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Nietzsche Hyperboréen par Olivier Meyer

Franck Abed allemand

Olivier Meyer est journaliste et écrivain. Il est également l’auteur du Guide des citations de Nietzsche. Avec cet ouvrage intitulé Nietzsche Hyperboréen et sous-titré « ou l'école du surhomme ». L’auteur estime qu’à «  l’heure actuelle, la philosophie nietzschéenne ne trouve qu’un écho dénaturé, scolaire et universitaire, celui d’ânes savants déjà dénoncés à son époque par Nietzsche  ». 

Il poursuit sa réflexion comme suit : « Nietzsche n’est plus dans Nietzsche et sa philosophie dénaturée par un siècle de mystifications (marxiste, nazie, gauchiste, chrétienne) n’est plus qu’un objet d’étude abstrait alors que Nietzsche est un formidable éducateur pour la vie, une invitation à se dépasser, une authentique éducation au surhomme ». 

Pour Meyer, la philosophie de Nietzsche doit se comprendre ainsi : « Ni étude savante, ni spéculation abstraite, c’est une invitation à se dépasser, à devenir soi-même un surhomme  ». Il précise aussi que « si nous échouons, nous aurons quand même vaincu la pesanteur des forces d’inertie. Nous serons quand même victorieux, la victoire du guerrier de l’esprit qu’est le surhomme, toujours en lutte pour sa liberté, toujours plus haut vers la grandeur, jusqu’au firmament de l’humanité où brille sa morale d’étoile… » 

Ce programme très ambitieux repose-t-il sur de véritables et saines valeurs ? L’auteur pense que Nietzsche « n’a pas cherché à améliorer l’humanité. Sa philosophie aristocratique ne s’adresse qu’à une élite d’élus dont le message fait sens et écho au plus profond d’eux-mêmes. Pour Nietzsche le peuple est un détour de la Nature pour créer quelques grands hommes  ». Ainsi, en début de livre, l’auteur propose un test sympathique - mais pas forcément très scientifique dans la méthode - fait de questions réponses pour permettre à ceux qui y participeront de déterminer s’ils appartiennent ou non à la catégorie des surhommes. Mon résultat indique que oui…

Il convient de définir le surhomme pour connaître la pensée de Nietzsche à ce sujet. Meyer explique que «  le surhomme est l’homme au-dessus de l’humain trop humain. L’humain trop humain c’est la psychologie des profondeurs, l’égoïsme percé à jour par Nietzsche dans la morale altruiste et les bons sentiments. Il distingue l’égotisme des forts à la nature prodigue, débordant de vie, qui donne plus qu’il ne prend, de l’égoïsme des faibles, petit, mesquin et sclérosant ». L’auteur écrit que Nietzsche « donne lui-même l’exemple, en fuyant l’université de Bâle où il enseignait et où il aurait pu ronronner dans une routine petite-bourgeoise, pour prendre la route, voyager, marcher, écrire, créer une œuvre, en quête permanente de grande santé et de vérité ». 

Meyer conclut de cette manière : « Le surhomme est un hommage tragique car il regarde la réalité en face et ne fuit pas son destin. Il est le chevalier impavide de la gravure de Dürer, Le Chevalier de la Mort et le Diable  ». Faut-il devenir un surhomme ? Chacun répondra librement à cette question. Quant à moi, être un homme catholique constitue mon idéal de vie…

 

Franck ABED

 


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3 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 30 novembre 2020 13:03

    L’auteur estime qu’à «  l’heure actuelle, la philosophie nietzschéenne ne trouve qu’un écho dénaturé, scolaire et universitaire, celui d’ânes savants déjà dénoncés à son époque par Nietzsche  ». 


    C’est bien mon avis aussi. Du reste, c’était fatal, sa pensée n’est pas si facile à saisir. Mais c’est une des plus vivifiantes, là dessus je rejoins Meyer même si je ne suis pas un nietzschéen pur jus.


    Mais l’avantage, avec Nietzsche, c’est qu’il n’a jamais voulu avoir de disciples. Et même que le vrai disciple de Nietzsche consiste à le trahir et à suivre sa propre voie.


    C’est d’ailleurs cela le centre même de la voie de Nietzsche : Deviens ce que tu es !


    Cela implique tout refus d’esprit de troupeau.


    À comparer avec l’éloge des brebis dans le christianisme qui suivent le (bon) berger.. D’où : monolithisme de la pensée, dogmes, pape...


    • binary 30 novembre 2020 18:05

      Et, à quoi sert ce sur-homme ? A part satisfaire sa vanité. C est donc cela le but ultime de sa vie d élite ?


      • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 30 novembre 2020 19:54

        « Pour Nietzsche le peuple est un détour de la Nature pour créer quelques grands hommes  ».
        inné-acquis pré-requis tautologie.
        Le penseur, ne produisant rien toute sa vie à part des questions, souffre de non-reconnaissance. L’Homme au Travail, de son SOL, utilement, a cette reconnaissance tous les jours de son travail. C’est plus pénible que garder son cûl au chaud dans un fauteuil-on-sky, certes. Après chacun le tourne comme il veut : Pascal avait très bien vu la décadence induite par la culture-des-villes : « Divertissement, misère de l’homme ». Montaigne aussi te l’indique ce Sol.
        Toi, faiseur de cortex, tu es là pour former des gentil-hommes. Pas Plus.

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