Proc�s Colonna : triomphe de la d�raison de l’Etat ?
Des t�moins oculaires qui ne reconnaissent pas l’accus�, des t�moins � charge qui ont menti sous serment, une enqu�te qui ne rel�ve pas les contradictions des t�moignages des membres du commando et de leurs �pouses, pas de reconstitution qui aurait permis d’av�rer la th�se du m�decin l�giste formel sur la taille du tireur, pas d’�l�ment de t�l�phonie, pas d’ADN, des empreintes ne sont pas celles d’Yvan Colonna, des t�moignages spontan�s et recueillis de mani�re isol�s permettant d’affirmer que le pr�venu n’�tait pas � Ajaccio le soir du meurtre, pas plus qu’� Pietrosella le soir de l’attentat, � la veille du verdict dans le proc�s Colonna, que reste-t-il � l’accusation ? Des aveux - r�tract�s, des r�tractations - aveux et une fuite. Analyse.
Morceau choisi : Me Lemaire : « Et vous Madame quelle �tait votre conviction � ce moment-l�, M. Colonna est-il coupable selon vous ou pas ? » R�ponse : « Ma foi, la police le disait... moi je voulais juste rentrer chez moi et retrouver mes enfants (...). Ils me disaient qu’ils allaient les mettre �
La seule vraie question qui pourrait donner � l’accusation un commencement de preuves est donc de savoir : Pourquoi le nom d’Yvan Colonna ?
En effet, il y a pression, certes, mais pourquoi lui ?
On oublie alors qu’avant Colonna ce sont les noms de
Alors pourquoi ne pas imaginer qu’� ce moment-l�, en panne de sc�nario, la police puisse tout simplement changer de noms, de mani�re aussi al�atoire que pour les autres... Colonna est militant nationaliste, il est connu pour avoir manifest� de mani�re tr�s forte lorsque l’Etat a fait enlev� puis tu�
Les fausses preuves, on a d�j� fait, alors l� on met la barre plus haut et on tape bien fort pour obtenir des aveux... et on les obtient ! Peu importe qu’ils ne soient pas coh�rents entre eux, peu importe qu’ils aient �t� sugg�r�s et non spontan�s. Avec le soutien des m�dias, hommes politiques et grands journalistes d’investigation peuvent y aller de leurs petites phrases assassines qui rendront le verdict implacable et le chemin vers le proc�s irr�versible. La machine est lanc�e.
« Le peuple a faim donnez-lui donc des jeux ». A l’�poque romaine, on jetait les hommes dans une fosse � lion, aujourd’hui, on les jette en p�ture dans les m�dias. Et tout le monde y trouve son compte.
Alors � la question « Pourquoi Yvan Colonna ? », pas de r�ponse, pas plus que dans l’affaire dite Outreau... et dans cette affaire ce sont des enfants qui ont accus�s les parents. On n’a jamais r�pondu � la question de savoir : Pourquoi eux ? ... Mais on a su, tr�s tard... Trop tard, que ce n’�tait pas eux.
Avec les r�tractations, l’accusation est face � un probl�me : s’il y a r�tractations, il n’y a plus d’aveux, donc, comme il n’y a rien d’autres dans le dossier, il faut bien analyser ces r�tractations qui, de fait, ne peuvent �tre ni sinc�res, ni r�it�r�es, ni librement consenties. Elles deviennent forc�ment contraintes, complaisantes, tardives... Oui, mais alors pourquoi les faire si elles sont � ce point peu cr�dibles ? Ils n’avaient plus rien � craindre, ils �taient condamn�s. Faux, tous se sont r�tract�s avant le proc�s.
A la barre, Ferrandi affirme � Colonna : « Tu es un homme d’honneur. Si tu avais particip�, tu aurais revendiqu�. Par cons�quent, je peux affirmer que tu n’y �tais pas ». Cet aveu-l� est rejet� en bloc parce que consid�r� comme ambigu. Comment cette phrase qui est dans toutes les bouches depuis des semaines, mise dans celle d’un des assassins du pr�fet peut soudain � ce point, changer de sens !? On s’est tous dit s’il l’avait fait il l’aurait revendiqu�, qu’il n’aurait pas pu regarder la famille et leur dire avec une telle sinc�rit� qu’il n’�tait pas coupable.
Pourquoi tous les observateurs se sont concentr�s sur ce morceau de phrase en occultant magistralement le « Non tu n’y �tais pas » franc et massif, r�it�r� � la demande de l’accus� ? Et surtout pourquoi l’ont-ils � ce point d�tourn� de son sens premier ?
Visiblement des aveux consentis sous la pression ont plus de force et de valeur que des r�tractations renouvel�es, m�me si, pour certains, celles-ci sont faites du bout des l�vres. Cela suffit-il � condamner un homme � perp�tuit� ?
Dernier �l�ment � charge : la fuite. Postulat de d�part : s’il avait �t� innocent, il se serait rendu.
Logique, dans un pays comme la France, on se pr�sente, on explique qu’on est innocent et que le futur pr�sident de la R�publique se trompe et on ressort tranquille apr�s avoir prouv� que notre d’emploi du temps ce soir-l� ne permet pas d’�tre l� o� l’on pense que vous �tiez. Tr�s bien. D’ailleurs tous ceux qui ont �t� interpell�s, consid�r�s comme coupables puis innocent�s ont �t� rel�ch�s :
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- Mathieu Finidori : 2 ans apr�s,
- Jean Castella : 7 ans apr�s,
- Vincent Andreuzzi : 7 ans apr�s.
Les craintes d’Yvan Colonna en lisant un matin du 26 mai 1999 dans le journal : « WANTED Yvan Colonna : tueur de pr�fet », dans un pays o� l’on fabrique de fausses preuves pour valider une hypoth�se lors d’une enqu�te, dans un pays o� un homme, policiers de son �tat, en arrive � mettre un calibre sur la tempe d’un enfant de 3 ans pour obtenir d’une m�re les aveux qu’il faut entendre, dans un pays o� un pr�fet de
En fait, dans une affaire aussi facile avec des aveux, francs, massifs, concordants sans aucune contradiction, une fuite signe d’une �vidente culpabilit�, des r�tractations qui ne sont absolument pas spontan�es, des t�moins oculaires qui ne sont pas cr�dibles et des t�moignages sur l’emploi du temps de l’accus� qui sont forc�ment complaisants, pourquoi a-t-il fallu � l’instruction quatre ans et demi et un d�p�t de plainte aupr�s de
Pourquoi un tel acharnement politico-m�diatique � charge et tr�s rarement � d�charge ?
Pourquoi est-il si important que cet homme que rien dans ce dossier ne permet de condamner � la r�clusion criminelle � perp�tuit� soit d�clar� coupable ?
Beaucoup de questions n’est-ce pas, mais une seule phrase qui r�sonne comme une inexorable issue : « Peu importe que cet homme soit coupable ou innocent, il faut qu’il soit condamn� ». Il s’agissait alors d’un certain Dreyfus � la fin du XIXe si�cle en France ...





