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Mutisme devant la barre : une stratégie suicidaire pour Jean Marie Mokoko et ses avocats

Le procès sur l’affaire Jean Marie Michel Mokoko et autres a commencé depuis le 07 mai à Brazzaville. Il est caractérisé par le mutisme de l'accusé et de ses avocats. Ce faisant, Jean Marie Michel Mokoko laisse passer l’occasion pour expliquer, notamment aux Congolais ce qu’il connait de cette affaire qui l’a conduit devant les juges.

Avant le début du procès, les avocats de Mokoko sont montés au créneau pour dire à qui voulaient les entendre que le dossier de l’accusation était vide. Puis quelque temps après, ils ont sorti comme d’un mouchoir de poche cette histoire d’immunité juridictionnelle. Ce dernier argument de défense est tombé comme un château de carte, parce que la cour suprême a fait comprendre que l’immunité juridictionnelle est octroyée, non par le décret présidentiel mais, par la loi. 

Quand le procès a commencé, les Congolais attendaient que l’accusé et ses avocats démontent pièce par pièce, les accusations qui pèsent sur Jean Marie Michel Mokoko. Ce serait alors au cours d’un débat contradictoire comme les prétoires aiment à les avoir.

En effet, Jean Marie Michel Mokoko, comme tout accusé devant la cour, devait saisir l’occasion pour prouver son innocence, surtout que les accusations portées contre lui sont assez graves. Il lui revenait de dire la vérité en sa possession à ses compatriotes qui suivent avec beaucoup d’intérêt le déroulement du procès.

Quand la cour projette, dans la salle, la vidéo dans laquelle Jean Marie Michel Mokoko discutait de la liste des officiers supérieurs à neutraliser, et assurait ses interlocuteurs qu’ils seront ses « partenaires au développement » une fois le putsch réussi, tout le monde attendait que Jean Marie Michel Mokoko conteste le contenu de cette vidéo qui le montrait également s’appliquait à répéter, face à la caméra, sa déclaration de prise de pouvoir.

Etonnement, hélas, devant la barre, Jean Marie Michel Mokoko a décidé de rester bouche cousue, même si au début il a essayé d’aller au fonds du dossier alors même que la cour n’était que sur les « préliminaires ». il avait tellement pris l’élan que ses avocats étaient obligés de se faire indisciplinés pour lui rappeler qu’il était déjà allé trop loin contre la consigne du silence. 

A première vue, l’attitude de Jean Marie Michel Mokoko est calculée. Elle est à inscrire dans sa volonté de discréditer la cour à laquelle il n’avoue que très peu de respect.

Mais au fond, l’accusé se rend compte qu’il ne s’en sortirait pas ce, après avoir ameuté l’opinion nationale et internationale sur son sort de complotiste. En effet, Jean Marie Michel Mokoko est conscient qu’il n’a pas assez d’arguments pour se défendre. Le seul qu’il avait n’était que l’immunité juridictionnelle qui devait le protéger de la justice, parce que faisant de lui un citoyen à part.

Un observateur, déclarait au deuxième jour du procès : « le silence n’est pas à son avantage ». Cette observation est d’autant fondée que le silence voulu de Jean Marie Michel Mokoko tend à démontrer qu’il ne pourrait pas prouver le contraire des accusations portées contre lui. D’ailleurs, une voix proche de l’opposition congolaise qui soutient Jean Marie Michel Mokoko dans ce procès s’est désolée devant le choix du mutisme opéré par l’accusé : « je ne comprends pas comment il ne peut pas saisir cette tribune pour démonter que ce procès est politique et que le dossier est vide », regrettait cette personnalité, déçue du silence de son leader.

Peut-être faudrait-il se rendre à l’évidence que si Jean Marie Michel Mokoko était réellement victime de machination politique, l’homme ne se serait résolu au silence. Ces avocats qui considéraient que le dossier de leur client était vicié se sont rendus compte que l’accusation avait assez de preuves contre lui.

Ne pas répondre aux questions de la cour est un choix libre et personnellement de l’accusé. Ceux le soutiennent voient comment leur leader veut se soustraire de la justice de son pays. Ils se tapissent aujourd’hui pour attendre le dernier jour et crier au procès politique comme c’est leur habitude. Ils oublient que le silence choisi par l’accusé n’empêche pas au procès de se poursuivre.


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