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Accueil du site > Tribune Libre > Mémoires d’une GJ

Mémoires d’une GJ

Pourquoi prendre la plume à cinquante et quelques balais ?

Pourquoi ce déclic littéraire ? Avoir toujours un peu écrit oui. Pour soi. Pour être bien. Pour s'amuser.

Le confinement a été ce déclic. Certainement. Surement. Deux mois passés dans la solitude.

La page blanche est là. Redoutable. Presque insurmontable. Vicieuse aussi.

Comment raconter l'indicible et l'horreur ? Bien sur, l'Histoire de France a connu pire : mais nous savons tous, Gilets Jaunes que nous sommes, que nous en faisons partie désormais.

La différence avec notre passé historique, c'est que la vivons l'Histoire de France. En direct. Jour après jour. Samedi après samedi.

L'amour ! La fidélité ! Le respect ! La tolérance ! Des valeurs morales devenues pratiquement inexistantes en nos temps troublés. Que nous avons retrouvé avec le mouv.

18 mois. Et on est toujours là. Et on se demande chaque jour pourquoi ?

Comme une drogue ?

Comme une obligation ?

Comme une évidence. Comme une nécessité. Comme une survie.

Ben justement, c'était comment la vie avant les Gilets ?

Métro, boulot, dodo ou à peu près. Mais il me manquait quelque chose. Comme une certitude au fonds de moi depuis toujours.

Et puis le 17 novembre 2018 est arrivé. Acte I. Seule sur les CHamps. Ou à peu près lol !

Purée ! C'est donc cela qu'il manquait à ma vie. Ce à quoi j'ai toujours aspiré. Espéré. Souhaité.

Ca bouge enfin dans ma vie, dans la vie, dans la vraie vie.

Et j'essaie enfin de mettre des mots sur les maux. Au bout de 72 actes.

Raconter le manque insurmontable d'avant : au-delà de la vie prviée, de la vie professionnelle, de la vie sociale.

Combler ce manque : mais oui, c'est cela ! Et j'ai continué acte après acte. Comme un bon petit soldat.

Pudeur des mots. Pudeur des ressentis.

Des samedis à marcher, courir, se faire gazer, matraquer, charger...

Les dimanches à pleurer, à penser aux sistas blessées, aux gamins en gav.

Et le lundi, la pire journée de la semaine : je suis silencieuse, ailleurs, faut pas me parler, pas envie de parler.

Encore dans le samedi, à digérer mentalement tout ce vécu.

Et la semaine qui passe, trop lentement...

 

MARIE FOUGERET

25 JUIN 2020

 


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7 réactions à cet article    


  • titi titi 25 juin 2020 23:41

    @L’auteur

    « le mouv », « sistas blessées », « gav »..

    Désolé mais vous n’utilisez pas vraiment le vocabulaire des vrais gilets jaunes.

    Plutôt celui d’une habituée de l’agit’pop


    • V_Parlier V_Parlier 26 juin 2020 22:39

      @titi
      Il semble que le « gangsta style » infiltre réellement tous les milieux contestataires.


    • titi titi 26 juin 2020 23:22

      @V_Parlier

      Les GJ je le connais bien : ce sont mes voisins, mes amis, des membres de ma famille.
      Le « gangsta style », c’est pas du tout leur style. Mais alors pas du tout.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 26 juin 2020 07:34

      Bon article pour décrire, de l’intérieur, l’engagement politique sentimental à partir de l’ennui ressenti dans sa vie personnelle.

      « Grands Débats » et « Conventions citoyennes », avec tirage au sort des composants, vont continuer d’apparaître comme les moyens d’éviter le grand effondrement de l’humanité.


      • caillou14 rita 26 juin 2020 08:16

        Les « GJ » les purs les durs se rebifferont toujours refusant ces gouvernants vérolés ?


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 26 juin 2020 22:38

          Et maintenant.

          Comment faire pour que le mouvement rebondisse ?

          « Macron démission ! », « Révolution ! »

          Cela pourrait faire le titre d’un livre.

          D’ailleurs je l’ai écrit.

          « Macron démission ! » mais après ? Qu’est ce qu’on met à la place ?

          Une proposition concrète, réalisable, qui répond aux aspirations de tous les militants du mouvement ouvrier :

          Un gouvernement provisoire du PCF, du PS et de la FI.

          Eh ! Oui ! S’il n’y avait eu qu’un seul candidat en 2017 à la place de Mélenchon et Hamon, il aurait été élu. Nous n’aurions pas à subir Macron.

          L’unité est possible. Mais elle ne réglera pas tout.

          Nous n’accepterons pas qu’un gouvernement de nos organisations fasse la même politique que Mitterrand et Tsipras. Alors...

          Alors, il faudra sortir de l’UE...

          Les gilets jaunes dans tout cela que doivent-ils faire ?

          Il faut un nouveau Conseil National de la Résistance. C’est peur-être à eux de le proposer... Ils sont déjà dans la résistance mais ne savent pas vraiment où ils vont ni comment... La Révolution... Oui... Mais comment commencer ?

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