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Accueil du site > Tribune Libre > Paris-Match et l’Afghanistan

Paris-Match et l’Afghanistan

Assez sidéré par les réactions contre Paris-Match, on se croirait revenu quarante ans en arrière, dans l’Amérique qui découvrait quotidiennement les photos crues de la guerre du Vietnam où ses enfants mouraient. En France, en 2008, on trouve des gens pour se ridiculiser, à droite (ne parlons pas de De Villiers qui parle de “haute trahison”) comme à gauche et ailleurs (chez les Verts avec Daniel Cohn-Bendit “un côté abject dans le voyeurisme de ce magazine”). La presse doit-elle participer à l’effort de guerre comme à la belle époque, sans montrer ce que dit “l’autre côté” ?

Etonné aussi que l’armée communique (c’est brutal, mais je le pense), n’importe comment, en donnant une première version dès le début, puis en donnant une autre version un peu plus tard. Est-elle obligée de parler à Paris quand elle ne sait pas vraiment ce qui s’est passé sur le terrain, si c’était vraiment le cas, comme le dit un officier au Parisien ce week-end ? Pourquoi ne pas attendre pour donner des informations fiables ?

Les familles parlent de la jeunesse de certains défunts. Mais ils se sont engagés dans une armée de métier, ce sont des professionnels dans des régiments de combat, pas des conscrits appelés par le service militaire et envoyés au casse-pipe du jour au lendemain. En 14-18, le frère de ma grand-mère meurt au front d’une balle dans la tête le premier jour, il a 18 ans.

Arme blanche” ou pas “arme blanche” pour être élégant dans le vocabulaire. Mourir à petit feu, de plusieurs blessures faute de soins, est-ce moins douloureux, moins horrible que d’un coup de couteau, si ce fut le cas ? Concernant, donc, la manière dont les soldats ont été tués, croit-on au ministère de la Défense que rien ne sortira ? Comment justifier ce désordre communicationnel par les demandes des familles qui de toute manière découvriront des informations qu’elles ne souhaitaient pas voir rendre publiques, dans la presse, venant d’autres familles de soldats ou de soldats eux-mêmes choqués par ce qu’ils ont vu ? Des soldats choqués, mal équipés, mal épaulés par des moyens de reconnaissance inexistants ou mal employés finissent par parler, encore plus facilement. Si ce n’est eux, ce sont leurs proches auxquels ils se sont confiés, parce qu’on les a laissé téléphoner quand ils étaient encore sous le choc.

J’ai trouvé assez étrange le propos d’un “spécialiste de la sécurité” qui publiait une tribune dans Le Figaro en commençant par écrire : “En faisant irruption sur du papier glacé dans notre quotidien, les insurgés afghans imposent de nouveau leur tempo : ils prennent au dépourvu les décideurs français et frappent de stupeur l’opinion publique.” Si les décideurs français sont “pris au dépourvu” c’est grave, comment le sait-il ? Quels décideurs ? Et cette opinion “frappée de stupeur” ? Quelle étude le dit ?

Lors de la prochaine embuscade (ou peut-être même pour celle-ci), il faut s’attendre à voir rapidement des images qui n’auront rien à voir avec ces photos posées, paisibles et “gentilles” (où l’on reconnaît une arme par-ci, un uniforme par là) parues dans Match qui n’auraient jamais dû déclencher la moindre polémique au-delà de quelques proches des défunts, égarés par une émotion compréhensible. Des images peu agréables, montrant la réalité de la guerre, en gros plan, plus ou moins sanglantes, prises par les talibans, surgiront, non pas, peut-être, dans Match (qui fixe ses propres règles), mais sur internet, comme c’est le cas en Irak. Les soldats et leurs familles doivent s’y attendre en cas de nouvelles pertes dans des conditions défavorables. Il ne faut pas le cacher ou faire semblant de le découvrir.

De la même manière, le retour des corps, s’il y en a malheureusement d’autres, doit se faire dans des conditions claires et élégantes, dignes. Les images annoncées de l’arrivée à l’aéroport, la veille de la cérémonie des Invalides, puis finalement non fournies aux médias montrent de fâcheuses hésitations. La sortie des corps d’un avion, avec des cercueils recouverts d’un drapeau, face à un peloton qui leur rend honneur n’a rien de honteux, sauf si c’est mal organisé et improvisé, contrairement à la cérémonie des Invalides.

Amusant aussi, si l’on peut dire, de lire sur le blog de Merchet (Libération) que le voyage de Sarkozy sur place fut un aveu de faiblesse. S’il n’y avait pas été, on aurait dit qu’il ne s’intéressait pas à l’armée, il y va, et ses ennemis politiques parlent de show. La cérémonie aux Invalides peut aussi être prise pour un aveu de faiblesse si on va dans ce sens, Merchet devrait être logique avec lui-même, et avec les quelques militaires qui partagent ses vues. Il fallait faire des enterrements séparés dans chaque région, comme on le fait aux Etats-Unis ? Pas d’événement aux Invalides pour éviter une cérémonie nationale qui amplifie la “stupeur de l’opinion” et montre aux talibans l’impact communicationnel (longue cérémonie en direct à la télévision) que cette embuscade a sur la France ?

Mes confrères qui vont sur place entendent-ils les soldats, ou bien sont-ils, en majorité, trop serrés de près par le service des relations publiques, et l’habitude de ce genre de voyage ? Je n’ai pas mis les pieds sur place. En effet, je parle depuis mon fauteuil, comme le disait ce militaire de haut rang, énervé par les médias, qui considérait que l’embuscade était une victoire, que les talibans avaient reçu une raclée… “Le sous-chef ’opérations’ à l’état-major des armées, le général Benoît Puga a affirmé jeudi 28 août que les talibans avaient pris une ’sacrée raclée’, après avoir tendu une embuscade meurtrière à une patrouille de reconnaissance française le 18 août“. Oublier que dix morts français dont le nom et le visage sont connus, d’un coup, ont plus d’impact, en France, que quarante ou plus, supposés, morts talibans (qui indiffèrent l’opinion française, pour ne pas parler des civils afghans victimes de bavures ou, même, de tirs alors qu’ils sont mélangés aux combattants, indissociables quand on fait un passage d’appui au sol en avion) est assez dérisoire. L’embuscade est une défaite majeure, militaire et communicationnelle, le général Benoît Puga aurait gagné en se taisant.

La véritable faiblesse, ce n’est pas le voyage d’un chef d’Etat, c’est peut-être, comme cela semble être le cas, d’envoyer des hommes, même motivés et bien entraînés, qui ne voient devant eux que ce que leurs jumelles, ou leur monoculaire de visée leur permettent de voir, au ras du sol, dans un terrain escarpé qu’ils ne connaissent pas ou peu. La véritable faiblesse, c’est (est-ce vrai ?) deux hélicoptères français en Afghanistan, en tout et pour tout ? Soit on engage des moyens adaptés à la mission décidée par le pouvoir politique, soit on n’envoie pas de forces dans des missions de ce genre, avec des engins mal blindés, des tourelles non protégées, des engins inadaptés au terrain escarpé (d’où l’un des dix morts). Tout en formant des troupes afghanes dont on espère que seulement une faible partie rejoindra les talibans pour partager avec eux l’expérience acquise. Un objectif limité, mais plus réaliste.

Désolé, je me suis permis de penser tout haut ici. Comme un blogueur, mécontent, qui a (pourtant) le verbe haut, me l’avait fait remarquer, sur un autre sujet, je me suis, aussi, permis, sur mon autre blog, d’écrire que c’est la Géorgie qui avait attaqué la première en Ossétie, fournissant à l’ogre russe, une superbe occasion de redorer son blason, de répondre à l’indépendance du Kosovo, par l’indépendance de la minuscule Ossétie, et de là, pas vraiment plus grosse, Abkhazie.


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18 réactions à cet article    


  • Serge Serge 8 septembre 2008 21:18

    Merci pour votre commentaire qui donne un peu" d’air frais" face au rouleau compresseur de la " pensée unique"entendue chaque jour,à chaque flash info,à chaque J.T.,et exposée à longueur d’articles dans une presse aux ordres.

    C’est un peu loin dans le temps et oublié mais je rappelle cette interview de Z.Brzezinski ( conseiller de J.Carter ) du 15 Janvier 1998 ( parue dans le Nouvel Observateur ) car elle est essentielle pour comprendre cette guerre d’Aghanistan et ses mensonges.


    " C’EST LE 3 JUILLET 1979 QUE LE PRESIDENT CARTER A SIGNE LA PREMIERE DIRECTIVE SUR L’ASSISTANCE CLANDESTINE AUX OPPOSANTS DU REGIME PROSOVIETIQUE DE KABOUL "
     Les soviétiques sont intervenu le 24 Décembre 1979 !

     Le journaliste demande alors à ce Monsieur ; " Vous ne regrettez pas d’avoir favorisé l’intégrisme islamique,et donné des armes à des futurs terroristes ?"

    Réponse du diplomate américain : " QU’EST-CE QUI EST LE PLUS IMPORTANT AU REGARD DE L’HISTOIRE DU MONDE ? LES TALIBANS OU LA CHUTE DE L’EMPIRE SOVIETIQUE ? "

    Tout est dit dans cette réponse !!!

    Le journaliste insiste : " Le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale ?


    Réponse à bien " méditer" : " SOTTISE !QUELQUES EXCITES ! IL N’Y A PAS D’ISLAMISME GLOBAL ! "

    Autre interview,celle d’un ex-dirigeant pakistanais de 1994 à 1997 ; ( Courrier International no931)

    " LEUR DECISION (des américains ) DE LAISSER OUSSAMA BEN LADEN TROUVER REFUGE EN AFGHANISTAN APRES SON EXPULSION DU SOUDAN EN 1996 ETAIT INEXPLICABLE "

    C’est aussi " curieux "que la "fuite du mollah Omar sur une moto à travers les montagnes afghanes".


    Derrière l’habillage "défense de la démocratie,des droits de l’homme,etc..." ( car il faut vendre cette guerre à l’opinion publique ! )se profilent de sordides intérêts économiques et géopolitiques !


    • armand armand 9 septembre 2008 00:43

      L’histoire est remplie de retournements d’alliance, de "monstres Frankenstein", et de choix à courte vue. Cependant il ne faudrait pas oublier deux vérités concernant l’Afghanistan : l’assistance à l’opposition anti-soviétique aurait pu favoriser davantage les forces plus responsables commes celles de Massoud. Seule l’insistance pakistano-séoudienne a imposé le soutien aux talibans et proto-talibans comme Hekmatyar.

      Les talibans, en tant que courant radical, militant et exalté ne sont pas le produit du seul soutien U.S.- leur idéologie couvait depuis plus d’une centaine d’années déjà dans les madrassas de Déoband (nord de l’Inde). De même, Ben Laden représente la forme la plus radicale du wahhabisme séoudien. Les deux courants sont proches et ont tout pour s’entendre.

      Sur le plan militaire, je rappelle que bien des victoires ont commencé par des revers cuisants, et il est parfaitement légitime de qualifier l’affrontement en question de ’victoire’ si toutefois les talibans ont bien essuyé les lourdes pertes qu’on prétend. Quant à l’attitude de Paris-Match je suis assez partagé - couvrir la guerre de l’autre côté, certes, est parfaitement légitime, mais quels ont été les ’gages’ donnés par ce journal pour que leur équipe ait pu rencontrer les talibans et ont-ils été manipulés par la mise en scène ?


    • Claude Simon Tzecoatl 8 septembre 2008 22:41

      Oui, la propagande ne peut et ne doit être que le monopole de notre gouvernement :


      www.ouest-france.fr/L-opinion-publique-cible-des-propagandes-/re/actuDet/actu_3632-699592------_actu.html



      • Soleil2B Soleil2B 9 septembre 2008 09:59

        Ils ne veulent rien voir les français !
        Pas plus l’Afghanistan que les exploits de l’Immigré.
        La tête dans le cul, ils sont bien. Comme les autruches.
        Et puis, si demain les choses tournaient mal, ils pourraient toujours compter sur les Ricains, les Anglais et les Russes pour les sortir une nouvelle fois du cambouis !


      • chmoll chmoll 9 septembre 2008 10:20

        Assez sidéré par les réactions contre Paris-Match, on se croirait revenu quarante ans en arrière

        perso ,’j’crois qu’ont y est toujours resté


        • Imhotep Imhotep 9 septembre 2008 11:31

           Les images de Paris Match montrent aussi autre chose : si les taliban ont des effets des Français c’est qu’ils ont pu les prendre. Cela confirme peut-être la notion de corps à corps. Quant à savoir si mourir égorgé est pire ou non que après avoir reçu une balle est un autre débat. Savoir qu’un soldat a été égorgé signifie aussi qu’il y a eu des corps à corps et donc contredit la version première.

          Je suis d’accord avec le début de l’article et je trouve dommage que la réflexion n’ait pas été poursuivie pour finir par un cours de stratégie et de politique. Ce n’est pas que c’est inintéressant mais c’est hors sujet. Que vient faire la Géorgie ici ?


          • minimanu 9 septembre 2008 12:24

            La réaction des gens contre Paris Match est quand meme naturelle, même si vous la dénoncez.

            Que l’armée est mal communiquée est une chose et n’est pas en général remis en question.

            Mais ce qui est mis en question là dedans, c’est le fait que des gens au nom du journalisme sont prêts à rouvrir des plaies des familles déjà très affectées par la disparition d’un fils, d’un frère, cousin ou ami...

            On a tendance parfois a ne pas supporter certaines choses du fait de l’empathie que l’on peut avoir pour les familles des victimes et ne pas toujours froidement analyser une situation en se disant "vous savez, c’est la guerre et toutes les horreurs que cela véhicule ! on est désolé pour vous."
            On peut quand même envoyer un message auprès de cette presse qui ne cherche pas à faire du journalisme mais juste à choquer les esprits, aux détriments des gens qu’elle peut encore plus affecter...
            Laisser ce genre de porte ouverte, ca lui donne du poids, du crédit. Et de là naissent les dérives.
            Elle n’utilise pas la confusion dans un but altruiste, mais pour en ajouter, et dans le même temps vendre plus.

            Je ne suis peut être qu’humain, mais personnellement, je trouve ce genre d’attitude franchement ignoble.


            • Soleil2B Soleil2B 9 septembre 2008 12:56

              T’as raison Minimanu !

              Ne parlons plus et n’ouvrons plus les archives de 14, de 39 et des Camps pour ne pas "rouvrir les plaies des familles".......................


            • minimanu 9 septembre 2008 13:34

              Ou, alors bizarrement, on parle d’histoire d’un côté contre du voyeurisme a deux balles de l’autre côté, juste pour faire vendre ???
              Parce que le jour ou tu classeras Paris Match dans les personnes susceptibles de parler d’histoire avec ce genre de reportage, la culture aura pris un p.... de coup dans l’aile.


              • Soleil2B Soleil2B 9 septembre 2008 14:39

                Qu’a à voir "la culture" avec la couverture d’un conflit -d’une guerre- fut-elle traitée par PM de manière critiquable ?
                C’est la forme qui est en cause, pas le fond.
                Et pour ce qui est de la forme de l’information, ceux qui n’ont pas été regardants lorsqu’elle les avantageait feraient bien de la fermer un peu.
                Le reportage bling-bling de PM a bien trouvé son inspiration quelque part.......................


              • hgo04 hgo04 9 septembre 2008 14:08

                Je partage l’ensemble de votre réaction..

                De toute façon, la première arme que devraient avoir nos militaires envoyés la-bas, doit être politique... Si on y va juste pour tirer sur des talibans alors il nous arrivera la même chose qu’aux GI au viet nam...

                Si les afghans nous rejetent, alors nous ne pouvons rester la-bas... où nous irons à des accrochages de plus en plus fréquents et meurtriers sans voir le bout du tunnel..

                Sur les moyens... il s’agit d’une force internationale.. Bien évidemment on peut s’interroger sur le manque de moyens militaires, tel que des hélicos... Mais hélico veut dire aussi cible... les drones ?? oui.. on peut continuer à mettre en oeuvre toute sorte de matériels..

                Mais simplement des chiens... des chiens entrainés pour les mines... de simples chiens lachés en avant de la troupe sont les meilleurs système d’alerte que je connaisse tant en éfficacité (vue odorat oreille), mais aussi en cout... (juste la nourriture et des soins vétérinaire...)

                Ce n’est peut être pas la peine de déballer une débauche de matériel sophistiqué...

                Je sais, on va me répondre que les chiens ne feraont pas la différence entre des villageois et des talibans... mais un villageois, répondrai je, ne se cache pas derrière un rocher, ou dans un trou ou une grotte.. Cela mettra en alerte les militaires qui pourront se déployer plutit que d’entrer dans la nasse de l’embuscade..

                Mais enfin, ce que j’en dit n’engage que moi...

                Je ne sais si les photos de paris mathch étaient "propres".. mais paris match n’a pas vocation à être un journal d’information, mais un magazine people.. donc... je ne vois pas grandes informations.. Sans images, paris match ne vendrait pas grand chose...

                Cela dit, la communication militaire est vague et celle des politiques opportunes selon leurs intérets...


                • Anne 9 septembre 2008 16:35

                  Votre article reflete ce que j ai "essaye" de traduire, bien maladroitement, sur le FORUM : "La chasse à l´audience imperturbable de Paris-Match dans la guerre de l´information". Merci, mais je reste honteuse quant a mon piètre essai...


                  • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2008 16:50

                    Si j’ai bien compris, on reproche à ce journal d’avoir publié un interview de talibans. Certans disent que ça ne se fait pas et que c’est de la trahison.

                    Y a-t-il des gens que l’on ne doit pas interviewer ? Oui bien sûr il y en a.

                    Ce ne sont pas les criminels. Tous nos journeaux de caniveau débordent de déclarations de gangsters et de pédophiles.

                    Ce sont les "ennemis", ceux contre qui on est en guerre, et dont le fait de publier le point de vue constitue effectivement en droit une "trahison".

                    Seulement voilà j’ai entendu notre Ministre de la Défense déclarer que l’on n’était pas en guerre ... L’intervention en Afghanistan n’est pas une guerre. Il n’y a d’ailleurs eu aucune guerre de déclarée à ma connaissance.

                    Pourtant, on se tire effectivement dessus. Mais je ne sais pas au nom de quoi. En clarifiant ce point, on répondrait à la question de l’article.

                    S’il s’agit d’une mission de maintien de la paix dans un contexte de guerre civile, il serait normal de présenter les deux points de vue.

                    S’il s’agit de protéger des populations civiles contre des exactions de droit commun, il est normal d’interviewer des gangsters.

                    S’il s’agit "d’éradiquer une idéologie", encore faudrait-il la définir et l’interdire explicitement. D’ailleurs, on diffuse bien des "vidéos de Ben Laden".

                    En l’état, je ne vois aucune raison sérieuse pour critiquer cet interview.


                    • Lapa Lapa 9 septembre 2008 17:52

                      Bof ce qui est vraiment dérangeant en réalité c’est que ce fait de guerre soit traité comme un vulgaire article people voyeuriste .

                      interviewer des talibans, why not après tout, mais ce besoin de mise en scène et d’images choc pour faire vendre...

                      Paris Match n’a surtout fait qu’un coup purement mercantile en jouant sur l’émotion des gens. C’est le niveau de la presse d’aujourd’hui.


                      • galpaf 9 septembre 2008 18:23

                        Gilles Klein, comme les autres auteurs d’ailleurs, n’aborde pas le fait que les "talibans" ne font pas de prisonniers. Je trouve que ce fait relègue leurs actions dans la pure sauvagerie bien loin des droits de l’homme et autres conventions de Genève. 


                        • Christoff_M Christoff_M 10 septembre 2008 01:30

                           monsieur l’ancien journaliste, vous n’allez pas nous faire croire que la qualité est la meme qu’il y a quarante ans...

                          la qualité des images et du papier a baissé, nous sommes à l’air de la gestion et du tirage....

                          alors arretez votre hypocrisie, ou votre naiveté, le tirage prime, la qualité des articles est secondaire, ceci touche toute la presse écrite d’autant plus avec l’arrivée des news internet....

                          le journal Paris Match de 2008 n’est qu’une pale copie insipide et ne faites pas l’étonné, votre groupe marche dans la combine à faire du fric avec les journaux people....

                          voir de la qualité avec des photos numériques agrandies tellemnet qu’on ne voit que du grain, excusez moi mais reprenez d’anciens numéros et comparez, votre journal au niveau qualité image et impresson est au niveau d’un Closer et en dessous d’un GALA malheureusement....

                          quand on laisse faire les gestionnaires ou les actionnaires on obtient un produit basique pas un grand journal, la qualité ça se paie.... quand on rogne sur tous les budgets, on a un produit de grande distribution et de qualité moyenne....

                          j’étais abonné à un dizaine de journaux et de mensuels il y a quelques années depuis l’arivée de certains groupe de financiers je me suis désabonné de tout !! ne croyez pas que les lecteurs sont naifs...

                          les nouveaux lecteurs n’ont pas du tout les memes critères de lectures et ne dite s pas qu’on peut faire un journal de qualité quand on paye dix fois moins les photos, qu’on épluche à l’euro près le prix du papier et que les nouvelles plumes se font rares !!

                          mr Barbier à l’ Express est loin d’avoir le talent et l’imagination de ces prédécesseurs donc il fait du Bern écrit.... mais si tout le monde fait la meme chose cela n’intéresse pas les lecteurs...


                          • karpediem karpediem 22 septembre 2008 21:36

                            A l’attention (de l’auteur) et à l’unisson : en vous priant d’excuser mon copié-collé d’il y a huit jours 

                            Incroyable en effet !… parce que l’hebdomadaire publie des images de Talibans avec ce qu’ils présentent comme les trophées du combat du 18 août, certains se déchaînent et d’autres hurlent avec la meute. Qu’est-ce que ce procès contre « Paris Match » ?
                             

                            1) Voilà des millénaires que les vainqueurs ont tjrs récupéré les trophées de leurs vaincus : vase (de Soisson) - drapeaux – armes – chevaux – logistique. Notre propre colonne Vendôme n’a jamais été fondue qu’à partir de certains des canons ennemis pris à Austerlitz. Il en était même d’un chant des troupes de Turenne intitulé « les Dragons de Noailles » qui s’honorent — au son des fifres et tambourins – d’avoir traversé le Rhin, incendié Coblance, et pillé le Palatinat … pour décorer Paris ! « Les fiers dragons de Noailles / Avec les drapeaux ennemis / Ils ont décoré Paris : lon lon la laissez les passer ... les Français sont dans la Lorraine …  »

                            2) propagande : voilà des dizaines d’années que le vainqueur reconstitue en "reportages" ses victoires et refait ses prises de plans caméras : débarquements, assauts, prise de Berlin, libérations des camps, chute de Dien Bien Phû etc etc …. jusqu’au "cinéma brut" qui nous reconvertit trente ans plus tard toutes les guerres possibles et inimaginables.

                            3) mémoire : depuis cinq décennies, les grands reporters de Paris-Match couvrent nos armées comme nos adversaires. Indochine, l’Afrique, l’Afrique du Nord : qui ne se souvient des images de Viêt-Cong ou des Fellaghas brandissant des mitraillettes (MAT) françaises ?

                            4) fierté : voilà des années que toutes nos propres salles d’honneur, micro-musées et bureaux des chefs de nos régiments sont décorés des fanions et armes ennemies : Libération – Indochine – Décolonisations & indépendances … Liban, Zaïre ou Tchad …

                            5) info : voilà quatre jours (mardi 2 sptbre ) qu’Arte / Thema nous a présenté un reportage sur les troupes occidentales en Afghanistan – 8° RPIMA inclus – avec Talibans à la clé brandissant un (deux ? des ?) FAMAS français

                             
                            Propagande et scandale le lendemain matin, lors de la parution de Paris-Match ?
                            Jusque de la bouche de Monsieur de Villepin au "Grand Journal" de Canal + ( jeudi 4 sptbre) que vaut cette diatribe contre cette presse ?

                            Question terrorisme et Moyen-Orient …. les images des premières bombes sur Bagdad de janvier et février 1991 traînent tjrs sur la Toile ou les écrans TV depuis dix-sept ans. A l’inverse, on nous repasse en boucle l’attentat contre les Twin-Towers du World Trade Center depuis sept ans avec des « costumes » se jetant par les fenêtres.
                            Warning : extremely graphic “ – tel un smuph moovie — on trouve sans trop de difficulté “ THE video of American contractor being decapitated in Iraq (Windows Media format, 5.4 megs)” … Nick Berg execution is extremely graphic, of course sir !

                            Où est l’indécence ? Qui est manipulé ? Qui se permet d’accuser d’instrumentalisation ? Le choc des photos n’a-t-il que des inconvénients ? Que pèse cette gesticulation de salon ? Ne voudrait-on faire oublier ou passer sous silence d’autres abus ? Qu’a-t-on à reprocher à des grands reporters … ? Une conversation de bistrot aboutira à un fameux « ah … mon bon monsieur … la guerre – c’est toujours moche … ».

                            Alors que des députés français en reviennent et que des familles y partiront la semaine prochaine pour 24 heures, j’aimerai trouver une autre conclusion ; mais laquelle n’en déplaise aux professionnels de ce site qui – entre deux gargarismes ? — ne vont pas tarder à vous répondre à leur tour comme je le fis – de cette même manière – hier, ici. J’aimerais aller de l’avant , quoiqu’à très court terme : que pourra-t-on montrer à ces familles de plus sur l’Afghanistan en guerre ? Que va-t-on leur faire avaler ?
                             
                            Vendredi 5 sptbre, la Défense Nationale et le Ministère ont enfin admis qu’il y a eu mort d’homme à l’arme blanche : les camarades du Régiment, les infirmiers et chefs de groupe, les officiers du 8° RPIMA, comme les médecins légistes ne le savaient-ils point depuis ce jour ? Manquaient-ils même des têtes dans les cercueils aux Invalides ? Combien en manquait-il ? 
                            A ce point faux-cul que le ministre déploie son parapluie sur les familles. Ce ne sont qu’elles qui demandaient le secret. Ce sont elles qui vont dorénavant porter le chapeau. Pour l’honneur de nos Armes, un faux-cul ….. de première classe, si je ne m’abuse ? Ces familles ont-elles besoin de savoir si leurs fils furent plutôt égorgés ou plutôt poignardés ? Elle est où l’indécence svp ?
                             

                            Et, pour mémoire …. http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20764 

                             


                            • karpediem karpediem 22 septembre 2008 21:44
                               Voilà un mois, Monsieur le Ministre de la Défense - voilà un mois, Monsieur le Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA) — que vous faites mentir tous vos subalternes, vos officiers généraux jusqu’aux plus jeunes des capitaines et lieutenants immédiatement concernés et même ces parachutistes “du rang” rapatriés et/ou blessés que vous présentez aux écrans.

                              Seule la presse vous met en échec.
                              Merci paris-Match !

                              Dès le 27 août, le Canard enchaîné avançait ses hypothèses de vos faiblesses militaires, de l’absence d’un capitaine commandant le détachement, de l’éloignement des hélicoptères, de manque des soutiens, de la prise immédiate d’au moins quatre prisonniers par les Talibans, de l’éloignement ( abandon - désertion ?) des deux sections afghanes, du retard voire du remplacement du (des ?) traducteur(s). Vous démentiez …. et faisiez démentir … pour admettre petits bouts par petits bouts.
                               
                              Quinze jours plus tard, Paris-Match  nous présentait des images de FAMAS entre des mains ennemies .... et vous cherchiez à nier qu’il y ait eut prises de guerre et de prisonniers ... quoique plus faiblement ...
                               
                              Quinze jours plus tard encore, ce matin du 22 septembre, vous lâchez encore du lest face aux médias - en l’occurrence le Globe and Mail canadien.

                              Plus que des pollueurs du drapeau et de l’uniforme, vous n’êtes que deux menteurs - ce qui est une honte pour l’honneur nos forces et la vie de nos hommes ! UNE HONTE .

                              Par "ordre" par devers ces tiers , par "omission" vis à vis des médias , et par intérêt personnel (et politique ?) probablement , vos mensonges desservent la foi de vos hommes, la cohésion des forces, l’unité d’un pays autour des familles. 

                              Suite à l’affaire de Carcassonne du 29 juin qui concernait ce même régiment , d’autres se vont immédiatement vu montrer la porte sur de bien obscurs motifs et, tjrs à ce jour, sans explication plausible et totalement claire.
                               
                              Messieurs Morin et Georgelin : vous, hic et nunc, vous attendez quoi pour présenter vos excuses et votre démission ? 

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