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Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce qui se cache derrière les bombardements en Afghanistan 

Qu’est-ce qui se cache derrière les bombardements en Afghanistan  ?

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Les images de cadavres et de restes éparpillés dans les mosquées ont de nouveau occupé le devant de la scène médiatique. Mais cette fois-ci depuis l’Afghanistan, après une période pas si brève en Irak et dans d’autres pays. Ces scènes font resurgir les attentats-suicides perpétrés par les militants de l’EI.

La dernière en date est l’attaque d’une mosquée dans la ville afghane de Kunduz qui a tué au moins 50 personnes et en a blessé plus de 100 autres, l’attaque la plus meurtrière de ce type depuis que les forces américaines se sont retirées d’Afghanistan le mois dernier. Les corps éparpillés dans la mosquée Saeedabad de la minorité chiite d’Afghanistan n’ont pas réussi à attirer l’attention du monde.

Aucune condamnation politique n’a été prononcée. Il n’y a pas eu non plus de positions fortes à leur encontre, principalement parce que le monde ne s’est pas encore mis d’accord sur une approche politique spécifique à la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan.

Beaucoup craignent donc que le rejet ou la condamnation de ces pratiques terroristes ne soit interprété comme une sorte de soutien politique aux talibans ou une approbation tacite de leur existence, ce qui leur conférerait une certaine légitimité, bien que non déclarée. La vérité est qu’il n’y a aucune ambiguïté dans les récents bombardements criminels en Afghanistan.

L’État islamique (EI) revendique à chaque fois la responsabilité des attentats et professe son inimitié avec les talibans.

Cette relation conflictuelle entre l’organisation et le mouvement ne concerne personne, sauf dans une certaine perspective  : leurs destins et leurs effets, tant sur le développement du phénomène terroriste et surtout sur les possibilités de relance de l’EI, que sur le peuple afghan, qui se réveille à peine d’une crise qu’une autre le hante.

Outre les souffrances tragiques que les Afghans ordinaires endurent à cause de ces bombardements criminels, le monde doit être attentif aux activités évidentes de l’EI au Khorasan depuis que les Talibans ont pris le contrôle de l’Afghanistan. Il y a une absence de l’État afghan dans son sens souverain.

Le contrôle du gouvernement du pays par un mouvement ou une milice crée un état de non-souveraineté ou de chaos. Ce que l’on entend ici n’est pas le manque de sécurité au sens traditionnel, bien que quelqu’un puisse prétendre que les talibans pouvaient contrôler la situation sécuritaire du pays au-delà du contrôle du gouvernement effondré, qui ne contrôlait que des zones limitées du pays.

Cela peut être théoriquement vrai. Mais cela n’implique pas la présence de l’État afghan, qui a déjà disparu de la carte du monde depuis la fuite du président Ashraf Ghani.

Le monde qui s’entretient avec les représentants des Talibans à Doha est encore loin de reconnaître leur légitimité et de les traiter comme un parti officiel afghan avec lequel coopérer pleinement et publiquement, notamment sur les questions sécuritaires et militaires.

Cette situation d’insécurité en Afghanistan tente certainement une fois de plus les organisations terroristes à l’exploiter et à se répandre dans le pays afin de concurrencer les talibans, par des opérations terroristes dans telle ou telle région, afin de créer la confusion et d’affecter l’image du mouvement dans l’opinion des Afghans.

Sa capacité à faire respecter la sécurité est peut-être la seule caractéristique dont le mouvement peut se vanter, du moins dans la phase actuelle. L’EI et les autres organisations terroristes ne se limitent certainement pas à semer la panique et l’agitation au sein du peuple afghan et des dirigeants talibans.

Mais ces objectifs peuvent aller jusqu’à utiliser une partie ou des parties du territoire afghan comme noyau pour reproduire l’expérience de l’EI en Irak et en Syrie. Cette expérience est tentante non seulement parce qu’elle s’était étendue à de vastes zones et disposait de ressources importantes.

Mais parce qu’elle a laissé de nombreuses leçons cumulatives que les membres de l’EI dans d’autres régions ou les fugitifs après l’effondrement de leur «  État  » en Irak et en Syrie peuvent utiliser pour reproduire le même scénario en Afghanistan.

Ce dernier est plus tentant que l’Irak et la Syrie, que ce soit en raison de la nature géographique difficile de nombreuses zones du pays, rendant difficile la poursuite d’isis par des armées régulières, ou du fait que de nombreux États peuvent être réticents à contribuer à tout nouvel effort militaire là-bas en raison de l’héritage d’interventions militaires ratées.

Les attentats suicides de l’EI à l’intérieur de l’Afghanistan sont une sonnette d’alarme qui reflète le sérieux du groupe.

Tout comme les possibles implications humanitaires de l’escalade du conflit entre les talibans et l’EI, tant en termes de victimes causées par ces bombardements que d’incapacité des organisations humanitaires et de secours à opérer efficacement dans un environnement sécuritaire en détresse.

 


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7 réactions à cet article    


  • hans-de-lunéville 19 octobre 10:16

    Ce ne sont pas des bombardements mais des attentats.


    • Gégène Gégène 19 octobre 10:21

      on peut vraiment se demander pour qui roule Daesh . . .


      • troletbuse troletbuse 19 octobre 10:26

        @G ?g ?ne
        Pour les mondialistes qui l’ont cree


      • eddofr eddofr 19 octobre 11:42

        Entre la peste et le choléra ...


        • phan 19 octobre 12:04

          La vraie question : 

          Qu’est-ce qui se cache derrière les bombardements des wahabites saoudiens et des salafistes émiratis au Yémen  ?

          • titi 19 octobre 17:51

            @L’auteur,

            La guerre civile reprend en Afghanistan entre barbus ?

            Et ça vous étonne ?

            Tant qu’ils se mettent sur la tronche, ça les occupe.


            • Esprit Critique 19 octobre 18:07

              Quel est la diférence entre deux tarés tueurs islamistes ? 

              Réponse : L’un est Taliban, l’autre de l’ETAT ISLAMIQUE pour les victimes la différence est importante.

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