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Accueil du site > Tribune Libre > Lettre ouverte : Maxime Nicolle, dites la vérité sur la mère de Julian (...)

Lettre ouverte : Maxime Nicolle, dites la vérité sur la mère de Julian Assange ! @FlyRiderGJ

A Maxime Nicolle, alias Fly Rider,

Citoyen,

Lundi dernier, vous étiez à Londres pour assister à l’audience concernant l’extradition de Julian Assange. Auteur d’un ouvrage sur ce dernier, « Julian Assange en danger de mort », j’étais à Paris, pour commenter, en direct sur RT France, l’information que me relayaient des camarades du comité WikiJustice sur place. 

Monika Karbowska devant le WMC

L’un d’eux a d’ailleurs pu, non sans efforts, entrer dans la salle d’audience. Cette camarade, en l’occurrence la militante franco-polonaise Monika Karbowska (voir la photo jointe à cette lettre), avait visiblement bien fait d’arriver par ses propres moyens à l’audience. D’autres, montés dans le car des Gilets jaunes et entravés par le retard dudit car, n’ont pas eu, contrairement à vous, le privilège qu’on leur chauffe la place. 

Au sortir du Westminster Magistrates’ Court, vous avez déclaré aux journalistes de ce même RT (les seuls à vraiment relayer l’Affaire) que la mère d’Assange était présente. C’était à la troisième minute de la vidéo qui en a été tirée :

Or, il n’en était rien. Rien n’indique que Mme Christine Assange était présente, ni au dehors ni au dedans du tribunal.

Avez vous rencontré la mère d’Assange, citoyen Nicolle ? Lui avez-vous parlé ? L’avez-vous photographiée ? Ne pensez-vous pas que, eût-elle été présente, RT se serait fait un honneur et un devoir de lui offrir une tribune afin qu’elle pût clamer l’innocence de son fils et demander sa relaxe immédiate ?

Au contraire, celle-ci a commenté, sans doute d’Australie où elle réside, les événements sur son compte twitter, en relayant diverses informations, mais elle n’était pas à cette audience où son fils apparaissait en public pour la première fois depuis de longs mois. Rien n’indique non plus qu’elle ait fait le voyag depuis l’Australie depuis le kidnapping de son fils à l’ambassade d’Equateur.

Lundi, le journaliste australien a donc comparu extrêmement affaibli, ne cherchant pas même le soutien d’un regard amical ou d’un sourire complice. A cette apparition tant attendue, il n’y aura eu ni Pietà ni Stabat Mater pour ce crucifié du combat anti-impérialiste. 

En réalité, cette absence de la mère renvoie à quelque chose de plus douloureux encore dans la biographie d’Assange, sa naissance, plus que probable, et son enfance, elle avérée, au sein d’une secte australienne, The Family Cult, avec des enfants drogués, manipulés, pilotés dans le cadre de projets de type MK-ultra, voire pire encore.
Cela renvoie à un père absent pendant toute sa vie, John Shipton, pourtant aujourd’hui très présent médiatiquement, et qui semble judicieusement avoir pris le contrôle du nom de domaine Wikileaks via sa société Dynadot.

Cela renvoie au désert de solitude qui entoure Assange actuellement, le vide qui est fait autour de lui, la disparition de son ex-compagne Sarah Harrison, l’intimidation du témoin Chelsea Manning et son emprisonnement, l’apparente démission de sa défense qui n’a pas interjeté appel de sa condamnation pour rupture de liberté conditionnelle, qui n’a pas cherché à récuser la juge Arbuthnot dont le mari travaille pourtant avec un ancien dirigeant du MI6, qui n’a pas utilisé le rapport de l’ONU pour le faire sortir de prison pour raisons de santé, qui choisit le secret alors que seule la mobilisation de l’opinion publique peut faire pression sur l’institution judiciaire et parlementaire britannique dont tout démontre – impossibilité du Brexit comprise -, qu’elle n’a plus rien de démocratique.

Cette absence renvoie aussi à une autre origine, celle de Wikileaks. En effet, Wikileaks, conçu probablement au départ comme outil néolibéral pour dénigrer les adversaires traditionnels desdites « démocraties occidentales » (Chine, Russie, par exemple) s’est retourné contre certains de ses inspirateurs, sans doute y compris Gavin MacFadyen, le mentor d’Assange, décédé en 2016.

Car Assange n’a pas été ce petit télégraphiste de l’Empire qu’il était destiné à être.

Contre la main droite de l’Empire, Assange a dénoncé la guerre des néo-cons en Irak et en Afghanistan, y compris l’usage de la torture.

Contre sa main gauche, Assange a dénoncé les collusions du clan Clinton avec l’Arabie saoudite finançant Daesh, et les guerres de Mme Clinton en Syrie, Libye, Ukraine.Assange a poussé la logique démocratique jusqu’au bout et compris, comme le dit Marx, qu’ « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre », et donc qu’il fallait avant toute chose faire la guerre à la guerre. Assange est ainsi devenu un militant anti-impérialiste conséquent. Il aurait pu faire partie de tous ces manipulés par Soros ou autres qui ne pointent les problèmes de liberté d’expression que là où cela arrange l’Empire. Il a refusé cela.
Il a dû, ce faisant, laisser en route beaucoup de gens qui se prétendent toujours ses amis. Cacher le flou autour de la mère, donc de la naissance, donc des origines, donc de l’entourage d’Assange, c’est vouloir laisser le couvercle sur l’origine plus qu’étrange de Wikileaks. C’est tolérer qu’on fasse refaire au prisonnier de Belmarsh le parcours en sens inverse qu’il a emprunté, qu’il revienne à ce dont il s’est affranchi avec détermination et orgueil. C’est dire « circulez y’a rien à voir », « tout va bien dans l’entourage et les soutiens d’Assange », alors que tout va mal et qu’il n’est plus en état de se défendre lui-même.

Un exemple ?

Juan Branco, qui, paraît-il, est désormais votre conseiller, passait ce lundi dans le champ de la caméra au moment de votre interview à RT, et s’est contenté de vous adresser un amical salut en passant la main sur votre épaule.Branco est également conseiller juridique de Julian Assange. N’osant pas imaginer qu’il ait pu vous suggérer de dire une chose fausse ou vous induire en erreur, sans doute pourrez-vous auprès de lui en obtenir confirmation  : Branco n’a certainement pas pu voir la mère d’Assange puisqu’elle n’était pas dans la salle d’audience, ni ailleurs du reste.
Il s’est en revanche entretenu ce jour-là, d’après nos sources, avec Renata Ávila, plus précisément dans la “consultation room n°4” du tribunal ; comme vous pouvez le constater le témoignage de ma camarade Monika est précis. Cette dame Ávila, conseiller juridique de Julian Assange, qu’on voit omniprésente dans deux longs métrages consacrés à ce dernier (Risk de Laura Poitras et Hacking Justice de J. Pancorbo et C. López Rubio) dirige désormais une fondation, la Fundación Ciudadanía Inteligente, financée, entre autres, par l’Open Society de George Soros ainsi que par la National Endowment for Democracy, officine de guerre froide fondée par les Etats-Unis à l’époque du faucon belliciste Ronald Reagan, quand ce dernier finançait également les Contras en Amérique centrale.
Renata Ávila est née au Guatemala. Dans ce pays, n’en doutez pas, on sait très bien ce qu’est la National Endowment for Democracy.

Lors de l’affaire suédoise, ou plutôt, devrait-on dire, du piège suédois tendu à Assange, le journaliste canadien Jean-Guy Allard, dans les colonnes de Granma, le quotidien cubain, avait établi des liens entre la plaignante, Anna Ardin et cette même NED, petite soeur de la CIA.

Julian Assange n’est donc pas entouré de l’affection des siens, si vous me permettez cette litote.

C’est la gauche du capital, la gauche de l’impérialisme, qui semble avoir repris en main sa défense. Renata Ávila a d’ailleurs rejoint l’équipe de M. Varoufákis dans son nouveau parti, désormais intitulé Diem25. Avec Juan Branco, ancien conseiller d’Assange et de… Laurent Fabius au Quai d’Orsay, Varoufákis fait partie des anciens « insiders » chargés de réenchanter la politique en Europe.

Le 25 septembre, nous avons assisté à une conférence à la Sorbonne de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Rafael Correa, Guillaume Long. Lequel nous a expliqué que, si l’internet d’Assange avait été coupé par ses hôtes de l’ambassade au moment de la campagne présidentielle aux USA, c’était parce que l’Amérique latine progressiste était plutôt favorable à Clinton et qu’Assange était en train de défavoriser celle-ci. En d’autres temps, on aurait pu penser qu’une certaine Amérique latine, entre Clinton et Trump, n’eût pas éprouvé le besoin de faire d’autre choix que celui de Che Guevara.
Vous l’aurez compris, avec pareils défenseurs d’Assange, nul doute que ce dernier, et la gauche avec lui, sont désormais entre de bonnes mains.

Citoyen Maxime Nicolle, vous représentez sans doute un référent important pour cette authentique insurrection populaire que sont les Gilets jaunes.

Ouvrez les yeux sur ceux qui veulent vous faire accroire que tout va bien dans le royaume de l’opposition autorisée et empêchent que les peuples se mobilisent massivement pour faire entendre leur voix.

L’opinion est en droit de savoir car cette question renvoie à des éléments bien plus importants que vous ne le pensiez certainement.

Dans l’intérêt du monde entier, et des peuples en luttes pour la dignité, pour la liberté et pour la paix, à commencer par le nôtre qui redonne actuellement au monde l’exemple de la grandeur, répondez simplement, s’il vous plaît, à cette élémentaire question : 

Pourquoi avez-vous dit que la mère d’Assange était à l’audience alors qu’elle n’y était pas ?

Salut et fraternité,

Aymeric Monville, auteur de “Julian Assange en danger de mort” (Delga, 2019)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/lettre-ouverte-maxime-nicolle-dites-la-verite-sur-la-mere-de-julian-assange-flyridergj/


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13 réactions à cet article    


  • ZenZoe ZenZoe 25 octobre 10:49

    J’ai toujours pensé qu’il y avait un côté suicidaire chez Assange.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 octobre 11:41

      Merci pour les informations sur l’entourage d’Assange.


      • moussars 25 octobre 16:23

        Effectivement, beaucoup trop de signes convergent vers l’abandon d’Assange à son triste sort.

        Ne pouvant attaquer celui-ci de face, les amerlocques et leurs suceurs de roue ont fait le ménage tout autour de lui, de toutes les manières...

        Et dire que tous les journaux mainstream qui ont diffusé les informations de Wikileaks lui crachent maintenant dessous ou se taisent complètement : ne devraient-ils pas être poursuivis eux-aussi, avec les mêmes articles de loi imbéciles invoqués ?

        Je sent la haine monter...


        • Louise Louise 25 octobre 21:02

          Quelle tristesse ! 


          • Contre quoi L’ Equateur a-t-il échangé Assange ?


            • Valas Valas 25 octobre 23:01

              @Armand Griffard de la Sourdière

              Une piste sérieuse :

              John Shipton, le père du fondateur du site WikiLeaks Julian Assange, estime dans une interview que l’Équateur aurait pu échanger son fils contre un crédit du Fonds monétaire international.

              "L’Équateur n’a pas de monnaie propre, il utilise le dollar américain. Il a obtenu (récemment) un prêt du FMI, mais il ne peut l’obtenir que si les États-Unis l’approuvent ", a déclaré John Shipton.

              Sources :

              https://fr.sputniknews.com/international/201904281040911207-pere-assange-equateur-echange-credit-fmi/

              https://fr.ecrivainpolitique.com/2019/04/le-pere-dassange-equateur-echange-mon.html


              Ceci depuis l’arrivée au pouvoir de Lenín Moreno en 2017, successeur de Rafael Correa qui ne s’est malheureusement pas représenté.

            • @Valas
               merci à vous Valas ....que la force soit avec toi !


            • JP94 25 octobre 21:31

              Merci et bravo pour l’article,îlot d’informations dans un océan de désinformations occidentales.

              Notez que pour son prix Sakharov, la vertueuse UE a eu eu d’aller besoin d’aller jusqu’en Chine pour trouver un séparatiste persécuté...mais semble aveugle au sort d’Assange, et même pire : elle met en avant des cas éloignés non similaires pour ne pas qu’on voie et qu’on agisse ici contre la violence d’Etat soumise à la toute-puissance états-unienne. 

              Bravo bien sûr à Monika Karbowska... qui ne risque pas de gagner un prix Sakharov  choix des élites européennes. 

              L’UE en est là  certes on avait Georges Ibrahim Abdallah, le communiste libanais emprisonné en France sur ordre américain...

              Mais le sort d’Assange est emblématique : il n’a fait que dire la vérité, et sans même aller jouer les hackers...Il est mis au secret, par le nouvel Ancien Régime. 

              Et je n’ai pas eu l’occasion d’entendre sur nos ondes nationales la moindre protestation, alors que la casse du Mur de Berlin et la célébration de l’Anschluss concomitant ont droit à une journée de propagande...


              • Kapimo Kapimo 25 octobre 22:33

                Merci pour cet article carré, qui expose synthétiquement ce qu’on a pu lire depuis de nombreuses années quant aux origines et au parcours d’Assange, qui propose une déconstruction de certaines des contradictions constatables dans le parcours d’Assange, et qui donne une vision cohérente de la nature de Wikileaks.

                Assange a peu de chances de réchapper au deep state US, au vu de son manque d’authentiques soutiens significatifs, et Nicolle est encore victime de sa naïveté qui l’empêche parfois de voir le mal là ou il est.

                Quant à Branco....


                • totof totof 26 octobre 18:13

                  Un grand merci pour cet article important. Dommage qu’il ne soit pas davantage sourcé, on ne peut pas vérifier grand-chose. Ca, c’est un gros problème, vraiment dommage. On est prié de croire l’auteur sur l’origine de Wikileaks ou sur la jeunesse d’Assange.

                  Je me demande aussi quel jeu joue ce mec, Juan Branco. Il parvient à s’incruster un peu partout, il a des réseaux. Je me demande s’il n’est pas un leurre, une icône fabriquée par l’oligarchie.

                  Et puis il y a le problème de Sarah Harrison, effectivement flippant. Elle doit être morte à l’heure qu’il est.

                  Honnêtement, cette histoire est un tel révélateur de l’ampleur et de la radicalité du mal qui nous assaille que j’en prends des sueurs froides. Notre monde tient de 1984 mais en pire. Les peuples auront-ils les ressources suffisantes pour s’ériger contre ce monstre qu’est l’oligarchie ? Abreuvés qu’ils sont par l’industrie de la culture, les jeux vidéos, les écrans ?


                  • Paul Leleu 27 octobre 18:58

                    @totof

                    hélas, l’industrie de la « contre-culture » américaine verrouille totalement les consciences, les âmes et les êtres... on est entièrement soumis à une domination esthétique et spirituelle... pas de danger que les peuples en sortent...

                    les Gilets-Jaunes sont dans le même monde esthétique que Macron et les oligarques... c’est bien tout le problème... Mathieu Pigasse est un fan de punk... nombre de milliardaires sont anarchistes...

                    tant que le monde révolutionnaire se concevra dans les canons esthétiques et spirituels de la contre-culture, alors il ne s’émancipera pas... (hors, le débat n’existe même pas sur ces questions)


                  • Paul Leleu 27 octobre 19:03

                    intéressant article sur les origines de Wikileaks... merci !

                    quant au pauvre Assange... si c’est possible, je lui conseille de se démettre, et d’essayer de se reconvertir en agent « sorosien »... non pas par conviction... mais simplement pour sauver sa peau, et ce qui peut lui rester de vie personnelle... tout le monde verra bien qu’il raconte des conneries, et ça ne changera pas grand chose à l’ordre du monde... par contre, ça lui sauvera l’existence...

                    à un moment donné, trahir ses idéaux permet de vivre... qu’il s’ouvre à la spiritualité, à la méditation... il ne sauvera pas le monde...

                    maintenant, est-ce qu’il a cette possibilité ? et puis, que veut-il comme destin (cela lui appartient en dernier ressort) ?

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