peintre sur porcelaine, le chimiste, l’agronome, l’ingénieur, le contremaître, etc.


                • (---.---.28.67) 28 février 2007 18:29

                  Et les goulags ? Qui les ont fait ?


                • Reinette (---.---.221.104) 27 février 2007 17:11

                  On a pu entendre un correspondant de France 3 à Washington mettre George Bush en garde :

                  « le président ferait bien », maintenant qu’il est réélu, de s’inquiéter du sort « insupportable » infligé aux « 45 millions d’Américains qui n’ont pas de couverture sociale ».

                  Cette soudaine compassion pour les déshérités d’outre-Atlantique a été sûrement de bon augure pour les 7 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté, et dont la situation a été rarement qualifiée d’« INSUPPORTABLE » en ouverture des JT.


                  • gem gem 27 février 2007 18:13

                    Je vais être moins gentil qu’Antony : cet article est nul.

                    Et que ce soit un « docteur en droit et économie du développement » qui l’écrive m’inquiète au plus haut point. On ne vous a jamais appris à sourcer et documenter votre prose ? Parce que là : rien, rien de rien. Juste des élucubrations basée sur ... quoi, en fait ?

                    D’un autre côté, ça explique pourquoi l’auteur essuie des refus de la part de revues « papier »...

                    « Car s’il n’y a point de pauvres, il n’y a point d’enrichissement »... Quel con, ce Henry ford ...il n’a pas eu de bol, si vous aviez pu le conseiller il n’aurait pas foirer son affaire...

                    Je préfère de beaucoup vos articles de témoignage, factuels, sur le Japon.


                    • Rocla (---.---.65.52) 27 février 2007 21:24

                      Si il n’y avait pas de pauvres , les riches auraient bonne mine .

                      Rocla


                      • Nono Nono 27 février 2007 21:30

                        Rocla,

                        Bien le bonsoir, ami.

                        Et c’est parce qu’il y a des riches que les pauvres ont mauvaise mine !

                        Bien cordialement

                        Nono


                      • Basile CLAPAS Basile CLAPAS 27 février 2007 21:59

                        Je me suis longtemps posé ces questions de savoir si les riches ont besoin des pauvres pour être riches. Aujourd’hui, cette vision me semble obsolète, et renforce les pays riches dans leur idée que pour préserver leurs biens, ils doivent maintenir les pauvres dans la misère.

                        La richesse est crée par l’action des hommes. Grâce à la productivité et à la science, notre monde à le potentiel de rendre tout le monde riche (au sens des besoins essentiels).

                        Partager et redistribuer les richesses plus équitablement permet aux pauvres de devenir des consommateurs, et de stimuler la création de nouvelles richesses.

                        Votre vision va dans le sens de l’acroissement des inégalités ; le problème c’est que cette vision erronée est actuellement dominante dans les sociétés occidentales, ultralibérales et conservatrices.


                        • nisco (---.---.242.84) 28 février 2007 14:57

                          « permet aux pauvres de devenir des consommateurs, et de stimuler la création de nouvelles richesses. »

                          J’ai du mal à saisir la logique de cette phrase, des précisions ?

                          N’y a-t-il pas une limite dans la création de richesse ? Ou autrement posé, la terre n’est-elle pas ronde ? (roclaïsme je l’admet mais des fois il faut mieux faire court).

                          Nisco


                        • (---.---.28.67) 28 février 2007 18:06

                          Les riches ont besoin des pauvres« c’est une idée digne de Arlette Laguiller. Les pauvres n’intéressent personne (malheureusement), puisqu’ils ne peuvent pas payer. Il est plus beaucoup plus rentable de vendre des bijoux, ou des grosses voitures que du pain, c’est une évidence. Au contraire, les pauvres sont »une charge« pour les riches puisqu’ils ne peuvent que les amener à devoir leurs donner un minimum de subsistance, sous forme d’une redistribution, ne serai-ce que pour acheter la paix sociale, et éviter des troubles toujours nuisibles aux affaires, même les dealers des cités »sensibles" le savaient en 2005-2006, eux qui lorsqu’ils étaient suffisamment présents ont rapidement rétablit l’ordre. De même, la coopération avec les pays en voie de développement, a pour but principal non avoué de les amener à les transformer en clients crédibles. Tant mieux si cela contribue par la même occasion à améliorer leurs conditions de vie. La pauvreté, ne profite pas aux riches. Sauf si on veut s’en servir pour instaurer une société marxiste, avec sa suite logique : la nomenklatura, qui elle profite des pauvres.


                          • Gilles Gilles 1er mars 2007 10:09

                            Tiens donc !!!

                            Et qui travaille dans les usines au smic ou pour un chouïa plus ? Qui fait le ménage ? Qui est intérimaire ? Qui est chomeur ? Les délocalisations d’usines n’ont-elles d’ailleurs pas pour but de chercher dans les « pays pauvres » une main d’oeuvre encore meilleure marché ?

                            Les « riches » ont justement besoin d’une main d’oeuvre « pauvre » et d’un chomage significatif pour accroitre leur marge en bénéficiant d’une main d’oeuvre disponible et bon marché. Pas besoin d’être Marxiste pour comprendre cela. Avant d’être une charge pour les riches, les pauvres sont aussi un capital humain assurant la pérénité de leurs activités.

                            Les pauvres consomment aussi. Etre pauvre en France ce n’est pas seulement être un mendiant. C’est avoir peu de revenus. Revenus que l’on dépense en achetant et comme le nombre de pauvres est de plusieurs millions, cela fait beaucoup de revenus potentiels pour qui sait offrir le bon produit aux pauvres. Exemple : Presque tous les pauvres ont une télé et un téléphone et achètent à manger.


                          • cdg (---.---.169.151) 28 février 2007 19:19

                            « La Chine, avec un taux de croissance de plus de 10% et ses millions de chômeurs, n’échappe pas à l’aggravation de la pauvreté en pratiquant un capitalisme d’Etat »

                            n importe quoi ! Il y a 30 ans un chinois riche c etait un chinois qui avait un velo et un poste de radio !!

                            vous melangez 2 choses. la pauvrete dans l absolue (ie ne pas avoir a manger ou dormir dehors) et relative Meme si en europe on a un accroisement de la pauvrete (merci chirac & mitterrand) c est surtout de pauvrete relative qu il s agit

                            un francais pauvre de 2007 serait un riche en 1907 (par exemple qui avait une voiture il y a 100 ans ?)


                            • (---.---.37.71) 1er mars 2007 10:11

                              Vous êtes un Marxiste.

                              Non, les riches n’ont pas besoin de pauvres, car les pauvres ne sont pas des clients, sont incultent donc dangereux, et leurs coutent un fric fou en impôt ! Si on exterminait tous les pauvre en France, les riches s’en porteraient trés bien, tous le monde même irait bien mieux.


                              • JL (---.---.73.200) 1er mars 2007 11:33

                                Attention, précisez que vous voulez exterminer seulement les pauves, pas les pauvres d’esprit. Sinon vous et vos semblables serez en danger. smiley


                              • Mister Gottt (---.---.53.204) 1er mars 2007 23:03

                                J’aime bien le « sont incultent »


                              • yves11 15 mai 2012 09:26

                                Bien sûr que les riches ont besoin des pauvres, quelle question ! C’est bien grâce au travail « esclave » qu’ils s’enrichissent. En effet, leur but est de tout « cueillir » de notre travail. Qui produit et génère de la valeur ajoutée ? Sûrement pas celui qui vit des dividendes mais bien celui qui les produits et en est privé ! D’un côté on vous laisse juste assez pour ne pas mourir de faim, (sinon vous ne pouvez plus travailler) et avec ce que vous avez généré ils se payent des robinets en or, et « pètent » dans le luxe, pardon : dans le grand luxe  ! Le plus aberrant se trouve dans ces deux chiffres : d’un côté le nombre d’emplois diminue à raison d’environ 250 par jour ! De l’autre la population augmente à raison de 1095 individus par jour ? ! ? ! Cherchez l’erreur ! Comment peut-t’il ne pas y avoir plus de pauvres ? C’est ce phénomène, créé artificiellement, (allocations familiales), qui impose à celui qui a la « chance » d’avoir un travail, d’accepter toute condition dégénérative des conditions du travail et de sa rémunération.

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