• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Que se passera-t-il après les élections en Irak  ?

Que se passera-t-il après les élections en Irak  ?

Les récentes élections législatives anticipées en Irak ont donné lieu à un nouveau paysage politique, les sadristes étant arrivés en tête du scrutin. Le bloc de Muqtada Al Sadr a obtenu une sorte de victoire électorale, ayant remporté 73 des 329 sièges parlementaires, soit 22 % du total des sièges parlementaires et environ 35 % de sièges supplémentaires par rapport aux élections de 2018.

La présence des «  Sadristes  » en tête du résultat n’est pas surprenante pour les observateurs des affaires irakiennes, et pas seulement compte tenu de la force de ce courant chiite et de son histoire électorale depuis 2003.

Mais aussi compte tenu des interactions de la scène politique intérieure au cours des deux dernières années, notamment à travers les grandes manifestations qui ont eu lieu dans le pays en octobre 2019.

Certains critiquent Muqtada Al Sadr, le leader du mouvement le plus populiste d’Irak, pour ses manœuvres politiques qui ne permettent à personne de connaître à l’avance ses positions et son comportement politique sur n’importe quelle question ou dossier.

Cependant, il est plus clair que Muqtada Al Sadr veut défendre la souveraineté de l’Irak et limiter l’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays. Autant de tendances qui coïncident avec les demandes et les appels des protestataires lors des manifestations de 2019.

Le message le plus important des récentes élections législatives en Irak a été le rejet clair de l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures du pays. La participation électorale des loyalistes de l’Iran a diminué de façon spectaculaire.

Parler d’«  erreurs  » ou d’«  irrégularités  » dans le processus de comptage ne change pas la puissance du message provenant de ceux qui se sont rendus aux urnes lors de la dernière élection. Ceci est en contraste avec un autre message que l’électeur irakien a poussé à la formation d’une nouvelle carte politique au sein du parlement irakien.

Les pourcentages de certains politiciens connus tant chez les Irakiens que chez les Arabes ont dégringolé. Les cinquièmes élections parlementaires depuis 2005 ont un statut particulier car elles ont suivi les manifestations de 2019 qui ont remodelé la conscience collective des Irakiens et les mécanismes du processus électoral dans la loi électorale et dans les nouvelles circonscriptions.

Par conséquent, les résultats ne doivent pas être comparés aux cycles électoraux précédents. Les forces politiques irakiennes devraient également les traiter de manière à préserver l’intérêt public et chacun devrait respecter les règles des urnes sur lesquelles il s’est mis d’accord.

Il n’est pas logique que les résultats soient acceptés s’ils sont dans l’intérêt de tel ou tel courant, et rejetés s’ils sont contraires à leurs intérêts. La conscience du peuple irakien, le développement politique et le rôle des jeunes générations ne doivent pas être négligés dans toute tentative de comprendre le résultat des dernières élections parlementaires.

Si le peuple veut un changement, son message ne doit pas être compris dans le cadre des théories du complot. Ceux qui ne se sont pas qualifiés pour l’élection devraient étudier la situation attentivement et trouver les causes réelles, au lieu de sauter aux conclusions et de faire des analyses infondées. Il est évident que la baisse de la participation à cette élection est liée au changement.

En d’autres termes, ceux qui se sont rendus aux urnes ont voté pour les pouvoirs qui ont raflé le slogan du changement, la lutte contre la corruption et rejeté la domination des milices hors du contrôle de l’État. C’est une évidence au vu de la situation en Irak.

Ceux qui nient ces données veulent «  façonner  » la pensée des Irakiens et répondre à leur désir de changement sans leur proposer d’alternative. Le gouvernement Kadhimi a réussi à organiser des élections qui se sont passées dans le calme et ont eu lieu aux horaires annoncés précédemment.

Il s’agit en soi d’une étape positive importante dans le développement de l’Irak. Il est également vrai que les résultats de ces élections représentent un séisme politique dans tous les sens du terme. Ils sont en train de remodeler la carte politique irakienne. De plus, les défaites politiques majeures de certains leaders et factions chiites confirment le message que les irakiens ont annoncé depuis 2019.

Mais le problème réside dans le refus de certains dirigeants de reconnaître l’effondrement de leur popularité. Les données préliminaires suggèrent que les choses se dirigent vers une crise.

Quelles que soient les conséquences de cette crise, on espère que tout le monde mettra en avant les intérêts du peuple irakien, ses espoirs de changement, d’amélioration des conditions de vie et de se débarrasser de l’emprise des milices passant outre la souveraineté nationale.

La force de l’Irak dans son environnement régional et international ne se fera que si ce grand pays arabe retrouve sa sécurité, sa stabilité et son unité interne.


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

9 réactions à cet article    


  • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 10:12

    "Que se passera-t-il après les élections en Irak  ?"

    Demandez à Goldman-Sachs, Pfizer et Zuckerberg., ils doivent avoir des idées là-dessus.


    • Lonzine 22 octobre 11:15

      Ils vont faire un voyage dans le temps vers 1960


      • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 11:38

        @Lonzine

        Ce serait plus sympa de retourner encore avant 1953 :

        « En 1953, le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, qui entreprend la nationalisation du pétrole, est éloigné du pouvoir à la suite d’un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains, l’opération Ajax, qui sera officiellement reconnu par les États-Unis en 2009, par Barack Obama. Après la chute de Mossadegh, Mohammad Reza Shah Pahlavi met progressivement en place un régime autocratique et dictatorial fondé sur l’appui américain. De nombreux soldats, accusés d’être membres du Tudeh, le Parti communiste iranien, sont exécutés en 1955. L’Iran appartient alors au pacte de Bagdad et se trouve donc dans le camp américain pendant la guerre froide. » (Wikipedia).

        Mais bon ...


      • Lonzine 22 octobre 11:41

        @Docteur Faustroll
        Oui, on ne va pas chipoter pour 7 ans....


      • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 11:56

        @Lonzine

        c’est vrai, la CIA n’est pas du genre à chipoter


      • Lonzine 22 octobre 12:04

        @Docteur Faustroll
        très mauvais chipoteurs.... allez lire les offres d’emplois sur leur site.


      • titi 22 octobre 20:45

        @L’auteur

        « Que se passera-t-il après les élections en Irak  ? »

        Bah comme dans tous les pays arabes après une élection : une guerre civile.


        • SilentArrow 23 octobre 04:13

          @Salem Alketbi

          La force de l’Irak dans son environnement régional et international ne se fera que si ce grand pays arabe retrouve sa sécurité, sa stabilité et son unité interne.



          L’Irak est un pays arabe ?

          Parce que sa langue est l’arabe ? Parce que sa religion est bédouine ? Parce que ce territoire a été colonisé par les Bédouins ?

          Les Kurdes, Assyriens, Chaldéens et autres sont-ils des Arabes ?


          • nemesis 25 octobre 10:27

            Quand la CIA fout le bordel qq part, c’est pour que ça dure et perdure...

            En Europe, on a plus ou moins compris cela, l’Ayatollah Khomeini aussi. Mais, il semble que les factions musulmanes prennent un certain plaisir à en rajouter : Chiisme, soufisme, wahabisme, salafisme et tous les schismes...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité