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Accueil du site > Tribune Libre > Quelle identité pour les Français d’aujourd’hui (...)

Quelle identité pour les Français d’aujourd’hui ?

 

Quand Fernand Braudel publia “l’Identité de la France”, à partir de 1986, son livre ne fit pas polémique. Mais quand Nicolas Sarkozy, en 2009-2010, initia un colloque sur le sujet, ce fut une levée de boucliers. Le sujet était tabou car il ne fallait pas mêler sa voix à celle du Front national.

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"L'interrogation à laquelle nous devons répondre est à la fois simple et difficile : qu'est-ce qu'être français  ? Elle taraude notre peuple car le doute dont nous parlions s'est installé. Et parce que ce doute s'est nourri de phénomènes qui, comme les migrations, ont créé une forme "d'insécurité culturelle" et qui conduit à se demander ce que signifie être français. Il me semble qu'être français, c'est d'abord habiter une langue et une histoire, c'est-à-dire s'inscrire dans un destin collectif. (...) Etre français, c'est aussi une citoyenneté définie par des valeurs "liberté, égalité, fraternité, laïcité" qui reconnaissent l'individu rationnel libre comme étant au-dessus de tout. "

 E. Macron à L'Express, déc. 2020

Le problème, il y a dix ans, c’était déjà la place de l’immigration – et plus spécialement de l’immmigration maghrébine – dans notre pays et celle de l’Islam dans notre société.

Les considérations politiques l’ont alors emporté sur la réflexion historique, géographique et philosophique. Et pourtant, n’était-il pas légitime de s’interroger sur ce qui « fait nation » et sur ce que signifie aujourd’hui « être français » ?

« Je crois que le thème de l'identité française s'impose à tout le monde, qu'on soit de gauche, de droite ou du centre, de l'extrême gauche ou de l'extrême droite, déclarait Fernand Braudel au journal Le Monde, en 1985, peu avant sa mort. C'est un problème qui se pose à tous les Français. D'ailleurs, à chaque instant, la France vivante se retourne vers l'histoire et vers son passé pour avoir des renseignements sur elle-même. Renseignements qu'elle accepte ou qu'elle n'accepte pas, qu'elle transforme ou auxquels elle se résigne. Mais, enfin, c'est une interrogation pour tout le monde.

Et d’ajouter : « L'identité française relève-t-elle de nos fantasmes collectifs ? Il y a des fantasmes et il y a autre chose. Si j'ai raison dans ma vision de l'identité française, quels que soient nos pensées, nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente de la culture, de la politique de la société française. J'en suis sûr. »

Pour J.-P. Chevènement, interrogé en octobre 2009, « La France est une identité d'adhésion, où chacun vient avec son cœur. » 

Pour Marc Ferro, interrogé en 2017, « L'identité de la France, dans le regard des autres, c'est surtout, me semble-t-il, notre histoire, notre "odyssée" historique. D'où l'abondance des interrogations et des disputes nourries qu'elle suscite dans notre discussion publique. Pour les uns, [...] l'identité de ce pays, c'est d'abord le récit national ; pour d'autres, c'est le produit d'une démarche scientifique et réflexive exigeante, appuyée sur les sciences humaines. 

Mais les deux exercent leur fonction. Les sciences humaines et sociales, bien sûr, ne dédaignent pas le roman national, mais elles ne croient pas que celui-ci dise pour autant la vérité. Même si l'image de "la Grande Nation" a moins d'éclat aujourd'hui, même si elle reflète un certain désenchantement, la France reste un exemple qu'on interroge dans de nombreux pays, comme l'Amérique latine ou le Canada. Elle semble à la fois moins exceptionnelle et plus observable à la lumière d'une lucidité dépassionnée. » 

***

Quoi qu’il en soit, la question se pose avec de plus en plus d’acuité. Et ne pas tenter d’y répondre de manière dépassionnée, c’est laisser le champ libre aux « extrêmismes identitaires » qui veulent rejouer « Charles Martel à Poitiers ».

Pour ma part, vieil homme né avant la deuxième guerre mondiale, j’ai la nostalgie de la France des clochers, si bien que je suis déboussolé quand, débouchant du métro à Toulouse, derrière le Capitole, j’ai l’impression de me retrouver à Alger à la fin des années cinquante ! Je sais toutefois que la France d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et que l’immigration récente modifie ipso facto notre identité. Une immigration qui n’a d’ailleurs pas toujours été spontanée. Les employeurs français sont allés pendant des années recruter leur main d’œuvre en Afrique, après l’avoir recrutée en Italie, en Pologne, en Espagne...

Jadis, les immigrés européens, après avoir été quelquefois mal accueillis – on les accusait de manger le pain des Français ! – se sont plutôt bien intégrés. Il faut dire qu’ils venaient de pays de culture chrétienne et que leur intégration ne posait pas de gros problèmes, même pour les Juifs qui se sont de tous temps adaptés aux pays où ils étaient condamnés à vivre. Quant aux asiatiques, leur discrétion leur a permis de s’intégrer sans se couper complètement de leur culture originelle.

La donne a changé avec l’arrivée des musulmans. Pas immédiatement : les premiers arrivants, imprégnés de soumission colonialiste, se sont faits invisibles. Ce sont leurs descendants qui ont de plus en plus souvent recherché à renouer avec leurs racines, fantasmant ainsi une identité originelle – à la grande déception de ceux qui, retournant au pays de leurs ancêtres, se retrouvaient considérés, à juste titre, comme des étrangers. Un certain nombre d’entre eux se sont intégrés, qu’on peut voir au cinéma, à la télévision ou dans la vie courante. Mais combien sont restés, à tort ou à raison, au fond des « quartiers » où on les a parqués, à vivre d’expédients ou d’assistance sociale !

Certains ont voulu magnifier la diversité culturelle dans laquelle ils voyaient une occasion d’enrichissement. Cela aurait pu marcher si l’empilement des cultures se fondait sur un socle commun, si on ne cherchait pas à renier le passé de la France qui a gagné de haute lutte le statut de « république laïque et sociale ». Hélas, de nos jours, certains se vautrent dans une interminable repentance et notre pays se déchire culturellement entre ceux qu’on juge dominants et ceux et celles qui se sentent dominés. L’école ne peut plus jouer son rôle fédérateur. Les tendances centrifuges sont devenues les plus fortes, accentuées par des influences étrangères.

Qu’on le veuille ou non, notre pays ne se situe pas en « terre d’Islam » et n’est pas une simple juxtaposition de communautés. Notre culture a été fortement marquée par notre passé chrétien, même si nos « racines » puisent également dans bien d’autres terreaux. Nous ne travaillons ni le dimanche, ni le jour de Noël, ni à l’Ascension, ni le 15 août... Nous comptons les années à partir de la prétendue date de naissance du mythique Jésus-Christ. Cependant le nom de nos jours ou de nos mois de la mythologie greco-romaine et notre numération vient des Arabes. L’Islam y a toute sa place comme religion, au même titre que les autres, mais un Islam modernisé et adapté à notre pays. Un Islam qui, comme le suggère Faris Lounis, universitaire et journaliste algérien, saurait «  accéder à la majorité », c’est-à-dire « avoir le courage, avoir une attitude héroïque quant à la réclamation du droit de lire et de comprendre librement le Coran – historiquement et philologiquement – et la religion islamique sans aucune pression ou recommandation de la doxa sunnite qui dessine les contours du bien et du mal, de ce qu’il faut comprendre et ne pas comprendre, du comment il faudrait croire, du comment faire habiller sa femme et ses filles, etc. Pour lui, « être moderne, c’est trouver une ligne de fuite par laquelle la raison pourrait s’introduire dans un immense océan de déraison. Et c’est là que la religion sera sauvée par la laïcité, car celui qui se dirigera vers elle sera motivé par une foi bonne et pure, ni contrainte, ni craignant les feux de l’enfer, ni en quête de légitimation politique et sociale ».

Sans renier notre passé ni refuser les apports extérieurs, il serait temps de renouer avec une stricte laïcité qui permette à chacun d’être soi-même sans se séparer des autres. Nous pourrons alors nous sentir membres d’une même nation et, pour certains, prendre notre place dans la lutte des classes plutôt que dans des guerres de religion.

 

Jean MOUROT


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36 réactions à cet article    


  • armand 22 décembre 2020 16:25

    La laïcité ne s’adresse pas à l’individu mais à l’Etat.


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 22 décembre 2020 16:38

      @armand
      Mais ce sont les individus qui respectent ou non le principe.


    • rogal 22 décembre 2020 17:34

      @Jean J. MOUROT
      Le principe de laïcité s’adresse aux pouvoirs publics. Il leur revient de le respecter, dans les lois et autres décisions. Les citoyens, pour leur part, ont à respecter les lois.


    • velosolex velosolex 22 décembre 2020 19:30

      @Jean J. MOUROT
      Je me souviens que Braudel disait que le développement du train, au cours du vingtième siècle avait davantage fait pour l’identité Française que la révolution. On peut ajouter une forme de contrat républicain, basé sur le paris à la fois de la modernité, suite aux lumières, dans un développement harmonieux. Mais il plaçait tout cette évolution dans le temps long. Je pense qu’il serait stupéfait de constater comment le train s’est emballé, laissant de moins en moins de gens en profiter, ceci générant frustration, et révolte.
      L’état a abdiqué de ses missions fondamentales, pour une ouverture à tous crins des frontières et de toute vision d’ensemble. Nous nous trouvons je pense dans la même situation que Rome, incapable d’assurer la paix aux marches de l’empire , et cédant peu à peu la place aux envahisseurs, sur fond de décadence morale. 


    • JPCiron JPCiron 22 décembre 2020 23:14

      @JeanJ.MOUROT
      .
      Oui, l’Etat met en œuvre les structures qui permettront aux individus de faire vivre le principe.
      Le problème de plus long terme me semble être ailleurs.
      Vous dites :
      < Sans renier notre passé ni refuser les apports extérieurs, il serait temps de renouer avec une stricte laïcité qui permette à chacun d’être soi-même sans se séparer des autres. > 
      .
      Mais, d’où venons-nous ? Qui sommes-nous ?
      Depuis des décades, l’Histoire de France n’est plus celle que l’on apprenait autrefois. Le passé se trouve occulté ou retravaillé-réinterprété. 
      En outre, des structures transnationales puissantes ’’travaillent’’ notre identité dans tous les domaines : économique, culturel, idéologique, médiatique, juridique, médical, politique,...

      Nous nous retrouvons de plus en plus acculturés, ’’préparés’’ à devenir des ingrédients vivants d’un Système mondial contrôlé par quelques poignées de brigands...

      Le risque est que ce ’’soi-même’’ soit ce que les médias et politiques façonnent tranquillement avec le temps : des clones qui se croient différents car ils présentent chacun un détail coloré différent auquel ils apposent le terme d’identité.


    • Super Cochon Super Cochon 23 décembre 2020 14:22

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      Cette peur irrationnelle du FN est la même que celle du Covid ! ....... une grippe qui tue 80 % des plus de 85 ans qui avait une espérance de vie d’un an ( une véritable manipulation , une réelle escroquerie orchestrée par les Médias ) !

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      Cette PEUR est créer par les Médias pour pousser les gens à agir contre leurs propre intérêts ! ........ ( Le FN défend l’identité , la culture et le patrimoine de la France , et il faudrait en avoir honte ) 

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    • Super Cochon Super Cochon 23 décembre 2020 14:27

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      La France est un pays Occidental ! ......... et il doit le rester !
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      On a pas à se laisser envahir et imposer des modes vie contraire à tout sens morale par une immigration de masse voulu et organisé par des Traitres de politiciens pour détruire notre pays !
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      .


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 décembre 2020 16:26

      « ... prendre notre place dans la lutte des classes plutôt que dans des guerres de religion.  »

      C’est en effet le but recherché par le pouvoir en place : dresser les uns contre les autres les gens modestes pour pouvoir continuer leur business tranquillou.

      D’une part, les vociférations des braillards et les inepties des intégristes rendent inaudible toute forme d’expression rationnelle et légitime.

      D’autre part, les affrontements plus ou moins provoqués et plus ou moins contrôlés des casseurs sont censés les interventions de policiers en gendarmes mobiles surarmés et la promulgation de lois liberticides.

      Toujours se poser la question : à qui profite le crime ?


      • velosolex velosolex 22 décembre 2020 18:25

        @Séraphin Lampion
        Même pas.
        La scène de crime, actuellement, c’est le monde entier
        Il n’y a pas de plan, de vision, ce qui est bien pire qu’un scénario machiavélique.
        Nous entrons dans les strates de la décadence, et de l’oubli de l’identité commune, terrifiés par le moindre combat à enclencher, tétanisés par l’idée même de nous définir.
        Nous n’anticipons pas, nous attendons les chocs successifs, avant de réagir.
        Ceci est endémique, pas limité à ce problème structurel, mais présent dans la lutte contre la globalisation, le réchauffement climatique. 


      • Aristide Aristide 22 décembre 2020 21:23

        @velosolex

        Il n’y a pas de plan, de vision, ce qui est bien pire qu’un scénario machiavélique.

        Et le pire n’est malheureusement pas encore arrivé,.

        Nous entrons dans les strates de la décadence, et de l’oubli de l’identité commune, terrifiés par le moindre combat à enclencher, tétanisés par l’idée même de nous définir. 

        Je ne suis pas sur que nous ayons oublié ce qu’est cette identité commune, je crois plutôt que personne n’ose en parler tellement notre société s’est habitué depuis des années à s’auto-flageller, à expier des crimes contre l’humanité a dit notre président ... 


      • saint louis 22 décembre 2020 17:08

        En attendant nous pouvons mesurer la rupture sociale actuelle.

        Pour la juguler, il va falloir plus de courage que celle qui a permis de la laisser s’installer.

        De plus la culture et les valeurs qui ont fait le ciment de notre collectivité depuis longtemps a été jeté aux orties par la plupart des administrations.

        Être Français aujourd’hui et le revendiquer, c’est juste devant la finale de la coupe du monde de foot, si notre équipe y est présente.


        • velosolex velosolex 22 décembre 2020 18:19

          Bon article. J’avais beaucoup aimé le livre de Braudel, à sa sortie, qu’il n’a pas eu le temps de finir. Il est évident qu’il faut à tout prix varier les sources d’immigration, au vu du contexte actuel...L’immigration est une autre façon de faire de la politique, pour Erdogan, pour ne citer que lui. Les dernières émeutes déclenchées par les Tchéchènes, à Dijon, ont été la goutte de trop. Clairement, si l’immigration continue, l’intégration n’existe plus ,elle, pour certains depuis des lustres. 


          • Bendidon Bendidon 22 décembre 2020 18:20

            Dans les pays musulmans entendre l’appel à la prière le matin par hauts parleurs c’est magique

            J’ai hâte d’entendre ça en France pour transcender

            Et Merde au matérialisme laïcard smiley


            •  C BARRATIER C BARRATIER 22 décembre 2020 19:56

              @Bendidon
              Un bain de religion qui fait des adeptes un peuple uni sur sa foi, mais pas forcément pour son pays. Je ne me sentirais pas Français si dans mon pays, était déversé sans cesse un message unique, déjà on a une indigestion de publicité, celle là en plus rendrait le pays insupportable.

              Je me sens Français parce qu’à tout moment je peux rencontrer des gens tres différents dans une relative fraternité.

              Voilà ce qu’en dit notre Président :

              Jeudi, Macron 17 décembre à ‘Express

              "Il me semble qu’être français, c’est d’abord habiter une langue et une histoire, c’est-à-dire s’inscrire dans un destin collectif. C’est pour cette raison que nous renforcerons les cours de français et nos exigences en histoire, en particulier pour accéder à la nationalité. 

              Etre français, c’est aussi une citoyenneté définie par des valeurs "liberté, égalité, fraternité, laïcité" qui reconnaissent l’individu rationnel libre comme étant au-dessus de tout. Cette citoyenneté est ce qui a permis à Garibaldi de devenir député français de la IIIe République. Nous n’avons jamais eu cette approche par le sang et la République s’est ainsi structurée"

              Tant pis pour Bendidon, il faut qu’il accepte d’être très minoritaire dans notre République laïque. J’imagine qu’il ne se sent pas Français avec ce qi l’entoure. Qelles conséquences en tire-t-il ? Quelle solution pour lui ? Il va nous le dire !

               


            • Bendidon Bendidon 22 décembre 2020 20:45

              @C BARRATIER

              Quelle solution pour lui ? Il va nous le dire !

              Ben oui il va vous le dire le bendidon

              Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii quelqu’un qui se réfère de Micron sur ce site ????

              Et un hussard (noir) de la ripoublique en plus ?????
              Non mais ché pas vré il existe encore des microniens ????

              Alors d’abord mon pote ta formule machonne (pas franche du tout) liberté égalité fraternité et laicité pour la comprendre faut faire de la kabbale et inverser le sens des mots (lire stéphane blet)

              capito ?

              Non bien sur mais t’inquiètes le nouvel ordre mondial est en marche (comme LREM) et comme disait lénine ils ont besoin d’idiots utiles

              Et pi la France elle n’existe plus depuis longtemps mon pauvre, t’as pas encore réalisé ????

               smiley


            • babelouest babelouest 23 décembre 2020 08:14

              @C BARRATIER c’est bien pour fixer quelques idées et quelques connaissances que j’avais commis ceci...
              https://ti1ca.com/f36k00m5-chronFran2-chronFran2.pdf.html
              une chronologie à la fois politique, linguistique et littéraire, où les dames ont toute leur place.


            • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 décembre 2020 10:21

              @babelouest
              Tableau intéressant


            • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 décembre 2020 10:43

              @Bendidon
              Ce qui compte, ce n’est pas qui le dit mais ce qu’il dit.
              Si Bendidon prétendait que la glace est froide, nous serions d’accord avec lui !


            •  C BARRATIER C BARRATIER 23 décembre 2020 16:55

              @Bendidon
              Hussard noir, ok, l’école normale d’instituteurs était un creuset, et lors de nos premiers postes ceux qui n’avaient pas digéré la République nous injuriaient, alors que nos élèves et leurs parents nous aimaient bien ! Donc, blindé.
              Je ne suis pas macroniste, vous le verrez quand vous lirez notre ouvrage collectif, mais il évolue devant la réalité, il essaie de parler au nom de tous les Français, c’est le cas dans ce que je cite.
              Je crois profondément que tout être humain change au cours de sa vie, à l’écoute des autres. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis a dit je ne sais plus quel auteur. Macron est loin d’être un imbécile...


            • Aristide Aristide 22 décembre 2020 21:13

              L’Islam y a toute sa place comme religion, au même titre que les autres, mais un Islam modernisé et adapté à notre pays. 

              Juste une précision, l’islam n’est pas qu’une religion. C’est aussi une loi, la charia qui régit tous les aspects de la vie en société. Et c’est là le problème de cet escroquerie intellectuelle consistant à parler d’un islam de France « modernisé et adapté à notre pays ».

              Comment peut-on adapter une loi comme la charia, d’ailleurs les musulmans eux-mêmes le savent et une part non négligeable la pose en hiérarchiquement supérieure à nos lois. Cela n’ira pas en s’arrangeant, les jeunes musulmans sont largement majoritaires dans cette position.

              On peut trouver toutes les bonnes ou mauvaises raisons à cette situation qui s’impose à nous. Mais aucune solution n’est avancée, tous les discours se heurtent à la réalité du sentiment religieux exacerbé par des conflits extérieurs ou des difficultés sociales. L’impasse, voilà où nous en sommes.

              Alors, voilà que dans cette situation on cherche le bouc émissaire, il est facile à trouver et surtout à qualifier : l’identitaire. A peine ose-t-on parler de racines chrétiennes de notre pays, de culture, d’une histoire ou d’un roman national, d’un mode de vie particulier nous voilà classé immanquablement dans cette infame catégorie. La messe est dite ... 


              • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 décembre 2020 10:30

                « l’islam n’est pas qu’une religion. C’est aussi une loi, la charia qui régit tous les aspects de la vie en société. »

                Ce n’est pas ce que pense Ghaleb Bencheikh, suivi par d’autres musulmans, certes minoritaires mais qui mériteraient d’être connus et encouragés.

                https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_2006_num_1259_1_4418?q=La%C3%AFcit%C3%A9+en+Alg%C3%A9rie


                • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 décembre 2020 10:37

                  @Jean J. MOUROT
                  En Mauritanie, un mouvement minoritaire milite pour laïciser l’état – islamique.
                  https://afrique.le360.ma/mauritanie/societe/2019/10/05/28095-mauritanie-un-mouvement-lance-le-debat-sur-la-laicite-28095


                • Aristide Aristide 23 décembre 2020 13:54

                  @Jean J. MOUROT

                  Le problème est justement dans cet aveuglement volontaire sur la réalité de l’islam politique en se laissant abuser par des mouvements ultra-minoritaires.

                  L’islam n’abandonnera jamais cette dimension politique et sociale, à diverses époques elle a pu être plus ou moins dominante, mais elle a toujours existé, c’est l’essence même de cette religion que de régir la vie entière et ne pas se cantonner à l’aspect spirituel.

                  Le catholicisme l’a été depuis son apparition, il a fallu des siècles pour arriver au cantonnement de la religion à la dimension spirituelle. Pendant ce même temps, l’islam a fait le chemin inverse. Les révolutions arabes que l’on a cru démocratique n’étaient en réalité que théocratiques, toutes les élections ont abouti au renforcement de l’islam politique.


                • Jean-Luc Hodemon 23 décembre 2020 13:39

                  Je partage ce que vous dites, mais la laïcité ne suffit plus à être la solution aux problèmes qui se posent dans notre pays...Trafics en tout genre,haine de la France par certains (de plus en plus nombreux), islamisation, racialisme,zones de non-droit, affrontements reproduisant des conflits extérieurs sur notre sol, scènes de guerre à l’arme lourde, attaque de commissariats, imposent bien plus... J’ai halluciné en découvrant il y a peu cette vidéo : https://www.facebook.com/CharlottedOrnellas/videos/431982320702791. Les gesticulations de Sarkozy, son karcher et sa tolérance zéro (qu’il aurait dû appliquer aux Blakany) se sont révélés totalement inefficaces... Nous aurions besoin d’un nouveau De Gaulle (un vrai et non un pantin), car lui, à n’en pas douter, aurait mis fin à cette chienlit : fini la récréation ! ... pour vous rappeler des souvenirs...


                  • Gérard Dahan Gérard Dahan 23 décembre 2020 16:56

                    @ L’auteur :
                    La question de l’identité comme vous le dites est effectivement importante, mais l’identité, comme toute chose vous le faites remarquer, change avec le temps et l’histoire.
                    Vous faites cependant quelques confusions sur les changements récents de l’identité en France :
                    "Je sais toutefois que la France d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et que l’immigration récente modifie ipso facto notre identité. Une immigration qui n’a d’ailleurs pas toujours été spontanée. Les employeurs français sont allés pendant des années recruter leur main d’œuvre en Afrique, après l’avoir recrutée en Italie, en Pologne, en Espagne...« 

                    Votre confusion est la suivante : Ce n’est pas l’immigration qui a eu des conséquences sur notre identité. Comme vous le notez les employeurs faisaient venir une main d’oeuvre immigrée depuis de nombreuses années. Et celle-ci était constitués de »travailleurs immigrés« qui venaient travailler quelques années et ensuite avaient l’habitude de retourner dans leur pays.

                    Ce qui a changé les choses, c’est la loi de 1976 sur le »regroupement familial« . Les travailleurs immigrés ont alors pu faire venir leur épouse. Avec leur épouse, ils ont fait des enfants et ces enfants nés sur le territoire sont nées Français. C’est la loi de 1976 sur le regroupement familial qui est donc l’acte de naissance de la communauté musulmane française.
                    Une conséquence que Giscard (président au moment de la promulgation de la loi) n’avait pas anticipé. 20 ans plus tard, lorsque les pères (les chibanis ) ont voulu rentrer au bled, leurs enfants ont dit : »il n’en est pas question« (ils avaient l’habitude d’y retourner pour les vacances et se rendaient compte de ce qu’ils risquaient de perdre) ; les mères ont ensuite rajouté, »nous restons avec nos enfants« . Les pères sont donc restés à contre-coeur.

                    Et c’est en partie le problème de la communauté musulmane française : le fait de »devenir français« n’a pas été un vrai choix ; ça a été un choix par défaut, il s’agissait plus de ne pas retourner en Algérie, au Maroc, ou en Tunisie que de choisir de devenir Français. Les politiques de l’époque pensaient également que comme pour les Italiens, les Espagnols, les Polonais ou les Portugais, en une génération et avec l’aide de l’école, les personnes s’intègreraient. Grosse erreur ! Ils avaient sous-estimé le poids de la religion musulmane dans les comportements et le refus de la laïcité, concept souvent mal compris.

                    Une chose un peu identique s’est passée en 1870 lorsque le député Crémieux a proposé la nationalité française automatique à tous les »indigènes« d’Algérie (que la France avait envahie en 1830). Les indigènes juifs qui vivaient en Algérie (souvent depuis leur expulsion d’Espagne à la fin du 15eme siècle) ont accepté et sont devenus français automatiquement. Les notables musulmans ont refusé cette nationalité automatique (les historiens affirment que c’est en raison de leur refus d’abandonner »la charia", la loi islamique au profit de la loi de la république) et ont suggéré que cette nationalité ne soit donné qu’à ceux qui en faisaient la demande. Mais par la suite très peu de musulmans en firent la demande.
                    C’est ce qui s’est passé avec le regroupement familial. Il n’y a jamais eu de volonté nette de devenir français mais plutôt une volonté de fuir une situation de misère.

                    En revanche, vous avez raison sur une chose : notre pays depuis des siècles du fait de sa position géographique entre l’Europe du sud et du nord, entre l’Europe et l’Afrique est un pays de passages et d’immigrations. Il est donc normal que notre identité évolue avec les influences de ces migrations.
                    Le problème de l’intégration de l’islam en France, qui est probablement le pays le plus laïque au monde, est qu’il a l’habitude d’exister dans des pays où il est en position de majorité et peu souvent dans des pays où il est en situation de minorité.
                    Le problème se complique encore lorsque l’islam s’arroge un objectif de conquête politique et de prosélytisme religieux (Objectif quasi inhérent à l’islam). On parle alors souvent d’islamisme...


                    •  C BARRATIER C BARRATIER 23 décembre 2020 17:05

                      @Gérard Dahan
                      Très intéressant, bonne analyse


                    • Gérard Dahan Gérard Dahan 23 décembre 2020 19:33

                      @C BARRATIER
                      Merci à vous.. Vous la trouverez dans son intégralité dans mon dernier livre sur « La pression islamiste en France » ...


                    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 décembre 2020 09:23

                      @Gérard Dahan
                      Vous avez raison ;


                    • babelouest babelouest 24 décembre 2020 09:37

                      @Gérard Dahan je note que le premier « noteur » de votre intervention a mis le minimum, peut-être parce que ce que vous avez dit était trop vrai, et dérangeait la politique des Grands.


                    • Esprit Critique 23 décembre 2020 18:13

                      Continuer a croire qu’on va convaincre des décapiteurs abrutis tarés par une idéologie décérébrante, qu’ils doivent faire évoluer leur interprétation du Coran ! ?

                      C’est désespérant !


                      • Aristide Aristide 24 décembre 2020 10:17

                        @Esprit Critique

                        Même si la forme de votre remarque est brute, on peut remarquer que l’auteur ne répond qu’aux seuls messages qui vont dans son sens ... J’ai répondu comme vous, sous une forme autre : en réponse un silence assourdissant ...


                      • Gérard Dahan Gérard Dahan 23 décembre 2020 19:28

                        @ Esprit Critique

                        Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent, plusieurs philosophes et penseurs de l’islam comme Abdelwahab Medeb ou Abdennour Bidar appellent à une réforme de fond de l’islam qui doit abandonner les règles datant du 7ème siècle.
                        Mais l’Arabie Saoudite et le wahhabisme prëche rigoureusement le contraire...


                        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 décembre 2020 09:25

                          @Gérard Dahan
                          C’est vrai. Mais à défaut d’aider les réformateurs, que faire ? Le vrai problème est là !


                        • Aristide Aristide 24 décembre 2020 10:14

                          @Jean J. MOUROT

                          S’il n’existe aucune perspective crédible à ce que ce danger de l’islam politique cesse du fait de sa propre réforme interne, je ne vois qu’une solution, c’est lutter contre et surtout ne pas tomber dans cet angélisme consistant à croire que la raison prévaudra ...

                          Lutter contre l’islam politique est une affaire difficile tellement la moindre mesure est dénoncée par tous ceux du camp du bien qui crient à la discrimination, aux racisme, ... On peut comprendre que le simple fait que la plupart des adeptes de cet islam politique soit aussi la plupart du temps issus des classes sociales défavorisées, puisse provoquer chez les « humanistes » un reflexe de défense et donc interdire toute action.

                          Que faire ? En premier lieu ne pas transformer cette lutte politique des islamistes en la banalisant comme une autre forme de la lutte des classes. Quelques partis comme LFI le font.

                          Les propos de Autain au lendemain de la décapitation du Samuel PATY en sont la preuve :  « Je pense que certains discours, et notamment ceux qui viennent de la droite et de l’extrême droite, mais pas seulement, alimentent aujourd’hui le climat de haine » et encore « Mais qu’est-ce que c’est que ce pays qui a perdu la tête ? » ....


                        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 décembre 2020 10:45

                          @Aristide
                          « c’est lutter contre et surtout ne pas tomber dans cet angélisme consistant à croire que la raison prévaudra ... »
                          Je suis d’accord. Mais concrètement, on fait quoi ? On n’imite pas les « islamo-gauchistes » mais nos condamnations morales ne sont pas plus efficaces que l’encouragement aux réformateurs .. ;


                        • Aristide Aristide 24 décembre 2020 11:27

                          @Jean J. MOUROT

                          Concrètement ? Déjà ne pas hurler avec les loups qui assimilent toutes les mesures qui concerne l’islamisme politique à du racisme. Vous même parlez des « identitaires », insulte ultime à quiconque se reconnait comme faisant corps avec son pays

                          Devant ce problème d’un complexité terrible il existe de nombreux spécialistes qui ont tous donné des pistes de réflexions et d’actions. Cela concerne aussi bien la prévention que la répression, les politiques publiques et en particulier l’immigration.
                          Il serait prétentieux de prétendre connaitre LA solution, elle passe obligatoirement par une multitudes de mesures sur l’éducation, la police, la sécurité, l’immigration, le droit,.
                          ..
                          La première la plus importante est à mon sens de cesser toute immigration économique et supprimer le regroupement familial. On n’intègre déjà plus les populations présentes sur notre sol, nul besoin de rajouter chaque année près de 300.000 migrants économiques. Je parle bien d’immigration économique, pour le droit d’asile, il faut bien sur renvoyer les refusés. Il faut aussi renvoyer tous les délinquants étrangers ...

                          Dans notre pays, il faut remettre en place une vraie politique d’intégration et d’assimilation, agir sur l’éducation des plus jeunes, je crains que pour une part des plus âgés ce soit trop tard et que seule une répression soit utile. Sur les lieux de culte, aucune mansuétude sur les discours islamistes, plus de vigilence et surtout de sévérité dans la fermeture, ...

                          On a vu par exemple le CCIF qui osait publiquement afficher un message contraire à la loi qui disait que « l’islamophobie est un délit », il est resté pendant des années en point d’accroche de son site, de ses réunions, ...

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