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Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce qu’une crise ?

Qu’est-ce qu’une crise ?

Une crise est un phénomène qui devait se produire et qui vient à son heure bousculer l'organisation établie, un certain équilibre construit plutôt stable. On ne répare pas une crise : on y fait face soit en l'accompagnant par des réponses adéquates soit en la menant à son issue inévitable. On donne à tort le nom de crise à des phénomènes naturels ou par euphémisme pour désigner une guerre. Une guerre n'est pas une crise, c'est juste une guerre. Un choc n'est pas toujours suivi d'une crise. On comprend dès lors que la définition de la crise importe beaucoup dans le débat autour du concept de crise.

Une crise est une menace qui met en alerte notre instinct de survie. Elle ébranle notre zone de confort et nos certitudes.

Pour faire face à une crise, il faut avoir déjà intégré la notion de crise.

I - La définition célèbre de crise donnée par Antonio Gramsci est correcte

Ce penseur communiste italien, lui-même sujet à des crises (nerveuses) et qui a subi la crise du fascisme, a écrit ses cahiers durant ses longues années de réclusion comme prisonnier politique. Après sa mort, on a retenu cette définition célèbre : « La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés  » (Cahier 3, § 34, p. 283).

Cette citation n'est que la mise en mots de ce que l'Humanité sait depuis plus de trois mille ans : les mythes grecs d'Ouranos, de Cronos, de Zeus, de Déméter, notamment, exprimaient déjà par des images fortes et puissantes le phénomène de crise.

1er exemple  : Chaos engendre cinq divinités primordiales : Gaïa (la Terre), Tartare, Eros, Erèbe (les Ténèbres), Nyx (la Nuit), Ouranos (le Ciel). Mais Ouranos couvre la Terre sans permettre à ses enfants de venir au dehors d’elle. Nous sommes don cbien dans le scénario décrit par Gramsci : l'ancien monde ne permet pas au nouveau monde de naître. La crise surgit et quelle crise ! Gaïa forge une faux et son fils Cronos castre son père (Les mythes grecs ne font pas dans la dentelle), lequel doit s'exiler. C'est la sortie de crise.

2ème exemple  : la nouvelle génération a gagné et règne par Cronos. Celui-ci engendre des enfants (les futurs dieux olympiens) avec sa sœur Rhéa (oui, sa sœur ! Les mythes grecs sont ainsi) et que fait-il ? Comme son père Ouranos, il retient la naissance du monde nouveau. Il avale dès leur naissance les enfants qu'il a eus avec Rhéa. Mais il ne les croque pas, contrairement à la représentation donnée par Goya dans son tableau : "Uranus dévorant ses enfants". C'est pourquoi, Zeus - qui a réchappé à l'ngloutissement grâce à Gaïa - lui fait recracher plus tard ses frères et sœurs (Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon). C'est la sortie de crise.

Mais la suite des mythes grecs met en scène bien d'autres crises encore.

II - La crise engendre des monstres, ajoute Gramsci

La seconde partie de la citation est souvent traduite par « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres  ».

Des monstres sont en effet apparus lors des crises racontées par les mythes grecs. Typhon a pour fonction d’engendrer des monstres. Il s’accoupla avec Echidna : moitié femme et moitié serpent. Des monstres (terrestres) naissent de leur union : Cerbère, Chimère, Sphinx, Lion de Némée, Hydre de Lerne, Gorgones : trois sœurs dont Méduse. Des monstres marins aussi sont créés : Phorcys et Céto engendrent les Grées et les Phorcydes (dont la mère du cyclope Polyphème).

Après ce tour d'horizon, posons-nous la question "à quoi servent les monstres ?" Il semblerait que, dès l'Antiquité, ils aient eu pour fonction de régler des conflits et des situations sans issue pendant la période que Gramsci nomme "l'interrègne" : la période intermédiaire entre l'effacement du monde ancien et le règne du nouveau monde. Durant cet intervalle, le plus grand désordre règne et le monde est livré aux appétits des uns et des autres. Pour trouver des voies de sortie glorieuses, les héros jaillissent (lque es monstres mettent en valeur en éprouvant leur force, leur adresse et leur ruse !) : Persée, Hercule, Thésée, etc.

L'Histoire recèle d'exemples de héros surgis durant les interrègnes, Napoléon n'étant pas le moins illustre. Quand la société retrouve une organisation fonctionnelle et stable, les héros disparaissent, un système domine alors et les crises sont limitées ou cycliques et atténuées, en un un mot gérables.

III - La définition de crise de Gramsci doit être complétée par le concept de séparation

La crise n'est pas simplement une transition, une étape dans une succession de changements. Elle est avant tout une séparation.

Les exemples de la mythologie précités le confirment.

L'enlèvement d'Hélène à Ménélas est vécu comme une violente séparation par tous les Grecs. Ils s'unissent tous contre Troie. C'est parce qu'il ne s'agit pas d'un simple enlèvement, d'une offense à l'union matrimoniale. Il s'agit d'un arrachage violent ressenti par tout le peuple grec. En l'occurrence, la crise est tellement forte qu'elle débouche sur une guerre sanglante : la Guerre de Troie.

L'existence humaine apporte aussi son lot d'exemples de séparations-crises :

- Crise de l'accouchement : la dépression puerpérale pour la femme. Pour ce qui est du bébé, il subit aussi certainement une crise d'éjection du ventre maternel mais on ne peut pas l'évaluer.

- Crise de la séparation mère-enfant  : premier stade d'opposition (stade dit du miroir) qui se traduit par la prise de conscience que l'Autre est distinct de moi. Cette séparation offre à l'enfant son autonomie et coupe le cordon ombilical symbolique, évitant ainsi le phénomène de fusion affective mère-enfant, phénomène qui nuit à l'enfant dans son cheminement vers l'état adulte.

Ici, le mythe grec de Déméter et de sa fille Perséphone est une illustration parfaite. La fille de Déméter (qui s'appellera Perséphone ensuite) est enlevée par le puissant dieu des Enfers, Hadès, son oncle. Déméter, folle de douleur, quittera le séjour des dieux pour se réfugier sur la terre et, pour se venger, elle empêche les semences de germer. «  La Terre sera affamée tant que je n'aurai pas retrouvé ma fille  ». La crise naît d'une séparation douloureuse. Cet exemple montre qu'une demi solution est la pire des réponses. En effet, dans cette histoire, Zeus doit négocier avec Hadès et l'accord conclu ne résout pas complètement la crise : Perséphone devra rester aux Enfers la moitié de l'année (automne et hiver pendant lesquels sa mère déprime et ne laisse rien pousser). Au printemps et en été, elle vient sur terre et Déméter est heureuse : toute la nature renaît !

Si la solution donnée à Déméter est mauvaise, elle est utile aux hommes. En effet, ce mythe justifie le cycle des saisons et dissipe chez nos lointains ancêtres la peur liée à l'hiver (les gens redoutaient que le printemps ne revienne plus). 

- Crise de l'adolescence : la séparation peut ici provoquer une rupture psychologique entre l'adolescent et les adultes. Mais le but de la gestion de crise est d'éviter la rupture et d'accompagner la séparation naturelle.

- Crise du sentiment amoureux  : l'amour est un chamboule-tout. Il serait trop aventureux d'essayer d'expliquer par la philosophie les nombreuses crises que l'amour engendre.

- Crise de la rupture amoureuse : ici, la crise prend la forme d'une rupture plus que d'une simple séparation.

- Crise du deuil

IV - Notion de crise et normalité

Certaines crises, on le voit, sont naturelles. D'autres ne sont pas naturelles mais normales par rapport au système de référence : les crises économiques cycliques, les crises cycliques de la démocratie.

Séparation rime avec réparation

Quand la crise se traduit par une séparation (et non par une rupture définitive), la réparation est possible : réparation non pas pour remettre les choses comme avant mais pour tisser un nouveau lien, un lien d'amitié et de respect réciproque. C'est pourquoi, de façon générale, il y a lieu de distinguer les crises de rupture des crises de séparation. Car la réparation est un outil précieux pour le second cas. Il faut se garder de décider qu'une crise est synonyme de rupture quand des voies de réparation ("recréation" : mot plus adapté peut-être) sont possibles.

Quand la crise-séparation est correctement traitée, on évite une rupture. La séparation, au lieu d'aboutir à une rupture, opère un rapprochement. vivable voire productif 

Sur un plan géopolitique, cette thèse peut aussi se vérifier. Un territoire peut faire sécession. La crise ainsi créée peut finir dans un bain de sang (Guerre de Sécession américaine) ou peut mieux tourner avec l'aide d'une diplomatie juste et désintéressée (celle de l'OTAN ne répond pas à cette définition...).

Beaucoup de crises, qui reviennent par cycles, ont été intégrées par l'Humanité comme étant normales grâce, au début, par l'adoption de récits mythologiques et de croyances.

L'enfant s'invente des mythes pour supporter les moments de crises difficiles. Ce comportement est normal. Le mythe est donc une solution vitale, comme un baume, un pansement temporaire. Le mythe est utile soit de façon transitoire soit pour un usage modéré, mais le perpétuer comme un recours permanent et en de trop nombreuses occasions altère le jugement et ne permet plus d'appréhender le réel avec lucidité. C'est alors aussi une méthode de fuite pour éluder les difficultés réelles. Les mythomanes vivent dans une réalité alternative : je citerai ici le cas de Donal Trump. Ne faisons pas un mauvais usage du mythe, n'en faisons pas non plus un usage exagéré : "rien de trop" disaient les Grecs.

Nous tous, nous vivons avec des mythes que nous avons créés ou adoptés et qui nous aident. Fort heureusement, comme l'enfant qui doute de l'existence du Père Noël, nous savons faire la différence entre la réalité et le mythe.

 


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27 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 22 février 17:25

    Les crises sont un instrument de contrôle des économies libérales, la pédale de frein, souvent, utilisées par nos archontes quand la belle mécanique s’emballe et qu’ils veulent reprendre la main.

    Ça peut aussi servir à faire crever ceux qui ne jouent pas le jeu, ou qui ne comprennent pas spontanément les règles de la mafia globaliste.


    • sylvain sylvain 22 février 19:36

      @Clocel
      il faut croire que la mécanique s’emballe depuis plus de 40 ans maintenant .
      On se demande si c’est encore du controle ou si ce n’est plus que de l’assistance respiratoire


    • Clark Kent Kaa 23 février 07:41

      @sylvain

      « Crise », « critère » et « critique » ont le même étymologie, et désignent un seuil, un point de basculement ou une situation cruciale dont l’identification permet de mettre au jour un système de fonctionnement.

      La plupart des phénomènes socio-économiques présentés comme des crises inéluctables ne sont que les effets d’une stratégie catastrophique pour les dominés et juteuse pour les dominants. Ce mot a remplacé ceux de « fléau » ou « châtiment divin » utilisés à des époques où la peur du surnaturel était plus forte que la curiosité et l’envie de comprendre, mais l’objectif et le mécanisme étaient les mêmes : manipuler pour tromper et spolier.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 février 18:09

      Bonjour Taverne. C’est certainement votre meilleur article. Car il est dit aussi qu’on ne met pas de vin neuf dans une vielle outre, mais on change d’outre.. Lire tout Luc Bigé ou Liz Greene. Pourquoi Saturne est le seul capable de de transformer le plomb en OR. J’ai lu un livre qui parle de Saturne comme le premier parricide de l’histoire. La castration n’est pas un Parricide. La preuve : le sperme d’Ouranos au contact de l’Océan met au monde Aphrodite. On passe du viol, à l’amour. De plus Saturne ré-introduit le cycle des saisons face à la procréation folle. Tout à fait actuel avec la GPA, PMA . Le compagnon d’Aphrodite fut HERMES (Dieu du verbe). chaque chose en son temps... Il n’y a pas de crise climatique : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas... C’est le mental pourri des adeptes de la GPA et PMA qui se reflète dans le ciel... et si Perséphone (encore Persée...) était heureuse avec Hadès.... Lire : Femme qui dansent avec les loups..... Elle explique comment faire rire (équivalent d’un orgasme mental) DEMETER de manière à lui faire oubler sa fille CORE... la jeune fille, pas encore mûre et collée à sa mère... Hadès fut séduit par Coré alors qu’elle cueillait des fleurs (la symbolique est claire sans insister : perdre sa fleur. C’est l’inspir et l’expir. HAMSA. Mort vie ou le cycle des morts renaissances.... Le coranavirus (Corona : KETHER) a commencé une année 20 (le jugement au Tarot). Remarquons que les cycles de la vie sont de sept ans. Le temps du passage d’URANUS ouranos).. Et comme par hasard de manière synchrone, Uranus rentrait dans le signe du Taureau..Vaccin, vient de vacca, la vache. En Bélier, nous avons connu le Djihad... Bon, pour se donner l’envie d’apprendre l’héBreux : http://soleildelumiere.canalblog.com/archives/2013/03/01/26542075.html. Bonne soirée... Accouchement d’Uranus en 2026.... Le temps de la maturation.... 26, c’est YHWH en numérologie. Et en plus : la somme donne 10 ou TETRAKTIS de Pythagore. En Hébreux : LE YOD. Le doigt de dieu. Comme celui tendu sur Notre Dame de Paris... 15-16 avril (le même jour où le Titanic (les TITANS) sombrait dans l’Océan. 2019 : Le liens avec ouranos est clair... 2019 jusque 2026 : sept ans..


      • Taverne Taverne 22 février 19:03

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Koré etait en effet le premier nom de Perséphone. Koré signifie « fille ». En rapport à Deméter dont le nom signifie « mère ». C’est pourquoi il m’a semblé que ce mythe incarne bien la relation mère-fille de manière universelle.

        Quant à Aphrodite déesse de l’amour, elle peut aussi être très méchante : voir la pièce Hippolyte d’Euripide dans laquelle elle torture par l’amour la pauvre Phèdre. A propos d’allusion sexuelle j’ai relevé dans cette pièce le désir vivement exprimé par Phedre de rejoindre Hippolyte à la chasse et de saisir la lance ! Les traducteurs n’ont pas vu l’allusion. 


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 février 10:42

        @Taverne
        Achille et Penthésilée... 

        Penthésilée est reine des Amazones.
        Lors de la guerre de Troie, elle accourt à l’aide de Priam et elle rencontre Achille... Le combat s’engage, mais quand Achille transperce de son épée Penthésilée, leurs regards se croisent et le héros Grec tombe amoureux de cette femme « digne de lui ». Il éclate en sanglots.

      • Taverne Taverne 23 février 10:55

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Merci, je ne connaissais pas cette sœur d’Hippolyte. Pour les non initiés, je parle de Hippolyte, la chef des Amazones et non du fils qu’elle a eu de Thésée. Hippolyte veut dire « chevaux lâchés » ou « déliés ». Je suppose que les Amazones chevauchaient presque sans équipement (pas de brides). Pour le fils, son nom était une prémonition : il est mort dans un accident de char ; Ses chevaux se sont emballés.

        PENTHÉSILÉE

        Quand son âme se fut tristement exhalée
         Par la blessure ouverte, et quand Penthésilée,
         Une dernière fois se tournant vers les cieux,
         Eut fermé pour jamais ses yeux audacieux,
         Des guerriers, soutenant son front pâle et tranquille,
         L’apportèrent alors sous les tentes d’Achille.
         On détacha son casque au panache mouvant
         Qui tout à l’heure encor frissonnait sous le vent,
         Et puis on dénoua la cuirasse et l’armure ;
         Et, comme on voit le cœur d’une grenade mûre,
         La blessure apparut, dans la blanche pâleur
         De son sein délicat et fier comme une fleur.
         La haine et la fureur crispaient encor sa bouche,
         Et sur ses bras hardis, comme un fleuve farouche
         Se précipite avec d’indomptables élans,
         Tombaient ses noirs cheveux, hérissés et sanglants.
         Le divin meurtrier regarda sa victime.
         Et, tout à coup sentant dans son cœur magnanime
         Une douleur amère, il admira longtemps
         Cette guerrière morte aux beaux cheveux flottants
         Dont nul époux n’avait mérité les caresses,
         Et sa beauté pareille à celle des Déesses.
         Puis il pleura. Longtemps, au bruit de ses sanglots,
         Ses larmes de ses yeux brûlants en larges flots
         Ruisselèrent, et, comme un lis pur qui frissonne,
         Il baignait de ses pleurs le front de l’amazone.
         Tous ceux qui sur leurs nefs, jeunes et pleins de jours,
         Pour abattre Ilios environné de tours,
         L’avaient accompagné, fendant la mer stérile,
         Frémissaient dans leurs cœurs, à voir pleurer Achille.

        Théodore de Banville


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 22 février 18:20

        j’ai une bagnole crise ^^


        • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 22 février 18:21

          Vous auriez pu citer la Révolution française, et la Terreur comme exemple de phénomènes morbides qui surgissent dans l’inter-règne.

           

          Le Covid est le monstre qui sépare notre monde actuel du NWO qui peine à naître ... ou qui ne naîtra peut-être pas.


          • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 23 février 11:26

            @Francis, agnotologue

             
             La crise aujourd’hui c’est la mutation d’une société dans laquelle « Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » à une société où « Tout ce qui ne vous est pas spécifiquement autorisé vous est interdit »
             
             


          • Taverne Taverne 23 février 11:59

            @Francis, agnotologue

            En effet, nous sommes entrés dans l’ère des libertés accordées au compte-gouttes, par petits bouts et rétractables à tout moment selon le calendrier politique du pouvoir. Cette inquiétante mutation de notre démocratie me conduit à me méfier de Macron et de sa bande (le sinistre docteur Véran entre autres).

            Cette hégémonie du pouvoir risque d’installer des habitudes délétères. Quelqu’un écrivait l’autre jour qu’il avait vu un jeune se promener seul sur la côte avec un masque sur la visage. Le pouvoir ne lui ayant pas donné l’autorisation écrite de retirer son masque ! Inquiétant et même effrayant.


          • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 23 février 12:35

            @Taverne
             
             ’’un jeune se promener seul sur la côte avec un masque sur la visage. Le pouvoir ne lui ayant pas donné l’autorisation écrite de retirer son masque ! Inquiétant et même effrayant.’’
             
             Un pauvre garçon qui ne sait pas faire usage de sa liberté. Combien sont-ils comme lui ?


          • Mellipheme Mellipheme 22 février 18:24

            Vous écrivez : « comme l’enfant qui doute de l’existence du Père Noël, nous savons faire la différence entre la réalité et le mythe. »

            Je nuancerais en écrivant plutôt : « nous savons parfois, assez rarement en fait, faire la différence entre la réalité et le mythe. »

            Mythe de la démocratie, mythe de l’OTAN bouclier de la paix, mythe des droits de l’homme, mythe de l’Homme naturellement bon et perverti par la société, etc. Pas vraiment l’impression que nous sachions faire la différence entre ces mythes et la réalité. Mais bon, je suis un vieux pessimiste qui ne croit plus en rien  smiley


            • Taverne Taverne 22 février 19:08

              @Mellipheme

              Avec l’épisode actuel concernant l’Ukraine et le Donbass, je me range finalement à l’avis de Fabien Roussel : la France doit prendre son autonomie par rapport à cette organisation. 


            • Taverne Taverne 22 février 18:49

              Erratum : le titre du tableau de Goya cité est erroné. Il s’agit évidemment de « Saturne dévorant un de ses fils » et non pas d’Uranus.


              • Clark Kent Kaa 23 février 08:15

                @Taverne

                Il porte un joli nom, Saturne

                Mais c’est Dieu fort inquiétant…


              • L'apostilleur L’apostilleur 23 février 09:59

                « ...Les mythomanes vivent dans une réalité alternative : je citerai ici le cas de Donal Trump.... »

                Vous ne suivez pas vos propres conseils, vous auriez dû vous relire...

                « ..Ne faisons pas un mauvais usage du mythe, n’en faisons pas non plus un usage exagéré ... »

                Comme Heidegger privilégiez l’alètheia plutôt que la doxa. A moins que vous ne puissiez résister à vos pulsions partisanes. 




                • Taverne Taverne 23 février 12:04

                  @L’apostilleur

                  « vous auriez dû vous relire… » C’est vrai, j’ai oublié de « d » de Donald Trump.

                  Cet article n’a rien de partisan. Je vous mets au défi de prouver le contraire. Les commentaires sous l’article sont libres et j’aurais tout aussi pu les publier sous l’article d’un autre auteur. Vous êtes contre la libre expression ?

                  Vous confondez un peu la doxa et l’agora. Je suis un fervent défenseur de la libre expression citoyenne et donc pour l’agora.


                • L'apostilleur L’apostilleur 23 février 13:29

                  @Taverne
                  « ...Cet article n’a rien de partisan... »
                  Qui le dit ?

                  Mon commentaire ciblait votre diversion Trumpiste 

                  « ...Vous êtes contre la libre expression ? »
                  Qui le dit ?

                  « ...Vous confondez un peu la doxa et l’agora. .. » Pas du tout.

                  Ici la doxa s’opposait à l’alètheia. Remplacez doxa par agora et ça ne veut plus rien dire.

                  Alétheia, aussi divinité allégorique grecque de l’honnêteté...


                • Taverne Taverne 23 février 14:48

                  @L’apostilleur

                  Je fais amende honorable, j’ai dit que Trump est un mythomane. Or, c’est très réducteur. En effet, il est aussi menteur, truqueur, dangereux pour la démocratie et faiblement intelligent. Je m’explique donc platement d’avoir été si concis.


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 février 14:05

                  Les crises ne viennent pas perturber un ordre stable

                  c’est l’inverse, lorsqu’un ordre stable commence à se déstabiliser, il engendre une crise

                  krisis en grec, décision et jugement

                  en chinois, danger et opportunité


                  • Taverne Taverne 23 février 14:38

                    @Bernard Dugué

                    Hum mouaiiiis… (sceptique)

                    J’ai l’impression que cela revient à dire à peu près la même chose que ce que je dis dans l’introduction :

                    « Une crise est un phénomène qui devait se produire et qui vient à son heure bousculer l’organisation établie, un certain équilibre construit plutôt stable. »

                    La crise devait se produire : donc sa cause est inhérente au système. Ce système est « plutôt stable » : ici l’adverbe « plutôt » indique que le système contient une part de faillibilité et que l’instabilité qui en découlera finira par créer la crise.


                  • zygzornifle zygzornifle 23 février 14:56

                    @Bernard Dugué
                     

                    En raison de signalements pour non respect de la charte, vous ne pouvez plus réagir sur cet article.

                  • zygzornifle zygzornifle 23 février 14:55

                    Ce sont des crises calculées par des experts en mondialisation .... 


                    • Taverne Taverne 23 février 15:08

                      zygzornifle

                      L’air de rien, vous soulevez une question intéressante que je ne traite pas dans cet article : la question des crises provoquées délibérément soit à visée lucrative (créer une pénurie, par exemple) soit pour des raisons politiciennes ou géopoliticiennes.


                    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 23 février 18:06

                      @Taverne
                      Bonsoir Paul.
                       Bon billet.
                       Il faudrait peut-être séparer les crises d’ordres psychologiques et celles que l’on classent dans la sociologie. Elles n’ont pas toujours un lien entre elles.
                       La sensibilité et le mal-être entrent de concert pour créer une crise psychologique.
                       Tu as raison de remonter à la période grecque et aux dieux qui montraient des états d’âmes qui existaient chez les humains
                       On n’a pas beaucoup ri dans l’histoire. Ca c’est évident.
                       La tragédie avec les drames a été le théâtre le plus apprécié jusqu’à Molière qui a en gros créé la comédie dans laquelle Louis XIV a pu rire (il devait l’aimer) et a donné à Molière des points de plus qu’à tous les autres.
                       Les guerres de Napoléon sont un monument d’insensibilité des dirigeants.
                       La vie de l’homme n’avait aucune importance. 
                       Cela a beaucoup changé depuis 1914-18 alors que les jeunes s’engageaient pour défendre la patrie et revenaient gazés n’avaient plus envie d’y retourner.
                       Le patriotisme, c’est beau. Mais la vie l’est certainement un peu plus dans notre Occident. 
                       Le traumatisme que crée un drame est ressenti de différentes manières en fonction de la résistance de chacun.
                       Les crises à Sarajevo avec des gens qui devaient éviter les snipers.
                       La crise que vous a apporté le terrorisme à Paris, à Bruxelles et ailleurs, demande beaucoup de résilience.  
                       La série « En thérapie » passée sur ARTE révèle la manière différente de l’assumer psychologiquement.
                       Quand elle est sortie j’en ai écrit quelques billets. 


                    • Taverne Taverne 23 février 18:48

                      @Réflexions du Miroir

                      Salut Guy

                      Il existe aussi heureusement les crises de rire. J’en parlerai peut-être une autre fois. 

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