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Négociations de Vienne  : quel plan B  ?

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Les négociations de Vienne sont dans l’impasse, même si l’échec n’a pas encore été officiellement annoncé. Ce qui pourrait être décrit comme une critique calculée de l’Iran par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA semble avoir été le dernier avertissement à Téhéran avant de rompre les négociations et de passer à un plan B.

Les critiques de l’agence de l’ONU se sont concentrées sur le manque de coopération de Téhéran qui n’a pas fourni d’explications adéquates pour sa recherche de traces de matériel nucléaire sur les trois sites non autorisés.

Les États-Unis et les E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) ont voté en faveur de la première critique de Téhéran à l’ONU depuis juin 2020, 30 membres votant en faveur de la résolution, la Russie et la Chine s’y opposant, l’Inde, la Libye et le Pakistan s’abstenant. Pour l’instant, il est clair que les espoirs internationaux d’un accord nucléaire perdurent.

Lorsque l’Iran a annoncé qu’il retirerait 27 caméras de surveillance de ses installations nucléaires, suivant ainsi la position du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, le chef de l’AIEA, Raphael Grossi, a averti qu’il serait fatal pour l’accord nucléaire que les caméras ne soient pas rendues dans les trois à quatre semaines.

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a déclaré que la décision de l’Iran de fermer les caméras saperait les efforts visant à relancer l’accord nucléaire de 2015. Donc, les espoirs reposant sur cet accord ne sont pas encore morts.

La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont publié une déclaration commune appelant Téhéran à accepter de toute urgence l’accord sur la table, affirmant qu’un accord viable est sur la table depuis mars 2022.

De toute évidence, l’Occident caresse toujours l’espoir de relancer l’accord  ; l’Iran comprend que la position du Conseil des gouverneurs de l’AIEA n’est qu’une manœuvre tactique pour le forcer à accepter ce qui a été obtenu à Vienne.

Par conséquent, Téhéran ne fera pas de compromis, mais est susceptible de prendre des contre-mesures dans le contexte d’un nouveau bras de fer dans lequel la position de la partie occidentale semble relativement faible pour plusieurs raisons. La première est la faiblesse ou l’absence d’alternatives stratégiques en cas d’échec des négociations.

La deuxième est l’environnement international et les événements actuels qui sont dans l’intérêt de la partie iranienne et affaiblissent la position des États-Unis et de leurs partenaires européens, notamment en ce qui concerne la crise en Ukraine, qui a renforcé la position stratégique de l’Iran en termes de nécessité d’accéder au pétrole iranien pour aider à compenser les fournitures de pétrole russe en Europe.

La crise a exacerbé les désaccords et les contradictions entre les grandes puissances (les États-Unis et leurs alliés atlantiques, d’une part, et la Russie et la Chine, d’autre part), rendant pour le moins improbable une stratégie internationale unifiée pour résoudre la question nucléaire iranienne dans les conditions actuelles.

En Occident, on rapporte que l’Amérique s’oriente vers un plan B, dont on parlait il y a tout juste un an. Il s’agit surtout d’avertissements voilés adressés à la partie iranienne. On ne parle pas d’avoir un plan alternatif au cas où le scénario de négociation échouerait.

C’est un problème évident dans la planification stratégique d’une superpuissance comme les États-Unis. La question n’est donc pas de savoir s’il existe ou non un plan, mais plutôt la nature du plan et sa probabilité de succès à la lumière de l’expérience actuelle et passée.

Les rapports et analyses des médias montrent que le plan alternatif repose principalement sur des sanctions plus sévères contre l’Iran. C’est cette question qui doit être discutée de manière réaliste. Ce que l’Iran a fait ces dernières années s’est fait sous le parapluie de sanctions qui n’ont pas empêché Téhéran de militariser ses propres capacités, quelles que soient les limites de ces capacités.

Certains pensent même qu’il y a un état de coexistence avec les sanctions qui ont été imposées depuis 2006, tandis que d’autres pensent que le régime iranien ne souhaite pas vraiment une fin complète de ces sanctions.

Ces sanctions ont créé de profonds réseaux d’intérêts dont les participants ne verront d’un bon œil aucune mesure qui les prive des énormes profits qui se développent grâce au contournement des sanctions, par exemple par la contrebande de pétrole et de produits dérivés.

Le régime est habitué à vivre sous des sanctions qui servent de justification gratuite à la détérioration des conditions de vie du peuple iranien.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, a déclaré plus tôt que l’estimation selon laquelle l’Iran reviendra à l’accord nucléaire de 2015 a chuté d’environ 80 % à 30 %, et dans la situation actuelle, plutôt que dans quelques années, les 30 % appartiennent presque au passé.

La perspective de relancer l’accord nucléaire est devenue un «  peut-être  » qui n’est pas soutenu par des faits et des preuves. Le principal message américain est que l’administration Biden imposera des sanctions supplémentaires à l’Iran si l’accord nucléaire n’est pas relancé.

Ce message ne dissuade pas Téhéran, ni ne frustre son régime, alors que les sanctions déjà en place ont des conséquences profondes et indéniables sur l’économie iranienne. Mais l’expérience de ces sanctions et le fait de s’y habituer confortent la position du régime. Il ne changera pas son comportement tant qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il veut.

Le plus gros problème de Téhéran est le manque d’outils de négociation, à savoir un état de consensus international. C’est quelque chose de complètement hors de portée étant donné la situation géopolitique mondiale actuelle et le manque de «  bâton ».

Le scénario le plus inquiétant pour les Iraniens se situait dans les temps antérieurs, notamment après l’invasion de l’Irak en 2003, lorsque Téhéran a volontairement coopéré avec les États-Unis par peur d’être bombardé par une machine militaire déjà à ses frontières.

Certains signes montrent que Téhéran parle plus hardiment de ses capacités de dissuasion et développe une sophistication militaire qui, selon lui, peut le sauver d’une frappe militaire, que ce soit par Israël, les États-Unis ou les deux, à l’aide de drones, d’un arsenal de missiles balistiques et de proxies, qui constituent une grave menace pour la sécurité d’Israël et des États du Golfe.


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6 réactions à cet article    


  • Massada Massada 25 juin 11:29

    Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a averti le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que son pays était prêt à utiliser son « droit à l’autodéfense » pour stopper le programme nucléaire iranien.

     


    • adeline 25 juin 11:59

      @Massada
      mais qu’il le fasse, personne ne va l’empêcher


    • Zolko Zolko 29 juin 10:27

      @adeline : si les kilomètres. Regardez une carte de la région : il faudrait qu’ils volent sur des milliers de km au dessus de pays hostiles, aller et retour, aucune chance.
       
      Si les Israéliens étaient capables de bombarder l’Iran, ils l’auraient déjà fait.


    • Jetokex Jetokex 25 juin 19:23

      Mais pourquoi bordel les iraniens ne peuvent pas avoir de bombes nucléaires ?

      Je suis bien plus rassuré par l’iran nucléaire que par l’Amérique hein  smiley


      • Clocel Clocel 25 juin 19:33

        @Jetokex

        Tu veux faire exploser le marché de la couche Confiance en Israël !?


      • Jetokex Jetokex 26 juin 17:40

        Je suis favorable a la prolifération nucléaire car elle rend la guerre froide.

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