• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Où va le Cameroun ?

Où va le Cameroun ?

  

Comment se taire lorsqu’on voit le danger sans cesse croissant que fait courir le régime actuel au Cameroun ? Sécession et partition du pays, par une horde de vendeurs d’illusions, insubordination dans l’armée, défiance des administrés à l’endroit de leurs hiérarchies ; Querelles byzantines des artistes ; Atteintes sans normes aux libertés…

 Le peuple désemparé est prisonnier d'un psychodrame, tous les aspects de la vie sont remisés. Chacun pense que la République c’est l’affaire des autres. Les intellectuels, les hommes politiques, les artistes, s’attachent plus à leurs destins individuels, sans dépassement de soi.

Le Cameroun des années passées, plus précisément celui des années 70 et 80 était un pays prospère. Il avait un superbe réseau de chemins de fer (Trans camerounais), de bonnes routes. Ses villes étaient policées et propres. On y cultivait de tout. Les produits du sol faisaient son bonheur : café, cacao, bananes, palmier à huile.

Bases de l’alimentation, les légumes et tubercules poussaient en abondance et nourrissaient même les pays limitrophes. On y trouvait beaucoup de minerais : or, pétrole, bauxite, etc.

Les barrages d’Edéa et Songloulou avaient permis la création de plusieurs industries sidérurgiques et ont apporté l’électricité au dans l’ensemble du territoire. Un vrai paradis !

 Le début de l’asphyxie

 

Le Cameroun est couché en ce moment. Couché surtout, sur son moral et sur sa morale. Le nom d’un seul homme est attaché à ce désastre. Ou plutôt cette tragédie. Celui de Paul Biya. Contrairement à la réputation qu’il avait à ses débuts, le président camerounais n’a jamais été qu’un homme sans envergure. Il a apporté la tragédie à son pays. Désormais, il est fort décrié. Pourquoi le silence de bon nombre d’intellectuels pendant tant d’années ?

 Depuis quelque temps déjà, l’ordre institutionnel au Cameroun n’est plus tout à fait lui-même. Les avis diffèrent sur le moment où il a commencé à perdre la boussole ; les historiens le fixeraient sans doute à 1984 (après le coup d’état manqué), les politiciens à 1991 (le multipartisme). Les Camerounais, adeptes du temps long, blâmeraient peut-être l’accession du président Biya au pouvoir en 1982, où selon eux l’autorité de l’Etat a disparu.

 Il y a dans ce pays une morale bestiale dans laquelle un égotisme libertaire, domine les libertés fondamentales au nez et à la barbe d’un Etat démissionnaire. La grande gangrène qui décime au jour le jour la concorde nationale, garante de la paix, est : la médiocrité des comportements, la superficialité des lubies passagères, la jalousie et l’inaptitude à l’innovation.

Les penseurs du parti au pouvoir ont anesthésié la population, en lui faisant avaler cette bouillie intellectuelle, selon laquelle une promotion ne sourit qu’aux incapables, à ceux qui vendront leur âme à la servilité ; qu’à ceux qui offriront leur sexe en rançon. Ils ont concocté des principes d’une fausse liberté, à partir d’un fonds basé sur l’espionnage et la caricature. Ces poncifs lénifiants qu’ils n’avaient cessé de radoter, jusqu’à ce que leur erreur leur éclate à la figure. Ces gouvernants, tels une harde affolée, ils refluent vers leur nouvelle religion : Le nationalisme…

Si Biya avait eu le bon sens d’écouter son peuple, il aurait pu transformer le pays. Mais il a ignoré à quel point on lui a fait confiance. Il avait trop peur de sortir de la prison où il s’était lui-même enfermé -Armée et tribu- . Il ne côtoie que des copains et des coquins, gouverne selon des règles des visiteurs du soir tirés selon des critères qui lui sont propres. D’aucuns accusent Chantal, l’épouse de Biya, d’être responsable d’un apparent changement de personnalité. Cette « Mère de la nation » est une femme de réseaux, qui serait la plus riche du Cameroun, avec d’innombrables prête-noms.

  Ca va finir dans la rue

L’insurrection anglophone, l’incivisme grandissant des acteurs publics, la destruction des symboles de l’Etat, sont le prélude de la fin de la nation camerounaise et annonciatrice des futures nuits de Cristal

L’Etat de droit n’a pas à accepter les excès violents, de certains artistes qui utilisent l’espace public pour déverser des insanités, portant atteinte à la pudeur. On ne peut plus tolérer l’intolérable en accordant une tribune aux journalistes qui jettent en pâture la vie privée de leurs concitoyens sur la place publique. On ne peut plus accepter qu’au nom de la nation entière, certains caciques s’arrogent le droit d’insulter des compatriotes sur les réseaux sociaux. On ne peut plus tolérer que des journalistes passibles de corruption et de recel de corruption viennent étaler leurs forfaits publiquement, sans que cela n’égratigne le ministère public…..

 Et ce n’est pas en bordant les citoyens irrespectueux de ses lois que le régime actuel, va acheter la paix sociale. Bien au contraire, il ne fait que renforcer ces brebis galeuses dans toute leur-puissance, en leur octroyant une immunité juridique. L’Etat Au lieu de se monter ferme, intransigeant et vigilant, louvoie devant ces renégats. Par peur de ne pas se mettre un certain électorat à dos, le régime actuel accentue l’idéologie du laisser-faire, dont le dessein est détruire les fondements de de la société camerounaise.

Aimé Mathurin Moussy

 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (2 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • Gatling Gatling 17 novembre 2017 12:39

    Et le problème de l’islam djihadiste qui pointe son nez ... heureusement on va vous envoyer notre Dieudonnée nationale qui va tout bien remettre dans l’ordre... smiley 

    On vous souhaite bon courage les camerounais !!!


    • OMAR 17 novembre 2017 18:31

      Omar9

      @Gatling
      .
      Le Cameroun, pays laïc, est composé de 50% de chrétiens, de 20% de musulmans, et le reste partagé entre animistes et autres croyances...
      Du temps du président musulman Ahmadou Ahidjo (1960-1982) , il n’y a jamais eu de problèmes religieux.
      Mais depuis l’avènement de Paul Biya, une effervescence religieuse y est perceptible.
      Pour les chrétiens, ce sont les pentecôtistes qui font preuve d’un intense activisme prosélyte et développent un discours religieux protestataire qui est devenu explosif.
      Pour les musulmans, c’est l’ouverture de l’islam camerounais aux influences wahhabites qui a permis à cette hydre de Boko Haram de s’installer et perpétrer ses massacres au Cameroun.
      Enfin, la superstition garde une place prépondérante dans ce pays et lui altère quelque peu l’image religieuse.
      Alors, @garling, ne parlez d’un pays qu’en connaissance de cause.
      Autrement ; vous passerez pour un bouffon...


    • Gatling Gatling 17 novembre 2017 18:57

      @OMAR
      Omar pour garder mon sens de l’humour sachez que je suce un clown tout les matins smiley


    • Yvance77 Yvance77 18 novembre 2017 09:58

      Salut

      Ah le Cameroun ... merveilleux pays... saga Africa au sens noble ... et contrairement à ce que certains véhiculent, les gens travaillent dur malheureusement pour une poignée de figue.

      J’espère de tout cœur que cette contrée pourra s’en sortir, de ce joug infect qu’incarne et impose Paul Biya.

      Que l’Afrique puisse prendre exemple sur les prochaines élections qui vont avoir lieu au Libéria, où ce sera la première fois où c’est une élection - espérons-le normale - qui fera que l’on changera de président (et non pas un coup d’état).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès