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Accueil du site > Tribune Libre > Loi ORE : stopper le début d’une longue série de destructions (...)

Loi ORE : stopper le début d’une longue série de destructions #NonALaSélection

 

Avec l’agression du 22 mars d’étudiants grévistes par des milices d’extrême-droite à Montpellier, le mouvement étudiant contre la sélection à l’université, contre la loi dite d’orientation et de réussite des étudiants, prend de l’ampleur dans les différentes facs avec plusieurs blocages importants comme au Mirail à Toulouse ou à Tolbiac à Paris. Quels sont les tenants et les aboutissants de la loi ?

La loi ORE a été présentée au Conseil des ministres le 22 novembre 2017 et adoptée le 15 février dernier inspirée par le Plan étudiant annoncé en octobre 2017, censé accompagner les étudiants vers la réussite. Nous y reviendrons, mais elle trouve aussi sa source dans une note de l’économiste Robert Gary-Bobo (voir plus bas).

Qu’est-ce qu’on y trouve ? Eh bien pour les lycéens est remplacée la déficiente Admission Post Bac par l’algorithme Parcoursup, afin de mettre fin au tirage au sort alors que celui-ci n’a concerné que 0,9 % des lycéens. Le jeune, cet être insondable, dont visiblement le pouvoir macronien pense qu’il doit être dressé, docile et prêt à travailler (comprendre : se faire exploiter), doit faire un maximum de 10 vœux non classés mais motivés. Ce qui au moment où la plate-forme se met en place, provoque le stress de nombreuses familles face aux nombreuses démarches administratives (1).

Un élève qui souhaite entrer à l’université devra, dès la Seconde, connaître sa filière et les attendus demandés, afin d’espérer être pris, ou alors après s’être conformé avec une année de césure. Ceux qui sont passés par le lycée savent que jeune on a rarement une idée claire de ce que l’on veut faire, et c’est normal, on a rarement le temps pour se renseigner efficacement sur une filière et sur tout ce qui nous est demandé. Alors pourquoi ? Le but c’est que l’élève n’ait pas de rêve mais seulement un plan de carrière, qu’il soit adaptable aux désirs du capital. La réussite, ça se prépare, sinon on court vers l’échec, vers la rue, vers Pôle emploi, vers les “Riens” qui affluent dans les gares (2).

Après nous avons les fameuses « Fiches avenir » remplies par les professeurs et les chefs d’établissement donnant un avis sur les vœux inscrits par les futurs étudiants. Avis, notons-le, qui n’aura pas la même valeur en fonction des lycées, des plus réputés au plus mal famés. Car ne l’oublions pas, la loi est accompagnée de la casse du bac, qui tend à n’être qu’un diplôme non plus national, mais seulement valant par rapport à son établissement.

Mais cela prend en compte les compétences de l’étudiant non ? C’est ce qu’on entend chez certains des étudiants. L’école n’est pas là pour privilégier les soi-disant « compétences » (valorisable sur un CV), mais pour transmettre des connaissances de manière active si possible avec esprit critique, car le but de l’éducation nationale c’est la formation de l’homme, du citoyen et du travailleur. Dire le contraire, c’est faire un pas vers la mise au pas de l’école par le patronat.

Autre conséquence de la loi, c’est l’énorme gâchis de temps pour les enseignants et le personnel administratif de l’université qui au lieu de faire humblement son travail, va devoir trier des tonnes de dossiers envoyés par Parcoursup. Il est vrai, compensé par un investissement du gouvernement pour pouvoir créer de nouvelles places, mais est-ce que cela va suffir, c’est la question…

Nous ne pouvons que saluer par contre la loi en ce qu’elle fait passer tous les étudiants sous le régime normal de la sécurité sociale, et met fin à ces régimes particuliers honteusement compliqués.

Le résultat n’est donc pas positif, et nous sommes malheureusement obligés de vous dire qu’il ne s’agit que d’un début. À ce titre, les opposants à la loi qui crient à la destruction de l’université devraientt se calmer, ce qui arrive derrière étant pire. Ce qui arrive c’est la fin du modèle égalitaire de l’université.

En effet, nous avions pu critiquer il y a quelques mois un document de 10 pages écrit pour le programme présidentiel de Jupiter 1er sur les réformes universitaires, écrit par un certain Robert Gary-Bobo, économiste. Ce qui est dans la loi ORE en provient en partie, seulement ce n’est quasiment qu’un accessoire pour une politique de plus grande échelle où l’on trouve notamment :

  • Des frais d’inscription à 1000 euros l’entrée (moyennant un prêt à la banque).
  • Des diplômes à la carte, les licences étant transformées en bachelor, ce qui signifie que le diplôme n’est plus national, mais n’a qu’une valeur par rapport à l’université.
  • Imposition du modèle des grandes écoles aux universités publiques qui doivent être compétitives.

En conclusion, nous invitons tout le monde, les étudiants, les lycéens, les syndicalistes et les citoyens à lire cette prose macroniste afin de comprendre ce qui va nous arriver et COMMENT ça va nous arriver.

En attendant les Jeunes pour la renaissance communistes en France continuent leurs combats pour une éducation de qualité, une université égalitaire et permettant le développement de l’être humain, ainsi que du travailleur collectif.

Nos propositions pour la jeunesse de France : 26 propositions pour la jeunesse de France

Lien d’origine pour les photos : Le blog de Janine


  1. « Les étudiants livrés au marché de l’anxiété » d’Annabelle Allouch, Le Monde Diplomatique n°769, avril 2018.
  2. Ibid. « Un marché ad hoc est déjà apparu pour aider les familles à atténuer ce sentiment désagréable. Moyennant 560 euros, la société Tonavenir.net propose une « formule sérénité », qui comprend des conseils d’orientation, une aide à l’écriture des lettres de motivation, et même la gestion du départ des vœux sur la plate-forme… »

Retrouvez toutes les actions, propositions et mobilisations des jeunes communistes sur

http://jrcf.over-blog.org

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/loi-ore-stopper-le-debut-dune-longue-serie-de-destructions-jrcf/


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14 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 17 avril 13:01

    l’objectif étant bien sur de progresser vers l’avènement du monde idéal : le rêve américain


    • lcm1789 17 avril 15:20

      @gaijin
      Plus de statut,

      plus de conventions collectives (accords de branches)
      plus de diplomes nationaux

      Le rêves de Macron : l’U.E l’a ordonné, Macron le fait : le règne de l’individualisme la guerre de tous contre tous, le renard libre dans le poulailler libre...

      Et en même temps que Macron et Collomb gazent les étudiant(e)s, les salaries et retraités, les écolos avec des grenades interdites par la convention sur les armes chimiques (seulement en tant de guerre mais autorisées pour le « maintien de l’ordre » sic transit gloria mundi...), il met à bas le fragile édifice de l’ONU et attaque sans déclaration de guerre un pays souverain qui ne nous a jamais rien fait.

      La macaronis, c’est la loi de la jungle

      Tous ensemble des Lycées aux entreprises en passant par les Hôpitaux : résistance.

      Sortons Macron, sortons de l’UE, sortons de l’OTAN sortons du capitalisme qui avilit les hommes et détruit la planète.

    • Trelawney Trelawney 17 avril 13:43

      Université de Paris-Nanterre avril 2018 et la clôture des inscriptions n’est pas finie, 2 274 demandes d’inscription à la première année de licence en sciences de l’éducation pour 76 places. On fait comment ? 

      Je propose une course en sac géante. Après tout l’avenir professionnel d’un élève vaut bien quelques bons dans un sac à patates.

      L’école n’est pas là pour privilégier les soi-disant « compétences » (valorisable sur un CV), mais pour transmettre des connaissances de manière active si possible avec esprit critique, car le but de l’éducation nationale c’est la formation de l’homme, du citoyen et du travailleur. Dire le contraire, c’est faire un pas vers la mise au pas de l’école par le patronat.

      Et dans le concret ça donne quoi ce que vous dites ? Car personnellement je connais énormément d’étudiants (peut être pas ceux inscrit à l’UNEF) qui ont choisit de faire quelques années en université pour justement acquérir des « compétences valorisable sur un CV ». Mais peut être que ça échappe au communiste qui pense encore que l’étudiant avec son « esprit critique » est là pour grossir le rang des manifestants les jours de grève


      • lcm1789 17 avril 15:26

        @Trelawney

        2 274 demandes d’inscription à la première année de licence en sciences de l’éducation pour 76 places. On fait comment ? 

        Il ne t’a pas échappé que l’on n’arrive plus à recruter suffisamment d’enseignants... 

        Il faut ouvrir des places en facs.
        Il faut donner les moyens aux Second degré de former les futurs lycéens.

        C’est l’avenir de la Nation, nous ne sommes pas au bantoustans.

        Quand à croire qu’un travailleurs correctement formé c’est l’addition de quelques compétences figées, quel manque de discernement...

        Après les « élites » ont toujours milité pour l’entre-soi et bien refermer la porte derrière-eux.

        La loi ORE et le bac Macron c’est le règne de Sciences Po aux détriment de l’esprit des Lumières et de Descartes... comme ça on fiât tous ce qu’il faut pour créer le petit groupes de young leader apte à tondre la population et à semer la misère et la guerre.

        Sortons de l’UE sortons de l’OTAN sortons du capitalisme

      • Trelawney Trelawney 17 avril 15:49

        @lcm1789
        Il ne vous a pas échappé non plus que les « sciences de l’éducations » n’est pas et heureusement la meilleure filière pour être professeur.

        Mais que voulez vous lorsque tout le monde et sans même savoir pourquoi se jette à corps perdu vers le baccalauréat, il faut ensuite beaucoup de voies de garages pour absorber ce flux d’étudiants désemparés.
        Sur ce point on peut dire que les universités font jeu égal avec les écoles privées pour ce qui est de l’échec en sortie, mais restent fort heureusement pour le porte monnaie des parents beaucoup moins chères que ces écoles

        Pour ce qui est de l’université ou de sup de co-machin, c’est toujours pôle emploi qui prend le relai. Mais pour Pôle emploi, il n’y a pas besoin de tirage au sort. Et comme cela ils ne seront pas esclaves du capitalisme

      • bernard29 bernard29 17 avril 15:00
        Il serait temps de remettre en place le tirage au sort, système le plus démocratique qui soit. 
        Le Syndicat Unitaire des Etudiants de France propose d’ailleurs d’instaurer le tirage au sort également pour passer d’une année à la suivante dans les facs de socio et de psycho afin expérimenter le système avant généralisation. Il est connu que ces facultés n’ont guère besoin de critères basés sur les compétences livresques ou expérimentales. Bien évidemment il sera interdit de corrompre l’appariteur, qui d’ailleurs seront également tirés au sort.. 

        • Trelawney Trelawney 17 avril 15:41

          @bernard29


          Je propose aussi que l’on tire au sort les professeurs à partir de la liste des inscrits à Pole emploi.
          Ces même professeurs seraient tirés au sort tous les trimestres pour plus de justice sociale

        • bernard29 bernard29 17 avril 15:55
          @Trelawney

          Exact, parce que tout le monde doit avoir sa chance. Nous rappelons que l’égalité est un des principes fondateurs de notre république. On commence a en avoir marre de ce mépris, voire comme dit l’autre de "la Chienlit’ . 

        • Lugsama Lugsama 17 avril 17:42

          @bernard29

          Pour les diplomes aussi on devrait tirer au sort, ça serait quand même bien plus égalitaire, qu’est-ce qu’un diplome si ce n’est une sélection.

        • joletaxi 17 avril 17:47

          @Lugsama
          ben déjà qu’il y a des grands et des petits, c’est une honte


        • Trelawney Trelawney 17 avril 17:56

          @Lugsama
          Pour les diplomes aussi on devrait tirer au sort

          Et quelle économie. Au lieu de tirer au sort les inscrits on tire au sort les diplômes et plus besoin de construire d’université et tout le cirque qui va avec

        •  C BARRATIER C BARRATIER 17 avril 19:53

          Plus de la moitié des admis en université abandonnent avant un an...ceci en 2017, 2016, 2015, etc...C’est pour ces milliers à la recherche de bourses et de cartes d’étudiant, mais pas d’études, qu’il faudrait aux frais du contribuable construire des facs, embaucher des personnels...
          Ces etudiants demandent même que pour les examens qu’ils n’ont pas préparé la note moenne soir attribuée à tous. Ils s’imaginent qu’ils ne seront pas évalués avant d’être embauchés !

          Je ne suis pas d’accord avec tout, mais la réforme du bac a du bon

          Ecole,projets reforme Blanquer examen critique http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=296

          • lcm1789 17 avril 22:52

            @C BARRATIER

            La première cause d’échec à l’université c’est l’impossibilité de suivre les cours pour cause d’emploi étudiant indispensable pour financer les études.

            Alors les bourgeois pérorent et continuent de vouloir des diplôme qui ne donnent droit à rien mais servent de crible pour l’entre soi....

            On a la bone conscience que l’on veut.

            Il faut un bac National exigeant avec des jury indépendant qui reste le premier diplôme universitaire

          •  C BARRATIER C BARRATIER 18 avril 21:36

            @lcm1789
            Je connais des étudiants pauvres qui ont des jobs pour vivre et qui bossent à la fac et réussissent
            Je ne crois pas du tout que les jeunes souvent venus d’ailleurs qui veulent empêcher les étudiants de bosser soient de vrais étudiants ayant des jobs pour payer leur loyer.

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