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Accueil du site > Tribune Libre > Plébiscite de Rohani : Une victoire de la résilience de la compétence et (...)

Plébiscite de Rohani : Une victoire de la résilience de la compétence et de la science

« C'est un grand honneur. Je serais contente si cela encourage de jeunes scientifiques et mathématiciennes. Je suis sûre qu'il y aura de nombreuses autres femmes qui remporteront ce genre de récompenses dans les années à venir. » « Je crois que beaucoup d'étudiants n'accordent pas assez de chance aux mathématiques. Leur beauté ne se dévoile qu'à leurs disciples les plus patients. » Myriam lauréate de la médaille Fields de mathématiques 

Le président sortant a été élu pour un second mandat de quatre ans avec une confortable majorité de votants. Le religieux modéré, partisan d'une ouverture contrôlée de son pays sur le monde, obtient 57% des voix ; son adversaire, Ebrahim Raissi, un religieux lui aussi mais conservateur, seulement 38%, La participation a atteint près de 73% des inscrits. Quarante des 56 millions d'électeurs ont voté. La réélection de Rohani pour un second et dernier mandat devrait lui permettre de poursuivre sur la voie de l'ouverture économique, et peut-être d'une certaine dose de libéralisme politique

Qui est Hassan Rohani ?

Il est né le 12 novembre 1948 à Sorkheh, c'est un homme d'État, diplomate et universitaire, il est président de la République islamique d'Iran depuis 2013. Il commence ses études religieuses en 1960, en 1969 il obtient sa maîtrise de droit, en 1972 Rohani continue ses études au Royaume-Uni à l'université calédonienne de Glasgow dont il détient un doctorat en droit constitutionnel. Outre sa langue maternelle, le persan, il parle couramment l'anglais, le français, l'allemand, le russe et l'arabe. D'octobre 2003 à août 2005, il est également le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien. Le 24 novembre 2013 à Genève, l'intention de lever progressivement les sanctions à l'égard de l'Iran, en échange d'un gel temporaire de son programme nucléaire, est en effet officiellement exprimée. Fin novembre, un accord est trouvé entre Téhéran et le groupe 5 + 1. En contrepartie, les Occidentaux s'engagent à suspendre leurs sanctions économiques sur l'industrie, l'automobile, le commerce de l'or ou encore les exportations pétrochimiques, à ne pas essayer d'entraver encore plus la vente du pétrole iranien, en notant que ces levées sont 'limitées, temporaires et ciblées'' et peuvent à tout moment être annulées en cas de non-respect des engagements iraniens. » (1)

Le bilan du président Rohani

« Le président iranien Hassan Rohani a défendu son bilan économique, il a rejeté les critiques des conservateurs sur les performances économiques de son mandat, soutenant que d'importants progrès avaient été réalisés dans les secteurs de l'agriculture, la santé, l'énergie ou la couverture Internet. Il a également mis en valeur l'impact de l'accord nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances, qui a permis la levée de nombreuses sanctions internationales, il y a davantage d'espace pour le progrès et le mouvement », a estimé le président. Rohani avait hérité d'une situation économique qui a souffert des sanctions internationales. Justement, « l'accord signé le 14 juillet 2015 a apporté une bouffée d'oxygène après des années de sanctions. La croissance est repartie grâce aux exportations de pétrole iranien qui fonctionnent à nouveau à plein régime. Une gestion plus rigoureuse a aussi permis de juguler l'inflation qui est passée de plus de 35% en 2013, à moins de 10% en fin d'année dernière. Mais concrètement, les Iraniens peinent à sentir dans leur vie quotidienne les retombées de l'accord : le chômage est à 12% - Quant aux investissements étrangers, ils restent bien en deçà des espérances, car les banques internationales restent frileuses en raison de possibles sanctions américaines. »(2)

Une nation scientifique et technologique

Le mérite de l'Iran c'est d’abord une capacité de résilience devant les épreuves et la capacité à rebondir même dans les situations les plus dures comme l’embargo total qu’a subi l’Iran pendant de longues années. Cette endurance est sans doute héritée d’un passé prestigieux : Quand Darius gouvernait le monde, les pays actuels n’existaient pas en tant que nations. L’autre grand mérité est d'avoir compris l'importance de la connaissance, notamment celle des disciplines scientifiques et technologiques où la rigueur est de mise. 

Ainsi, pour accéder à l'année préparatoire nécessaire pour passer les examens d'entrée dans l'université publique les élèves doivent avoir une moyenne supérieure à 14 à l'examen correspondant au baccalauréat. L'existence de concours à l'entrée de l'université publique en Iran montre l'élitisme de l'enseignement supérieur iranien. « Le taux d'alphabétisation était de moins de 50 pour cent (avant la Révolution islamique) il est maintenant de plus de 86 pour cent, » a-t-il ajouté En 1979, le nombre d'étudiants s'élevait à 176.000 tandis qu'il atteignait les 3.572.000 en 2008. En 1979, seulement 398 articles avaient été publiés. Plus de 20.000 en 2008 » (3). 

« Forget Harvard - One of the world's best undergraduate colleges is in Iran », c'est le titre d'un article d'Afshin Molavi publié dans Newsweek le 18 août 2008. On y relève quelques éléments aussi intéressants que...surprenants ! En 2003, surprise des responsables du département d'« Electronical Engineering » de l'université de Stanford, qui constatent que les meilleurs étudiants aux difficiles épreuves d'admission à leur cycle Ph.D. proviennent d'un même pays et d'un même établissement : la « Sharif University of Science and Technology » en Iran. Sharif dispense, selon de nombreux spécialistes, l'un des meilleurs programmes « undergraduate » (niveau licence) du monde en electronical engineering en compétition avec le MIT, Caltech, Stanford, Tsinghua et Cambridge. Les parents privilégient, s'agissant de l'orientation scolaire de leurs enfants, les formations d'ingénieurs et la médecine aux autres disciplines, Une sélection rigoureuse : chaque année 1500.000 lycéens passent un examen d'entrée à l'Université, 10% d'entre eux s'orientent vers les universités publiques les plus prestigieuses et 1% parmi les plus brillants, vers les institutions scientifiques telles que Sharif. Un excellent corps enseignant scientifique. Priorité donnée aux sciences dans les programmes des lycées. Un succès certes surprenant, mais qui -c'est certain- ne doit rien au hasard (3).

Maryam Mirzakhani, première femme à décrocher la médaille Fields

Justement, pour parler de mathématiques, l'octroi de la médaille Fields équivalent du prix Nobel de mathématiques, lors du Congrès de mathématiques à Séoul en août 2014 pour la première fois à une femme, une musulmane de 37 ans ! Le 13 août, le président Rohani, a posté un tweet « Félicitations à celle qui devient la première femme à remporter la médaille Fields et rend les Iraniens très fiers », Maryam Mirzakhani fut élève au lycée Farzanegan de Téhéran. Après avoir un premier diplôme à Sharif, elle part à Harvard où elle obtient un doctorat. Elle enseigne à Stanford. « Déjà à 21 ans, la jeune prodige s'était distinguée comme une scientifique prometteuse. En 1994, elle est la première fille iranienne médaillée d'or aux Olympiades internationales de mathématiques (IMO) L'année suivante, elle obtient la note parfaite : 42 sur 42, et finit numéro un mondial. (..) » (4)

« Le travail intense de sélection et de préparation ainsi que le talent des élèves iraniens finiront par payer. En 1998, l'Iran termine premier aux Olympiades devant les Etats-Unis. Par ailleurs, en Iran, l'enseignement secondaire a été libéralisé à outrance, les établissements publics ont un niveau médiocre comparé à ceux du secteur privé qui coûtent cher. Pour étudier à l'université Sharif de Téhéran, il faut ainsi finir parmi les cent premiers sur environ un million de participants. La compétition incessante est organisée depuis le collège et jusqu'à l'université. Selon le quotidien Shargh, 76% des Iraniens médaillés dans les olympiades en mathématiques, entre 1993 et 2013, se trouvent actuellement dans les plus grandes universités américaines (.) » (4)

La dimension militaire économique

Selon le Global Security (organe du Pentagone), l'armée de terre iranienne est la sixième armée du monde, capable de mobiliser environ 500.000 à 700.000 hommes, de construire des répliques des chars Leclerc... L´armée de l´air iranienne est, quant à elle, capable de construire des avions de chasse type F4 et des F5, et des F-17. Sa marine compte six sous-marins type SSK Kilo et serait en train d´en terminer quatre autres. Ses missiles, si redoutés, sont très divers, de courte, moyenne et longue portée. En temps de guerre, on sait que l´Iran a la capacité de produire ces missiles à très grande échelle. S'agissant du programme nucléaire, depuis 1977, il y a eu près de deux mille inspections de l´Agence internationale de l´énergie atomique (Aiea) et aucun rapport n´a pu établir que l´Iran cherchait à mettre au point la bombe. « De nos jours, l´Iran est une puissance technologique L´avion de combat, entièrement conçu et fabriqué par les ingénieurs iraniens, a effectué, avec succès, son premier vol-test, en présence du ministre de la Défense et des hauts responsables militaires, à Ispahan, a rapporté FarsNews. Cet avion de combat baptisé « Azarakhsh » (la foudre) est le deuxième. Le premier du nom est baptisé « Saegheh » (l´éclair). » (5)

Du point de vue économique par une politique prudente et courageuse l'Iran même sous l'ère Ahmadinejad a pu continuer son développement malgré l'embargo occidental . Georges Stanechy nous parle du rapport du FMI dont le moins qu'on puisse dire est qu'il fait un constat de bonne gouvernance en Iran. Résumons sa contribution : « (...) Des experts du FMI en pleine galère ! (...) Jusqu'à concéder une croissance annuelle de 3,2% pour le dernier exercice (fin le 20 mars). (...) Au-delà de ces performances ce qui est à retenir de la lecture du rapport du FMI c'est le « constat » de la remarquable réussite, à l'étonnement des experts eux-mêmes, portant sur la profonde rénovation en cours du système économique de l'Iran. En décembre 2010, les subventions des prix de l'énergie et des produits agricoles ont été supprimées. (....) Les produits pétroliers, électricité, et blé, en particulier, ont subi une forte augmentation. Pendant une période transitoire, le montant économisé est redistribué aux ménages sous forme d'une allocation en espèces librement utilisable aux entreprises pour activer leur restructuration et leur modernisation en termes d'économies d'énergie et aux administrations publiques pour financer leur modernisation (Les experts du FMI, ébahis, parlent de plein succès dans la mise en place de cette réforme ; (The successful early implementation of the subsidy reform...), jusqu'à en reconnaître les avantages immédiats. »(6)

The Bliss of knowledge (la bénédiction du savoir)

On sait qu'Israël, d'une façon obsessionnelle, imite le sénateur romain Caton l'Ancien en 150 avant J.-C. qui terminait chacun de ses discours sur des sujets divers par la fameuse formule « Delenda Carthago est. » Il faut détruire Carthage ». Il n'empêche que les données objectives sur l'avance scientifique de l'Iran a de quoi surprendre. Byshlomo Maital nous en parle : « Le chef du renseignement militaire, Herzl Halevi, lors d'une conférence inhabituelle, prononcée le 29 octobre dernier à l'Institut de gestion de Tel-Aviv, le général déclarait : 'Si l'on me demande si nous allons entrer en guerre avec l'Iran dans les dix ans à venir, je répondrai que l'affrontement a déjà commencé. Une guerre technologique. Nos ingénieurs livrent actuellement bataille contre les ingénieurs iraniens, et cette lutte prend de plus en plus d'ampleur. » « Aujourd'hui, nous avons l'avantage. Mais l'Iran tend à gagner du terrain. Depuis la révolution de 1979, le nombre d'universités et d'étudiants s'est multiplié par 20 au pays des mollahs, comparé à 3,5 pour Israël.. En d'autres termes, dans cette guerre technologique, Israël est en perte de vitesse.'' » (7)

« Deux rapports, publiés par l'Institut S. Neaman du Technion à Haïfa, montrent qu'en Israël, au cours de la dernière décennie, la proportion d'étudiants dans les matières scientifiques et technologiques est restée constante, à 14 , alors qu'en Iran, elle a doublé sur la même période, et atteint aujourd'hui 25 , soit deux millions d'étudiants au total. Entre 2007 et 2014, le nombre d'universités israéliennes classées parmi les 100 premières au niveau scientifique est tombé de quatre à trois, alors que l'Iran a réussi à placer une université dans le top 100 pour la première fois. Selon les données de Thomson-Reuters, l'Iran possède la plus forte croissance en matière de publication scientifiques. Autre preuve de la montée en puissance en décembre 2013, elle est parvenue à envoyer un singe nommé Fargam (« de bon augure » en perse) en orbite, et à le ramener sans encombre sur la Terre. » (7)

« Paradoxalement poursuit l’auteur, les sanctions économiques imposées à Téhéran par l'Occident semblent avoir eu un impact majeur sur l'essor de la science en Iran. Selon le rapport scientifique A l'horizon 2030 que vient de publier l'Unesco, « les sanctions [...] ont accéléré le passage d'une économie fondée sur les ressources à une économie du savoir, en forçant les décideurs à regarder au-delà des industries extractives, et à se tourner vers le capital humain du pays pour créer des richesses ». Entre 2006 et 2011, le nombre d'entreprises menant des activités de Recherche et Développement a plus que doublé. Selon ce même rapport, l'Iran se classe septième au niveau mondial pour le volume d'articles scientifiques publiés dans le domaine de la nanotechnologie » (7).

« En deux ans de mandat , le président iranien Hassan Rohani a constitué un cabinet formé d'une majorité de technocrates, tous titulaires d'un doctorat ». Pour le Dr Daphné Getz, chargée « (...) En Occident, on aime bien se moquer des ayatollahs chiites iraniens. Notamment du leader de la République islamique, l'ayatollah Sayyid Ali Khamenei. Seulement celui-ci a décrété que l'Iran allait se transformer en une grande puissance scientifique, et son livre The Bliss of knowledge (la bénédiction du savoir) sert de feuille de route pour atteindre cet objectif. (...) En Iran, il n'y a aucune contradiction entre la science, la technologie et la religion - au contraire. Les leaders religieux estiment que l'islam est en faveur de la science. L'ayatollah Mohammad Khatami a publié en 2005, lorsqu'il était au pouvoir, sa vision pour les vingt ans à venir. Selon lui, l'Iran devait se muer en une nation dont l'économie serait basée sur le savoir plutôt que sur le pétrole. (...) » (7)

« Les universités iraniennes conclut l’auteur, qui ne figuraient pas parmi les 500 meilleures universités du monde, selon le classement de Shanghai, apparaissent aujourd'hui parmi les 100-200 meilleurs établissements supérieurs en matière de sciences et d'ingénierie. L'un des indicateurs les plus intéressants est celui des Olympiades scientifiques. L'Iran attache une grande importance à cette compétition. Khamenei lui-même a rencontré les candidats iraniens. (...) Les Olympiades internationales en sciences comparent les performances d'équipes de quatre à six lycéens surdoués de différents pays, dans diverses disciplines : mathématiques, physique, chimie et biologie. Si nous prenons, par exemple, le classement d'Israël, de l'Iran et de la Turquie lors des Olympiades de mathématiques en 2015, les six candidats iraniens ont remporté la 7e place sur 104 pays, avec trois médailles d'or, deux médailles d'argent et une de bronze. Les six candidats turcs ont obtenu la 20e place, avec cinq médailles d'or, tandis que Israël ne s'est classée que 40e, avec une médaille d'or » (7)

Les relations américano-iraniennes continueront d’être problématiques

 La position hostile, en apparence ,des Etats Unis vis à vis de l’Iran, est peut être une façade et sur le fond, il est possible que Trump ne détricotera pas l’accord sur le nucléaire comme il menace de le faire. Une belle analyse de M K Bhadrakumar permet de lire entre les lignes et tracer les lignes rouges des différents protagonistes. Il écrit : « La magnifique victoire de Hassan Rouhani dans l’élection présidentielle iranienne, avec plus de 57% des voix, a une nouvelle fois prouvé la résistance et le dynamisme du système politique du pays. (…)Il n’est pas nécessaire de dire que la caricature selon laquelle Rouhani serait « pro-occidental » ou Khamenei « anti-Occidental » est à côté de la plaque. En effet, l’Iran a aussi son lot de « westernists  » [NDT : pro-occidentaux]- comme du reste l’Inde, la Russie ou la Chine. En fait, les « westernists » étaient bien visibles dans le gouvernement de Rouhani. De nombreux ministres étaient des produits des universités américaines. (Rouhani lui-même avait étudié au Royaume-Uni.) Mais il est inconcevable que l’Iran laisse tomber son « autonomie stratégique » » (8)

« Avec Rouhani poursuit M K Bhadrakumar , à la tête des affaires à Téhéran, il est peu probable que l’administration Trump aura à avoir recours à une politique de confrontation avec l’Iran. Les États-Unis savent très bien que le renforcement militaire de l’Iran est à caractère défensif. Le spectre Iran permet aux États-Unis de vendre des quantités massives d’armes aux Etats pétrodollars du Golfe. L’Arabie Saoudite est juste en train de finaliser un contrat d’armement de 100 milliards $ avec les Etats-Unis. (Le budget militaire de l’Iran est à 12,3 milliards $ contre 63,7 milliards $ pour l’Arabie Saoudite.) Il est peu probable que les Iraniens fassent marche arrière pour leur programme de développement de missiles. (…) L’image de Rouhani en tant que « modéré » ne signifie pas qu’il va s’effondrer, ou qu’il y aura une réduction des dépenses iraniennes en Syrie (ou en Irak). (…) Téhéran restera vigilant par rapport au fait que ses adversaires – Etats-Unis, Israël ou l’Arabie Saoudite – n’hésiteront pas à utiliser l’ISIS comme proxy pour déstabiliser l’Iran et saper le régime. Par conséquent, la guerre contre ISIS et la politique de la « résistance » continueront d’être les principaux modèles de l’agenda de la sécurité nationale de l’Iran. On peut faire confiance à Rouhani pour faire avancer cet agenda ». (8)

Le commerce de la mort et la stratégie de la tension permanente

La diplomatie du chéquier peut payer un temps . Mais les faits sont têtus, certes les Etats Unis vont engranger pour 400 milliards de commande saoudienne dont 100 milliards de dollars d’armement pour permettre à ‘Arabie Saoudite de contrer voire menacer l’Iran et « stopper son avancée » et faire la guerre à un peuple yéménite qui ne veut pas mourir . Comment peut on comprendre que les dirigeants saoudiens qui ont un pays avec un déficit de 85 milliards puissent trouver 100 milliards de dollars non pas pour développer leur pays et améliorer la vie de tous les jours ? L’Iran imperturbable aux menaces des Etats Unis déclare continuer à se protéger en développant une technologie d’armement défensif.

Plus largement, ces veillées d’armes partout dans le monde ne sont pas là pour rassurer. Comme l’écrit le professeur Jules Dufour en conclusion d’une remarquable contribution sur l’hypocrisie des grands qui ont un langage ambivalent ils parlent de paix et vendent de la mort. Quand Trump déclare que son voyage qui a débuté en Arabie Saoudite, terre des lieux saints de l’Islam, s’est poursuivi à Jérusalem, à Bethléem et au Vatican, il a appelé dans son discours à la pratique de la tolérance et du respect entre les trois religions abrahamiques. Cela ne l’a pas empêché de vendre des armes dans ce chaudron qu’est devenu le Moyen Orient.

Le professeur Jules Dufour écrit : « Le commerce mondial des armements est florissant. Des guerres qui se prolongent s’avèrent un condiment parfait pour les industries de guerre des pays occidentaux. Depuis le début du siècle, les monarchies du Golfe utilisent les dividendes générées par les exportations de pétrole en étant parmi les plus actifs dans l’importation d’armements. Il s’agit d’une escalade dans ce recours au matériel de défense. Se trouvant dans l’aire immédiate de l’influence de la Russie et voisins de l’Iran et d’Israël les pays du Golfe continueront de s’approvisionner avec les armements produits en Occident. Il importe de rappeler que les principaux exportateurs d’armements de l’UE ont vu leurs ventes grimper en 2016 et, notamment, la France qui a atteint un niveau record de 20 milliards de dollars avec la vente d’une valeur de 16 milliards d’euros grâce à l’Inde qui a conclu en septembre 2016 l’achat de 36 avions de combat Rafale fabriqués par le groupe Dassault, pour environ 8 milliards d’euros. Après des débuts difficiles à l’exportation, le Rafale a trouvé pour la première fois preneurs en 2015 : le Qatar et l’Égypte ont chacun acquis 24 appareils. ». (8)

 Les performances de l'Iran ne doivent rien au hasard et comme il a été dit plus haut l’embargo injuste subi par l’Iran a décuplé les possibilités scientifiques et technologiques de l’Iran . C'est le respect de la science et la rigueur, seule défense immunitaire dans un monde de plus en plus crisique où il n’y a pas de morale. L’Algérie devrait prendre exemple sur les pays fascinés par le savoir. L'avenir n'est pas dans une course au pouvoir, mais dans celui de mettre en place sans tarder un système éducatif en phase avec la marche du monde. C'est un chantier difficile, mais les générations futures seront reconnaissantes de leur avoir indiqué la seul vraie voie qui permet de projeter l'Algérie dans la modernité en dehors de toute combine partisane.

 

1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Rohani

2. http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170518-presidentielle-iran-bilan-demi-teinte-hassan-rohani

3.Daniel Laurent. Et si l'Iran nous donnait des leçons en matière d'enseignement supérieur ? Education/ Recherche, jeudi 28 août 2008.

4.. http://libeteheran.blogs.liberation.fr/lettres_de_/2014/08/fields.html http://news.stanford.edu/news/2014/august/fields-medal-mirzakhani-081214.html

5. http://www.mondialisation.ca/le-d-veloppement-technologique-de-l-iran-un-r-sistant-contre-le-nouvel-ordre-mondial/26435?print=1

6. IMFCountry Report N° 11/241 http: //www.legrandsoir. info/iran-rapport-fmi-aout-2011.html

7. http://www.jpost.com/edition-francaise/moyen-orient/liran-va-t-il-remporter-la-guerre-technologique-437392 December 15, 2015

8.http://reseauinternational.net/les-relations-americano-iraniennes-continueront-detre-problematiques/#CtEgf36tBoRJ2v8s.99

9.http://www.mondialisation.ca/les-ventes-darmements-au-moyen-orient-en-continuelle-expansion/5591253

 

Article de reference : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/267342-une-victoire-de-la-competence-et-de-la-science.html

 

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 


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2 réactions à cet article    


  • Alex Alex 24 mai 18:44
    « la médaille Fields... pour la première fois à une musulmane de 37 ans ! »

    À une Iranienne : sans aucun doute. 
    Mais à une bien mauvaise musulmane quand on constate :
    – son peu d’empressement à porter le voile en dehors de l’Iran ;
    – son manque d’intérêt pour la théorie de la Terre plate ;
    – son absence de soutien au « physicien » ayant trouvé la vitesse de la lumière dans le Coran.
    Ce détail mis à part, il y a effectivement de nombreux cerveaux en Iran. 

    • agent ananas agent ananas 25 mai 01:42

      Merci professeur, de nous rappeler qu’il n’y a pas que des choses négatives en terre d’Islam.
      L’élection de Rouhani, prouve que le peuple iranien à soif de modernité et veut s’ouvrir sur le monde.
      Quel contraste avec le népotisme des pays wahhabites. Il est vrai que l’Iran à riche culture plurimillénaire, au contraire des tribus bédouines d’Arabie.

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