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Accueil du site > Tribune Libre > Les « sorties » de l’intellectualisme

Les « sorties » de l’intellectualisme

Ce commentaire sur l'article : « La fin de l’Europe » de Cédric Durand (http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=forum&id_article=29072) ayant pris un peu trop d'ampleur, le voici en article.

Une analyse critique juste du fonctionnement de l'Europe de la finance ne débouche pas nécessairement sur une analyse politique aussi solide.

D'abord le flou : « l’émergence de nouveaux mouvements politiques dans différents pays (à préciser)... la périphérie européenne... » (c'est-à-dire les PIIGS) ? Il y a 28 pays membres. Cinq pays, dont trois très petits, c'est peu pour une périphérie

« Celle qui va mettre le nez dans la soupe à sa voisine, laisse aller la sienne au feu. »

Et non moins floue, la raison de « la nécessité pour la gauche de passer d’une lutte défensive contre l’austérité à un ordre du jour positif délimitant des alternatives systémiques. » De quelle gauche s'agit-il ? De la gauche en Europe en général ? De la gauche française ? Est-ce au Parti de la gauche européenne et au Front de gauche que ces conseils sont prodigués ? Sinon, eh ! bien, de quelle gauche s'agit-il ?

Cependant il est possible qu'avec des périphrases :

... des alternatives systémiques... la rupture avec les institutions européennes néolibérales... la reconquête de la souveraineté démocratique sur les monnaies nationales

 pour ne pas dire platement  : sortie de l'Europe, sortie de l'euro, on se sorte effectivement d'affaire.

Malheureusement, il y a un obstacle de taille : malgré « un filet de sécurité au cours de cette transition » (ce qui signifie, sans tourner... autour du pot :«  les sorties »), « Les populations exténuées par la crise sont réticentes à supporter les coûts transitoires de la rupture, » : «  coûts transitoires », autrement dit, sans litote superflue, accablants et imprévisibles.

Et par conséquent c'est enfin par un éclair de lucidité que se conclut cet article : le tour de moulin à poivre sur la soupe, avant de servir.

La morale de l'affaire est qu'il est à la fois heureux que les populations soit réticentes et qu'on aimerait connaître la structure de classe de la société française pour commencer, et quelles sont celles qui sont au commandes et tirent profit de la situation : dire le fameux « 1% »serait une plaisanterie.

Pour mémoire, à Port-Camargue, qui n'est pas le port d'attache plaisancier le plus huppé de France, il y a 5000 yachts amarrés. Le loyer annuel du poste pour un bateau de taille moyenne est de 4000 euros.
Les postes privés sont ceux des marinas, dont les prix varient de 150 000 euros pour les plus modestes, jusqu'à plus d'un million d'euros. Il suffit maintenant de faire le tour des côtes françaises de Dunkerque en passant par La Rochelle jusqu'à Nice et de passer au dénombrement.
En se souvenant de plus que le fait de mener une existence privilégiée sur le plan matériel n'impose cependant pas de posséder un yacht. On peut préférer les châteaux, les grosses cylindrées, les chevaux, l'avion ou l'hélicoptère, une de ces choses, ou encore le tout à la fois.

Pour conclure, je trouve beaucoup plus en prise sur le réel que l'article de Cédric Durand la ligne de front définie par le Secrétaire national du PCF ; c'est-à-dire, avec les forces de la Gauche européenne :

- d'une part, élargir le front de lutte européen contre l’austérité, pour des financements allant à la création d’emplois et de richesses, aux services publics et non plus à l’enrichissement des créanciers, pour la restructuration européenne de la dette.

- et d'autre part, faire le choix d’une refondation sociale et démocratique de l’Europe.


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5 réactions à cet article    


  • jaja jaja 21 août 2015 11:26

    Je me méfie des « lignes de front » définies par le PCF (comme celles de nombreux autres partis d’ailleurs) sachant que souvent la ligne fluctue pour aller même parfois dans le sens opposé à ce qui était écrit dans le programme...

    Je pourrais donner des exemples !


    • Dwaabala Dwaabala 21 août 2015 11:47

      @jaja
      Les programmes des partis sont de simples étendards. Il n’y a que leurs rédacteurs enflammés qui ne le savent pas.
      La réalité rencontrée quand il s’agirait de les mettre en application est sans rapport avec les illusions qui ont présidé à leur rédaction.
      Cependant, l’absence d’organisation et de programme, ce qui se constate chez ceux que je critique, sont encore bien pires.


    • jaja jaja 21 août 2015 12:06

      @Dwaabala

      Admettons que le programme soit un simple étendard pour certains dont on sait qu’ils ne se gêneront pas pour chier dans leur drapeau et faire l’exact opposé de ce qu’ils promettaient aux crédules qui leur faisaient confiance...

      Vous croyez que c’est ça la politique ?


    • lsga lsga 21 août 2015 15:33

      Ah !!!!! Enfin ! ça fait plaisir...
       
      "’une part, élargir le front de lutte européen contre l’austérité, pour des financements allant à la création d’emplois et de richesses, aux services publics et non plus à l’enrichissement des créanciers, pour la restructuration européenne de la dette.« 
       
      malheureusement, l’élargissement de la lutte est INCOMPATIBLE avec la seconde partie de la phrase. Si les travailleurs luttent uniquement pour défendre leurs systèmes social-national, et le subventionnement national de leur emploi, ils seront mécaniquement divisés entre nation, comme Grèce VS Allemagne.
       
       »faire le choix d’une refondation sociale et démocratique de l’Europe."
      voilà le seul et unique but qui peut unir les luttes européennes.


      • Attilax Attilax 21 août 2015 21:19

        « et d’autre part, faire le choix d’une refondation sociale et démocratique de l’Europe. »

        ouarf ! Avec quelle majorité ? Tous les partis en lice veulent « refondre l’Europe », qui plus sociale, qui plus libérale, qui plus nationale... Conneries, tout ça. L’UE est ce qu’elle est car elle sert des buts précis, elle n’a pas vocation à changer. Si l’Europe était démocratique, je pense qu’on serait au courant. Ceux qui ont cru que c’était un instrument politique en sont pour leurs frais (qui n’ont pas fini d’augmenter !). L’Europe ne sert pas les intérêts des européens, il faut être aveugle ou payé pour le nier aujourd’hui.

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