Loi « PERMIS DE TUER »
Jean-Marie Le Pen, 2007 : où nous voyons dans quelle direction se dirige la France de Macron en 2026, à travers l’ancienne déclaration du leader d’alors du Front national durant sa campagne présidentielle où il proposait :
« Mettre fin à la suspicion qui pèse sur les forces de l'ordre lorsqu'elles font usage de la force, en créant une présomption de légitime défense… »
Cela ne sonne-t-il pas très contemporain à vos oreilles ? D’outre-tombe, le « menhir » n’arriverait-il pas à ses fins vingt ans plus tard ?
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors du débat à l’Assemblée nationale le 7 juillet 2026, a défendu le texte en expliquant :
« La proposition de loi [...] organise une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Il s'agit d'une présomption simple, qui peut être levée à tout moment. »
Puis :
« Dès lors que les circonstances ne seront pas réunies, n'importe quel procureur pourra renverser cette présomption. »
En mettant ces deux déclarations côte à côte : 2007, Jean-Marie Le Pen parle de « mettre fin à la suspicion » en créant une « présomption de légitime défense ». 2026 : le ministre de l'Intérieur défend un texte qui « organise une présomption de légitime défense », en insistant sur le fait qu'elle serait « simple » mais renversable par un procureur.
La parenté est directe et cette juxtaposition 2007-2026 fonctionne à merveille, avec presque le même vocabulaire, à vingt ans d'écart.
Ce que changerait la loi
Point factuel important : au 22 septembre 2026, ce n'est pas encore une loi définitive : l'Assemblée nationale l'a adoptée en première lecture le 7 juillet 2026, et le texte est actuellement au Sénat en première lecture.
Aujourd'hui :
Un policier utilise son arme et tue quelqu'un.
La justice vérifie si le tir était absolument nécessaire et proportionné.
Si ces conditions ne sont pas réunies, le policier peut être poursuivi.
Avec le projet de nouvelle loi :
Le policier bénéficie au départ d'une présomption de légitimité.
C'est donc celui qui conteste cette légitimité qui devra apporter des éléments contraires.
Ces éléments peuvent être apportés par le parquet, la partie civile ou l'enquête elle-même.
Le juge peut ensuite renverser la présomption.
Donc, en une phrase
La grande différence est que la situation de départ devient favorable au policier : son usage de l'arme est présumé légitime, et cette présomption doit être combattue par des éléments de preuve contraires.
D’où vient le terme « permis de tuer » ?
Cette formule est apparue dans le contexte d’un verdict perçu comme trop favorable à des policiers impliqués dans des tirs mortels, notamment l’affaire Youssef Khaïf en 2001, où la mère a utilisé ces mots. L'expression sera reprise plus tard dans les débats sur l'usage des armes par les forces de l'ordre, notamment en 2017 et dans les discussions de 2026.
D’hier, une provocation inacceptable
À aujourd’hui, une loi commune. Glisserait-on vers un État « fascisant » qui ne veut pas être nommé comme tel ?
Depuis l’élection de Macron en 2017, l’étau s’est resserré avec des lois dites de « sécurité » qui, vues de l’extérieur, paraissent bonnes pour le citoyen, mais qui, en y regardant de plus près, limitent grandement les libertés civiles :
2017 : réforme de l’usage des armes par les policiers et gendarmes ; mesures antiterroristes intégrées au droit commun ;
2019 : loi « anticasseurs » sur les manifestations ;
2021 : « sécurité globale », vidéosurveillance, drones, Conseil constitutionnel qui censure certains points.
Jeux olympiques et paralympiques de 2024, qui introduisent la vidéosurveillance algorithmique à titre expérimental. Expérimentation qui est ensuite prolongée jusqu'en 2030.
Ainsi, le point commun de tout cet arsenal est : l’extension progressive des pouvoirs de l’État au nom de la sécurité, la surveillance, le contrôle et l’exception. En 2026, cela inclut l’état d’alerte de sécurité nationale et la présomption d’usage légitime des armes.
Il en va aussi du contrôle des moyens de paiement, du contrôle de nos finances.
Un glissement de la vie quotidienne : les paiements par carte.
Vous arrivez à la caisse, vous tendez votre téléphone et hop, c’est débité en nanosecondes. Derrière ce geste anodin, que se passe-t-il ?
Aujourd’hui, pour simplifier à l’extrême, lorsque vous payez par carte, votre demande de paiement part du commerçant, passe par l’infrastructure bancaire et financière, puis la transaction est autorisée. Demain, si le système de paiement devenait directement interconnecté avec un dispositif de contrôle étatique, le schéma pourrait changer. Ce ne serait plus seulement : VOUS → BANQUE → AUTORISATION, mais potentiellement : VOUS → SYSTÈME DE PAIEMENT → CONTRÔLE → AUTORISATION. La banque pourrait toujours être présente dans la chaîne, mais elle ne serait plus nécessairement le seul intermédiaire déterminant. C’est cette évolution qui mérite d’être regardée de près. Car le véritable changement ne serait pas simplement de savoir comment vous payez, il serait de savoir qui possède la capacité technique d'autoriser, de refuser ou de bloquer votre paiement.
Aujourd’hui, vous donnez l’ordre de payer. Demain, dans un système beaucoup plus contrôlé, la question pourrait devenir : le système vous autorise-t-il à payer ? Quant à l’argent liquide, évaporé, retiré de la circulation, certains comme la Suède ont débuté le processus.
D’un exemple concret
De ce qui nous pend au nez. L’exemple canadien. En février 2022, Justin Trudeau invoque la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre fin à la grève des camionneurs « Freedom Convoy » et aux blocages. Le 15 février, le gouvernement adopte un décret donnant aux banques et aux autres institutions financières le pouvoir de geler ou suspendre, sans ordonnance judiciaire, les comptes de personnes ou d’entreprises soupçonnées de soutenir la grève. En clair, impossible pour certains routiers de faire le plein de
carburant, et donc, impossible de mettre du chauffage alors que dehors il fait moins 25.
Ce qui, de facto, décourage les grévistes.
Le fait essentiel est donc celui-ci : pendant cette courte période « d’urgence », l’État a pu transmettre des informations aux institutions financières, et celles-ci ont pu bloquer l’accès à des comptes sans passer par une cour de justice.
Trop de contrôles
Ne tue pas les contrôles, mais les rendent invivables. Donc, nommer cette nouvelle loi « permis de tuer », mais aussi, « impossibilité de payer », mais aussi « interdit de manifester », et aussi, « arrêtes de me filmer », mais aussi, « ton algorithme à la poubelle », et aussi… Vous avez compris le principe.
Cette accumulation de lois (surveillance algorithmique, encadrement des manifestations, contrôle bancaire, usage de la force) construisent un modèle de société où le contrôle préventif et l'exception deviennent la norme de gouvernement.
Nous devons cette folie aux temps des Macron et consorts qui se sont multipliés sur la planète, qui ne sont en fait que les pantins dociles d’une oligarchie bien planquée sous les palmiers des paradis fiscaux et qui tirent les ficelles.
Et, que la pensée de J.-M. Le Pen ressurgisse, prouve bien que – et je vous le dis – ces élections de 2027, comme les précédentes, seront comme face à la roulette d’un casino : au 1er tour : « Faites vos jeux ». Au second tour, « les jeux sont faits. ». Puis, « Rien ne va plus », et le gagnant : « 27, rouge, pair et manque ! ».
Voilà !
Georges ZETER/septembre 2026
Vidéo : BLAST, « PERMIS DE TUER » : COMMENT UN PAYS GLISSE VERS LE FASCISME
Sources
- Jean-Marie Le Pen — programme présidentiel 2007, Vie publique
- Le Monde — programme de Jean-Marie Le Pen, 2007
- Assemblée nationale — proposition de loi sur la présomption de légitime défense
- Assemblée nationale — débat du 7 juillet 2026, Laurent Nuñez
- Sénat — dossier législatif de la proposition de loi
- Légifrance — loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique
- Légifrance — article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure
- Sénat — loi « anticasseurs » de 2019
- Conseil constitutionnel — décision sur la loi « anticasseurs »
- Légifrance — loi « sécurité globale » de 2021
- Légifrance — loi JO 2024, vidéosurveillance algorithmique
- Légifrance — prolongation de l'expérimentation jusqu'en 2030
- Le Monde — affaire Youssef Khaïf, 2001
- Le Monde — « permis de tuer », mère de Youssef Khaïf
- Banque centrale de Suède — baisse de l'utilisation des espèces
- Banque centrale de Suède — habitudes de paiement 2026
- Parlement du Canada — mesures financières du Freedom Convoy
- Parlement du Canada — rapport : 280 produits financiers / 8 millions CAD
- Parlement du Canada — témoignage du ministère des Finances
- Gouvernement du Canada — invocation de la Loi sur les mesures d'urgence
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