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Accueil du site > Tribune Libre > Plus de pouvoir

Plus de pouvoir

Notre langue est si ambiguë, c'est ce qui en fait une langue poétique dit-on, qu'ici la prononciation change tout, pire, rend deux sens contraires.

Qui dit pouvoir dit figure sur le modèle de l'arbre du structuralisme, dit hiérarchie du un au nombre. On parle souvent de pyramide. Cette pyramide nous est infligée, à nous autres mammifères, par notre éducation au cours de cette longue période de la naissance à la fin de l'adolescence pendant laquelle notre corps se transforme. Cette fragilité de fait nous rend potentiellement malléable , susceptible de subir formatage ou traumatismes de toutes sortes. La reproduction est le modèle le plus courant ; que n'ai-je vu de parents se posant en autorité lisse et infranchissable : la vérité face à l'ignorance, avec tout ce que cela peut comporter d'humiliations, d'agacements et d'abus de toutes sortes. Quand la reproduction est parfaite, quand l'environnement est protecteur ce passage de pouvoir se fait d'évidence ; les heurts de l'enfance ou de l'adolescence ayant forgé le caractère, le jeune adulte aura acquis la carrure d'une autorité aimant avoir sous ses ordres des inférieurs. Car dans les milieux privilégiés, ce modèle indépassable où l'enfant vit son initiation, s'entoure de la certitude insufflée de manière permanente, que le modèle imposé est inégalable ou du moins supérieur, comparé à tout autre. Quelles que soient les souffrances subies, elles sont consolées une fois intégrée la valeur intrinsèque du statut familial. Se glissent évidemment mille failles ; un enfant peut avoir plus mal vécu les brimades ou les humiliations qu'avoir été sensible à la valorisation qui ne s'adressait pas à lui particulièrement mais le mettait en demeure d'être à la hauteur, et développer un complexe d'infériorité, se réfugier dans une marginalité ou bien vouloir se hisser à des sommets à n'importe quel prix.

Dans des familles plus ordinaires, moins imbues d'elles-mêmes, on reproduit la soumission, l'obéissance. Mais reste, dans tous les cas, une hiérarchie sur l'échelle de laquelle on trouve un barreau où s'installer, le plus souvent par hasard, mu par la société ambiante et si, quand on arrive, tous les barreaux sont remplis, on reste en bas en nourrissant toutes sortes de ressentiments.

L'horizontalité, à l'intérieur de la famille ou de la famille à la société n'est jamais, ou qu'exceptionnellement induite.

Il semble impossible de valoriser l'être en devenir sans comparaison, juste l'assurer par la confiance et l'amour, dans le début du chemin de sa vie. Les adultes le sont si peu qu'ils adulent ou rejettent ce rejeton dans lequel ils se projettent. Et dans tout cela, rien ou presque rien n'est conscient. C'est dire si sortir de ce schéma n'est pas certain.

J'ai le tort de m'arc-bouter sur ces causes et imaginer qu'on puisse en changer la teneur, juste parce que je suis convaincue, qu'au fond de chacun, être et aider à être ce que l'on est, est un dessein commun.

Tous les autres prennent les choses comme elles sont, affirment que c'est pragmatisme, concret et incontournable, et certains s'essaient à inventer des trucs pour chasser l'injustice, la mise au rebut, le gaspillage de possibilités et d'énergie, refréner les violences qui en découlent. Et la solution la plus simple qui prédomine, c'est la répression, sinon, tenter de faire, dans un artifice tardif et tout professionnel, ce qui aurait dû être fait à la source. On plaque des valeurs arbitraires, on a peur de tout débordement et l'on construit des digues. Comme on en construit contre l'océan et ses marées, on suppose que l'artifice saura gagner.

Le pouvoir est donc toujours une obéissance, on y prend sa place, ou bien on s'en rapproche ou bien on le combat, mais pour en placer un autre à sa place.

Le pouvoir, c'est toujours la répétition des mêmes scènes ; une structure, une cuirasse, une fabrication ; qu'on obéisse à son charisme personnel, son charme, son magnétisme, on ferme tout ce qui nous ouvrirait à la vie.

L'horizontalité, c'est-à-dire un monde sans pouvoir, n'est pas une égalité, une indifférenciation ; c'est presque le contraire car la puissance existe, elle est indispensable à la vie de groupe ; mais la puissance protège et n'avilit point, elle fait cohérence sans uniformiser. Cette puissance se cherche dans « l'homme providentiel » mais quand on croit l'avoir trouvé, on ne découvre que le pouvoir, mais de puissance, point.

Je le répète, le pouvoir n'est que la perversion de la puissance. Et cette perversion se fabrique au berceau.

L'horizontalité pour moi est possible, car autant que je sache, chez les gens sains, ou à peu près, se conjuguent le besoin d'être maître de soi et celui de trouver en l'autre ne serait-ce qu'un réconfort ; et sans parler de nos domaines d'activités où l'on a à apprendre et où l'on a à enseigner, où l'on a besoin de l'autre pour accomplir une tâche, chacun selon ses qualités, et ce, tout au long de la vie si on ne se spécialise pas jusqu'à s'enfermer.

Rares sont les parents qui apprennent de leurs enfants, pourtant, ils ont tant à nous dire, en nous ramenant à une vision des choses neuve, mettant à bas souvent nos idées préconçues, nos certitudes, notre oubli de curiosité sur les choses simples de la vie. Combien d'adultes savent voir ? Je suis étonnée chaque jour de constater la cécité de ceux qui traversent leur environnement quotidien sans ouvrir l'oeil. Ainsi tout peut se détériorer sans qu'ils le sachent. Rien n'est nouveau pour eux qui cherchent dans leurs loisirs à l'autre bout de la terre quelque émotion, ou bien s'étiolent dans leur train-train à s'en rendent malades sans même s'en rendre compte. Au bout de vingt de vie dans mon petit espace, j'y découvre encore des merveilles, je n'en suis pas à l'affût, je laisse venir, mais il se passe rarement un jour sans que je découvre un sentier, une plante, une lumière, ou bien une horreur faite par l'homme. Les saisons, les heures du jour, la météo changent tout, tout le temps, rien n'est jamais pareil et dans le paysage aimé, donc sécurisant, dans un éclairage chaque fois différent, je découvre des plantes invasives jamais vues auparavant, tandis que d'autres disparaissent ; quand je m'en instruis, je sais la composition des sols et les herbes qui arrivent pour l'équilibrer et celles qui partent n'y trouvant plus nourriture. Chaque émotion ressentie face au paysage est aussi un rappel d'une époque révolue, tandis que les yeux braqués sur les détails, les découvertes n'en finissent plus. Nous n'avons pas assez d'une vie pour connaître et aimer ce qui nous entoure ; pour nos comparses, c'est pareil, l'occasion fait qu'on a à faire ensemble et que l'on se découvre, qu'on se rapproche ou s'éloigne, tout est toujours mouvant, et qu'une rancoeur accumulée soudain éclate ou bien qu'une indifférence se brise, on a de quoi remplir son temps et avec pas grand chose.

Tandis qu'en fuite éperdue, étant toujours le même, rien ne viendra nous combler. C'est sur cette faille jamais conscientisée que s'est développée la consommation et tout ce que cela induit de guerres et de pollution.

C'est pourtant tout bête et il en reste encore des gens humbles qui s'épanouissent sans quête éperdue de pouvoir ou de richesses.

Ce n'est pas en abattant le pouvoir qu'on trouvera l'horizontalité mais en favorisant l'horizontalité que le pouvoir disparaîtra. Et pour créer l'horizontalité, qui n'est, je le répète, pas égalité, il faut apprendre de tout, de tous, tout le temps. Ne pas s'en remettre au médecin, au lettré, aux politiques, mais les entendre aussi comme on entend les enfants, les simples d'esprit, et ceux, naïfs en l'occurrence, qui hochent la tête, relèvent les sourcils ou émettent trois mots.

La curiosité et l'attention sont nécessaires qui nous remettent en question en nous situant à notre juste place dans le monde. Car la curiosité et l'attention nous sortent de nous-mêmes, nous rendent invisibles ou sans importance, tout réceptifs que nous sommes alors au bonheur engrangé ou à l'horreur, nous remplissent de vie. Et quand on est vivant on est fort, et quand on est fort on ne supporte pas l'arbitraire du pouvoir, on ne supporte pas subir ; quand on est vivant on ne peut mentir ni se mentir ; être, comme un arbre qui se penche et se tord pour trouver l'espace de sa lumière, comme l'animal qui prévoit ses défenses contre l'agresseur, qu'il fuit, se colore ou se terre, comme l'homme adulte qui compte sur sa force pour survivre. Être sans pouvoir, qu'on l'exerce ou le subisse, c'est être libre ; la liberté est humble, elle ne cherche pas la publicité, ne monte pas sur les plateaux télé, elle recherche l'échange et le partage, donne, reçoit, ne se montre ni ne se cache ; l'homme libre est celui qui a brisé les chaînes de ses désastres passés, pas celui qui n'en a jamais eu, il est entier dans ses attachements mais n'en dépend pas. Il est hors pouvoir parce que le pouvoir est une aliénation. Mais sa liberté n'est pas caprice, licence ou errance, bien au contraire, elle est une responsabilité qui fait honneur à ses engagements, au respect de toute loi qui sert le vivre ensemble mais désobéissance à toute autre, injuste, qui le desservirait.

L'horizontalité, plus de pouvoir, c'est travailler ensemble et pas l'un pour un autre, c'est être libre donc ne pas trahir la confiance, c'est voir en l'autre non pas un égal en droit, puisque le droit induit que quelqu'un le donne, donc enferme dans la pyramide, mais un autre à découvrir, écouter, de qui on a à apprendre et à qui l'on peut apprendre.

Sortir de la pyramide, créer des rapports d'implication commune pour l'intérêt commun, c'est l'anarchisme.

C'est tout le contraire, dans les moindres détails, de ce que l'on a aujourd'hui ; à l'intérêt commun dans de petites structures souvent se mêlent l'ambition, la jalousie, et plus globalement, au premier coup d'oeil, les oreilles collées à des petits appareils qui isolent et interdisent la présence au présent, la grande exhibition, l'impudeur et ce je-ne-sais quoi de compétitivité qui étouffe même le vainqueur.


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40 réactions à cet article    


  • cevennevive cevennevive 3 mai 2016 15:43

    Salut alinea,


    Comme toujours, tes pensées rejoignent les miennes...

    Je viens de passer une semaine avec un groupe de personnes âgées. Surtout des vieilles dames. Certaines avec des difficultés à marcher ou à se mouvoir. Toutes issues du milieu minier, filles, mariées ou veuves de mineurs de charbon.

    Eh bien, j’ai adoré ce séjour. J’y ai rencontré des personnes au psychisme magnifique, pas aigries du tout, émerveillées de pouvoir encore faire une promenade en bateau, pleines de reconnaissance de mon aide à se mouvoir, à acheter tel ou tel souvenir pour elles, à se raconter, à chanter, etc.

    C’est pourquoi je dirai avec toi : "C’est pourtant tout bête et il en reste encore des gens humbles qui s’épanouissent sans quête éperdue de pouvoir ou de richesses.

    J’ai eu la chance d’avoir des parents et des grands mères qui faisaient justement partie de ces gens humbles.

    Bisous.



    • cevennevive cevennevive 3 mai 2016 15:49

      J’oubliais :


      Lorsque tu parles d’observer les plantes, connais-tu la diplotaxis muralis ? C’est une petite plante modeste qui a la propriété de « manger » la pollution aux hydrocarbures. Elle dépollue le sol où elle vit.

      Il y en a plein dans les chemins où passent des véhicules, il y en a devant mon jardin et mon garage où je laisse ma voiture.

      Combien de gens connaissent cette gentille plante ?

      Combien de gens observent les plantes ?

      Et pourtant, quel monde immense et varié...


      • alinea alinea 3 mai 2016 17:31

        @cevennevive
        Je la vois bien cette plante, elle pousse dans les murs au bord de la route au village ! J’ignorais son nom, j’ai peu de mémoire pour ça !
        dans les jeunes jachères, après des années de traitement sur les sols, tu vois pousser le sorgho sauvage !
        Pendant deux ans, le terrain de mes chevaux a été envahi de brocolis sauvages ! une vraie bénédiction pour moi qui m’en goinfrais, enfin, façon de parler parce que les choux ne sont vraiment pas gros. C’est tellement bon pour tout, pour nous, qu’il y a des connards qui cherchent à s’approprier l’espèce, la breveter !!
        Je ne m’y connais pas encore assez, c’est un euphémisme, mais ceux qui savent, savent ce qui manque au terrain quand ils voient ce qu’il y pousse ! Aussi quand un terrain est sain ! J’y vais piano, mais je trouve ça formidable !


      • Parrhesia Parrhesia 3 mai 2016 15:57

        >>> Rares sont les parents qui apprennent de leurs enfants, pourtant, ils ont tant à nous dire, en nous ramenant à une vision des choses neuve, mettant à bas souvent nos idées préconçues, nos certitudes, notre oubli de curiosité sur les choses simples de la vie. <<<

        Ce fut l’importance débile donnée à ce genre d’inversion de la logique éducative qui avait abouti en 1968 à des situations dans lesquelles les élèves faisaient le cours et les profs étaient au fond de la classe ...

        C’était une approche alors innovante... Aggravée par la suppression du service militaire par Chirac et consorts, elle a abouti en partie aujourd’hui à l’éducation du citoyen moyen nouveau que nous connaissons !!!

        Il faut effectivement être à l’écoute des enfants... Ne serait-ce que pour en encourager les tendances positives, ou en corriger les erreurs, voire en combattre les inepties humaines et/ou politiques qui leur sont inculquées par certains comportement enseignants dévoyés !!!

        Car l’idée que vous vous faites de l’enseignement et de l’éducation de nos enfants n’est pas nécessairement l’idée que nous nous en faisons nous-mêmes et la suggestion d’une certaine dame, il y a quelques décennies, de retirer les enfants à leurs parents pour confier leur éducation à la société n’a fort heureusement pas abouti.

        Et cela laisse à notre société une (petite) chance supplémentaire de survie .


        • alinea alinea 3 mai 2016 17:17


          Merci piera de dire ça si bien.


        • alinea alinea 3 mai 2016 17:23

          @Parrhesia
          Je me méfie toujours des grandes théories qu’on applique.
          Dans les années soixante dix, ce fut la mode dans certaines communauté gauchistes de faire comme dans les kibboutz , enlever les enfants aux parents et les faire élever par un collectif ! J’ai toujours été étonnée qu’on taise son instinct pour une idéologie, mais ce fut le cas ; oh, les enfants n’en sont pas morts, mais l’artifice de la situation a dû laisser quelques traces !!


        • Parrhesia Parrhesia 4 mai 2016 09:15

          @alinea et Piera,

          Quelles que soient nos divergences d’opinion, je rends hommage à votre argumentation tant sur la forme que sur le fond...

          Bonne journée à vous deux.


        • Sozenz 3 mai 2016 16:29

          Beaucoup de sincérité et de cœur dans votre texte .
          Merci ^^


          • tf1Groupie 3 mai 2016 16:39

            Je connais des parents cherchant l’horizontalité en faisant copain-copain avec leurs enfants.
            Je ne suis pas convaincu.

            Dans certains cas extremes (vu à la télé) l’enfant devient le tyran et la pyramide est détruite pour être remplacée par une autre pyramide qui a juste la tête en bas.


            • alinea alinea 3 mai 2016 17:16

              @tf1Groupie
              J’ai failli en parler, de cette dérive due à une incompréhension totale alors que l’intention était bonne ; je dis que les adultes ne le sont pas, ils projettent sur leurs rejetons ! Apprendre des enfants c’est pas jouer copain/copain ; la différence est de taille, mais l’adulte qui ne sait pas tout, n’est pas omniscient, s’il remarque une expression, une parole spontanées, cela peut le renvoyer à lui-même, sans que l’enfant n’en sache rien, et tout d’un coup mettre à bas une manière d’être héritée de ses propres parents, ou bien des a priori, une habitude ; bref.
              L’autorité des parents est bienveillante ou devrait l’être, mais la bienveillance ne met pas l’enfant au centre du monde ! l’horizontalité justement empêche de créer l’enfant roi !
              j’ai mon idée du pourquoi l’enfant roi, l’enfant tyran, mais ce n’est pas le sujet ici, on en reparlera !


            • alinea alinea 3 mai 2016 18:30

              @oncle archibald
              Chacun fait ce qu’il peut en fonction de ce qu’il est et on ne maîtrise jamais la destinée de son « petit » !! smiley
              Je ne suis pas sûre que Picasso ait été un « homme exemplaire » ; ça serait intéressant à creuser !


            • Sozenz 3 mai 2016 22:36

              @oncle archibald

              http://www.dailymotion.com/video/xalagu_le-mystere-picasso_creation

              il est très difficile de recommencer à dessiner comme un enfant ; l enfant vit et ressent avec intuition les proportions harmoniques entre les choses , quand on les apprend et qu on la applique dans la technique ( par le mentale) il devient un automatisme et même si on ne sen rend pas toujours compte l esprit met en branle le système de calcul et d ordonnance des choses .
              dans le premier cas on est dans la spontanéité pure dans le second cas , le mental prend une partie et il y a calcul.


            • Ouam2 (---.---.41.186) 3 mai 2016 22:08

              bonjour Aliena,

              Meme constat que toi pour cette partie ci :

              « ...Je suis étonnée chaque jour de constater la cécité de ceux qui traversent leur environnement quotidien sans ouvrir l’oeil. Ainsi tout peut se détériorer sans qu’ils le sachent. Rien n’est nouveau pour eux qui cherchent dans leurs loisirs à l’autre bout de la terre quelque émotion, ou bien s’étiolent dans leur train-train à s’en rendent malades sans même s’en rendre compte. Au bout de vingt de vie dans mon petit espace, j’y découvre encore des merveilles, je n’en suis pas à l’affût, je laisse venir, mais il se passe rarement un jour sans que je découvre un sentier, une plante, une lumière, ou bien une horreur faite par l’homme. Les saisons, les heures du jour, la météo changent tout, tout le temps, rien n’est jamais pareil et dans le paysage aimé, donc sécurisant, dans un éclairage chaque fois différent, je découvre des plantes invasives jamais vues auparavant, tandis que d’autres disparaissent ; quand je m’en instruis, je sais la composition des sols et les herbes qui arrivent pour l’équilibrer et celles qui partent n’y trouvant plus nourriture. Chaque émotion ressentie face au paysage est aussi un rappel d’une époque révolue, tandis que les yeux braqués sur les détails, les découvertes n’en finissent plus. »

              Tu à des gens pour qui la vie est leur « bidule tenu a la main », il ne voient rien d’autre que ca smiley

              D’autre regardent mais ne voient passmiley

              Tu a raison pour la nature, c’est extra, a chaque fois que je peut, je m’y réfugie avec mon appareil photo pour essayer d’attrapper du tres petit, ou du plus gros, et dans ce cas tu est obligé d’ouvrir les yeus, sinon tu loupes l’essentiel.

              Du vécu qui résume bien, un soir un ciel magnifique comme de temps en temps le ciel et la grace des dieux nous l’offre, j’etais donc avec l’appareil en plein clichés, et les gens voyant l’appareil regardait ce que je prenais (cad ce ciel magnifique) et bien tu le crois ou pas, c’est apres me voir avec le pied prendre le ciel que les gens le regardaient le ciel tombant et le trouvait magnifique, avant il etait la, mais il ne le regardait pas :(

              a plus


              • alinea alinea 3 mai 2016 22:23

                @Ouam2
                C’est la ville qui abîme l’homme, toutes ses laideurs, et même ses beautés, rénovées partout comme un décor d’où la vie a été exclue.
                Les paysans, pardon, les exploitants ne voient pas plus aujourd’hui ; l’homme se meurt.
                L’homme est auto centré, il est obligé de se trouver magnifique pour trouver de la beauté au monde ! c’est pitié.
                À l’heure des guides, des animateurs, bientôt plus personne ne saura voir tout seul, juste quelque chose qui le touche, rien de forcément extraordinaire ou déjà répertorié, juste une nuance, un relief, un mouvement qui émeut... les couleurs d’un ciel peut réparer bien des blessures et l’air doux qui te caresse compenser bien des aigreurs...


              • Sozenz 3 mai 2016 22:52

                @alinea
                je vous propose de faire un tour d horizon sur le nombre d or .
                et passer par le nombre d or dans l architecture et regardez ensuite ce qui est fait actuellement ; et vous comprendrez beaucoup de choses à mon avis ...
                même si ce n est pas conscient pour l ensemble des personnes , on peut comprendre pourquoi la ville de plus en plus risque de se perdre dans les « laideurs » de la ville , vous trouverez le meme problème avec la musique . comment on pervertit l oeil et l oreille .
                notre époque pervertit aussi tous les sens , c est pour cette raison que le ressourcement dans la nature est vitale .


              • alinea alinea 3 mai 2016 23:18

                @Sozenz
                On pervertit les sens, on les appauvrit ; le premier à avoir été touché est l’odorat, c’est normal, c’est le sens le moins « culturel », le plus primaire. La dernière fois que je suis allée dans une grande ville, la puanteur m’a suffoquée, puis on s’habitue !
                L’homme culture se doit de ne pas être animal, aussi, les sens sont-ils acclimatés à l’artifice, les odeurs, les couleurs, les tracés, les formes, toutes d’origines humaines !! La musique s’appauvrit, le rythme s’étiole, devient boum boum !
                j’aime et je connais assez bien les musiques populaires du monde, c’est d’une richesse incroyable malgré la simplicité !
                On faut du passé table rase, on veut créer de rien mais c’est tellement impossible que ce que l’on crée est rien !
                je vais « aller voir » le nombre d’or ; j’avais vu ça il y a longtemps mais comme je ne suis guère « arts plastiques », peu visuelle, plus auditive, j’ai oublié.
                On a enterré le passé comme on jette des conneries, on oublie comment les anciens construisaient leurs maisons, les emplacements, le magnétisme, rien n’était fait au hasard, tout était le fruit d’une culture élaborée, d’une connaissance du monde, empirique.
                J’ai un petit bout de terrain qui fut jadis un cimetière avec une petite chapelle ; plus rien ne subsiste mais si vous saviez comme on s’y sent bien et vous devinez que l’on n’a pas fait cela ici, par hasard. J’aime cette connaissance, détenue par certains, mais ressentie par tous, ces siècles pour accumuler et transmettre et quelques décennies pour tout effacer !


              • Sozenz 4 mai 2016 00:05

                @alinea
                le nombre d or n est pas uniquement associé aux mathematiques ou à l art plastique . c est avant tout un regard sur la nature qui a fait trouver ce nombre d or .
                pour cela qu on l appelle la divine proportion .
                plantes , corps, astres , tout est lié par ce nombre.


              • alinea alinea 4 mai 2016 00:13

                @Sozenz
                Il leur était appliqué, non ? je ne l’associais pas à la poésie ou à la musique par exemple !
                Il est trop tard ce soir, mais demain, je fouillerai ! merci !


              • alinea alinea 5 mai 2016 09:55

                @oncle archibald
                Le repli sur soi ! La vie d’habitudes inhabitées, d’activités que l’on n’aime pas, et plutôt que se retrouver ou se recentrer, se perdre.
                Il les verra peut-être désormais ses montagnes et peut-être s’offusquera-t-il si on veut les percer !


              • Ouam2 (---.---.41.186) 3 mai 2016 23:18

                Plutot il n’a peut etre pas appris à regarder ?

                quelques ciels pris au pif dans pour ton bon plaisir :)

                http://www.heberger-image.fr/data/images/54432__IGP5983_Sigma_or_Tamron_Lens_a_10_mm_1_160 0_sec_at_f_5_6_ISO_100_7_10_EV_Aperture_priority_Did_not_fire.jpg

                http://www.heberger-image.fr/data/images/68290__IGP5959_Pano_Sigma_or_Tamron_Lens_a_10_mm_ 1_250_sec_at_f_8_0_ISO_100_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not_fire.jpg

                http://www.heberger-image.fr/data/images/44552__IGP6009_Sigma_or_Tamron_Lens_a_10_mm_1_250 _sec_at_f_6_3_ISO_100_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not_fire.jpg

                http://www.heberger-image.fr/data/images/44552__IGP6009_Sigma_or_Tamron_Lens_a_10_mm_1_250 _sec_at_f_6_3_ISO_100_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not_fire.jpg

                Meme la lune peut etre belle ;)
                http://www.heberger-image.fr/data/images/67199__IGP1231_Tamron_AF_17_50mm_F2.8_XR_Di_II_LD _a_45_mm_1_25_sec_at_f_3_5_ISO_1000_1_EV_Aperture_priority_Did_not_fir e.jpg

                Ps il n’y a aucun trafic sur me photos, j’en suis d’ailleurs incapable (trop nul sur photoshop)

                Vu qu’elles sont copyrightées, tu est certain que c’est les miennes ;)

                 

                ah si par rapport à notre discussion de l’autre jour sur une forme de terrorisme, peut etre que celles cis ?

                http://www.heberger-image.fr/data/images/64015__IGP2687_smc_PENTAX_DA_L_55_300mm_F4_5.8_ED _a_300_mm_1_160_sec_at_f_8_0_ISO_400_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not _fire.jpg

                http://www.heberger-image.fr/data/images/63552__IGP2686_smc_PENTAX_DA_L_55_300mm_F4_5.8_ED _a_300_mm_1_160_sec_at_f_8_0_ISO_400_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not _fire.jpg

                t’expliqueront (ou pas) ma question « très » tranchée sur le sujet .

                (et le jour de charlie, je passait a 100metres à un 1/4h près)

                le hazard, le hazard ...


                • alinea alinea 3 mai 2016 23:40

                  @Ouam2
                  Jamais vu la lune comme ça... t’es sûr ??
                  Oui, la beauté géométrique des figures humaines...
                  Un jour de décembre en fin d’après-midi, j’ai vu un paysage familier dans une telle déformation féerique quasi magique que j’ai cru avoir été transportée dans l’au-delà ! la brume éparse et presque minuscule qui tachait les buissons, des volutes de brouillard qui s’échappaient des troncs, tout cela d’un rouge vermillon d’un soleil couchant pourtant caché derrière la colline, et,de l’autre côté, un gris anthracite dense d’un mauvais temps qui se formait à l’est, pas un souffle d’air pas un bruit et chaque détail dans des formes uniques et pendant ces minutes j’étais saisie et j’avais presque peur tant ce qui m’était familier était transformé.Mais cette beauté n’était pas que photogénique, une ambiance, oui, d’un autre monde inondait cette garrigue, cette petite plaine. J’y pense souvent !!


                • Ouam2 (---.---.41.186) 3 mai 2016 23:20

                  @Alinea : le nombre d’or est une regle appliquée aussi en photo (pour le cadrage) comme la regle bien plus connue des tiers ;)


                  • Ouam2 (---.---.41.186) 3 mai 2016 23:37

                    « J’ai un petit bout de terrain qui fut jadis un cimetière avec une petite chapelle .... »

                     

                    La petite chapelle ci ?, avec ce beau ciel la ?
                    http://www.heberger-image.fr/data/images/84846__IGP6024_smc_PENTAX_DA_18_55mm_F3.5_5.6_AL_ II_a_18_mm_1_800_sec_at_f_8_0_ISO_100_7_10_EV_Aperture_priority_Did_no t_fire.jpg

                    Tu voit qu’il suffit de regarder...pour voir... Non ?

                     

                    Ou pres de cette croix, avec un autre beau ciel ;)
                    http://www.heberger-image.fr/data/images/75635__IGP6035_smc_PENTAX_DA_18_55mm_F3.5_5.6_AL_ II_a_40_mm_1_500_sec_at_f_7_1_ISO_100_7_10_EV_Aperture_priority_Did_no t_fire.jpg


                    • alinea alinea 3 mai 2016 23:43

                      @Ouam2
                      J’aime l’ocre jaune du pré de ta première photo, c’est une émotion très forte !


                    • Ouam2 (---.---.41.186) 4 mai 2016 00:05

                      Celle ou tu a les 2 rond opposés ? sur le lac ?

                      Les a tu vus, la forme ronde du soleil (de face), et le rond (le trou) fait dans le ciel dans l’autre sens (a plat, au centre)

                      le ying & le yang 

                      C’est celle ci ?


                      • alinea alinea 4 mai 2016 00:15

                        @Ouam2
                        Celles-ci sont belles aussi, mais l’émotion impromptue, c’est sur celle avec la chapelle !


                      • Ouam2 (---.---.41.186) 4 mai 2016 00:22

                        « ....Jamais vu la lune comme ça... t’es sûr ?? »

                        A que oui c’est moi qui prends mes photos, je sait ce que j’y vois (rire)

                         

                        Tu ne voit pas la lune ? alors re-regarde bien EN BAS A DROITE de la photo.

                        Faut avoir du bol pour les reussir (ne pas avoir les fumées devant)

                        Pareil ici elle y est !

                        http://www.heberger-image.fr/data/images/20080__IGP1222_Tamron_AF_17_50mm_F2.8_XR_Di_II_LD _a_45_mm_1_25_sec_at_f_3_5_ISO_1000_1_3_10_EV_Aperture_priority_Did_no t_fire.jpg


                        • alinea alinea 4 mai 2016 00:25

                          @Ouam2
                          Là oui !! mais ce n’est pas celle-là que tu montrée tout à l’heure !!


                        • Ouam2 (---.---.41.186) 4 mai 2016 00:44

                          @alinea

                          Regarde la mieux l’autre photo...hihihi, elle y est aussi et bien pareil !

                          tu voit c’est pas si facile que ca de voir....

                          meme pour quelqun comme toi qui fait déja ...attention !

                          ps tu cliques bien sur les photos pour les avoir en grand ? ( 1024)


                        • Ouam2 (---.---.41.186) 4 mai 2016 00:41

                          bref ce que je voulais surtout te dire avec ces quelques photos prises un peu au pif dans le méandre sans fond des mes clichées, c’est que tres souvent beaucoup passent à coté et que je suis d’accord avec tes propos.

                          Ou l’ocre jaine est magnifique c’est avec un ciel d’orage derriere en fond (tournesols etc),

                          la c’est un veritable tableau, tu a juste à regarder, cadrer et appuyer.

                          On prends la vision des chevaux (ton illustration)

                          http://www.heberger-image.fr/data/images/97825__IGP1030_TAMRON_SP_AF_90mm_F2.8_a_90_mm_1_6 0_sec_at_f_3_5_ISO_1000_3_10_EV_Aperture_priority_Did_not_fire.jpg

                          il devient pégase, il doit voler, ne plus toucher terrre (photos de nuit hippodrome de vincennes)

                          bref il suffit de regarder ... pour voir ;)


                          • César Castique César Castique 4 mai 2016 10:28

                            « Notre langue est si ambiguë... »


                            Elle l’est même tellement qu’on ne sait pas si votre titre est « Plus de pouvoir » ou « Plus de pouvoir »...

                            • alinea alinea 4 mai 2016 10:34

                              @César Castique
                              Même quand vous avez lu l’article ?


                            • César Castique César Castique 4 mai 2016 11:11

                              @alinea
                              ¨



                              Je ne l’ai pas lu, parce que j’ai pour habitude de me concentrer sur ma lecture - au point de perdre tout contact, même acoustique, avec mon environnement -, pas d’être distrait par la recherche de la signification du titre.


                              P.S, - Professionnellement, il est contraire à toutes les règles de tous les journalismes (mainstream, vénal, citoyen, réinformateur, alternatif, etc.) que de forcer le lecteur à lire l’article pour en comprendre le titre.

                            • alinea alinea 4 mai 2016 11:39

                              @César Castique
                              Ça ne m’étonne pas, j’ai toujours été une réboussière mais comme je ne suis pas professionnelle et que mes titres habituels sont sans ambiguïté, j’ai trouvé que cette ambiguïté ci était fort à propos.
                              On y parle de pouvoir, en quoi cela dérange-t-il la lecture que ce en soit plus ou moins ou pas ? vous voulez lire « à coup sûr », c’est un peu ce dont je parle !!
                               smiley


                            • Fergus Fergus 4 mai 2016 11:45

                              Bonjour, Alinea

                              Je ne crois pas qu’il faille opposer « pouvoir vertical » et « horizontalité » : les deux sont complémentaires.

                              Le problème n’est effet pas dans le « pouvoir », mais dans le « pouvoir dévoyé », le « pouvoir confisqué ». Si donc l’on introduit du contrôle du pouvoir dans le cadre d’instances d’évaluation disposant de moyens révocatoires, le problème est très largement gommé.

                              Ce débat me rappelle mes propres expériences professionnelles. Du temps où j’étais informaticien, j’ai tenté - dans les années 80 - de promouvoir un modèle mixte en remplacement de la structure pyramidale constituée d’unités figées, les unes étant débordées tandis que d’autres avaient une charge de travail allégée. Mon idée : supprimer les chefs d’unité pour faire la place à un management par projets beaucoup plus efficient, chaque projet étant évidemment dirigé par un chef de projet dans le cadre d’une organisation nettement plus souple. Cette organisation a été rejetée car elle remettait en cause le statut privilégié des chefs d’unité !


                              • alinea alinea 4 mai 2016 12:24

                                @Fergus
                                C’est exactement là le point d’achoppement : la valeur, de la paye ou de la parole, de celui qui se trouve plus haut dans la pyramide !
                                Que quelqu’un ait des capacités d’organisation et que, du coup, il ne soit pas au charbon, cela peut se vivre bien, seulement si celui qui est au charbon a aussi la possibilité ( j’allais dit « le droit », mais c’est ça la plupart du temps) de donner son avis, son point de vue, etc.
                                Que quelqu’un propose une organisation mais en accepte les amendements, cela nous sort d’office de la pyramide !
                                Celui qui a le pouvoir fait tellement souvent faire des conneries à ceux qui obéissent, mêmes s’ils ont vu ou savent que c’est des conneries, qu’il faut bien songer à changer la structure de l’organisation du travail.
                                Ne devrait se trouver « en haut » d’une hiérarchie, seulement celui qui a de l’oreille, qui est capable de se remettre et d’être remis en question ou bien imposer son point de vue que lorsqu’il a pu répondre à toutes les idées et démontrer leurs inadéquation ; convaincre donc !
                                C’est quand même rarement le cas ! Mais si c’est le cas, ce n’est plus un pouvoir !


                              • Jean Keim Jean Keim 5 mai 2016 08:20

                                @Fergus
                                Un homme sain n’acceptera jamais le pouvoir qui est souvent confondu avec la responsabilité, beaucoup de politiciens entre autres recherchent le pouvoir et ses avantages mais fuient les responsabilités.

                                J’ai souvent constaté qu’un chef était un incompétent et/ou un fainéant qui n’avait pas d’autre solution que de faire faire le boulot aux autres. 

                              • Jean Keim Jean Keim 5 mai 2016 08:49
                                Il est vrai que notre langue est ambigüe, apprendre c’est acquérir des connaissances mais c’est aussi amasser ainsi que communiquer, ce qui ne s’apprend pas — aïe encore un double sens si on loupe la virgule.

                                Il y a les savoirs pratiques mais pas seulement.

                                Quid du facteur agissant sur nous tout au long de notre vie et qui pervertit tout ?



                                • alinea alinea 5 mai 2016 09:49

                                  @Jean Keim
                                  Je ne sais pas, je ne suis pas pervertie. Mais cet agent m’étonne tous les jours chez les autres, quand ça ne me concerne pas ou me blesse quand il s’adresse à moi.
                                  Reich en parle bien !
                                  C’est vrai que c’est important une virgule, il lui arrive de porter tout le sens de la phrase ! Et on veut même nous ôter notre langue, la mettre à la portée de nos intellects diminués !!


                                • Jean Keim Jean Keim 5 mai 2016 20:35

                                  @alinea
                                  Infecté serait plus approprié que perverti smiley

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