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Parcoursup aime les gâteaux

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Une lycéenne de Toulouse, au lieu de faire parvenir sa lettre de motivation à Parcoursup, a expédié une recette de brownies et… a été reçue !

Morgane, la facétieuse, 17 ans, scolarisée à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Pour sa candidature en licence de psychologie à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, a copié-collé une recette de brownies dans la rubrique « lettre de motivation ». Elle a pourtant été admise en psychologie. Elle a enfoncé le clou, et a également été acceptée en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) en déclarant, pour plaisanter, être handballeuse professionnelle.

En fait, elle n’a fait que réitérer ce qu’avait concocté une autre lycéenne en 2022, à savoir : envoyer comme lettre de motivation à Parcoursup une recette de gâteau et être admise pour des études de licence en droit et santé. ladepeche.fr

Ces deux lycéennes auraient-elles pris en défaut l’algorithme de la plateforme post-baccalauréat ?

Morgane, début juin, a posté une vidéo du gag de sélection qui, en un instant, a totalisé 140 000 vues.

Après son post devenu viral, le rectorat de Toulouse lui a demandé de supprimer la vidéo.

Elle a ensuite été convoquée par son proviseur et réprimandée. Elle affirme qu'on lui aurait dit qu'il valait mieux « ne pas faire parler de cette histoire ». aufeminin.com Cette réaction du rectorat étant motivée par un refus que cette histoire devienne publique au nom de la « décrédibilisation de Parcoursup ». L’institution a voulu rappeler que les dossiers étaient examinés par des commissions, et non simplement par un algorithme.

Donc, si nous comprenons bien : selon le rectorat, les dossiers sont examinés par des commissions et l’algorithme de Parcoursup ne décide pas seul de l’admission. Alors, la question se pose suite à cette mini-tempête : si une lettre de motivation peut être remplacée par une recette de cuisine sans empêcher l'admission, quelle valeur réelle cette lettre a-t-elle dans le mode de sélection ?

Pas une seule seconde, l’administration n’a donné un quelconque signe de mea-culpa, ou présenté des excuses. Le rectorat de la ville rouge, droit dans ses bottes de 7 lieux ; selon Morgane, le rectorat a même fait pression sur elle pour que rien ne transpire… et demander cela au temps des réseaux sociaux. Quelle déconnexion !

Cette plateforme et le dialogue de sourds

Aujourd’hui : Il y a actuellement une mobilisation lycéenne nationale et la suppression de Parcoursup fait partie des revendications. Le mouvement a pris de l’ampleur depuis fin septembre 2026 et concerne désormais de nombreux lycées.

Le 7 octobre, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a d'ailleurs répondu directement à cette revendication en qualifiant la demande de suppression de Parcoursup d'« immense démagogie », tout en se disant ouvert à faire évoluer la plateforme. Reuters

« Immense démagogie » : rhétoriquement parlant, la formule permet de déplacer le débat.

La question initiale est : Faut-il supprimer Parcoursup ? La réponse devient : Demander sa suppression est démagogique. Autrement dit, au lieu de discuter directement des raisons avancées par les lycéens pour demander cette suppression, le ministre disqualifie leur revendication.

Cela ne répond pas aux arguments de fond : fonctionnement de la plateforme, critères de sélection, stress des candidats, transparence, hiérarchisation des vœux, etc.

Alors, qualifier cette revendication fondamentale, car elle conditionne le futur de ces jeunes, en la nommant d’« immense démagogie » ne répond aucunement aux arguments avancés par les lycéens. Le gouvernement, seulement par une pirouette sémantique, disqualifie et envoie aux calendes grecques une évolution de la plateforme… qui trébuche.

Regardons des faits documentés

Si un élève excellent peut être refusé partout, tandis qu'une candidate peut être admise avec une recette de brownies à la place de sa lettre de motivation, le système devient difficile à comprendre pour les futurs étudiants et les parents. Cela ne prouve pas automatiquement que les classements sont faux ou que Parcoursup « bugue ». Mais pose la question de lisibilité et de transparence de la sélection.

Un exemple frappant : en 2026, Nikita, 17 ans, 17/20 de moyenne générale en terminale, au lycée André-Malraux de Biarritz, a reçu 28 refus d’offices le 2 juin. Il avait des spécialités maths et physique-chimie et pouvait parler quatre langues. Apparemment, presque 30 fois, sa lettre de motivation n’a pas proposé la bonne recette aux gourmets du jury ?

Des cas comme celui cité ont été, à ce qu’on dit, légion ces dernières années. Ayant pour conséquence que des élèves ayant durement travaillé, car avoir des 17 ou 18 de moyenne ne tombe pas du ciel. Ces jeunes, en étant un peu mélodramatique, se voient volés d’un avenir auquel, à juste titre, ils aspiraient ; se retrouvent dans des filières non souhaitées ou, pire, coincés à la maison.

Depuis la création de Parcoursup en 2018, des dizaines de milliers de candidats se retrouvent chaque année sans proposition d'admission à un moment donné de la procédure. En 2022, 125 424 candidats n'avaient reçu aucune proposition ; en 2026, ils étaient encore 163 372, toutes catégories de candidats confondues, à n'avoir obtenu aucun de leurs vœux à l'issue de la phase principale. 163 000, comme la ville du Havre qui se retrouverait gros jean comme devant…

Ensuite, se poser la question : parmi ces candidats, combien avaient pourtant des dossiers proches des 20 sur 20 ?

Enfin, combien comme Morgane sont passées à travers les mailles ?

Supprimons Parcoursup ?

Ce qu’il en ressort, c’est qu’un excellent dossier ne garantit pas une place. Des milliers de candidats restent sans proposition. Alors, pour les lycéens, le sentiment qui domine peut être celui d'une sélection où le travail scolaire ne suffit plus : une impression de « pas de bol ».

Alors, osons parler de la suppression de Parcoursup. Le remplacer par quoi ?

Il y a un problème fondamental : trop de candidats que de places dans certaines formations.

Regardons au-delà des frontières, vers la Norvège : d’abord une admission centralisée ; des critères scolaires clairs et connus à l’avance ; un barème de points ; des admissions de tous les candidats lorsque les places sont suffisantes ; une sélection uniquement lorsque les demandes dépassent les capacités. Pour rappel, ce pays dans le classement PISA est dans le top mondial.

Mais pour la France, sans aller du côté des fjords, on pourrait proposer : des critères d'admission publics précis. La priorité aux résultats scolaires pertinents. Arrêter ces contrôles continus qui faussent la valeur des élèves. Lorsque les demandes dépassent les places, un classement transparent. Pour les candidats réellement équivalents, envisager un tirage au sort. Toutes ces transformations seraient possibles avec une vraie volonté politique derrière afin que la France retrouve une population instruite et éclairée… ce qui ne fait pas l’affaire de certains.

 

La fabrique du crétin[i]

Posons-nous la question qui dérange. Quel intérêt auraient ceux au pouvoir de former une masse instruite et pensante ?

Il suffit de remonter d’un demi-siècle pour comparer :

· 1985 → 2022 : le nombre de licences délivrées a augmenté de 319 %. Insee

· Le nombre de diplômes universitaires bac+5 a augmenté de 455 % sur la même période. Insee

· En 2025-2026, il y a 3,05 millions d'étudiants dans le supérieur. enseignementsup-recherche.gouv.fr

· Aujourd'hui, seulement 4 étudiants sur 10 entrés en L1 obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans. enseignementsup-recherche.gouv.fr

· Pour la cohorte 2019, seulement 48,5 % avaient obtenu leur licence au bout de cinq ans.

Ainsi, donc, sur ces seuls critères chiffrés, on peut se rendre compte d’une inflation des diplômes qui ne reflète pas la valeur intrinsèque des diplômés, mais plutôt une frénésie de se dire qu’en France, il y aurait une grand distribution… au rabais ?

Si en plus, à la sortie du lycée, afin d’entrer dans le monde universitaire, vous créez une usine à gaz comme Parcoursup, ressemblant de plus en plus à une loterie, vu le nombre d’étudiants qui restent sur le pavé, et enfin, des critères d'exigences abaissés via la fabrique du crétin, établissant la baisse de certaines compétences ou connaissances ; alors ? De là à se dire, qu’après tout, peu d’entre eux auront une vie professionnelle épanouie, d’où les shits jobs, et à quoi cela sert-il d'être lettré, polyglotte, cultivé, touche-à-tout, si la société ne récompense plus nécessairement ces qualités ?

 

Je te félicite, petite Morgan, d’avoir mis en lumière les aberrations de ce système qui a tendance, selon moi, à broyer notre jeunesse. Tu utilises précisément ses règles de façon absurde et démontres ainsi, par l’ubuesque, certaines de ses contradictions. Et à juste titre, ces jours-ci, notre jeunesse réagit. Elle ne veut pas du monde qu’on lui propose, elle veut en construire un autre. Le sien !

Run Morgan, run !!!

Georges ZETER/octobre 2026

Vidéo de Morgan

Image : l'école et les écoliers dans les tableaux des artistes russes

https://fr.gw2ru.com/art/202419-ecole-ecoliers-peintres-tableaux-russes

Sources

· La Dépêche — Morgane et la recette de brownies

· La Dépêche — le rectorat et la « décrédibilisation de Parcoursup »

· Aufeminin — Morgane et la réaction du rectorat

· Reuters — mobilisation lycéenne et Parcoursup

· Le Monde — mobilisation lycéenne du 7 octobre et déclaration de Philippe Baptiste

· Le Parisien — Nikita, 17 de moyenne et 28 refus sur Parcoursup

· Le Monde — 163 372 candidats sans proposition en 2026

· Insee — évolution des diplômes délivrés dans le supérieur

· Ministère de l’Enseignement supérieur — 3,05 millions d’étudiants en 2025-2026

· Ministère de l’Enseignement supérieur — réussite en licence

· Sénat — échec et réussite en premier cycle universitaire


[i] Jean-Paul Brighelli.


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1 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 9 octobre 09:08

    Lui foutrait un flash ball dans la tronche moi a cette petite effrontee. Franchement ces jeunes qui se la ramenent j’en peux plus. Va faire tes cookies en STAPS et ferme ta gueule, merde.

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