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Accueil du site > Tribune Libre > Mélenchon est-il communiste ?

Mélenchon est-il communiste ?

Avant Mélenchon, jamais un candidat « écologiste » n’avait flirté avec les 20% à la présidentielle.[i] Et depuis longtemps jamais un candidat « communiste » n’avait dépassé les 15%.[ii] Aujourd’hui, les candidats Jadot et Roussel n’envisagent plus d’accéder au second tour. Ils semblent avoir réduit leurs ambitions à dépasser simplement les 5% [iii], avant d’appeler à voter Macron, peut-être même face à Mélenchon.

Pourtant, en lançant sa campagne, le candidat Roussel semblait prétendre à un score à 2 chiffres et le leadership d’une gauche populaire. Mais peut-être faisait-il seulement semblant ? Mélenchon n’est-il pas plus légitime à incarner l’idée communiste ?

 

Des raisons d’un succès en 2017

 

Pour parvenir à ce résultat, il a dû réunir sur son nom, non seulement des électeurs écologistes et socialistes en déshérence, mais aussi, parmi les classes populaires, un électorat issu de l’immigration dite « musulmane » et un autre qui avait déjà voté pour le Front National, réalisant le souhait ou l’espérance d’Emmanuel Todd. [iv].

A mes yeux, il a le rare mérite d’avoir quitté le PS et d’être parvenu à incarner une alternative crédible et raisonnable, écologique, sociale et populaire, à ce parti moribond. Ni Montebourg ni Hamon ne peuvent en dire autant. Je lui sais gré aussi de n’avoir pas appelé à voter Macron. Il m’aurait un peu déçu s’il l’avait fait.

Ces deux raisons, incarner une alternative crédible et raisonnable et n’avoir pas appelé à voter Macron, sont celles qui lui valent depuis quatre ans une hostilité constante et opiniâtre de la plupart des organisations politiques et de la quasi totalité des médias. L’affaire dite des perquisitions a été le point culminant de cette chasse au Mélenchon.

Il est vrai qu’il a certains handicaps : il est sourd, sincère, sanguin et autoritaire.

La presse ne s’empresse pas de souligner ce premier handicap : peut-être parce qu’il pourrait expliquer le semblant de paranoïa qui s’empare parfois de lui. En revanche, pendant au moins bientôt cinq ans, cette même presse s’est extasiée devant toutes les déclarations à l’emporte pièce d’un président qui se montre sourd à toute critique, ne se trompe jamais et se comporte comme un sale gamin. Quant à l’autoritarisme, les mêmes qui le reprochent à Mélenchon voient du génie ou du charisme dans la geste et la gestuelle du petit poudré « sorti de la cuisine de Jupiter »[v].

 

Lieux communs

Certaines familles de mots semblent résumer l’histoire de l’humanité, avec son cortège d’engouements et de répulsions, d’adhésions et de rejets, mais aussi et surtout de tentatives de penser le monde et la vie sur la Terre. Ainsi la famille de ce vieux mot latin « communis », dont la descendance s’est répandue en français et en anglais, des deux côtés de la Manche, puis de l’Atlantique : « commun », « sens commun », « common sense », « commonwealth », « communauté » et « communisme ».

En français, selon le Petit Robert, près d’un millénaire sépare l’apparition de l’adjectif « commun » (842) et celle du nom commun, « communiste », (1840). Dès 1848, Marx et Engels s’en emparèrent : « Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme »

A l’époque le « parti communiste » n’existait pas, comme organisation de masse. N’existait alors qu’une Ligue des communistes, un groupuscule qu’avaient fondé Marx et Engels en 1847, et pour laquelle ils avaient rédigé le Manifeste. Composée essentiellement d’Allemands, cette ligue fut dissoute en1852.

 

Précisions

A ses débuts, Lénine était social-démocrate, mais la place me manque ici pour dire comment et pourquoi il se prétendit communiste.

On ne dira jamais assez le poids de la « Grande Guerre » dans l’avènement du XX° siècle. Les sociaux démocrates allemands avaient voté les crédits de guerre. Les socialistes français étaient divisés. Le leader pacifiste Jaurès sera assassiné et son assassin sera acquitté après la guerre.

La volonté des classes populaires de Russie de mettre fin à la guerre est la raison principale de la réussite de la révolution russe. Lénine leur donna une paix séparée et put établir la dictature de son parti.

Guy Debord notera en 1967 : « Lénine avait chaque fois raison contre ses adversaires en ceci qu'il soutenait la solution impliquée par les choix précédents du pouvoir absolu minoritaire : la démocratie refusée tactiquement aux paysans devait l'être aux ouvriers, ce qui menait à la refuser aux dirigeants communistes des syndicats, et dans tout le parti, et finalement jusqu'au sommet du parti hiérarchique. »[vi]

Le « parti communiste » d’U.R.S.S.deviendra le modèle du « parti d’avant garde », formé de « révolutionnaires professionnels », chargés d’introduire la « conscience prolétarienne » dans les têtes des « prolétaires ». Le modèle essaimera et parviendra à s’imposer dans certains pays comme « parti de masse ».

 

La Russie a-t-elle été communiste ?

le problème le plus hautement politique du siècle est une affaire d'imaginaire : on a imaginé que la révolution socialiste avait réussi en U.R.S.S.

Internationaliste situationniste, n° 10 (1966)

 

Il y a quelque chose de religieux, entre 1920 et 1960 environ, dans l’adhésion affective d’une certaines classes ouvrières au mythe du « Parti » et de la « patrie des travailleurs » (France, Italie).

Dans d’autres pays, le « communisme russe » s’implantera moins longtemps et restera une adhésion intellectuelle de certaines élites sans contaminer réellement les classes populaires (Etats-Unis, Grande Bretagne). Certains de ces intellectuels formeront des groupuscules « communistes » qui seront réprimés ; d’autres seront des compagnons de route qui finiront par prendre d’autres chemins (Dos Passos, Veblen) : d’autres encore deviendront des espions au service de l’URSS et y trouveront parfois refuge.

Mais peut-on parler de « communisme », au sens de Marx et de Bakounine, quand on parle de la Russie « soviétique » et des partis qui s’en inspirent ou s’en sont inspirés ?

La question se sera posée très tôt déjà de savoir si l’Union soviétique était un « Etat ouvrier dégénéré », voire plus crument « un capitalisme d’Etat ».

Castoriadis dans Socialisme ou Barbarie définira l’URSS comme une société bureaucratique (mais pas au sens des trotskystes avec qui il aura rompu).

Guy Debord, lui, écrira : « La bureaucratie totalitaire » est « seulement une classe dominante de substitution pour l'économie marchande. La propriété privée capitaliste défaillante est remplacée par un sous-produit simplifié, moins diversifié, concentré en propriété collective de la classe bureaucratique. »[vii]

 

Cocos & socialos

En France, c’est en 1920, entre les fêtes de fin d’année, que se tiendra ce fameux « congrès de Tours », où se déchireront les deux « sections » du mouvement ouvrier : la SFIO et la SFIC, section française de l'Internationale Communiste, qui sera rebaptisée Parti communiste en 1921, puis Parti communiste français en 1943.

Là aussi, le rapport à la « Grande guerre » est crucial.

C’est le pacifisme affiché du PC et le souvenir des socialistes va-t-en-guerre (l’union sacrée) qui a entrainé l’adhésion d’une grande partie de la classe ouvrière au « communisme ».

Les choses n’en resteront pas là. Une autre guerre se prépare. Elle commence en Espagne où Hitler et Mussolini n’hésitent pas à intervenir. Léon Blum semble souhaiter la faire, mais renonce pour ne pas être renversé à la chambre par le centre et la droite. Le pacifisme est à géographie variable. La politique du PC est calquée sur les volontés de Staline. « Au sein des Brigades internationales, les agents soviétiques s'occupent d'éliminer les dissidents qui portent atteinte à l'autorité de Staline bien plus que de combattre l'ennemi commun, les nationalistes ! »

https://www.herodote.net/La_guerre_d_Espagne-synthese-58.php

L’attitude du PC avant et pendant la seconde Guerre Mondiale sera calée sur les priorités du Kremlin. Cependant, le comportement collaborationniste des élites économiques françaises pendant l’occupation poussera De Gaulle à prendre des communistes dans son gouvernement à la Libération. Malraux exprima sa pensée, dit-on, par la formule  : « entre les communistes et nous [les gaullistes], il n'y a rien ».

De Gaulle quittera le pouvoir en 1953. La direction du PC soutiendra Staline jusqu’à sa mort la même année et contestera l’authenticité du rapport Krouchtchev en 1956.

De Gaulle reviendra au pouvoir en 1958 et y restera jusqu’en 1969. Le bon score de Jacques Duclos dans l’élection qui suivit fut vraisemblablement le chant du cygne de ce parti. En 1971, la « gauche non communiste » parvient à se réunir à Epinay et à fonder un parti qu’elle choisit de ne pas nommer « social-démocrate », mais « socialiste ». Ce parti propose rapidement un « programme commun de gouvernement », un programme de « rupture », aura prévenu François Mitterrand.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i09082533/francois-mitterrand-celui-qui-n-accepte-pas-la-ruptureil-ne-peut-pas-etre

Vu de droite, ce parti est présenté comme « dominé » par le parti stalinien. En 1974 et en 1981, on agite le danger de voir les chars défiler sur les Champs Elysée en cas de victoire de François Mitterrand. Cette presse de droite, résolument « anticommuniste », croit-elle vraiment à ce qu’elle écrit ?

Dès avant la victoire de 1981, certains militants socialistes disaient « le Parti » pour parler de ce futur parti de gouvernement, et pour asseoir leur domination sur un parti stalinien déjà à la dérive. Georges Marchais se réveilla groggy avec un score de 15% .

 

Un stalinisme à visage humain

Aujourd’hui, un hebdo, autrefois phare de la « gauche non communiste », s’interroge gravement.

https://www.nouvelobs.com/election-presidentielle-2022/20220324.OBS56148/fabien-roussel-est-il-vraiment-communiste.html

La bonne question serait peut-être : comment la presse française est-elle devenue « procommuniste » ?

Roussel est dans la tradition stalinienne de la direction du PCF.

Sa seule innovation : surjouer l’ahuri populaire pour lancer des vacheries sur son meilleur ennemi : Mélenchon.

Ses moyens sont limités : financiers d'abord (il n'a plus le soutien de l'URSS) ; mais surtout intellectuels. Ainsi il tente de reprendre à son profit une tradition ancienne : le culte de la personnalité (Staline le petit père des peuples, Thorez le fils du peuple). Il fait donc des jeux de mots douteux autour de sa sinistre personne : ma gueule et 12 fois « Ma France », sur son dépliant officiel ; « apéroussel » et « roussellement », dans ses bals populaire (la sono était trop forte : il n’a pas pu entendre que sa formule pouvait être comprise : ROUSSEL MENT).

Sans être un génie politique, c’est un bureaucrate bien formé à la démagogie. Il veut faire peuple jusqu'à singer le « prolo pilier de bistrot », bien planté sur ses certitudes racistes déguisées en laïcité. Le rouge qu’il préfère, c’est celui d’une viande bien saignante. Il est donc en mesure de grappiller quelques voix chez des électeurs de Marine La Pen pour qui elle n'est qu'une gonzesse.

Sa seule mission, confiée par Chassaigne et Brossat, c'est de faire battre Mélenchon. Là aussi, c'est une tradition de la direction du PCF : faire battre la gauche non stalinienne (exemple : le vote "révolutionnaire " pour Giscard en 1978).

https://www.lemonde.fr/archives/article/1988/02/05/polemique-sur-le-vote-revolutionnaire-de-droite-du-pcf-en-1981-pierre-juquin-dit-la-verite-nous-declare-m-claude-llabres_4071419_1819218.html

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-a-gauche-la-tentation-du-vote-revolutionnaire-22-12-2021-2457755_2134.php

 

Mélenchon est-il communiste ?

Mélenchon a longtemps été pendant près de six ans un « sénateur socialiste » et a été, plus longtemps encore, un bureaucrate du Parti « Socialiste ». Il l’était encore, de 2004 à 2008, quand il participait régulièrement à l’émission N’ayons pas peur des mot[viii]. Il y polémiquait courtoisement avec des Val et des Tesson, des Goasguen et des Karourchi. Clémentine Autain participait aussi à l’émission, mais ils ne devaient pas s’y croiser souvent, étant du même bord. A cette époque, il roulait pour Laurent Fabius. Il avait été son lieutenant dans la campagne pour le NON au référendum de 2005. Et il le soutenait encore en 2006 lors des primaires de 2006 qui virent le triomphe éphémère de Ségolène Royal.

On peut ne pas aimer le personnage. Il a été longtemps une caution de gauche du PS. Son premier pas de côté, il l’a fait en compagnie de Laurent Fabius. Peut-être a-t-il eu la naïveté de croire dans la sincérité de la position « eurosceptique » de l’ancien premier ministre. Mais cette année 2005 a été un tournant historique en France, avec le référendum au printemps et les émeutes en automne.

Les commentateurs de cet échec électoral de l’UMP et du PS ont souligné « l’incompatibilité des NONs ». Ce faisant, ils démontraient aussi « la connivence des OUIs ».

« La connivence des OUIs s’étendait au monde des affaires et au monde des médias : c’était dire la compatibilité, et la comptabilité, des OUIs. »

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/non-merci-ou-l-union-est-un-combat-129882

 

Il a rompu avec le PS en 2009, deux ans presque après l’élection de Sarkozy. Il n’a pas attendu de se bourrer la gueule pour se faire virer d’un gouvernement Hollande, par un Valls vindicatif (Monsieur 5% à la primaire du PS en 2011).

 

On peut lui reprocher plusieurs choses. D’avoir délaissé la France rurale. De n’avoir pas réussi l’union de la gauche... Ces postures me rappellent cruellement ces esprits forts qui refusaient de faire grève tant que tous les syndicats ne se seraient pas mis d’accord.

 

Le « radicalisme » de Mélenchon depuis 2017, c’est celui de Marx en 1843 ou 44 : « Être radical, c'est prendre les choses par la racine. Or, pour l'homme, la racine, c'est l'homme lui-même. »[ix]

Il pourrait aussi reprendre cette remarque d’un de ces prédécesseurs, François Vincent Raspail, 4ème à la présidentielle de 1848 avec 0,49% : « Ma récompense, je ne l’ai jamais espérée ni obtenue que de ma conscience. »[x]

 

S'il perd une troisième fois, comme semblent l’indiquer les sondages, d’audacieux diront qu'il a tout perdu. Mais s’ils étaient honnêtes, ils devraient ajouter : fors l'honneur.

 

Conclusion forcément provisoire

« Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante. »

Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du parti communiste (1848)

 

La révolution russe a réellement ébranlé le monde, mais l’idée communiste n’a triomphé nulle part.

Pendant la guerre froide, deux conceptions du monde ont été dominantes, mais elles étaient moins concurrentes que complémentaires.

L’Occident se présentait comme « le monde libre », un peu comme, en Bretagne, l’école privée se proclamait « libre » face à l’école laïque. Mais le management d’entreprise empruntait des méthodes aux systèmes « totalitaires » pour la gestion des ressources humaines. Quel PDG ou DRH n’a pas parlé de « révolution culturelle » pour motiver ses troupes ?

L’Occident a gagné cette « guerre froide » et a déclaré qu’il n’y avait plus d’alternative. Il a même failli prétendre que l’histoire était finie.

« Découvrez les joies du capitalisme », assénait une publicité du Crédit Agricole en 1989.

Le triomphe du capitalisme néolibéral fut plus brutal que joyeux dans la Russie de Boris Eltsine.

Et l’histoire ne s’est pas arrêtée là. «  Je suis forcé d'admettre que tout continue  », aurait confié Hegel sur son lit de mort.

 

La résistance au décervelage continue. L’insoumission aussi.

La scission du congrès de Tours s’était faite sur l’adhésion ou non à la contre-révolution russe. L’URSS a disparu. Le PC et PS ont leurs places dans les poubelles de l’histoire.

La principale erreur de Mélenchon, en 2017, après l’élection de Macron, c’est d’avoir laissé entendre qu’il voulait remplacer le PC et PS, sans se donner les moyens de parvenir à ce résultat fort légitime.

Les directions de l’un et l’autre le savent. Leur seul but est de sauver leurs appareils et leurs bureaucrates : leurs identités et leurs histoires, diront-elles. C’est pourquoi elles prétendent, pour « se reconstruire », enjamber cette nouvelle élection et se limiter à faire voter Macron, pour faire barrage à La Pen, au second tour. Leur seul ennemi véritable est Mélenchon. Ils tentent donc de faire barrage contre lui dès le premier tour. S’ils sont conséquents, les bureaucrates du PS, voyant leur candidate se noyer, voteront Le Pen pour assurer sa présence au second tour.

Le « parti » EELV n’est pas en reste. C’est déjà le résultat de fusions et de scissions. Sa direction est multicéphale. Forte du score de son candidat qui ne parle pas d’écologie, mais de guerre, elle prétend remplacer le PS moribond.

Le PS a depuis longtemps des accords électoraux à géométrie variables avec EELV et le PC. A quand une fusion pour les maintenir face au « danger populo-complotiste islamo-gauchiste poutinien »  ?

 

Pour la France de droite, de Macron à Zemmour, tout ce qui est à gauche du PS peut-être qualifié de « communiste », sauf Roussel.

C’est Mélenchon aujourd’hui qui incarne la figure honnie du communisme. Zemmour ne s’y est pas trompé qui, après avoir accusé Mélenchon d’islamo-gauchisme, en est venu fort naturellement en voir en lui un « communisse », pour reprendre le mot de John Kennedy Toole dans La Conjuration des Imbéciles.

 

 

[i] Rappel des scores historiques des écologistes : Dumont (1974) : 1,32% ; Lalonde (1981) : 3,88% ; Waechter (1988) : 3,78 % ; Voynet (1995) : 3,32% ; Mamère (2002) : 5,25% ; Voynet (2007) : 1.57% ; Joly (2012) : 2,31%.

[ii] Marchais : 15,35 en 1981. Déjà près de 6 points de moins que Duclos en 1969.

[iii] « Aujourd’hui, les gens qui nous veulent du mal disent qu’on va faire 5 %. C’est bien d’être insultés comme ça, quand on sait que c’est notre record absolu à la présidentielle. »(Sandra Regol, cité par Mediapart le 19 février 2022.

https://www.mediapart.fr/journal/france/190222/yannick-jadot-les-raisons-d-une-campagne-atone

[iv] « Nous allons devoir admettre que la France n’est plus la France, mais nous demander aussi si elle a quelque chance de redevenir elle-même, avec, pourquoi pas, un jour lointain, l’aide de l’islam et des électeurs du Front national. »

Emmanuel Todd, Qui est Charlie (2015)

[vi] Guy Debord, La société de spectacle, (1967) thèse 103.

[vii] Guy Debord, La société de spectacle, (1967, thèse 104.

[viii] Sur I Télé, la malheureuse génitrice de CNews

[ix] Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel.

[x] Appel urgent au concours des hommes éclairés de toutes les professions contre les empoisonnements industriels ou autres qui compromettent de plus en plus la santé et l’avenir des générations (1863)

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Mélenchon est-il communiste ?

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30 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Kaa 6 avril 11:10

    je n’ai jamais lu quelque part que Mélenchon remettait en cause la propriété privée des biens de production, ni même quelle alternative « économique au »libéralisme" il envisageait

    tout se passe comme si, pour lui, les superstructures (idéologie) précédaient les infrastructures (rapports de production)

    il est donc idéaliste (et pas matérialiste), et réformiste (et pas révolutionnaire)

    un socio-démocrate, quoi


    • malhorne malhorne 6 avril 13:44

      @Kaun , tu veut dire, un socio demon crasse nostalgique du nationale socialisme


    • Buzzcocks 6 avril 11:33

      Mélenchon est Mélenchoniste.... c’est à dire qu’il joue pour lui uniquement. Il suffit de le voir se présenter à Marseille aux législatives dans la circonscription qui a le plus votée pour lui à la présidentielle, limitant ainsi les risques d’être battu. Il est né en Bourgogne, se retrouve sénateur de l’essonne, puis se présente dans le Nord Pas de Calais où il est battu, et termine à Marseille où il ne va probablement jamais. Ca rappelle Jack Lang, élu de Blois, ville qui ne veut plus de lui, donc il se trouve un parachutage à Boulogne sur Mer plus accueillante pour garder un fauteuil.

      Bref, pas fan du personnage du tout. Pour un mec de gauche qui prone la solidarité, la cohésion, il joue avant tout pour sa pomme. Et pour moi, l’egoisime et le carriérisme, ce n’est pas de gauche.


      • Séraphin Lampion Kaa 6 avril 13:26

        @Buzzcocks

        Il n’est pas né en Bourgogne, mais au Maroc, à Tanger.

        Mais ça, on n’en a rien à secouer : combien de Parisiens, élus ou pas ont des ancêtres (plus d’une génération) franciliens ?


      • bernard29 bernard29 6 avril 11:34

        Mélenchon c’est un bureaucrate pique-assiette qui monte, à la queue leu leu, des mouvements dignes d’un apparatchik. (voir Parti de Gauche etc.... )


        • Étirév 6 avril 11:41

          Jean-Luc Mélenchon, comme tous les hommes dits politiques et appartenant ou ayant appartenu aux « partis dit de pouvoir » n’a rien de « politique ». C’est un « homme de paille », un « hommes-lige », interchangeable, et directement ou indirectement, une véritables courroies de transmission des « puissances d’argent », réels donneurs d’ordres.
          Les dirigeants politiques sont, en premier lieu, choisis pour leur capacité à mentir, et à suivre les ordres. Le parti auquel ils appartiennent n’a aucune importance.
          NB : Communisme et capitalisme, les frères amis : Le Marxisme paraît défendre les travailleurs parce qu’il semble vouloir tout remettre au pouvoir de l’Etat afin d’assurer une meilleure répartition des biens et des fortunes, alors qu’en réalité son but est, en conquérant les masses ouvrières par la ruse, de tout accumuler entre les mains des « puissances d’argent », dissimulées et camouflées derrière des partis politiques qu’elles contrôlent, qu’ils soient socialistes ou communistes.
          Rappelons que les principaux éléments du capitalisme libéral, la grande entreprise, n’étaient nullement antipathiques au communisme. Joseph A Schumpeter, qui a enseigné à David Rockefeller à Harvard, écrit (Capitalism, Socialism and Democracy) : « Les vrais stimulateurs du socialisme n’étaient pas les intellectuels ou les agitateurs qui l’ont prêché, mais les Vanderbilt, les Carnegie et les Rockefeller ». Le noyau du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels consistait en des politiques capitalistes monopolistiques comme la centralisation du capital et l’organisation des travailleurs.
          Aussi, un gouvernement communiste peut organiser le contrôle social de manière à garantir et à protéger la concentration de la richesse ; le gouvernement communiste peut donner à des cartels le contrôle des matières premières et des marchés, et leur accorder de gros contrats et s’endetter à l’infini auprès d’eux. Chaque secteur de l’économie étant, in fine, contrôlé par une poigné de cartels.
          SUITE


          • sylvain sylvain 6 avril 18:30

            @Étirév
            les « puissances de l’argent » qui soutiennent meluche ne doivent pas être celle qui détiennent les medias alors, ni celles qui soutiennent lepen ou zemmour .
            Que reste t il comme « puissance de l’argent » en france, a part l’oligarchie mondialisée et l’oligarchie nationale ??


          • SilentArrow 6 avril 13:01

            Mélanchon est un franc mac qui va bien enc.ler ceux qui croient bêtement en lui.


            • malhorne malhorne 6 avril 13:41

              omme@SilentArrow
              Bonjour , ce démon serait bien capable de proposer tarik ramadan comme ministre de la culture


            • SilentArrow 6 avril 16:04

              @malhorne

              Ou un des blaireaux de l’ex CCIF, devenu le CCIE, comme celui-ci.


            • sylvain sylvain 6 avril 20:59

              @SilentArrow
              pour ce que j’en sais, il n’y a personne de ce genre dans les cadres de LFI .
              D’ou vous sortez pareilles affirmations ??


            • SilentArrow 7 avril 02:30

              @sylvain
              Tapez « mélanchon islamisme » sur google et vous verrez à quel genre de complicité je fais allusion.


            • malhorne malhorne 6 avril 13:39

              mélanchon , celui qui défilait il y a pas si longtemps avec les fréres musulmans contre l’islamophobie , disait aussi que quand il voit trop de blonds aux yeux bleus , il se sent trés mal......................ce parasite dont la petite personne est sacrée me fait pitié , et si je devais voter a gauche , je voterais pour Nathalie Arthaud !!


              • ticotico ticotico 6 avril 16:56

                Article bavard et verbeux, mais qui donne l’occasion d’un magnifique « lâcher de trolls » .

                Je viens de recevoir le mail qui m’annonce où et comment voter dans mon lointain pays. Ce que j’ai appris en recevant le mail, c’est que le ministère qui me l’envoie s’appelle maintenant « Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères »...

                Intéressant, le macronisme et sa façon de jouer avec les mots, si le reste de l’Europe n’est plus à l’étranger, dans quelle catégorie faut il le placer ? On voit bien le plan du petit cron, le massacre en cours de la France prend du sens si on sait que l’objectif à terme est de n’avoir plus d’autre solution que d’intégrer fédéralement les décombres du pays à cette belle entité qu’est l’Europe.

                Je suggère que ce décès par intégration soit appelé « Otanasie ».


                • Qu’est-ce encore le communisme ? Mélenchon comme E. TODD surtout sont communistes par le début de leur parcours. Tous les 2 ont un faible pour Poutine. Poutine qui justement a fait un tour à 360 degrés par rapport à l’URSS. Se revendiquant plus des Tsars, de l’Eurasie que du bolchévisme internationaliste. Emmanuel Todd s’interesse aux modèle familiaux, alors que pour les anciens communistes la famille était à rejeter. Ainsi que le couple. La famille, c’était le parti et entre personnes du même sexe on s’appelle : camarades... Bon, revenons à Marx/ L’outil doit être la propriété du travailleur. Toutes tentatives dans ce sens ont échoué. Le communisme chinois est devenu encore plus capitaliste que l’Amérique. Reste Cuba. Là, c’est plus facile, le soleil contribue à la solidarité. Disons que Mélenchon de tous est le plus humain. Me semble-t-il.  Je ne le connais pas personnellement, mais j’aurais tendance à le voir bon vivant. La méditérannée facilite ce genre de nature. Mais les provençaux, c’est souvent chaleureux dans un premier temps. Mais sur la longueur, ils ne tiennent pas vraiment la promesse de départ. Et la distance s’intalle. Ami un jour, après on verra...


                  • J’ai souvent entendu ce leitmotiv : si tu ne t’interesses pas à la politique, elle s’interesse à toi. Bon, soit. Mais en définitivement pas tellement que cela. Et dépend surtout de la personnalité. Certains suivent le mouvement, d’autres continuent leur petit bonhomme de chemin et se rient de ceux qui pensent gouverner le monde. Le plus souvent, ils n’ont même qu’un peu de pouvoir sur eux-même. Jamais un introverti ne réussira en politique (comparons Zemmour plutôt introverti et Trump). Et quand on est extraverti on a rarement une vie intérieure. Par ailleurs la politique en temps de guerre est un peu différente que celle en temps de paix.. La paix, c’est le ronron des chaises musicales. En temps de guerre on est poussé à plus penser le monde. Sauf que maintenant toutes les recettes ont été épuisées. Et si les personnes heureuses se trouvaient loin dans un coin paradisiaque en Orient, juste occupée à trier le riz ??? 


                    • sylvain sylvain 6 avril 18:25

                      la russie a t elle été communiste

                      selon la définition bolchévique du communisme oui .Selon ses définitions précédentes absolument pas : le communisme avant les bolcheviks est censé être une société sans classe, sans état, sans monnaie, ou on partage les biens matériels.

                      Il n’y a aucun de ces critères en URSS .Pas plus qu’en chine d’ailleurs .Le tout début du bolchevisme laisse a penser qu’il y a eu des vélléités de réaliser le communisme .Mais les logiques de guerre, et la nécessité de l’industrialisation, ont rapidement mis fin a ces essais

                      Reste que ce sont les seuls grands états qui se sont déclarés communiste, et qu’ils ont déterminés ce que serait le communisme en pratique pour le reste du monde


                      • pipiou2 6 avril 18:31

                        @sylvain
                        Un régime a été très proche du Communisme théorique : celui des Khmers rouges ; ils étaient arrivés au stade « sans monnaie ».

                        Connaissant la brutalité du régime de Pol Pot on peut supposer que le communisme « parfait » c’est la barbarie absolue.


                      • sylvain sylvain 6 avril 20:56

                        @pipiou2
                        Ca dépend .En fait le communisme parfait a déja été réalisé a de nombreuses reprises dans des tribus .La vie n’y était pas forcément mauvaise .
                        Le problème c’est qu’appliquer ce programme a une grosse civilisation, qui est composée de millions d’individus, et qui fonctionne d’une manière très différente ne peut qu’être désastreux . Le communisme est en grande partie une nostalgie de la tribu je pense, et c’est bien compréhensible qu’elle existe dans nos sociétés, cette nostalgie .
                        Mais il faudrait effectivement mieux se pencher sur une possible application pratique, sur comment il peut exister dans ces grandes sociétés, avant de se relancer là dedans


                      • chantecler chantecler 6 avril 21:15

                        @sylvain
                        Je pense pas que si cela arrive un jour ce ne serait pas une transformation imposée par un sommet , imposée par un groupe , de façon autoritaire .
                        Je pense plutôt que ça se ferait progressivement , ressenti à travers des expériences d’organisations humaines difficiles , tâtonnantes , une évidence qui apparaîtrait, s’imposerait..
                        Et ce ne serait certainement pas le communisme qui a été tenté au 20 éme siècle ....


                      • chantecler chantecler 6 avril 21:27

                        @chantecler
                        Oups : « Je pense que .... »


                      • Désintox Désintox 6 avril 18:41

                        Roussel a dit publiquement qu’il appellerait à voter Mélenchon si celui-ci était qualifié au second tour.

                        Le problème, c’est que sa propre candidature rend cette éventualité douteuse.


                        • Octave Lebel Octave Lebel 6 avril 20:08

                          Globalement c’est bien vu, vite vu avec une inévitable centration sur les personnes qui sont importantes, déterminantes et méritoires parce que ce sont indiscutablement des acteurs de ce qui arrive mais aussi parce que c’est souvent comme cela que la toile médiatique qui nous accompagne maintenant quasiment dès le berceau nous présente les choses et nous conditionne à réfléchir. Matinales, émissions d’informations, fictions…

                          J’ajouterai donc, vite vu aussi.

                          LFI est la réponse politique du moment en France ou son support organisé, en développement, d’un mouvement de recherche de justice sociale, de reprise en main politique de l’économie, de recherche de voies démocratiques impliquant les citoyens et s’appuyant sur les outils de souveraineté d’un état. Appelé à conjuguer son avenir dans une confédération d’états européens se donnant les moyens de la maîtrise de son autonomie économique, de sa politique étrangère, de sa sécurité, en recherchant des collaborations pacifiques et constructives avec le reste du monde. Si on regarde par-dessus les têtes des classes dirigeantes qui nous bouchent l’horizon, à l’échelle de la succession des générations, de la vitesse des bouleversements qu’a connu le siècle précédent jusqu’à maintenant, ce n’est pas une utopie. Il ne s’agit pas d’être patient mais impatient et déterminé.

                          LFI ne réussira qu’en s’enrichissant de l’apport de toutes les couches sociales et familles d’esprit comprenant la convergence de leurs intérêts. Ce n’est ni simple ni impossible comme le mouvement de la vie qui va et se fait un chemin. Rien n’est gagné ni perdu d’avance. Si nous ne nous occupons pas de nos affaires, d’autres s’en occupent et s’en occuperont.

                           


                          • troletbuse troletbuse 6 avril 21:32

                            Je ne sais pas si il est communiste mais c’est sur qu’il est franc-maçon avec tout ce que cela implique =====> mondialiste


                            • Jonas Jonas 6 avril 22:15

                              Jean-Luc Mélenchon n’est pas un communiste, c’est un militant de la culture woke, pour lui, « la France n’a pas d’avenir sans les Arabes et les Berbères du Maghreb », « les Occidentaux, ça n’a pas de réalité », il méprise les « Blancs catholiques », se réjouit de l’éradication de la race blanche par le métissage (créolisation), ne supporte plus de vivre avec des « Blonds aux yeux bleus », et méprise les habitants du pays de Caux en Normandie, qu’il traite d’« alcooliques épouvantables » !

                              « Vous savez instantanément de qui il s’agit : les nôtres. Cela se voyait. D’abord par la couleur de peau : partout dominait en profondeur ce superbe marron que montrent les plus beaux êtres humains. Ici la couleur de peau est un signal social. »
                              http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/07/16/no-volveran/

                              Mélenchon développe des thèses racistes et racialistes : le blanc oppresseur, le colonisateur, « l’Occidental », le « Blond aux yeux bleus », le « Blanc catholique », doivent progressivement céder leur place à ceux qui préparent l’avenir de la France, les «  Arabes et les Berbères du Maghreb », une race supérieure, les « Marrons », « les plus »beaux êtres humains".

                              Le Grand Remplacement en marche !

                              Mélenchon représente une véritable menace pour notre pays, il détruira la France en faisant la promotion du multiculturalisme et de l’islam, interdisant de fait toute critique de cette religion, il permet le développement de milliers de mosquées dirigées par des imams enseignant la haine des femmes, des chrétiens et des juifs.


                              • L'apostilleur L’apostilleur 7 avril 00:15

                                Mélenchon ? Un gauchistécolo-communiste ? Vraiment ?

                                Petit rappel (*) de ce que pense Mélenchon de ceux qu’il appelle dans son hypocrite « union populaire ».

                                « ...Les écologistes ? Ils « ont un avenir aussi longtemps qu’on ne les voit pas à l’œuvre. » La candidature à la présidentielle de Fabien Roussel, le leader communiste ? « Un crève-cœur. » Quant à la tentative de rassemblement de la gauche lancée par le Vert Yannick Jadot et soutenue par Olivier Faure, le patron des socialistes ? « Un numéro de claquettes... »

                                Un vrai rassembleur ce leader extrémiste

                                (*) Le Parisien Jannick Alimi le 31 mai 2021


                                • zygzornifle zygzornifle 7 avril 07:19

                                  Le pauvre, il va prendre un Gaviscon si on le traite de coco ......


                                  • I.A. 7 avril 08:04

                                    Ecoutez, Jules, je trouve toute cette iconolâtrie un peu ragoûtante.

                                    Je vais voter parce que c’est l’un des seuls droits qu’il nous reste, mais je vais voter pour le moins pire, pas pour un héros, et encore moins une idole.

                                    Je vais donc choisir Mélenchon malgré ses nombreux défauts.

                                    • Parce que je m’imagine qu’il va remettre du social dans notre société.
                                    • Parce que je le crois capable de tenir tête à l’UE sur certains sujets.
                                    • Parce je pense qu’il ne va pas déconstruire les services publics
                                    • Parce qu’il dit vouloir sortir de l’OTAN
                                    • Parce que je le soupçonne d’être de taille à dire merde aux Américains
                                    • Parce qu’il me paraît beaucoup moins idiot que Macron, même si je méprise son stupide suivisme (le genou à terre, les mesures anti-covid complètement dingues, etc...).









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