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Point de Croix

Les croix furent à l'honneur ces derniers jours, à moins que ce ne fût au déshonneur, priées de disparaitre ou de se faire moins prolixes.

C'est ainsi qu'à Ploërmel la croix surplombant une statue de Jean-Paul II est priée de disparaitre, par décision du Conseil d'Etat, tandis que les croix de la Légion d'Honneur seront désormais, sur caprice du petit Prince, attribuées de façon parcimonieuse.

Certes ces deux décisions qui n'ont pas manqué d'amener moult réactions, surtout la première, n'ont aucun lien entre elle, si ce n'est qu'elles détournent notre attention de choses sans doute plus importantes tout en ne coûtant rien ou peu à la collectivité, on pourra au moins apprécier cet aspect. Mais elles sont aussi la marque d'une époque et méritent donc, peut-être, surtout quand on n'a rien d'autre de plus important à faire, d'être commentées.

JPEG Retirer sa croix à Jean-Paul II, c'est un peu comme retirer sa ventouse à un plombier, même s'il n'est pas polonais comme le pape disparu, ou ses attributs masculins à Rocco Siffredi. C'est les priver de leur outil de travail, même si dans le cas de Jean-Paul II c'est davantage symbolique que concret compte tenu de son état actuel. Même chose d'ailleurs pour Rocco qui a sans doute raccroché, au moins professionnellement et dans cette branche qui lui a valu sa notoriété. Mais c'est peut-être ça qui cloche dans cette décision du Conseil d'Etat. C'est cette volonté de dissocier, ou de priver, le pape Jean-Paul II de ce qui était finalement le sens ou la marque de sa vie et qu'on pourrait résumer par sa foi et son abandon au dieu chrétien. Qu'on y croie ou pas n'a pas d'importance, mais ça peut se respecter. Qu'ensuite on en fasse un pape obscurantiste du fait de la théologie professée ou un pape de la lutte contre l'oppression communiste n'a pas d'importance dans ce débat. Et que ceux qui le déconsidèrent pour ce qu'il fut ne se saisissent pas du prétexte de laïcité pour le rendre invisible. C'est mettre la loi au service de son hypocrisie.

Car c'est bien ce pape qui est initialement visé, sommé de s'effacer du paysage breton. Faute d'avoir réussi à l'expulser on s'en est donc pris ensuite au symbole, donc la croix, cette fois avec succès. Certes on ne pourra contester le bien-fondé juridique de la décision du Conseil d'Etat si on s'intéresse à la chronologie des faits, à savoir pour résumer une décision municipale d'installer une statue du pape défunt offerte à la commune et faisant l'objet d'une prescription quand elle fut attaquée, suivie de la mise en place d'une arche surplombée d'une croix, pièces rapportées à l'œuvre et n'ayant pas fait l'objet d'une décision publiée et donc de ce fait attaquable sans limite de temps. Ce n'est pas donc le pape qui a été "sauvé" d'une placardisation sauvage désormais interdite, mais c'est ce qui pouvait être encore retiré qui l'a été. Du coup on se saura jamais avec certitude si le Conseil d'Etat aurait foutu la paix au pape ou s'il aurait suivi la décision rendue en première instance par le tribunal administratif de faire place nette, avant que la cour d'appel administrative ne s'avise que la décision était tombée sous le coup de la prescription. Mais on s'en doute. A moins d'habiller Jean-Paul II en costume-cravate et d'apposer une plaque en la mémoire de Karol Wojtyła, chef d'Etat du Vatican de 1978 à 2005, son sort aurait été vite réglé s'il n'y avait pas eu un retard à l'allumage, abus de chouchen peut-être, de la part de ceux qui voulaient faire disparaitre sa statue. C'est donc, faute de mieux, en final une décision qui ressemble beaucoup à un jugement à la Salomon dont on peut se demander s'il ne mérite pas que soit dressée face à la statue une fresque allégorique le représentant, laquelle pourrait faire l'objet d'une plainte pour atteinte à la laïcité à son tour. C'est donc un jugement qui ne satisfait personne, pas davantage ceux que la vue d'une statue du prélat révulse et qui doivent bien souffrir en vivant dans une région où il n'est guère possible de faire 200 mètres sans tomber sur un calvaire ou un autre signe de la bigoterie bretonne, que ceux qui voient dans le retrait de la croix, soit une attaque contre leur foi, soit l'expression d'une injonction à renoncer à ses racines chrétiennes tandis que d'autres sont encouragés à promouvoir les leurs, venues d'ailleurs et qui ne le sont pas, ou du moins n'en sont guère empêchés même quand la loi le leur interdit.

Et c'est sans doute ce dernier point qui est essentiel, ou du moins la cause essentielle de ces réactions hostiles à la décision du Conseil d'Etat. Certains voulant justifier le jugement l'ont bien compris, déclarant que si on veut pouvoir être intransigeant avec l'islam, ou du moins le faire entrer dans le cadre de la loi de 1905, votée quand il n'était qu'à l'état résiduel dans notre pays, il faut l'être évidemment avec le catholicisme. Si donc on vire la croix de la place de Ploërmel, on renforce la légitimité vis-à-vis des contrevenants des policiers qui iront verbaliser les femmes en burqa et autres accoutrements interdits par la loi, et mettre des coups de pied au cul à ceux qui confondent la rue, donc l'espace public, avec un lieu de prière. On peut toujours rêver ! Et surtout ne pas croire une seconde que ça se passera comme cela. Chacun le sait d'ailleurs. Chacun sait ce qu'il en est de l'application de la loi en France, ceux qui savent qu'ils sont contraints de la respecter et ceux qui savent qu'ils ne seront jamais inquiétés, ceux que la justice peut accabler de sa toute puissance, ceux vis-à-vis desquels elle sait faire preuve de la plus grande mansuétude, appelons ça comme ça. Non à la croix de Ploërmel, non aux crèches de Noël dans les mairies ou autres lieux publics, oui au burkini et (ça vient de tomber) à la réintégration de l'employée municipale de La Courneuve qui a, dans un tweet, qualifié de martyr l'assassin islamiste de Marseille. Du coup on peut comprendre que la décision du Conseil d'Etat, même si elle est fondée en droit, puisse énerver une large catégorie de personnes pas forcément membres de Sens Commun et pas même cathos ou croyants.

Et voilà comment une petite histoire sans importance, une histoire de cornecul pourrait-on même dire, sert de révélateur de l'état d'un pays qui se fracture de plus en plus aidé en cela par les institutions soi-disant garantes de l'ordre public.

 

Nous passerons donc pour détendre l'atmosphère à un sujet plus léger dont on se demande par quel hasard il s'est imposé à un moment où les campagnes contre le harcèlement et plus encore tombaient à point pour nous faire oublier les ordonnances, mais il semblerait que l'oubli soit déjà de rigueur en ce qui les concerne, la nouvelle loi antiterroriste, encore une qui permet de ne pas traiter le problème sur le fond (on se réfèrera utilement aux propos terminaux sur la croix de Ploërmel) , la CSG ou les chantiers en cours et qui vont faire mal. Car évidemment la réduction du nombre de croix de la Légion d'Honneur a à côté de tout cela une importance minime, si ce n'est aucune. Mais ce pouvoir a aussi compris que désigner des boucs-émissaires, ou du moins des catalyseurs d'une colère contre ce qui est considéré, à tort ou à raison, comme l'expression forcément inégalitaire d'un régime de privilèges peut avoir son utilité. Donc haro sur le "légionnaire" couvert d'honneurs usurpés.

Reste que pour qui prend le temps de se renseigner, et toutes les informations sont très facilement accessibles, il apparait clairement qu'on entre ici dans le domaine du non-sujet. Et que plutôt que d'alimenter les fantasmes qui se répètent à chaque fournée de personnes nommées (3 chaque année à titre civil et 1 à titre militaire), il serait plus judicieux d'informer sur ce qu'est la Légion d'Honneur ou du moins les privilèges qui l'accompagnent puisque c'est évidemment cela qui semble susciter des jalousies.

Commençons par le nombre. Il y a actuellement, si on en croit la grande chancellerie de la LH, 92 000 titulaires vivants de la distinction laquelle se compose de 5 grades constituant, et c'est assez rare pour qu'on le précise, une vraie pyramide à la base très large puisqu'il y a plus de 80% de chevaliers, grade le plus bas. Alors 92 000, ça représente en gros 0,13% de la population française. Ça fait peu tout ce nombre, mais nul doute que si on passait à moins de 1 pour 1000, le pays s'en porterait mieux et la justice sociale commencerait à devenir quelque chose paraissant accessible. Et on se doute que ça ferait plus que compenser la suppression de l'ISF. Parce qu'avec tous les avantages dont disposent les légionnaires, c'est vrai quoi ! Il faut quand même se rendre compte que la rente à vie (!) d'un chevalier, rente par ailleurs servie uniquement à ceux qui reçoivent la médaille à titre militaire, s'élève quand même à 6,10 (six virgule dix) euros par an. Même si la plupart refusent de la percevoir, c'est quand même quelque chose. Même si par ailleurs, ils doivent régler auprès du Trésor Public, toujours à l'affut, des droits de chancellerie s'élevant à quelques dizaines d'euros pour avoir le droit d'être décorés et donc reçus dans l'Ordre et payer leur médaille de leur poche (au passage refuser la Légion d'Honneur est juste une expression vaniteuse, une autopromotion, puisque pour ne pas être reçu dans l'ordre il suffit simplement de ne pas se faire décorer). Sans parler du pot qui suit la remise de décoration. Reste qu'il faut lutter contre de tels privilèges inimaginables à notre époque ou l'égalité doit régner. A part ça, ça ne sert même pas de coupe-file dans les administrations, et c'est heureux ! Car ces 92 000 nantis nous coutent déjà assez cher. On notera tout de même qu'il y en avait plus de 300 000 au début des années 1960, 20 années de guerre obligeant, et que de Gaulle avait d'une part instauré l'Ordre National du Mérite, avec grades équivalents, pour décharger l'Ordre de la Légion d'Honneur, et fixé par décret le nombre maximal de membres de cet ordre à 125 000. Mais Macron c'est de Gaulle puissance deux, et donc c'est encore beaucoup trop pour lui qui pourtant quand il fut ministre de l'économie ne lésina pas sur le nombre de médaille attribuées au titre de son ministère. Sans doute un investissement sur l'avenir. Une réduction de 50% d'attributions à titre civil et de 10% à titre militaire si on en croit les chiffres de la Grande Chancellerie devrait grosso modo porter le quota à 50 000 décorés vivants. Sans doute encore trop. Car dans le tas, combien n'auront pas vraiment mérité le ruban ou la rosette ? Peut-être qu'une commission de révision, maintenant que le doute sur la qualité des "légionnaires" a été soulevé au plus haut sommet de l'Etat, devrait-elle être mise en place. Déjà ça permettrait de caser quelques potes et en plus ça offrirait du spectacle de voir ces vieux ronchons, et moins vieux aussi, restituer la tête basse cette médaille volée qu'ils ont payée de leur poche. Même si d'ailleurs, ils ne l'ont pas demandée puisqu'on ne demande pas la Légion d'Honneur. Quoiqu'on puisse parfois avoir des doutes à ce sujet, je le concède volontiers, ainsi que sur les capacités de discernement, parfois, de ceux qui sont habilités à proposer des noms. C'est d'ailleurs remarquable qu'à chaque promotion, on ne connaisse par les médias, certes le JO pourrait pourvoir à cette lacune, qu'un petit nombre de promus, déjà tous connus, faisant partie du sérail politique, du monde des "arts" ou showbiz(!), et du monde des affaires, des gens au sujet desquels en fonction de ses opinions ou ses gouts on ne peut avoir évidemment que des soupçons. Tous les autres, ceux qui ne méritent pas d'être mis en lumière, eux on ne sait pas, et on s'en fout. C'est pourtant à ceux-là, les plus nombreux, qu'il faudrait s'intéresser pour se faire une petite idée de la valeur de cette distinction.

Et c'est d'ailleurs ça, puisqu'il faut quand même s'exprimer sur le fond, qu'on peut reprocher à Macron. Surfer sur une vague de rejet, fondée sur si peu d'éléments, tandis que soi-même on n'a guère été irréprochable, est tellement facile et susceptible de rallier des masses avides de trouver des coupables à leurs "malheurs" et parfois leur insignifiance.

C'est un premier point. Le second c'est cette arrogance, cette fatuité dont est accablé notre président qui doit sans doute regretter de n'avoir pas été sacré à Reims pour que chacun de ses sujets sache qu'il a reçu l'onction des dieux, et qui donc peut souverainement décider ou juger du mérite de milliers de gens qu'il ne connait pas. A moins qu'il ne se fie qu'à sa seule expérience quand lui-même en tant que ministre distribuait les rubans. A moins que ce ne soit la nomination par lui-même, en tant que président de Cazeneuve, directement au grade de commandeur, sans passer par les cases chevalier et officier donc un truc qu'on donne à des gens pour service hors du commun (la première en ayant bénéficié ayant été Simone Veil), lors de la dernière promotion du 14 juillet qui lui rappelle que vraiment quand on est un puissant on peut faire n'importe quoi et même décorer quelqu'un dont le bilan à l'Intérieur est particulièrement lamentable.

Et comment quelqu'un qui formé à l'ENA abandonna très vite le service public pour gagner du pognon dans la banque pourrait être en mesure d'apprécier le niveau d'engagement au service de la France de ceux supposément récompensés pour le leur ?

Il ne nous reste donc plus qu'à attendre la promotion du 1er Janvier 2018 pour savoir ce qu'est le mérite selon Macron. Et je suis d'ores et déjà prêt à parier qu'on vérifiera une nouvelle fois qu'une baisse de quantité ne sera pas synonyme d'une hausse de qualité.


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19 réactions à cet article    


  • Pere Plexe Pere Plexe 8 novembre 2017 10:51

    Quel ramassis de connerie...

    Comment peut on être a ce point ignorant du domaine juridique et prétendre critiquer une décision de justice ?

    Non la personnalité du pape n’a rien à voir avec la décision du CE
    Non il n’y a pas de volonté de le priver de « sa » croix
    Non sa motivation n’est pas la laïcité. C’est juste la loi
    Non les décisions du CE ne favorisent pas l’islam au détriment du catholicisme 

    Le CE ne fait que rappeler la loi parfaitement claire.
    Par ailleurs si la croix était un élément de la statue la décision aurait due être différente
    Surtout une décision contraire aurait permis aux islamistes (et à d’autres) de nous imposer les symboles de leurs religions dans l’espace publique !
    Vous devriez, comprenant ça, remercier le CE, non ?


    • Sigismond Sigismond 8 novembre 2017 11:24

      @Pere Plexe
       Faudrait apprendre à lire (et aussi à écrire sans faire trop de fautes).
      Je dis exactement que la décision du CE est fondée en droit parce que la croix est une pièce rapportée, que la statue est « intouchable » du fait de la prescription qui touche l’arrêté décidant sa mise en place, que seule pouvait être attaquée la croix puisqu’elle n’avait pas fat l’objet d’un arrêté. Tout ça c’est écrit. Du coup on se demande qui est le plus c.. Enfin moi, je sais.

      Par ailleurs nous faire croire que la justice administrative, qui ne comprend pas que le CE, dernière instance (nationale) n’est pas davantage « coulante » avec l’islam qu’avec les cathos, et je précise pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté que je suis éloigné de toute religion, c’est ignorer sciemment les faits. Je donne d’ailleurs des exemples. Mais c’est une généralité qui dépasse la justice. La mairie de Paris célèbre le ramadan (aux frais du contribuable parisien) mais certainement aucune fête religieuse chrétienne. Cc’est la queue chez les politiques pour aller rompre je jeûne en grande pompe tandis que s’ils vont, sait-on jamais, à la messe de Noël, ce sera en toute discrétion, laquelle d’ailleurs est bienvenue. Mais on aimerait qu’il en soit ainsi avec les fêtes islamiques, sauf que là ils y vont pour se faire voir. Et on pourrait ainsi dresser une très longue liste de ces compromissions avec ceux dont la vocation est de nous imposer leur religion et son archaïsme.

      Vous pouvez approuver ça, c’est votre droit après tout. Mais ne reprenez pas cet argument que je dénonce comme quoi il faut être intransigeant avec les cathos pour pouvoir faire entrer les musulmans dans le moule de la laïcité et de nos valeurs en ce qui concerne les rapports humains. Ils s’en tapent tellement ils se sentent soutenus par ceux qui qui les protègent sous le regard indifférent de ceux qui sont déjà soumis


    • Pere Plexe Pere Plexe 8 novembre 2017 16:29

      @Sigismond
      « Je dis exactement que la décision du CE est fondée en droit .
      Ça tombe assez bien vu que c’est la seule chose qu’on lui demande !


      Dès lors pourquoi vous dites aussi :
       -c’est peut-être ça qui cloche dans cette décision du Conseil d’Etat. C’est cette volonté de dissocier...
      - [Ils] se saisissent du prétexte de laïcité pour le rendre invisible.- C’est mettre la loi au service de son hypocrisie.
      - c’est bien ce pape qui est initialement visé,sommé de s’effacer du paysage breton.
      - c’est ce qui pouvait être encore retiré qui l’a été
      - une décision qui ressemble beaucoup à un jugement à la Salomon
      et j’en passe qui laisse croire le contraire !

      Non rien ne cloche, 
      non la décision n’est pas motivé par la laïcité (sinon celle du législateur)
      non la décision n’est pas motivé par la personnalité du pape
      non il n’y a aucune hypocrisie du CE, 
      non le jugement n’est pas » à la Salomon" .
       Et ce qui à été retiré et ce qui devait l’être : rien d’autre.

      Oui cette décision ne pouvait être différente
      Oui elle nous protège du désir d’autres croyants de nous infliger leurs prophètes leurs martyrs leurs symboles dans l’espace public.
      Oui elle rappelle la loi parfaitement claire : Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit

    • Fergus Fergus 8 novembre 2017 16:47

      Bonjour, Pere Plexe

      J’approuve en tous points votre intervention de 16 h 29. Dès lors qu’il a été saisi, le Conseil d’Etat ne pouvait pas prendre une autre décision.

      Je suis pourtant un fervent défenseur des croix et des calvaires déjà existants avant la loi de 1905 au motif qu’ils font partie de notre patrimoine. Mais je n’admets pas que des maires cathos puissent, par pure provocation, défier la loi en tentant d’imposer des symboles religieux dans l’espace public, en l’occurrence un parking.


    • Pere Plexe Pere Plexe 8 novembre 2017 17:20

      @Fergus
      Merci Fergus

      Le plus incroyable est sans doute que les détracteurs de cette décision du CE font mine d’ignorer qu’une autre issue aurait immanquablement permis aux plus intégristes de nous infliger leurs symboles partout sur l’espace public !
      Les mêmes auraient alors crié au scandale.

    • Sigismond Sigismond 9 novembre 2017 08:55

      @Pere Plexe

      Vous déformez encore mes propos. J’ai dit que ça ressemblait à un jugement de Salomon, pas que c’en était un. C’est en effet l’effet que ça peut donner quand on retire une partie d’un monument. Et c’est en ça qu’on peut se dire que la décision aurait pu être très différente. parce que l’application du droit se fait souvent avec des nuances, même si c’est moins vrai en administratif. S’il s’agissait de dire le droit et juste le droit, d’interpréter les textes de façon restrictive, ce sont des dizaines de milliers de places de prison qu’il faudrait créer. (à suivre)


    • Sigismond Sigismond 9 novembre 2017 08:59

      @Sigismond
       suite1

      Dans le cas présent, se borner à dire le droit amène à une situation qui ne satisfait personne sauf les consensuels mous. Le CE aurait pu fonder sa décision sur le fait qu’il n’était pas saugrenu finalement de penser adjoindre une croix à la statue d’un pape par ailleurs sanctifié. Je vous signale que je ne prends pas parti ici. A partir de là il aurait pu considérer l’unicité du monument (le pape et la croix) et décider que l’adjonction de la croix pour compléter le monument, et en faire un ouvrage unique, annulait la prescription, et que dans ce cas tout pouvait disparaitre, ou au contraire que la qualité du personnage représenté était telle que l’apposition d’une croix relevait de l’anecdote puisque tout le monde sait qui était Jean-Paul II (et qu’en l’occurrence on aurait du mal à le confondre avec Merlin l’enchanteur de la forêt de Brocéliande, pas très éloignée). En fait c’est comme une statue de Lénine avec sur le piédestal une faucille et un marteau, c’est superflu certes, mais ça va quand même avec.


    • Sigismond Sigismond 9 novembre 2017 09:00

      @Sigismond
      suite2

      Ce qui m’intéressait davantage dans cette affaire, ce n’est pas tant les attendus d’une décision, collée au droit et sans discernement et donc arrivant à une solution qu’on pourrait qualifier de bâtarde que les causes des réactions dont je pense qu’elles ne sont pas à relier avec la piété des protestataires, mais justement à un sentiment que certains éléments affermissent d’une inégalité de traitement dans l’application et même le prononcé de la loi. On peut par exemple comprendre que les prières de rue puissent paraitre plus choquantes même pour un non croyant qu’une croix au-dessus de la statue d’un pape. Ou que la justice veillera plus surement à faire appliquer la décision touchant la commune de Ploërmel que de faire appliquer la loi sur le port du voile ou de la burqa. Et ça ce sont des réalités, pas des théories prétendant que si on est dur avec l’un on pourra l’être avec l’autre qui n’arrête pas de vouloir s’imposer dans l’espace public. Ce ne sont pas les terroristes islamistes que je crains le plus sur le long terme, car au contraire ils desservent leur cause que font bien davantage avancer ceux qu’on dit modérés mais qui gagnent sans cesse du terrain. Regardez le chemin parcouru (et le territoire perdu) en quelques 30 ans. Et ce n’est pas une opposition entre cathos et musulmans qui est en cause, pour répondre à un autre commentaire, mais un conflit de civilisations. Une lecture ou relecture de C. Levi-Stauss, notamment de « Race et culture » ne serait pas inutile à beaucoup pour bien percevoir quels dont les enjeux. Et les réactions à la décision du CE sur cette fameuse croix peut très bien s’inscrire dans ce processus.


    • sukhr sukhr 8 novembre 2017 11:00

      à cause de tous ces cathos qui veulent des traitements de faveurs, on ne peut pas lutter efficacement contre l’Islam.


      • Sigismond Sigismond 8 novembre 2017 12:29

        @sukhr
        C’est vrai ça, ils exagèrent !


      • Pere Plexe Pere Plexe 8 novembre 2017 16:39

        @sukhr
        C’est exactement ça 

        Les entorses faites à la laïcité ont généralement été pensée pour la religion catholique par des législateurs sous influence.
        Aujourd’hui elles servent les musulmans y compris les islamistes mais aussi les sectes qui s’engouffrent dans ces brèches !
        L’éducation confessionnelle en particulier et son financement : grâce à la loi Carle certaines mairies sont contrainte à payé des écoles musulmanes !

      • Sigismond Sigismond 8 novembre 2017 20:34

        @Pere Plexe
        Vous avez des exemples, des faits à citer, parce que là je suis sur le cul ! Les accommodements dits raisonnables auraient donc été pensés pour faire plaisir aux cathos.
        Par ailleurs vous ne devez guère connaitre les écoles dites confessionnelles cathos où, comble de bizarrerie, il n’y a même pas besoin d’être catho pour y accéder. Je le sais parce que j’en ai usé pour mes enfants devant le désastre de l’école publique, après test évidemment.


      • Sigismond Sigismond 8 novembre 2017 20:35

        @Sigismond
        Je précise, pas besoin d’être catho et même pas besoin de faire semblant.


      •  C BARRATIER C BARRATIER 8 novembre 2017 16:34

        C’est une erreur d’opposer musulmans et cathos, quand une religion obtient un passe droit, les autres en profitent aussi, c’est normal (égalité). Il y a des des lois dans notre pays...qui sont des lois des hommes, alors que les lois religieuses ne concernent que les adeptes. Restons en à la loi des hommes, puisque nous sommes en république laïque

        Laïcité, la loi des hommes http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=287

        • Fergus Fergus 8 novembre 2017 16:49

          Bonjour, C BARRATIER

          « C’est une erreur d’opposer musulmans et cathos, quand une religion obtient un passe droit, les autres en profitent aussi »

          Merci pour ce commentaire de bob sens !


        • Fergus Fergus 8 novembre 2017 16:49

          Erratum : bon sens


        • popov 9 novembre 2017 04:03

          @Sigismond

          Bonjour

          Qu’est-ce qui oblige l’état français à faire bénéficier l’islam des avantages de la laïcité ? Cela place l’islam sur le même pied que les religions qui étaient présentes sur le territoire de la république au moment où la loi sur la laïcité a été adoptée.
           
          L’erreur c’est de considérer l’islam comme une religion alors qu’il s’agit d’une secte malfaisante. Vous allez me dire qu’une religion, ce n’est rien d’autre qu’une secte qui a du succès. J’ai un autre critère beaucoup plus pragmatique : une religion, il est plus difficile d’y entrer que d’en sortir ; une secte, c’est le contraire.
           
          Si l’état appliquait ce critère à la secte mahométane qui se refuse obstinément à abolir ses lois concernant l’apostasie, le contribuable n’aurait pas à mettre la main à la poche pour financer des mosquées déguisées en centre « culturels » où on enseigne la haine de la France.
           
          Les mahométans sont contre la laïcité parce qu’elle place l’islam à égalité avec les religions. Cela ne leur suffit pas : pour eux, l’islam doit dominer, puis finalement remplacer toutes les religions. Dans leurs crânes souratés, être mis sur le même pied que les adeptes des religions traditionnelles françaises, cela revient à mettre le « bien » à égalité avec le « mal ».
           
          Ils bénéficient aujourd’hui de la tolérance de l’état laïque pour mieux s’incruster, mais quand ils seront assez nombreux pour influer sur les lois, ne vous faites pas d’illusions, ils remplaceront vos lois sur la laïcité par leurs lois de Bédouins, ces mêmes lois qui font croupir tous les territoires infectés par l’islam dans le coma intellectuel, la médiocrité et la crasse depuis des siècles.
           
          Si ces éminents tribunaux que vous avez en France faisaient leur boulot, ceux qui sont responsables de cette situation seraient fusillés pour haute trahison.


          • Sigismond Sigismond 9 novembre 2017 08:54

            @popov
            Je suis assez d’accord avec vous sur votre perception de l’islam dont la dngerosité ne semble pas avoir été perçue par tout le monde, c’est un euphémisme. Et ce n’est pas effectivement une religion à placer sur le même plan que les autres, d’autant pus qu’elle-même ne le souhaite pas.
            L’utilité de la loi de 1905, si elle avait été respectée, aurait été justement de nous protéger contre tous ceux qui sont entrés dans un processus de soumission, et en particulier les élus qui financent cette religion par le biais de prétextes culturels (voir la nouvelle mosquée de Paris). l’autre utilité aurait été de surveiller ce qui se raconte dans les mosquées, chose prévue par la loi de 1905, et qu’on nous présente aujourd’hui comme des mesures novatrices et courageuses. Si les termes de la loi avait été respectés peut-être n’en serions-nous pas là. Mais nos autorités, aidées par la justice préfèrent se servir de cette loi pour montrer qu’elle existe encore pour santionner les crèches de Noël et quelques croix mal placées.


          • sk sk 31 décembre 2017 05:49

            De nouveau en retard avec mon commentaire - comment taire ? - mais plus trop en avance pour mes sincères vœux de santé et de bonheur pour vous et les vôtres, cher Sigismond.

            Me souviens de Marius qui allait à la pêche au congre sur MP... Je vous y verrais bien, tiens !

            À bientôt de vous lire, St.

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