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Accueil du site > Tribune Libre > Oui des « assises »

Oui des « assises »

Dans cette période des 3ème assises nationales de l’Education à l’environnement et au développement durable (EEDD) pas loin de 10 000 personnes en France, se mobilisent dans le même but depuis mai 2012. Elles seront un millier à soutenir l’effort jusqu’aux 5, 6 et 7 mars à Lyon. Le but il est simplissime : faire en sorte que notre société soit plus avertie sur tout ce qui concerne l’écologie.

 En un mot il s’agit d’apporter une contribution pour que le corps social soit plus apte à vivre la transition écologique qui a déjà démarré et qui va exiger de sérieuses adaptations. Pour cela, il est nécessaire de s’organiser, il est nécessaire d’emmener la société dans une profonde transformation culturelle. Vu l’ampleur des problèmes, assez parlé, il faut maintenant agir en vrai grandeur avec ceux qui font et pas ceux qui se contentent de dire.

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"

L'utilisation du mot "assises" est parfois mal compris ou contesté. Même certains raillent et disent : "assises ? On ferait mieux de se mettre debout !" De son coté Albert Camus disait que "mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde" or s’il y a une chose que nous pouvons exiger de nous-mêmes, nous qui nous vivons comme des transformeurs de société, c’est bien la précision. Essayons donc d'éviter d'ajouter au malheur du monde, en précisant les choses.

Du qui est là pour durer

Le dictionnaire historique de la langue française dit à « asseoir » que « être assis » signifie au figuré « être établi, fixé, décidé », il y a du solide là-dedans, ce n’est pas pour déplaire. Dans le même dictionnaire à « assises » on trouve « base, fondation » puis « assemblée de seigneurs », puis on voit que les mots « séance et session » ne viendraient pas d’ailleurs… Puis dans un autre dictionnaire : « réunion de juges »…« assises d’une construction ». Bon clairement, assises c’est du solide, c’est du qui est là pour pas bouger, du qui est là pour durer.

Nous sommes bien en pleine « politique »

Si l’on se replace dans l’histoire de l’éducation à l’environnement, on se souvient qu’"assises" c'est le mot employé depuis les premières assises, parce qu'il s'agit de distinguer ce que nous faisons dans ce processus, avec ce qu’on appelle « rencontres », « colloques », « congrès » ou « symposium »... et on ne sait quoi encore. Nous avons choisi le mot "assises" en 98 ou 99 parce que pour nous, acteur du réseau de l’éducation à l’environnement, c'est celui qui correspond le mieux à cette idée que nous avons de réunir, dans un territoire donné, les citoyens concernés par l'EEDD pour qu'ils formulent ensemble définitions, modes d'action, revendications ou propositions, et le signifient ensuite aux pouvoirs publics qui sont en responsabilité politique dans ce territoire. Nous sommes bien en pleine construction « politique ».

Des contrats clairs

Nous gardons cette liberté d'interpellation, même si les assises s'organisent avec l'aide des pouvoirs publics et sous le patronage du président de la République et de plusieurs ministres. Il en est de même pour les collectivités et les entreprises qui elles aussi nous aident sur le sens de l'action et son financement, nous passons des contrats clairs. Les mots d’une responsable d’un très grand groupe qui nous donne quelques milliers d’euros reviennent : « je m’en fiche de la visibilité, ce que je veux c’est que les assises changent quelque chose chez nous et dans les territoires ». Il y a de la sincérité partout. Avec l’Etat, les collectivités, les entreprises, la société civile est entourée, elle n’est pas tenue, c’est elle qui a prit l’initiative des assises et c’est elle qui les conduit. Elle en assume la responsabilité, dans le dialogue.

Nous exerçons ainsi aussi notre part de souveraineté

Lors des assises, nous nous mettons dans notre diversité d'acteurs, d'accord sur quelques points qui nous semblent importants collectivement et nous le signifions à ceux qui nous gouvernent pour qu'ils améliorent la situation parce qu'eux, ils en ont le pouvoir, c'est leur rôle de donner un avenir meilleur aux territoires du plus local jusqu'à la planète. En fait nous exerçons ainsi aussi notre part de souveraineté, nous exprimons notre responsabilité collective en posant de façon explicite ce qui fait sens pour tous ceux qui mettent en œuvre l'EEDD dans les différents territoires et dans notre pays la France, et bientôt en Europe.

Y poser notre pied d'appel individuel ou collectif

Un acteur régional de l’EEDD a relevé que : "assises" c'est aussi "la rangée de pierres" ou le "soubassement" d'un mur, cela nous va bien aussi comme définition. C'est bien ça qu'on fait en 3 jours tous les 4 ans. On se met d'accord sur l'essentiel, on co-construit du solide tous ensemble pour après pouvoir y poser notre pied d'appel individuel ou collectif afin de développer des projets éducatifs qui eux, sont mouvement. Le « mur » c’est la partie visible, mur de Berlin, grande muraille de Chine, mur en Palestine, mur à la frontière du Mexique… le mur c’est la politique ou la partie visible de la politique. Si on veut qu’elle soit solide, il faut des assises sérieuses. Pas très heureux cet exemple du « mur », il faudrait en trouver un autre, mais il est explicite et puis on sait qu’un jour les murs tombent… quand leurs assises ne sont plus assurées.

Faire en sorte que les territoires deviennent accueillants pour les projets

Pour l'EEDD y a toujours bien deux aspects à développer en même temps, d'une part améliorer notre geste éducatif et d'autre part faire en sorte que les territoires deviennent accueillants pour les projets, plus que ça qu'ils deviennent propices à l'action et plus encore qu'ils suscitent l'action, la lance, mise dessus..., c'est là le propos des assises. Les "rencontres professionnelles" sont utiles, les « colloques » aussi. Les acteurs de l’EEDD en vivent régulièrement mais ces rencontres répondent au besoin de préciser le geste et pas à celui de préparer les territoires. La tendance y est d'abord pédagogique et non politique. Même si les choses ne sont pas autant séparées, c'est plus efficace de les distinguer. L’intelligence se déploie dans la clarté.

Nous mettre debout

La discussion est évidement pleinement ouverte et nous ne devons pas "vivre sur une habitude" qui nous ferait garder le mot "assises" alors qu’un autre serait plus propice, mais nous restons pour l'instant sur cette idée que ce sont bien des "assises" que nous faisons. Nous faisons le pari qu’elles nous aiderons à mettre en place des milliers d’actions éducatives en vue de la transition écologique et des milliers d’acteurs pour les porter, sur quelque chose de solide. Ce sont ces actions qui changent le monde.

(A suivre)

Roland


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1 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 janvier 2013 20:35

    Bonjour RG,

    « ...qui nous ferait garder le mot »assises" alors qu’un autre serait plus propice, mais nous restons pour l’instant sur cette idée que ce sont bien des « assises »... Le monde s’écroule et vous en êtes encore à discuter sur la base, la solide pierre angulaire sur laquelle vont reposer toutes les discussions...L’assise, c’est quand même dessus qu’on pose son cul ! Merde ! Vous trouvez pas que c’est un peu primaire comme combat des mots ? Debout !

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