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Orientation, faux problème

« Envoyé spécial » a mené l’enquête sur les conseillers d’orientation de l’Éducation nationale. Le reportage montre que le système fonctionne très mal, que les erreurs sont nombreuses et flagrantes, que l’aide fournie est aléatoire et superficielle, que les conseillers ne connaissent pas le monde de l’entreprise et peu celui des filières d’études envisageables.

L’orientation est une étrange invention. Un conseiller n’est pas un marabout. Il est forcément impuissant face à un gamin qui ne sait pas ce qu’il veut, qui ne sait pas ce qu’il aime, qui n’a jamais trouvé dans le système scolaire une matière passionnante, qui ne connaît pas ses atouts, qui se sent dévalorisé en tous points, qui se sent trop jeune pour choisir, et qui, c’est la tendance heureuse et justifiée, ne veut pas devenir ouvrier jetable à vie. Chacun aujourd’hui a le droit de rêver un peu. L’entreprise c’est aussi celle que nous voulons créer, celle de notre vie. Le monde de l’entreprise c’est nous. Par ailleurs, dans une société qui incite inexorablement sa population à changer quatre ou cinq fois de métier dans une vie, exiger qu’un gamin se prononce sur le sien, définitivement, relève de la pression psychologique gratuite ou du décalage social entre la condition figée de ceux qui "éduquent" et celle, bien plus incertaine et mouvante, qui attend nos "éduqués". Prenons le cas de ce jeune qui, depuis toujours, veut être pompier. Il a la passion et la certitude. Il sait de quoi il parle. Pourtant à 16 ans, il est "orienté" vers le bâtiment. Les études qui répondent à sa vocation ne lui sont pas présentées. Deux ans plus tard, il est trop tard. Le système n’a pas de marche arrière. Les clés du problème sont là. D’une part, on n’a jamais considéré le désir de ce gamin. D’autre part, quand l’erreur est commise, on ne répare surtout pas. L’erreur c’est les autres. Et on s’entête à punir un avenir parce la règle et le règlement passent avant l’épanouissement d’un petit gars. Il y a le cas moins rude mais bien plus difficile de cette bonne moitié qui ne sait pas du tout ce qu’elle veut. S’intéresser soudain en seconde à leur avenir personnel ressemble parfois à un coup de grâce. Il fallait poser la question bien avant. Et surtout, d’une toute autre manière. Pas dans les mots, pas dans les conseils, pas dans les exigences et les devoirs, pas dans la contrainte, mais dans les programmes ouverts et vivants, dans les faits, dans l’expérience, au cœur de la personne même, dans la quête des goûts, du plaisir, de l’aptitude de chacun. Et dans les actes, et dans l’action. En cours, en classe, en atelier, en cuisine, en théâtre, en foot, en mécanique, en langue, en culture, en BD, en création littéraire, en création historique, en dessin animé, en PAO, en chanson, en voyage, en... Avec l’objectif de faire de chaque enfant un individu porté positivement par la confiance dans ses qualités propres. S’orienter c’est savoir ce que l’on aime faire et qui nous convient. C’est une graine qu’il faut faire pousser, un long processus. Le résultat devrait être, non pas une filière de métier précise, mais un noyau général de qualités mobilisables consciemment par le jeune. Ce fil se construit année après année lorsque l’école échange avec le jeune, lorsqu’elle bâtit l’enseignement en considérant l’élève, sa personnalité et ses particularités comme les clés de la réussite de l’individu mais aussi de l’institution. L’orientation administrative, non vocationnelle, non éducative, donc irréelle et inopérante, plombe des études universitaires anormalement longues et inefficaces et engendre l’interminable mauvaise plaisanterie des troncs communs dont le diamètre ne cesse de croître. L’orientation produit ainsi tout le contraire de ce qu’elle prétend. L’inefficacité en amont s’éternise en aval. Un système scolaire qui formate les enfants, qui ne s’ouvre pas à la diversité des goûts et des activités, qui, de fait, crée cette inégalité flagrante entre ceux qui, orientés ailleurs, s’adaptent à un savoir imposé et les autres, génère cette moitié d’enfants qui ne savent plus, et une inégalité non dite inacceptable. Dans ce cadre statique, l’orientation est un leurre parce qu’elle n’est pas intériorisable, Elle ne s’inscrira pas plus dans le cheminement intime du jeune que le cours de flûte, que les perspectives industrielles en guise d’arts plastiques ou que les nouvelles modes grammaticales. On peut objecter que tout le monde doit apprendre les mêmes choses. Et répondre que tout le monde doit apprendre ce qui lui convient le mieux par rapport à son vécu et à son avenir personnel. On peut objecter que la société n’est pas un rêve. Et répondre que le monde change, que l’époque où l’on était fraiseur ou fonctionnaire à vie est révolue, que tout un chacun possède aujourd’hui des moyens de produire, de créer, de devenir un acteur de la société à sa façon, qu’il doit manier une multitude de savoirs avec souplesse et créativité, avec initiative et polyvalence, entreprendre. Qu’on admire un footballeur, un chef cuisinier, une créatrice de mode, un acteur, un mécanicien rusé. Et que dans une société des individus, il faut une école des individus et non l’école plombée des inspections, supervisée, étouffée et défensive.


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22 réactions à cet article    


  • aurelien 5 juillet 2007 10:48

    Dites-vous qu’il va falloir réorienter les conseillers d’orientation ? smiley Un article qui pose de bonnes questions, merci


    • Leveque 5 juillet 2007 11:45

      Plutot d’accord avec l’auteur, sur l’ensemble, avec une nuance en plus : Je ne dirais pas que les « jeunes » doivent être orientés, mais plutot qu’ils doivent s’orienter eux mêmes, afin de ne pas se tromper d’une part, mais aussi de ne pas attribuer leurs échecs à l’administration.

      L’épanouissement et le choix professionnel se font par la découverte des métiers, c’est à dire par des stages, des CDDs, des démissions, et des embauches dans d’autres domaines.

      C’est en se sens qu’au lieu d’investir encore dans des procédure d’orientation que personne ne suit, (car beaucoup ne savent pas ce qu’ils veulent) il serait bien plus opportunt d’augmenter le nombre de stages en entreprise,et de créer une facilité de découverte du monde du travail.

      Travailler et essayer des métiers quand on est jeune, ce n’est pas perdre son temps et gacher sa jeunesse, c’est investir dans son avenir.

      Passer ses vacances devant la télé à 17 ans, par contre...


      • aquad69 5 juillet 2007 12:46

        Bonjour Pierre,

        merci de votre excellent article, au coeur du sujet, et plein de bon sens.

        Plein de bon sens, en effet, ce qui explique pourquoi il semble tellement décalé par rapport au cadre actuel de notre société, et pourquoi il va à contre-courant de toutes ses tendances :

        Assouplir les règles d’aiguillages (« d’orientation... »)des jeunes, remplacer le formatages auquel on les soumet par l’autonomie et l’esprit d’initiative et de responsabilité, et même développer chez eux un certain horizon culturel et intellectuel qui leur permette de se situer dans le Monde et de voter, de choisir et de mener leur vie en connaissance de cause, non mais vous êtes fou ? Ou complètement subversif, terroriste peut-être...

        Comment voulez-vous diriger un système à grande échelle comme le nôtre, cad statistiquement prévisible, techniquement hyper-organisé, et politiquement,socialement et économiquement maîtrisable, s’il était composé de tels individus aux esprits indépendants, critiques, et imprévisibles ?

        L’Education Nationale est simplement à l’image de notre pays tout entier, lui-même soumis à un système technique et économique global qui s’est imposé au Monde sous le nom de « culture et mode de vie occidentaux modernes », et que l’on présente comme seul souhaitable et même possible.

        Or ce système est fou ; ce qui ne signifie pas, bien sûr, qu’il soit psychologiquement aliéné, mais simplement qu’il est totalement étranger et contraire à la nature humaine, et donc intrinsèquement nuisible pour nous ; mais à l’évidence, notre nature d’humains et notre épanouissement ne sont plus aujourd’hui le but et le propos de cette société : nous avons été rétrogradés au rang de moyens utilisés pour participer et servir à son « développement », considéré comme un but en soi.

        Et c’est sans doute la raison pour laquelle, chaque fois que l’on lit un article comme le vôtre, sensé et évident, il apparaît comme une lamentation désespérément idéaliste et irréelle.

        Car nous savons tous, bien sûr, que les avertissements des gens comme vous, compétents et au fait du terrain, ne seront jamais entendus et que les systèmes et les automatismes vont continuer à se développer suivant les tendances actuelles, de manières de plus en plus rigides, de plus en plus aveugles, et tyranniques ; et que les « orientations » seront de plus en plus prédéterminées, spécialisées, et aussi irratrapable que des bretelles d’autoroutes.

        Et que, d’une manière générale, la brimade de la nature et de la beauté humaine et le martyr du bon sens seront de plus en plus la règle.

        On en est tous parfaîtement conscient, on le constate chaque jour, et personne n’a les moyens de proposer la moindre démarche réalisable pour enrayer celà.

        Cordialement Thierry


        • NPM 5 juillet 2007 13:02

          Plutôt que d’orienter, on ferai bien mieux de selectionner. Comme ca c’est objectif et il n’y a plus de probléme pour le jeune : il prend ce qu’on lui permet de prendre.


          • Halman Halman 5 juillet 2007 14:04

            Npm : Non !

            Cela donne des vocations et des vies détruites.

            Cela donne des gens qui se retrouvent dans des métiers qui ne les interessent pas, qui ne sont donc ni motivés ni performants et qui attendent la retraite avec impatience.

            Une perte pour la société. Un agent peu motivé, qui rapporte peu, qui fait des dépressions, qui coute à l’Etat.

            Ce n’est pas parce qu’on s’ennuie dans un collège très mauvais et qu’on se retrouve avec des notes catastrophiques que l’on ne va pas se réveiller au lycée ou dans dans des études supérieures autrement plus passionnantes qu’un collège tellement nul qu’on se demande si on hallucine pas !

            Quelle motivation, quelle vision de l’avenir pour le collègien !

            En 3ème on m’a balancé (sacrifié) dans un LEP (pour la simple raison que je trouvais mon collège insuportable et que mes parents étaient du genre : « tu ne vas pas faire des études jusqu’à 25 ans on a pas de feignants dans la famille ! ») dans une spécialité dont c’était la dernière année d’existence (donc zero débouchés) alors que quelques années plus tard je me suis révelé un bon pilote et que j’aurai pu passer mon bac, donc entrer dans l’armée de l’air mais c’était trop tard, limite d’âge dépassée.

            Résultat, je passe mon temps en petits emplois que je ne supporte pas et j’annonce clairement la couleur à chaque embauche : je prend ce boulot juste pour me payer mes heures de vol, votre entreprise j’en ai rien à f.... !

            C’est nul d’en arriver là !

            Tout ça parce qu’au collège une orientatrice, une jeune femme très jeune qui sortait de l’école avait décidé de ma vie selon les désidératas de parents qui ne voient pas plus loin que leur fiche de paie.

            La fille de mon amie a été orientée dans un lycée foure tout de vente commerciale alors qu’elle veut faire photographe et que quand elle est motivée et interessée elle a d’excellentes notes.

            Elle gâche des années et probablement son avenir !

            Ce n’est pas normal !


          • NPM 5 juillet 2007 14:13

            « Cela donne des vocations et des vies détruites. »

            Au contraire, ca vire les gens qui, de toute façon, échouerons.

            « Cela donne des gens qui se retrouvent dans des métiers qui ne les interessent pas, qui ne sont donc ni motivés ni performants et qui attendent la retraite avec impatience. »

            Et ? Vous croyez, par exempel, que les enseignants s’interesse à leur métier ??? Enfin ! Tout le monde attend la retraite avec impatience, c’est évident.

            « Une perte pour la société. Un agent peu motivé, qui rapporte peu, qui fait des dépressions, qui coute à l’Etat. »

            S’il rapporte peu, il est licencier. Voila ce qui motive.

            « Ce n’est pas parce qu’on s’ennuie dans un collège très mauvais et qu’on se retrouve avec des notes catastrophiques »

            Si le collége est trés mauvais, n’importe qu’elle demi crétin a des notes excellente. Votre histoire ne tient pas.

            « alors que quelques années plus tard je me suis révelé un bon pilote et que j’aurai pu passer mon bac, donc entrer dans l’armée de l’air mais c’était trop tard, limite d’âge dépassée. »

            Voila. Une bonne selection vous aurai épargné cette illusion, et en plus vous auriez un bon diplome, rare, un bon travail et qui paye.

            « out ça parce qu’au collège une orientatrice, une jeune femme très jeune qui sortait de l’école avait décidé de ma vie selon les désidératas de parents qui ne voient pas plus loin que leur fiche de paie. »

            Bon, vous en voulez à vos parents. Moi je dis, selection, donc concours, obligatoire, et là vos parents on s’en tape.

            "La fille de mon amie a été orientée dans un lycée foure tout de vente commerciale alors qu’elle veut faire photographe et que quand elle est motivée et interessée elle a d’excellentes notes.

            Elle gâche des années et probablement son avenir !"

            Oui, et moi je veux faire des cocotte en papier, c’est ma passion.. Enfin ! Qui a dis que se masturber était la base du travail ??????????????????, Il faut arreter de plaisanter. Vous vous imaginez que les éboueur, les bouchet, les notaires sont absolument ravi de faire ce qu’ils font ????? On travail pour rendre service à la collectivité, quelque soi sa place dans la hiérarchie, et pour gagner de l’argent, rien de plus.


          • tvargentine.com lerma 5 juillet 2007 13:22

            Ce qu’il y a de pire avec les chaines de TV du secteur publique c’est qu’à chaques changements de majorité,les journalistes retournent leur veste.

            L’exemple du magazine de France2 est un classique car si ce magazine existe depuis une dizaine d’année,voir plus,il vienne de découvir que :

            « que le système fonctionne très mal, que les erreurs sont nombreuses et flagrantes, que l’aide fournie est aléatoire et superficielle, que les conseillers ne connaissent pas le monde de l’entreprise et peu celui des filières d’études envisageables »

            Etonnant que cela ce type de reportage sorte maintenant et pas il y a 5 ans ou 7 ans ou 3 ans

            Imaginons un instant si Ségolène ROYAL avait été élue,nous aurions eu un reportage démontrant l’inverse.

            A fort de cirer les chaussures des politiciens,ces « journalistes de complaisances » en deviennent répugnants,car les salaires sont subventionnés par de l’argent publique,qui pourrait servir d’autres causes plus juste,que d’acheter des courtisans-journalistes

            A quand une privatisation de France2 ?


            • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 5 juillet 2007 13:44

              Mon article est passé sans paragraphes. Voici l’article avec le bon formatage.

              Orientation faux problème

              « Envoyé spécial » a mené l’enquête sur les conseillers d’orientation de l’Éducation nationale. Le reportage montre que le système fonctionne très mal, que les erreurs sont nombreuses et flagrantes, que l’aide fournie est aléatoire et superficielle, que les conseillers ne connaissent pas le monde de l’entreprise et peu celui des filières d’études envisageables.

              L’orientation est une étrange invention. Un conseiller n’est pas un marabout. Il est forcément impuissant face à un gamin qui ne sait pas ce qu’il veut, qui ne sait pas ce qu’il aime, qui n’a jamais trouvé dans le système scolaire une matière passionnante, qui ne connaît pas ses atouts, qui se sent dévalorisé en tous points, qui se sent trop jeune pour choisir, et qui, c’est la tendance heureuse et justifiée, ne veut pas devenir ouvrier jetable à vie. Chacun aujourd’hui a le droit de rêver un peu. L’entreprise c’est aussi celle que nous voulons créer, celle de notre vie. Le monde de l’entreprise c’est nous.

              Par ailleurs, dans une société qui incite inexorablement sa population à changer quatre ou cinq fois de métier dans une vie, exiger qu’un gamin se prononce sur le sien, définitivement, relève de la pression psychologique gratuite ou du décalage social entre la condition figée de ceux qui « éduquent » et celle, bien plus incertaine et mouvante, qui attend nos « éduqués ».

              Prenons le cas de ce jeune qui, depuis toujours, veut être pompier. Il a la passion et la certitude. Il sait de quoi il parle. Pourtant à 16 ans, il est « orienté » vers le bâtiment. Les études qui répondent à sa vocation ne lui sont pas présentées. Deux ans plus tard, il est trop tard. Le système n’a pas de marche arrière. Les clés du problème sont là. D’une part, on n’a jamais considéré le désir de ce gamin. D’autre part, quand l’erreur est commise, on ne répare surtout pas. L’erreur c’est les autres. Et on s’entête à punir un avenir parce la règle et le règlement passent avant l’épanouissement d’un petit gars.

              Il y a le cas moins rude mais bien plus difficile de cette bonne moitié qui ne sait pas du tout ce qu’elle veut. S’intéresser soudain en seconde à leur avenir personnel ressemble parfois à un coup de grâce.

              Il fallait poser la question bien avant. Et surtout, d’une toute autre manière. Pas dans les mots, pas dans les conseils, pas dans les exigences et les devoirs, pas dans la contrainte, mais dans les programmes ouverts et vivants, dans les faits, dans l’expérience, au cœur de la personne même, dans la quête des goûts, du plaisir, de l’aptitude de chacun. Et dans les actes, et dans l’action. En cours, en classe, en atelier, en cuisine, en théâtre, en foot, en mécanique, en langue, en culture, en BD, en création littéraire, en création historique, en dessin animé, en PAO, en chanson, en voyage, en... Avec l’objectif de faire de chaque enfant un individu porté positivement par la confiance dans ses qualités propres.

              S’orienter c’est savoir ce que l’on aime faire et qui nous convient. C’est une graine qu’il faut faire pousser, un long processus. Le résultat devrait être, non pas une filière de métier précise, mais un noyau général de qualités mobilisables consciemment par le jeune. Ce fil se construit année après année lorsque l’école échange avec le jeune, lorsqu’elle bâtit l’enseignement en considérant l’élève, sa personnalité et ses particularités comme les clés de la réussite de l’individu mais aussi de l’institution.

              L’orientation administrative, non vocationnelle, non éducative, donc irréelle et inopérante, plombe des études universitaires anormalement longues et inefficaces et engendre l’interminable mauvaise plaisanterie des troncs communs dont le diamètre ne cesse de croître. L’orientation produit ainsi tout le contraire de ce qu’elle prétend. L’inefficacité en amont s’éternise en aval.

              Un système scolaire qui formate les enfants, qui ne s’ouvre pas à la diversité des goûts et des activités, qui, de fait, crée cette inégalité flagrante entre ceux qui, orientés ailleurs, s’adaptent à un savoir imposé et les autres, génère cette moitié d’enfants qui ne savent plus, et une inégalité non dite inacceptable. Dans ce cadre statique, l’orientation est un leurre parce qu’elle n’est pas intériorisable, Elle ne s’inscrira pas plus dans le cheminement intime du jeune que le cours de flûte, que les perspectives industrielles en guise d’arts plastiques ou que les nouvelles modes grammaticales.

              On peut objecter que tout le monde doit apprendre les mêmes choses. Et répondre que tout le monde doit apprendre ce qui lui convient le mieux par rapport à son vécu et à son avenir personnel. On peut objecter que la société n’est pas un rêve. Et répondre que le monde change, que l’époque où l’on était fraiseur ou fonctionnaire à vie est révolue, que tout un chacun possède aujourd’hui des moyens de produire, de créer, de devenir un acteur de la société à sa façon, qu’il doit manier une multitude de savoirs avec souplesse et créativité, avec initiative et polyvalence, entreprendre. Qu’on admire un footballeur, un chef cuisinier, une créatrice de mode, un acteur, un mécanicien rusé. Et que dans une société des individus, il faut une école des individus et non l’école plombée des inspections, supervisée, étouffée et défensive.


              • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 5 juillet 2007 13:56

                Leveque : oui, c’est le sens de cet article.

                Aquad69 : non il n’y a là aucune lamentation. Changer le système éducatif ne veut pas dire générer 100% d’artistes mais ouvrir les fenêtres au réels besoins de la société telle qu’elle existe. La polyvalence, la souplesse, l’intiative. Ce n’est pas dans une optique humaniste globale que cet article est écrit. le but ce n’est pas Sumerhill mais une réponse concrète aux problèmes concrets de la société : lire, écrire, décider, changer de métier, gérer, avoir un projet, en changer, etc. La société va bouger comme jadis bougeaient les ouvriers.

                Ces changements vont s’effectuer obligatoirement, non par idéalisme mais par réalisme. La situation de nos sociétés n’est pas celle d’il y a 20 ans. L’initiative individuelle est une nécessité générale qui devra être mobilisée par la société.

                Dans certains pays aussi capitalistes que le notre et moins « ouverts », un étudiant en thèse est vraiment suivi par son professeur qui, au bout de deux ans passe le relais. Et ça génère de la recherche créative pas des perroquets. Il n’y a rien de révolutionnaire ni d’idéaliste à cela. A l’initiative de l’argent le contrepoids de l’intiative du projet réaliste de chacun.

                Quand certains pays valorisent le basketball comme forme de développement personnel, il n’y a rien de subservif non plus : c’est simplement comprendre que la société est multiple et vivante, que le savoir vient aussi d’en bas.

                La nature de ce changement social auquel tous nous participerons et qui se fera avec des apports de droite et de gauche, et surtout dans le mouvement social même, demaderait des explications qui ne sont pas dans le registre de cet article. Mais on en reparlera.

                Cordialement, Pierre


              • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 5 juillet 2007 14:09

                Oui, il y manipulation télé, mais ici le sujet télé n’est qu’un prétexte.

                Il y a surtout une moitié des jeunes laissés à la dérive parce qu’un appareil vielli impose et formate d’en haut « l’éducation » avec une philosophie du temps de la guerre froide.

                Les chercheurs n’avancent pas non plus en la matière : comment serait-il possible de le faire si la recherche est, elle aussi, financée par l’Education Nationale. En matière de pédagogie, la recherche devrait être indépendante. Ainsi, au Cnam ou d’en d’autres centres de recherche, on craint la critique de la situation.

                Un exemple simple, 20 ans qu’on débat à propos de la lecture globale ! On sait très bien qu’on apprend ET globalement ET syllabiquement. J’ai beaucoup enseigné et alphabétisé, je l’ai vu. Dans ce sens, un Français = un Peul.

                Au lieu d’apprendre l’Allemand avec des profs qui font des fautes tout le temps et qui vous enseignent (pour compenser) « la culture allemande », il faut enseigner la langue-outil d’un côté et la culture de l’autre. Cette demande d’efficacité anti-formatage est dans l’air.

                Les jeunes délaissés et pleins de potentiel ne sont pas destinés à etre les OS de Renault mais des travailleurs polyvalents, changeants, multimétiers. Personnellement, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas être technicien, puis cuisinier, puis graphiste, puis animateur sportif. C’est à ça qu’il faut préparer. On n’y échappera pas. Sarko lui, l’a compris.

                Cordialement, Pierre


              • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 5 juillet 2007 16:05

                Vous êtes dans le cas de ce pompier qui a été oreinté vers le bâtiment, non ? Une école plus ouverte au potentiel des jeunes aurait développé et mis en évidence vos capacités, les aurait valorisé.


              • Alienor Alienor 5 juillet 2007 17:21

                je suis d’accord avec une partie de votre commentaire mais je ne vois vraiment pas ce que « Sarko a compris ». Sarko souhaite uniquement créer un système où l’on forme pour un objectif de rentabilité immédiate. Avec lui, c’est une fois de plus des stratégies à court terme. C’est pas en supprimant le latin et le grec et en favorisant les matières dites « efficaces » que l’on préservera la culture. Il ne faut pas penser uniquement en terme de rentabilité. Si l’on suis ce principe, on peut virer toutes les matières à réflexion comme la philosophie ou l’histoire. Il faut dire qu’il n’est pas trop dans son intérêt à lui d’avoir des électeurs qui réfléchissent. Par contre il ne faut pas laisser des étudiants s’engager dans ces voies sans leur donner de travail après, c’est injuste pour eux. Je crois qu’il leur faudrait créer davantages postes de chercheurs dans tous les domaines, et éventuellement selectionner sur concours si les places sont insuffisantes. Ces chercheurs pourraient avoir pour autre fonction de rendre cette culture accessible à tous, en rédigeant par exemple des ecrits de vulgaristation. Ce ne serait donc pas de l’argent public « gaspillé », pour reprendre le terme fétiche des sarkofans, mais une recherche culturelle qui profiterait à tous. En outre sur le long terme, ce genre d’investissement pour la culture peut se révèler rentable (mais le long terme, Sarko s’en fiche, seules importent pour lui les échéances électorales).


              • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 5 juillet 2007 18:56

                Merci pour vos commentaires. Je partage beaucoup de vos avis.

                Ce que Sarko a compris c’est que le système est inefficace, l’école et l’université. Qu’il faut le dire. Ceux qui le tiennent aujourd’hui ont tendance a le fermer, à vouloir le conserver, pour préserver leur pouvoir vertical et surtout leur pédagogie verticale, contraire à la vitalité culturelle d’un peuple. A force d’apprendre ce que les autres savent mieux et veulent que nous sachions comme eux, aucun renouvellement ne peut se produire.

                A nous de combattre cette inefficacité dans notre intérêt au lieu de caresser le système dans le sens de son maintien. Ce qu’il a compris est que le fruit est mûr et qui si nous ne réformons pas dans notre sens, lui va le faire librement et facilement dans le sien.

                En alphabétisation c’est pareil. Lui veut qu’on enseigne le français en Afrique. Nous devrions mettre en place une vraie alphabétisation et non ses usines à gaz pseudo culturelles, où après deux ans de cours certains ne savent pas encore lire « Ali va au Mali. »

                Enseigner le français à un immigré cela doit être pratique, direct, pragmatique. La culture on verra après. La langue est un outil pour la personne. Cette culture d’outil doit aussi être mise au service des gens. Il y a des priorités. « Pouvoir mener sa vie » est la numéro un. Tel est mon message.

                Cordialement, Pierre


              • Alienor Alienor 5 juillet 2007 16:59

                Merci pour cet article qui soulève des questions que je me également suis posée. Je crois qu’il y a de vrai problèmes à tous les niveau en matière d’orientation :

                - déjà, il ya l’élève : on lui demande de choisir une voie pour sa sa vie entière... à 17 ans ! Que connait-on de la vie et du monde professionnel à 17 ans (à part peut-être des petits boulots au MC Do) ? Pour juger, choisir, il faut connaître. On demande à des jeunes, tout juste sortis de l’enfance de faire un choix qui les enchaînera leur vie entière. En outre, les gens changent avec les années, les goûts, les aspirations, les attentes évoluent. Pourquoi doit-on toute notre vie se retrouver prisonnier d’un choix que l’on a fait alors que l’on avait ni les outils, ni la maturité suffisante ?

                - les conseiller d’orientation : de quelles compétences disposent-ils réellement ? La plupart ont suivi des étude de psycho, n’ont pas trouvé de boulot (car mal orientés) et se sont résignés à passé un concours... Je n’ai rien contre les conseillers d’orientation mais enfin, il faudra qu’on m’explique en quoi ce genre de parcours permet de connaître, au moins superficiellement, les voies et les métiers que l’on va conseiller aux jeunes. Beaucoup n’ont même jamais bossé dans le privé, et n’ont jamais mis les pieds en entreprise. Quelle est leur légitimité ? Au lycée, quand on ose les déranger pour leur poser une question, la seule réponse qu’on obtient c’est « Allez consulter les brochures, tout est dans les brochures ! » (sous-entendu « fichez-moi la paix »). Parfois, certains sont plus aimables et vous convient à un rendez-vous : « Vous voulez faire de l’art ? Ha... Il y a une école d’art, renseignez-vous là-bas, moi je ne connais pas, mais vous savez, l’art, c’est très aléatoire, c’est pas vraiment un métier... Sinon, la psycho c’est bien, ça je connais, ça vous dit ? »

                - enfin, les recruteurs : ce serait bien que ces messieurs dames aient l’esprit un peu plus ouverts et se donnent les moyens de former des gens qui, à l’origine, n’ont pas forcément suivi LE cursus spécifiquement recherché. S’ils étaient moins tatillons sur les diplômes et les expériences, qui, s’ils ne correspondent pas pile-poil à leur cahier des charges sont d’offfice éliminés, il pourrait y avoir une plus grande fluidité, plus d’espoir pour ceux qui se trompés et qui pourraient peut-être apporter des idées nouvelles et non-formattées par les écoles spécialisées. C’est un vrai gâchi de voir des personnes capables, intelligentes, cultivées, ayant suivi de longs cursus universitaires mais sans débouchés, obligés de se retrouver à la caisse d’une grande chaîne de magasin. Tout ça parcequ’on le ne veut pas leur donner leur chance ailleurs, parcequ’ils ont des formations « trop généralistes ». Heureusement qu’ils peuvent encore passer des concours de la fonction publique, seule bouée de sauvetage restante, mais qui sera malheureusement bientôt amenée à disparaître par les bons soins de la politique anti-fonctionnaires actuelle.

                Pour revenir à l’ecole, il faudrait de vrais cours d’orientation, où l’on pourrait inviter des professionnels du privé comme du public à présenter leur metiers, les faire connaître (il y a des boulots très interessants complètement inconnus du grand public), en expliquer les difficultés, les avantages, les débouchés sur le marché de l’emploi. Au moins les élèves auraient une petite idée de ce qui les attends au lieu de nager dans le brouillard, de se baser sur des idéalisations ou des idées préconçues. Il pourraient intervenir, poser des questions, et ainsi choisir un peu plus en connaissance de cause. Et pas se jeter à l’aveuglette dans la fosse aux lions en priant d’avoir fait le bon choix, comme c’est la cas maintenant.


                • adam0509 adam0509 5 juillet 2007 19:32

                  Ce reportage était très bien.

                  Oui il y a des lacunes d’orientation, et c’est vraiment honteux quand l’on voit le nombres de filières possible aujourd’hui :

                  BAC L S ES STT(STG) STI SMS BACPRO CAP

                  Tout cela avec une multitude d’options...

                  Si avec tout ça, on n’arrive pas a orienter un gamin (en voyant qu’il déteste le français, mais adore les maths et la techno...), alors c’est de l’incompétence.

                  Selon moi, j’ai été mal orienté. Cela aurait pu étre pire (j’ai fais STI alors que j’avais les capacités de faire un bac S. SI dans un lycée près de chez moi...).


                  • NicoOo 5 juillet 2007 19:38

                    Bonjour à tous, Je suis particulièrement d’accord avec Pierre, l’éducation nationale et en particulier les orientations sont vraiment très mal adaptées, et j’en suis la preuve vivante : En fin de 3è mon(très)cher conseillé d’orientation m’orientait « CAP vivement conseillé » ... quelques années plus tard, grâce à ma motivation et à MON travail, Je suis en MBA dans une grande école de commerce et ai trouvé mon 1er emploi en envoyant une dizaine de CVs... Je n’en dirait pas plus, je crois que tout est dit !

                    A bon entendeur,


                    • La Taverne des Poètes 5 juillet 2007 22:30

                      Moi, j’ai regardé « Envoyées très spéciales », une émission où des danseuses du ventre ont pour objectif d’orientaliser les élèves. Etes-vous enseignant en l’« art d’être grand-père » comme disait Hugo ? Franchement je vous voyais plus jeune sur la photo.

                      Je n’ai pas d’avis tranché sur les orientateurs désorientés. smiley


                      • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 6 juillet 2007 08:03

                        Votre commentaire est étroit

                        il ferait même un peu commère

                        je compte à peine 53

                        c’est pas Rimbaud c’est pas Homère

                        Le temps ne fait rien à l’affaire

                        mais pourrait remonter la barre

                        Un nouveau baptême est offert

                        profitez-en, poète de bar


                      • -=[SPY]=- -=[SPY]=- 6 juillet 2007 10:06

                        L’avis d’un élève vous intéresse ?

                        Il y a un vrai problème d’orientation avec les enfants... Savez vous que en 3 ans de lycée et 4 ans de collège je n’ai vue la conseillère q’une fois ? Q’une heur ? Quand elle était venue nous distribuer des papiers en 1ère ? En 1ère ? Haha la bonne blague, là où tous les choix sont déjà faits !!!

                        le conseillé d’orientation devrait venir voir les élève des la 6ième a mon avis... pour d’une part les motiver a travailler pour leur future, et d’autre les orienter a temps afin qu’en fin de 3ième leurs choix soit déjà effectué. Etre conseillé d’orientation, est un travail a part entière.

                        Il ne faut pas y envoyer des gens non motivé qui a la vue de petit enfant qui vont réussir leurs vie deviennent jaloux d’eux et les désoriente exprès juste par ce qu’il na pas réussis sa vie !

                        Mais ne dénigrons pas touts les conseillers, il faut savoir que sil ils sont la eux aussi c’est qu’ils (elles) ont été mal orienté aussi.

                        Mais c’est trop facile de leur attribuer toutes les fautes, et d’en faire des boucs émissaires. NON, tout le monde et responsable pour cela et premier et priorité les parents !!!!

                        C’est a eux, et a eux seul d’orienter leurs enfants, de les aider a choisir leurs futures, et non pas de les laisser seul au milieu de cette jungle de choix. Envoyer un jeune garçon ou une jeune fille faire L a mon avis est une très grave erreur, lorsque l’on connaît les débouchés existants.

                        Au moins il faut leur dire ce qui les attends en faisant ce genre de choix. Ils s’apprêtent à soit devenir enseignant, soit aller dans le droits. Si ont les envoyer faire une filière L il faut aussi leurs montrer d’autre voix.

                        Tient une question me chagrine : je n’ai jamais vu un conseiller un jeune de se lancer dans le libérale !!!!! Quelle Erreur !!!!!

                        Moi je viens de décrocher mon bac S.T.I Génie Mécanique avec les félicitations du jury. Je n’en ressens aucune fierté démesurée vu la facilité déconcertante de l’examen. Touts les cancres de la classe l’ont décroché...

                        Des gens qui savent tout juste faire une règle de trois vont aller en I.U.T !!!! En I.U.T ! HAHA la bonne blague, ils vont se ramasser la première année, et ne vont pas savoir où aller ni quoi faire ensuite. En voila une belle erreur. J’en suis sure et certains que le niveau du bac et rabaissé d’année en année juste pour gonfler les statistiques... quelle honte. Aller voir au Sénégal au Bénin, le bac est un vrai concoure la bas.

                        Enfin bref le tiers de ma classe et désorienté, la moitié de ce tiers va aller dans l’armé, (a croire qu’on recrute que des cancres la bas), l’autre vont faire un B.T.S par défaut, B.T.S Productique.

                        Et encore ma classe je trouve n’est absolument pas à plaindre. Car grâce a la filière que nous avons choisit les portes de l’avenir sont toute ouvert. Les entreprises s’arrachent les techniciens en productique, et leur salaire pour un début est bien élevé, dans les 2000€. Le manque de main d’oeuvre dans ce domaine fait que il y a 95% d’embauche à la sortie.

                        Mais ce qui sortent de ES...c’est toute autre chose. Dans l’économie presque touts les secteurs sont bouché. Dans le droit... font en vouloir pour y aller... En ce moment ce qui est à la mode c’est le commercial... Et encore une fois Personne n’envisage de ce lancer dans le freelance...

                        Quand je parle avec mes amis et que je leurs que j’ai envie de crée ma propres entreprise, ils me rient tous au nez...je ne leur en veut pas. Mais c’est quand même terrible de constater que déjà a leurs ages, à peine ayant décroché le bac ils ne pensent qu’a leur retraite. Ils sont déjà mal orienté en 1ère je vous le dis et répète. Il faut commencer l’orientation des la 6ième. C’est une nécessité !!!! Parents réveillez vous l’avenir de vos enfants sont en priorité dans vos mains ! Enfant réveillez vous, et nous vous découragez pas si vous sentez que vous n’êtes pas dans la bonne filière, changez de voix , si vous avez déjà un bac, et que vous ne l’aimait pas recommencez ! On vit longtemps de nos jours, ce n’est pas 2 ans d’étude additionnels qui vont vous handicaper.


                        • Pierre Arrighi Pierre Arrighi 6 juillet 2007 17:36

                          Une précision tout de même : cet article n’est pas contre les chargés d’orientation mais contre la fonction.

                          L’orientation doit se faire peu à peu par un changement de la manière d’enseigner et des contenus de l’école puis du collège et du lycée, afin de les adapter aux besoins réels et nouveaux de la société qui sont la polyvalence, l’initiative, le changement de métier, le passage du manuel à l’intellectuel et l’inverse.


                          • NPM 6 juillet 2007 17:40

                            Faudrait aussi apprendre le travail de groupe, et aussi que leur opinion, on s’en branle (si, si, je vous jure, les Patrons s’en branlent complétement).


                          • hey ! dson 7 juillet 2007 13:41

                            Maitre de Conf à l’université, je suis amené à communiquer avec les élèves de 1eres et terminales à travers la présentation des formations aux forums étudiants. Ces journées nous amènent à discuter et expliquer à ces futurs étudiants les différentes orientations possibles après le bac. En fait, nous constatons qu’ils ne savent quasiment rien de ce qui peut se faire après le bac. De plus, lors de ces forums j’ai fait (je devrais dire nous) les constatations suivantes :

                            - A chaque fois (j’insiste car c’est réellement systématique), les conseillers d’orientations passent dans les allées, prennent les plaquettes des formations proposées, parfois envoient leur secrétaire à leur place (si si), ne prennent aucunement le temps de discuter avec les formateurs, des profils des étudiants, de leurs accueil, des débouchés, des taux de réussite, d’insertion, de l’adéquation d’une formation avec le marché de l’emploi local, régional ou national etc etc... Ils ne cherchent même pas à orienter les élèves qui les accompagnent, qui sont lachés, tout intimidé pour beaucoup, dans les allées du forum. Nous de notre côté, nous sommes stupéfaits de constater que nous devons tout expliquer des formations post bacs, des notres évidemment, mais aussi de toutes les autres, universitaires ou non... Nous sommes, participants à ces forums, consternés de cette situation.

                            - Deuxième point, qui montre à quel point le système marche sur la tête. Dans bon nombre de lycées, les profs n’orientent pas les élèves en fonction de leurs désirs probables, ou de leurs affinités particulières. En effet, il orientent les élèves, tout naturellement vers leurs propres formations, pour les garder, « faire du chiffre », dans la crainte que les formations dispensées au lycée post bac, ne soient pas remplies et risquent donc la fermeture. Un exemple : depuis quelques années, des classes préparatoires de certains lycées, incitent très fortement leurs élèves à les intégrer même si l’élève a 7 en maths et 7 en physiques smiley !! Ils leurs font miroiter les diplômes d’ingénieurs, mais ils savent pertinemment que si les élèves y vont (et souvent il y vont quand ils ont le bac), ils vont échoués, perdre confiance, perdre leur temps (1 à 2 années) et avoir toutes les difficultés à se réorienter.

                            - Dans certains lycées on va même jusqu’à mentir aux élèves sur les formations post bac, pour les garder ou les orienter suivant les désidératas et les idées préconçues des profs. Nous n’avons même pas le droit nous ,formations universitaires ou écoles d’ingés, d’y rentrer pour présenter le système !!! Comment voulez vous qu’ils s’en sortent les élèves. Un exemple, j’ai une thésarde qui a appris en ayant son poste de monitrice (enseignante bac +5), que la formation à laquelle elle aspirait au lycée existait à l’IUT et que sa conseillère d’orientation, ses profs ne le lui ont jamais appris (ce n’est qu’un exemple, j’en ai plein d’autres).

                            Bref, parents et élèves, je vous conseille de faire attention aux discours des profs et conseillers d’éducations de certains lycées, venez aux forums étudiants, allez à la rencontre des formateurs quel que soient les niveaux, et parlez en avec eux, ils vous répondront. Ne vous laissez pas faire systématiquement par les orientations toutes faites par les conseils de classes, car bien souvent ceux-ci et j’en suis désolé, ne sont pas impartiaux smiley et partent de principes préformatés.

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