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Présentation de l’ouvrage de Michel J. Cuny : Une santé aux mains du grand capital ? – L’alerte du Médiator

 

Extrait du chapitre 1 : 

« Ici commence la sulfureuse histoire de furet-Médiator : une sorte de « l’attrape qui pourra » qui a duré environ trente-cinq ans au beau milieu d’un paysage que, grâce à lui, nous allons pouvoir visiter jusqu’à finir peut-être par y perdre le souffle… » (page 19)

Extrait du chapitre 2 :

 « Certes, derrière les préparations magistrales, il n’y a que les officines pharmaceutiques, tandis que, derrière les spécialités pharmaceutiques, il y a certaines des plus grosses fortunes françaises, européennes, voire mondiales… Mais nous aimerions tout de même comprendre comment l’Administration joue son rôle au milieu de cet univers des petits et des très gros… » (page 49)
 

Extrait du chapitre 3 :

 « Mais précisons tout de suite qu’à ce propos du caractère usurpé de l’indication concernée, les Laboratoires Servier vont pouvoir dormir tranquillement pendant dix ans sans que, désormais, il leur en revienne le moindre bruit… Comme pour le reste, l’affaire était donc entendue : de ce côté-ci comme de celui de la lutte contre le diabète, il paraît que ce cher Médiator ne valait à peu près rien. Un beau gosse, peut-être. Un sale gosse, sans doute. Mais surtout un gros faiseur d’argent. Un gagnant !… » (page 79)
 

Extrait du chapitre 4 :

 « On constate qu’à cette altitude, l’oxygène commence à devenir relativement rare. Exiger des entreprises du médicament qu’elles mettent un terme au pillage de la Sécurité sociale, qui s’organise à travers les produits dont elles ont la responsabilité du bon usage, et qui débouche sur une fraude à l’assurance dont on ne sait pas très bien si elle ne pourrait pas tomber sous le coup du code pénal, ce serait donc beaucoup trop. Encore heureux s’il est possible d’oser leur demander de ne pas en rajouter par l’activité indiscrète des visiteurs médicaux… et indirecte d’une certaine presse féminine. » (page 116)
 

Extrait du chapitre 5 :

 « Nous voici avertis : la mort d’un médicament, la mort d’un médicament qui a reçu son autorisation de mise sur le marché, c’est une affaire que la loi du marché ne permet pas, à moins que… Le produit, avant même de blesser grièvement ou de tuer, n’aurait-il qu’une utilité nulle – comme Médiator le démontre de façon de plus en plus criante au fur et à mesure du développement de son histoire –, il ne peut sortir sa grosse patte de l’extraordinaire trésor de guerre que constitue pour lui la Sécurité sociale qu’après que du sang soit venu la recouvrir, et pas qu’un peu. Nous en sommes effectivement venus à comptabiliser les morts et les blessés graves… » (page 148)
 

Extrait du chapitre 6 :

 « Or, pour notre part, nous ne pouvons pas négliger le fait qu’à tous les moments importants de son très long parcours, le Médiator n’a cessé de profiter des possibilités que lui ouvraient la réglementation et les pratiques en vigueur. Cette longue « vie » d’un médicament, pour lequel certains auront été constamment aux petits soins, se sera achevée sous les projecteurs de l’actualité, et ce n’était que justice. Voilà l’un des héros de la saga des enrichissements illégitimes qui s’opèrent au détriment de la collectivité : Sécurité sociale et Assurances complémentaires. A-t-on déjà fait mieux… sans le dire ? Ne pourrait-on pas faire mieux… et, cette fois, sans le laisser dire ? » (page 180)
 

Extrait du chapitre 7 :

 « Avec toute la force personnelle qu’il sait si bien manifester, Jean-François Bergmann, vice-président de la Commission d’AMM (Autorisation de mise sur le marché), n’en est pas moins capable de montrer avec la plus grande franchise là où le bât, qu’il a bien voulu porter, le blesse. Après avoir expliqué qu’il recevait une rémunération personnelle de Sanofi-Aventis pour un essai thérapeutique – dont il se dit « très fier » – réalisé essentiellement au Mexique, en Tunisie, en Chine et aux Philippines chez 9000 malades, il s’exclame, à propos du lieu où les résultats de l’essai seront présentés : « Ni l’AFSSAPS, ni mon Université Paris-Diderot, ni l’APHP [Assistance publique – Hôpitaux de Paris] ne me paieront mon congrès à Kyoto.  »
Or, Sanofi-Aventis le fera… » (pages 204-205)
 

Extrait du chapitre 8 :

 « Sanofi-Aventis est d’abord et avant tout une machine destinée à accaparer des richesses qu’elle n’a pas produites et à en faire financer le paiement par un système d’assurances sociales auquel l’État complice lui ouvre de jour en jour davantage le contrôle de l’accès, tout en maquillant, pour l’essentiel de la population, et grâce à un système sanitaire complètement poreux aux intérêts du grand capital, le caractère assez largement charlatanesque du rôle que joueraient cette invraisemblable machine financière et le bazar médicamenteux qui va avec, dans la santé des femmes, des hommes et des enfants de notre pays.
À l’évidence, pour les grands intérêts financiers internationaux, la question n’est pas là. Elle est dans la volonté politique, nettement affichée comme nous le verrons, de détenir une arme de dimension planétaire pour aller ponctionner, au plus près des individus, c’est-à-dire à travers le souci qu’ils peuvent avoir de leur santé et de leur maintien en vie dans les meilleures conditions physiques et mentales possibles – et à travers la plus-value commerciale que cela détermine dans un système d’offre et de demande – les fruits d’une exploitation capitaliste exercée sur ce qu’il peut y avoir de plus intelligent au monde, de plus cohérent et de plus fin dans le travail des collectifs, de plus tragique et de plus héroïque dans le dévouement de tous ces médecins, de tous ces universitaires, de tout ce personnel de santé… et de ces parents, amis et voisins qui viennent parfois s’incliner sur ce que l’humain ne cesse d’emporter de malheurs au plus profond de son intimité physique et psychique. » (pages 264-265) 
 

Extrait du chapitre 9 :

 « Pour bien comprendre la position actuelle de la Sécurité sociale dans la société française, et ne plus avoir à s’étonner exagérément des comportements des multinationales du médicament et de leurs différents relais politiques en présence du trésor de guerre que constituent les caisses de l’Assurance maladie et, tout spécialement, la part consacrée au remboursement des médicaments, il faut la replacer dans son berceau : le social. Qu’est-ce donc ?
Il s’agit à l’évidence d’un écran qui concrétise le double abaissement de l’économique et du politique, c’est-à-dire du travailleur et du citoyen, au profit d’un vague consommateur de certains bienfaits de la vie en société dont on ne sait plus très bien la provenance, ni la justification, puisque, pour sa part, l’exploitation n’a fait que croître et embellir, ici comme dans le reste du monde. » (page 275)
 

Extraits du chapitre 10 :

 « Nous retombons ici directement sur la question de l’accentuation de l’exploitation du travail : augmentation de l’intensité de celui-ci ou baisse relative des salaires. Une autre réponse serait d’améliorer les outils de production, l’organisation du travail, etc. Mais, dans tous les cas, il est clair que c’est au travail de payer le prix de la pression exercée par la monnaie unique sur les éventuelles variations monétaires. » (page 313)

 « Comme on le voit, la pression centrée, grâce à la monnaie unique, sur le travail, doit se traduire par une hausse de l’exploitation qui rend l’aventure de l’investissement d’autant plus attrayante. Tous les responsables politiques qui se sont activés autour de la réussite de la ratification populaire du traité de Maastricht le savaient pertinemment. » (page 315)
 

Extrait du chapitre 11

 « Comme toute leur activité passée le démontre, par elles-mêmes, les multinationales du médicament n’ont rien apporté du point de vue thérapeutique. Or, personne ne peut leur en faire le reproche, et surtout pas leurs actionnaires. Elles n’avaient promis que d’innover : elles y ont parfaitement réussi. L’évolution de leurs chiffres d’affaires et l’énormité de leurs retours sur investissement en témoignent très largement. En rémunérant, à un niveau pratiquement jamais encore vu dans la phase actuelle du régime capitaliste, ceux et celles qui ont investi sur elles, elles ont aidé à dégager une partie importante de cette finance internationale qui s’amuse aujourd’hui avec des États complètement désarticulés par rapport aux populations dont ils prétendent assurer le bien-être. » (page 367)
 

Extrait du chapitre 12 :

 « L’imperfection principale, parmi celles qui sont nécessaires à la production de rentes, est donc désormais constituée par le risque en tant que tel, tout simplement. Il peut même trouver dans les guerres du pétrole – et donc dans l’attribution de parts dans la rente pétrolière – un aliment essentiel à sa propre promotion. Il le trouvera de plus en plus dans la déstabilisation des économies nationales à travers la mise en cause de leurs finances publiques…
 Le mécanisme de récupération de la rente appuyée sur le risque est plus ou moins définitivement mis en place. Il est, lui-même, un facteur de risque… c’est tout ce qui fait son charme. » (page 398)
 

Extraits du chapitre 13 :

 « Effectivement, puisqu’il est entendu que la recherche publique française est désormais programmée pour, en synergie avec les grands laboratoires, se consacrer plutôt à l’innovation médicamenteuse qu’à l’amélioration de l’efficacité thérapeutique des médicaments, pourquoi ne pas tout reprendre dans la seule ligne de la croissance économique ?
 Dans ce cas, qu’importe les milliards perdus pour une vraie recherche pharmaceutique de caractère fondamental, puisque, grâce à des Agences du médicament débonnaires, à un corps médical dûment chapitré, à des Assurances maladie et complémentaire bonnes filles, et à des patients-électeurs disposés à périr au champ d’honneur de maladies désormais intouchables, nous les retrouverons, ces milliards, dans les chiffres d’affaires des plus grosses sociétés du médicament et dans le solde positif de la balance commerciale des produits de santé !… » (page 413)

Lien : ici

Une santé aux mains du grand capital ? – L'alerte du Médiator


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9 réactions à cet article    


  • Rantanplan Rantanplan 14 janvier 11:56

    La publicité est une forme de communication dont le but est d’attirer l’attention d’une cible visée afin de l’inciter à adopter un comportement souhaité, achat d’un produit, un livre par exemple.

    Une publicité rédactionnelle est une publicité presse qui se présente sous la forme d’un contenu rédactionnel pouvant passer pour un contenu éditorial et non une annonce publicitaire presse.

    La loi relative à la publicité impose une mention obligatoire du caractère publicitaire du contenu rédactionnel.

    Donner au message l’allure d’une critique serait plus adroit pour échapper à l’infraction.


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 14 janvier 12:55

      @Rantanplan
      Merci pour ce rappel à la loi.
      Voici maintenant le cadre général de cette « publicité »...
      http://www.cunypetitdemange.sitew.com/


    • pierrot pierrot 14 janvier 15:26

      L’expérience tragique du Médiator où celui ci a été prescrit hors AMM (agrée pour la seule diminution des triglycérides et non "coupe-faim) ) devrait nous alerter sur la diffusion de la chloroquine , (hors AMM Covid-19) par le Dr Raoult, sans aune validation d’études cliniques, ni autorisation AMM.


      • Francis, agnotologue Francis 14 janvier 15:43

        Spécial pierrot
         

        « Les médicaments qui guérissent ne sont pas rentables et ne sont donc pas développés par les laboratoires pharmaceutiques, qui parallèlement développent des médicaments qui chronicisent les maladies et qui doivent être consommés de manière ininterrompue,” a déclaré Richard J. Roberts dans une interview au magazine « PijamaSurf ».

         
         

         
         https://www.lessymboles.com/les-medicaments-de-guerison-ne-sont-pas-rentables/

        « l’analyste financier Goldman Sachs un conspirationniste de la pire espèce comme on sait  avait rappelé au secteur médical combien la mise sur le marché d’un médicament miracle efficace en quelques jours n’était pas nécessairement la meilleure des stratégies pour assurer la pérennité financière d’une entreprise ». 
         
         Quel bel euphémisme !


      • Francis, agnotologue Francis 14 janvier 16:02

        @Francis

         voir à partir de la 21ème minute :
         https://cdn.lbryplayer.xyz/api/v3/streams/free/MAL-TRAIT%C3%89S-Covid-19-le-documentaire-CHOC/ee305ad7151696ffcaea9cfcb606969840eb3af9/3309c7
         
        « les décisions d’Olivier Véran (d’interdire l’hydroxychloroquine) surprennent d’autant plus que tout le monde sait dans la communauté scientifique que les études peuvent être manipulées par l’industrie pharmaceutique »


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 14 janvier 18:04

        Sanofi-Aventis est d’abord et avant tout une machine destinée à accaparer des richesses qu’elle n’a pas produites et à en faire financer le paiement par un système d’assurances sociales auquel l’État complice lui ouvre de jour en jour davantage le contrôle de l’accès

        Excellent. Trop de gens accolent le nom « laboratoire » à Sanofi, alors qu’il ne s’agit que d’un consortium de financiers qui octroie des crédits aux laboratoires qui promettent les produits les plus rentables...

        PS : hors sujet : j’ai trouvé certains nombre de vos travaux anciens sur de Gaulle lors de mes recherches pour un article que j’ai publié récemment. Très bons, merci.


        • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 14 janvier 18:40

          @Opposition contrôlée
          Merci pour ce que vous écrivez à propos de Sanofi-Aventis.
          Je viens de lire votre excellent article, et tout ce que vous avez su tirer de Vers l’armée de métier de Charles de Gaulle.
          Vous savez sans doute que son gendre, Alain de Boissieu, raconte, dans son ouvrage Pour combattre avec De Gaulle (Plon, 1999), avoir découvert un exemplaire de ce livre de 1934 annoté de la main même d’Hitler, et cela dans la bibliothèque de Berchtesgaden... Aussitôt, un officier américain s’en serait saisi et l’aurait jeté dans le feu de l’âtre voisin...
          Deux ans avant la parution du livre du général de Boissieu, j’avais participé avec lui, ainsi qu’avec Lucie, Raymond Aubrac et Serge Ravanel, à un colloque organisé le dimanche 19 octobre 1997, au musée Jean Moulin (gare Montparnasse, à Paris).
          L’enregistrement montre comment cette séance a été troublée sitôt que j’aie indiqué qu’à la page 445 du tome 2 des Mémoires de guerre, De Gaulle avait truqué le texte qu’il avait signé en présence de Jean Moulin, en février 1943 à Londres : texte qui avait créé le Conseil National de la Résistance.
          Et c’est ainsi qu’aussitôt après notre départ de la tribune, j’ai vu le général de Boissieu s’approcher de moi... Je ne livrerai bien sûr pas ici ce qu’il m’a dit... Il y en a des résonances dans le livre qu’il était alors occupé à rédiger...
          Je vous donne un lien qui vous renverra à certains de mes travaux sur ce sujet... qui nous aura conduits à la catastrophe de l’attaque sur la Libye en 2011 (elle sort directement de Vers l’armée de métier) et sur l’actuelle crise sanitaire (elle sort de la mise en oeuvre du brevet sur les médicaments qui date de 1958...)
          https://degaulleenvrai.wordpress.com/


        • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 14 janvier 20:04

          Merci pour le lien, que je ne connaissais pas. J’ai lu quelques articles. Très intéressant, et surtout, au cœur de l’affaire. 

          J’avais bien noté l’épisode de la découverte de Boissieu. Mais à vrai dire, vos propos me font penser que j’avais mal interprété la chose. Je pensais, sans le contexte du livre, juste avec la citation, que l’épisode était fictif, et qu’il tendait à renforcer la légende que je dénonce dans mon article. Qu’en est-il ?


          • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 14 janvier 20:31

            @Opposition contrôlée
            Comme vous, je suis demeuré incrédule devant ce passage du livre... Cette façon de sous-entendre qu’Adolf Hitler se serait directement inspiré du futur beau-père du capitaine de Boissieu me paraissait très dangereuse pour De Gaulle lui-même. Je ne comprenais pas pourquoi le gendre avait décidé de courir un tel risque...
            Quant à l’intervention « musclée » de l’officier américain, elle me paraît à peu près impossible...
            Par contre, les enchaînements que vous fournissez dans votre article sont fondés sur des textes précis. Je n’en contesterais aucun.
            Je pense, d’ailleurs, qu’en suivant cette voie, il est d’ailleurs possible d’aller bien plus loin. C’est ce que je me suis efforcé de faire dans ce livre électronique... qui est, comme votre article, fondé sur des documents dûment référencés...
            https://livrescunypetitdemange867999967.wordpress.com/2018/10/06/24-jean-moulin-demasque-charles-de-gaulle-et-les-socialistes-1ere-edition-2018/

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