• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Mayotte, Comores, que faire ?
#84 des Tendances

Mayotte, Comores, que faire ?

JPEG

 Une conférence devait se tenir sur l’accord-cadre signé en 2019 entre les Comores et la France. Cet accord impliquait aux Comores l’Agence Française de Développement, à hauteur de 150 millions d’euros sur 3 ans pour le financement de projets, notamment en matière de santé. Les parlementaires de Mayotte, le président du département, le président de l’association des maires n’y participeront pas car ils considèrent que les Comores ne respectent pas l’accord, en ne contrôlant pas les frontières maritimes et l’émigration au départ des Comores vers Mayotte. Un « collectif des citoyens » exprime le ras-le-bol des Mahorais, habitants de Mayotte, face à la pression migratoire comorienne.

Pourquoi cette situation compliquée des Comores et de Mayotte, les « 4 cailloux » de l’océan indien ? Pourquoi cette opposition dans cet archipel ?

L’Union des Comores est située à plus de 8000 km de la France, état d’Afrique australe dans le canal du Mozambique, avec une grande île, la Grande Comore, avec sa capitale Moroni, flanquée de 2 autres îles Mohéli et Anjouan. C’est sur le papier une république fédérale avec un régime parlementaire. Près de 900 000 habitants. Les Comores font partie de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de l’Organisation de la Coopération islamique et de l’organisation internationale de la Francophonie.

Mayotte ( Maoré) est un département français, situé à 300 km de Madagascar, administré par la France et ses services préfectoraux, avec un conseil départemental, avec 13 cantons, constituant une collectivité territoriale unique établie à Mamoudzou. Un peu plus de 250000 habitants. Mayotte ce sont 2 îles principales : Grande Terre pôle économique et politique, Petite Terre, et une série de petites îles ( Mtsamboro, Mbouzi, Bandrelé, Sable blanc). Cet ensemble est reconnu comme région ultrapériphérique de l’Union Européenne et sa monnaie est l’euro.

Comores et Mayotte ont connu ensemble la colonisation et la décolonisation.

L’histoire des relations entre la France et les Comores est classique, historiquement parlant. L’indépendance des Comores date de juillet 1975. Pendant près d’un siècle et demi la France a été à la manœuvre sur les îles de l’archipel comorien. Mayotte avait été achetée sous le règne de Louis-Philippe en avril 1841, au sultan local qui s’était placé sous la protection française. Mayotte était en effet une position maritime de premier ordre pour le royaume de France. Le même gouvernement de Louis-Philippe abolissait l’esclavage, la « traite arabe » en avril 1846 . Mais les autres territoires comoriens ont eu bien plus tard le statut de protectorat colonial, sous la direction du gouverneur de Mayotte. Mayotte et ses « dépendances » ont été rattachées à Madagascar en 1912. Puis les Comores deviennent territoire d’outre-mer dans l’Union française au sortir de la seconde guerre mondiale.

 En 1974 une consultation de la population est organisée, suite à l’accord de juin 1973, sur une éventuelle indépendance en concertation. Mayotte a décidé alors de son maintien dans la sphère française (36,78 % des votants pour l’indépendance, 63,8% contre) alors que les 3 autres îles ont voté massivement pour l’indépendance. L’indépendance unilatérale de l’état comorien fut actée en juillet 1975. Un nouveau vote intervint à Mayotte en 1976 pour un rattachement définitif à la République française. Alors que la république fédérale islamique des Comores, Union des Comores, qui revendiquait la souveraineté sur Mayotte, rentrait dans une ère d’instabilité et de coups d’état impliquant aussi des mercenaires français, les îles Anjouan et Mohéli demandent en 1997 leur indépendance de la République comorienne. Puis, en 1998, Mohéli rentre dans le rang, au contraire de Anjouan qui fait sécession jusqu’en mars 2008. En 2009 un référendum local fait de Mayotte région d’outre-mer, un département avec un conseil départemental. En 2011 les compétences d’un conseil régional sont acquises.

Depuis plusieurs années la situation des 2 entités Mayotte et Comores n’est pas bonne.

Dans les Comores, comme l’écrit Cheikh Ali Abdourahamane, juriste comorien et membre du bureau politique du parti Shuma ( « parti de la fraternité et de l’unité des îles ») dans son livre « Genèse de l’état-nation et tendances centrifuges dans une ancienne colonie française » « les tendances centrifuges ne cessent de s’accentuer. Le gouvernement français a procédé à l’excision de Mayotte de l’état comorien lors de l’accession de ce dernier à l’indépendance. Il tente depuis de justifier maladroitement cette violation du principe fondamental de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, par une prétendue spécificité mahoraise au sein de l’archipel des Comores ». Cheikh Ali Abdourahamane souhaite faciliter le rapprochement entre Mayotte et la partie indépendante de l’Archipel, car « les véritables enjeux pour notre pays, c’est sa survie en tant qu’état, c’est son existence en tant que nation. Au-delà de la différence de nos origines géographiques, au-delà de nos différences idéologiques, nous devons tous travailler la main dans la main pour notre cohésion nationale. Notre credo à tous doit être : « un peuple, une nation, un état ». « Le sentiment d’appartenance des Mahorais, des Anjouanais, des Mohéliens et des Grands Comoriens à une même nation existait avant la colonisation française ».

Les observateurs notent une forte progression de la précarité dans la partie indépendante des Comores, un népotisme érigé en système depuis l’accession au pouvoir de Saïd Mohamed Djohar renversé en 1995 par des mercenaires français, continué par l’actuel colonel-président Assoumani Azali arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’état en 1999. L’émigration est intense, partie d’Anjouan pour arriver à Mayotte (à 70 km) et on compte au moins 20000 morts dans le bras de mer séparant Anjouan et Mayotte avec les Kwass-Kwassa ces embarcations de pêche à fonds plat si dangereuses. Les actes de piraterie au large de la Corne de l’Afrique menacent la navigation dans le canal du Mozambique. Ces handicaps feraient presque oublier les ressources du sous-sol, manganèse, fer, cobalt, métaux rares.

Cheikh Ali Abdourahamane qui fut directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale, de la francophonie, de la recherche scientifique, de la culture, de la jeunesse et des sports, en 1996, estime que le chef de l’état, « le colonel Assoumani Azali considère que la légalité de son accession à la magistrature suprême l’affranchit de facto des lois et des règlements qui régissent le pays et l’autorise à gérer les Comores comme sa chose ». Cheikh Ali Abdourahamane pense « que le pays a besoin dans le contexte actuel d’une constitution qui garantisse la présidence tournante… L’autonomie des îles est gage de démocratie et de meilleure implication de l’ensemble des citoyens dans la gestion de la chose publique… L’implantation des infrastructures et services publics ( électricité, téléphone, réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement, hôpitaux, écoles) doit se faire à la fois dans un souci d’efficacité économique et de justice territoriale…Les traitements discriminatoires qui caractérisent souvent l’action des services de police et de justice sont une plaie béante dans le corps de la république ; Comment bâtir un état-nation lorsque l’état sous-traite la gestion des conflits intra et inter-villageois à des autorités coutumières de moins en moins efficaces ? »

Cheikh Ali Abdourahamane souhaite que s’engagent des négociations pour l’exercice de la souveraineté comorienne sur l’île de Mayotte revendiquée par toutes les parties. Il faut encourager les échanges culturels. Une réforme institutionnelle, un plan de développement économique, la protection de l’environnement et la sécurité constituent les piliers de la nouvelle politique à mener. Mais la majorité des politiciens comoriens semblent indifférents et « la France s’enlise dans le bourbier mahorais.

A Mayotte les indicateurs sont au rouge pour la fécondité et la croissance démographique excessives, le pourcentage de la population en dessous du seuil de pauvreté, le chômage des 16-24 ans. S’y ajoutent les résidences précaires en cases de tôle, l’adduction d’eau et la vétusté du réseau de distribution, . L’arrivée massive de migrants en provenance des îles comoriennes accentue les problèmes endémiques. Près de la moitié des habitants de ce département français de l’océan indien sont étrangers à ce département et de nombreux entrepreneurs étrangers présents sur le territoire sont en situation irrégulière. La départementalisation avait fait naitre des espoirs mais les attentes des Mahorais en matière d’aides sociales ont été déçues ; les promesses d’égalité en matière de droits économiques et sociaux n’ont pas été réalisées pour l’ensemble de la population..

Les taudis, le problème du traitement des déchets (y compris médicaux) sans collecte véritable, les décharges sauvages, l’écoulement libre des égouts, entrainent régulièrement de forts moments de contestation, des grèves portant aussi sur le coût de la vie. Barrages routiers, pillages de magasins, caillassages, opérations île morte, se succèdent. S’y ajoutent les flambées de fort mécontentement contre l’insécurité et la violence des bandes de jeunes délinquants, souvent mineurs isolés. Et des plans de rattrapage des gouvernements français pour améliorer la santé, la sécurité et les infrastructures sont présentés. Une Agence Régionale de Santé a été créée avec à sa tête Dominique Voynet ex-ministre écologiste. Les transferts financiers de la métropole (Marseille est dite « la 5ème île comorienne ») les fonds structurels de l’Union Européenne sont sans aucun doute utiles mais pas toujours utilisés à bon escient. Et les pesanteurs sont toujours présentes. Une déliquescence certaine continue.

L’île vit sur des importations massives. Ce n’est pas l’ylang ylang, le girofle, les plantes odoriférantes qui peuvent sauver l’île. Le tertiaire administratif est surdimensionné et souvent dans l’inefficacité. Mayotte avec sa barrière de corail, son lagon et sa belle réserve marine, pourrait attirer un tourisme de bon aloi, mais les capacités hôtelières sont très réduites et l’insécurité, la misère qui règnent sur l’île, dissuadent les plus hardis. Aquaculture polluée, agriculture avec utilisation excessive de pesticides, surexploitation des zones de pêche complètent ce tableau peu engageant.

Malgré la vingtaine de résolutions de l’ONU, vent debout contre la départementalisation, reconnaissant un seul état comorien avec les 4 îles principales unies, la position de l’Union africaine qui pointent l’illégalité de la présence française à Mayotte, la France considère Mayotte comme partie intégrante de la république. Dans les années 2010 de grandes ressources pétrolières et gazières au large de l’archipel et donc de Mayotte ont été découvertes. Les 2/3 du transit de la production mondiale de pétrole passant dans le canal du Mozambique, expliquent avec la position géostratégique de l’île dans l’océan indien, la volonté de la France de rester présente dans cette zone. La France y est d’ailleurs concurrencée par la Chine, l’Arabie Saoudite avec des aides financières conséquentes.

Un autre fait dans les années 1970 explique la volonté de la France de conserver son influence à Mayotte. La France possédait à Madagascar la base navale militaire de Diego Suarez ( Antsiranana). avec le Haut commandement des forces françaises dans l’océan indien. En 1972 le président malgache Tsiranana, très contesté pour son soutien aux intérêts français, quitte le pouvoir. Une convention est signée avec Madagascar en 1973, reconnaissant la base de Diego Suarez comme partie intégrante du territoire national malgache et relevant de la souveraineté malgache. La base passe sous commandement malgache. Le point de repli pour les français devient alors Mayotte avec sa rade de Dzaoudzi.

Mais pour Cheikh Ali Abdourahamane « jamais Mayotte ne pourra se fondre dans la nation française. Le français est la langue maternelle de seulement 1,4% des habitants de Mayotte…Outre la langue, la conception de la famille des Mahorais, leur mode de vie, leur architecture, leur religion, leurs goûts musicaux et leurs traditions culinaires diffèrent de ceux des français ». Et au plan politique « tout est décidé à Paris ou à la Réunion. Ici ce sont des petits fonctionnaires qui décident de tout…On voit un adjoint au maire trembler devant une sous-préfète ». L’ implication des réseaux français dans les opérations de déstabilisation des Comores est aussi citée « parce que, quand les Comores sont déstabilisées, à Mayotte, on est bien content d’être resté français. L’épouvantail comorien joue sans cesse ».

Alors situation inextricable qui peut se prolonger encore pendant de nombreuses années avec la crainte d’explosions sociales ou avenir possible avec beaucoup d’efforts des 2 parties en présence pour améliorer la vie des Mahorais et des Comoriens parmi les plus pauvres du monde ?

  


Moyenne des avis sur cet article :  2.5/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

22 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 22 février 12:48


    Larguez les amarres !


    • @Clocel
       « amarres larguées » !!! en route vers de nouvelles aventures ... !
       Je suis le maître à bord !
       Bien des costauds et des forts ...ont dût le reconnaître ***
       

       * * * ( à l’amiral Guepratte en souvenir des Dardanelles )


    • pierrot pierrot 22 février 13:33

      Il serait souhaitable qu’à terme Mayotte soit indépendant ou rattaché aux Comores selon l’avis des habitants.

      Cela pourrait être réalisé graduellement.


      • @pierrot

        Apparemment, pour l’Insee ça ne devrait pas poser de problèmes majeur, apparemment personne ne les a informés de l’existence des Dom Tom.

        Vous pouvez toujours commencer par là et continuer ensuite avec la Corse smiley


      • Bendidon Bendidon 22 février 14:40

        @Philippe Huysmans, Complotologue
        Hello coin coin je viens de soumettre à la modé un article sur tes « potes » et le complotisme ça devrait te plaire
        coin coin
         smiley


      • cevennevive cevennevive 22 février 15:18

        @Bendidon, bonjour,

        Votre article est à +4 après mon vote. Il me plaît bien et vous parlez d’or.


      • Yann Esteveny 22 février 16:37

        Message à avatar cevennevive,

        L’article est toujours à +10 -6 = +4 après mon vote positif. Sa publication paraît compromise.

        Respectueusement


      • Pauline pas Bismutée 22 février 16:52

        @cevennevive

        ’L’article est toujours à +10 -6 = +4 après mon vote positif. Sa publication paraît compromise’. (En référence a un article de vous en modé, commentaire de Yann E)

        Vous avez écrit sur quoi ? Vous pouvez le passer en commentaire ?


      • cevennevive cevennevive 22 février 17:07

        @Pauline pas Bismutée, bonjour,

        Non, je n’ai pas d’article en souffrance Pauline, je parlais de l’article de Bendidon et Yann aussi.
        D’ailleurs, il est passé !
        Bien. Pour un article à +4, c’est rare !


      • Pauline pas Bismutée 22 février 17:15

        @cevennevive

        pardon, j’étais a cote de la plaque.. (et du fuseau horaire !) ..je ne voyais pas comment on pourrait vous refuser un article..
        Oui, je l’ai lu !


      • CYRUS Richard Fait-neant 22 février 17:27

        @Bendidon

        avec toi on sait jamais si c’ est du lard ou du cochon ...
        mais ca va c’ est factuel smiley


      • CYRUS Richard Fait-neant 22 février 17:28

        @Richard Fait-neant

        ce soir c’ est ton article qu’ on squatte ....COIN COIN 
        on va te propulser au sommet sur nos petit bras de COMPLOTOLOGUE smiley


      • Aimable 22 février 15:14

        Il n’y a pas que Mayotte qui subit l’inflation migratoire , la métropole subit également l’inflation migratoire magrébine qui est également insupportable .


        • Odin Odin 22 février 16:35

          Bonjour,

          Les français de métropole devraient bien examiner la situation de Mayotte car, à terme, elle sera ici la même si rien ne change. 

          « Près de la moitié des habitants de ce département français de l’océan indien sont étrangers à ce département »

          De plus, l’Islam sunnite de rite chaféite est la religion de 98% de la population des Comores. 


          • saint louis 22 février 19:09

            La situation est le reflet de notre impuissance voire notre laxisme béat face au monde.

            Si la « France » veut garder ce territoire pour des raisons géopolitiques, elle n’a qu’à affirmer son autorité et mettre tout ce qui n’y a pas sa place dehors.

            Sans quoi aucun salut.

            Apparemment les méthodes coercitives sont uniquement réservés au peuple de France qui est solvable et présentant peu de risque d’actions violentes.

            Je plains les habitants de cette île.


            • titi 22 février 21:10

              @saint louis

              C’est en effet aussi simple que cela.

              Soit la France réaffirme la place de Mayotte dans la république.
              Et dans ce cas il faut renvoyer les illégaux, et forcer les dirigeants comoriens à respecter leurs engagements, y compris par la force.

              Soit vite partir !

              Il n’y a pas d’entre deux.


            • S.B. S.B. 22 février 20:40

              Que faire ? Partir.

              Oublier le fantasme colonial. A l’impossible nul n’est tenu. Les Mahorais sont géographiquement et culturellement comoriens.

              (et récupérer de l’argent pour rémunérer ici dignement les gens qui font un travail fondamental pour la société)

              Mais qui osera ?


              • Baobab 23 février 09:11

                @S.B.
                Pas seulement de Mayotte mais aussi de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Polynésie, Kanakie, Wallis et Futuma, Saint Pierre et Miquelon, les Îles Eparses. Sans parler de tous les pays d’Afrique soi-disant indépendants et souverains mais vivent encore sous domination coloniale française.
                La France est le seul pays européen à encore cultiver son passé colonial avec enthousiasme.

                Ce qui est hallucinant c’est que ce sont ces pays qui stigmatisent la Russie à propos de la Crimée sont ceux-là même qui violent le droit international à propos de Mayotte pour la France ou de l’archipel des Chagos pour la Grande-Bretagne.


              • Baobab 23 février 08:39

                De la pure désinformation coloniale. Evitez de réécrire l’Histoire pour qu’elle colle à votre vision impérialiste et colonialiste.

                Il y a bien eu un referendum, un unique referendum sur l’ensemble de l’archipel des Comores concernant l’indépendance et non quatre comme vous semblez l’insinuer pour induire les lecteurs en erreur.

                Afin d’éviter l’éclatement de l’archipel lors de celui-ci, la France, les organisations comoriennes ont signé un accord sous l’égide de l’ONU afin que les résultats du referendum soient considérés dans leur globalité. A savoir que si le « oui » l’emportait au niveau global alors tout l’archipel accéderait à l’indépendance, dans le cas contraire ce serait le statu quo.

                Le referendum fut un immense succès : Très peu d’abstention, une mobilisation populaire sans précédent et le oui qui l’emporte très largement.

                Et c’est là que l’on voit la perfidie française qui, alors qu’elle avait signé cet accord garanti par l’ONU, s’assied délibérément sur sa signature car elle ne veut pas quitter cette région du monde qui donne sur le fameux canal du Mozambique.

                Chirac, alors premier ministre prend tout le monde à contre-pied en considérant les résultats, non dans leur globalité comme cela avait été prévu par l’accord, mais dans leur insularité. Car lors du vote, seule l’île de Mayotte a voté contre l’indépendance.

                Les Comoriens, furieux, dénoncent l’attitude de la France et déclarent l’indépendance de l’archipel, en parfait accord avec les résultats du referendum. Paris réagit en faisant voter par l’Assemblée Nationale, une loi stipulant que Mayotte restera française.

                L’ONU qui avait oeuvré pour empêcher l’éclatement de l’archipel des Comores condamne la France.

                Cela fait plus de 40 ans que TOUTE la communauté internationale exige de la France qu’elle respecte le droit international et surtout le résultat du referendum. L’Union Africaine, la Ligue arabe, la Conférence islamique sont sur la même longueur d’ondes que l’ONU.

                Il faut de plus rappeler que lorsque Sarkozy décide d’organiser un nouveau referendum à Mayotte pour la départementalisation de ce territoire, l’ ONU met de nouveau en garde la France sur l’illégitimité de celui-ci. Lorsque les résultats positifs sortent, le Secrétaire Général en personne déclare que l’ONU ne reconnaîtra pas ce résultat et exige de nouveau la rétrocession de Mayotte à la République des Comores. Pour l’ONU, ce referendum est nul et non avenu.

                Il suffit de faire des recherches sur le net, pour constater que tous les spécialistes de géopolitique et professeurs de droit international déclarent que la France viole le droit international à Mayotte et exigent son départ de cette île.

                Seuls les nostalgiques du colonialisme français à la papa, veulent croire encore que ce territoire à l’autre bout du monde est français. 

                Ce qui me fait rire et montre l’hypocrisie des Français dans cette histoire, c’est que lorsque Sarkozy décida du referendum sur la départementalisation de Mayotte, tous les français, sans exception déversèrent leur haine, leur racisme, leur négrophobie sur les populations de cette île. Quelques exemples des propos lus à l’époque  : « Ils ne sont pas français, ils sont africains », « Ce sont de musulmans à 100% », « Ils sont polygames et n’ont pas d’état civil » etc etc

                Mayotte est bel et bien comorienne et fait partie intégrante de la République des Comores. Les Comoriens sont bien chez eux à Mayotte et n’ont aucune raison de se sentir immigrés dans leur propre pays. Les seuls immigrés illégaux à Mayotte sont les Français dont on exige le départ immédiat par le respect des résultats du référendum sur l’indépendance.

                La territorialité de la France se délimite à son hexagonalité européenne. Au delà il s’agit de colonialisme.

                Maintenant que les lions ont leur propre historien, les récits de chasse seront vus sous un autre angle.

                Merci de ne pas falsifier les faits


                • pierrot pierrot 23 février 10:26

                  La France a été plusieurs fois condamnée par l’ONU dans cette affaire.

                  Il me semble légitime que la France conduise calmement à l’indépendance de Mayotte ou son rattachement aux Comores pendant une période pour tenir compte de l’existant que l’on ne peut supprimer brutalement.


                  • Gerald 23 février 10:29

                    Mayotte doit rejoindre les Comores. 

                    Une double décision de la France et des Comores doit entériner un processus de séparation de la France et d’adhésion aux Commores.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité




Palmarès



Publicité