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Rapide aperçu de l’état des affaires

Le spectaculaire intégré règne sur nos vies. Dans une énorme positivité, on nous dit : « ce qui apparaît est vrai » ; et on tente de nous laisser croire que ce qui est « vrai apparaît ». L’apparition est une Illumination d’ordre divin et parce qu’elle apparait : elle est vraie, suivant la pensée sophistiquée de l’époque qui ne s’embarrasse plus de logique. Or, les moyens spectaculaires concentrés dans les mains de quelques oligarques, sont désormais utilisés dans le but de nous mettre au pas et plus seulement de nous tenir par le divertissement. La Bonne Conscience est l’esprit du Bien et le Bien est la Bonne Conscience portée par les Bonnes Intentions. Les Bonnes intentions, plus que les actions sont le Verbe. Et ainsi se crée une nouvelle liturgie. Elle crée l’illusion que : « ce qui apparaît est vrai » car telle est la parole reçue de l’oracle.

Exemples :

  1. Mme Lacombe ferme une partie du service des urgences qu’elle dirige pour partir en vacances au mois d’août. Mais elle n'oublie pas de dire qu'il faut se vacciner pour ne pas encombrer des urgences partiellement fermées et en congés.
  2. « Plus les gens seront vaccinés, plus ils seront nombreux, « statistiquement », en réanimation ». Cela ne démontre aucunement que le vaccin ne fonctionne pas comme il devrait. Dans le même temps, en Israël, on meurt de « formes moins grâces » du Covid quand on est vacciné.

Tel est le niveau de la raison moderne. Le pouvoir étatico-médiatique ne tente même plus de mentir : il est le Mensonge. Et c’est à ce Mensonge que s’abreuvent toute la société spectaculaire intégrée, petit peuple comme auto-proclamées « élites » sans formation et sans savoir.

Debord prévenait au début du Chapitre V des commentaires sur la société du spectacle :

"La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux, qui sont : le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel."

Traçage, puces RFID, QR codes sont les mantras modernes. Les idoles auxquels la foule rend les hommages avec la piété due aux Dieux antiques. Pass sanitaire, dans le langage de la Tour de Babylone. Expression apparue partout autour du monde avec la rapidité d’une éclosion de champignons après la pluie sans que cela ne fasse sourciller quiconque. Rien n’étonne plus l’esclave moderne qui y voit au plus une « convergence de vues », une preuve de plus de la rationalité technicienne mondiale, un élément de la société interconnecté des ingénieurs, la raison supplémentaire de remplacer la démocratie et le citoyen par la machine à gouverner et le cyborg programmé pour exécuter une « routine » informatique sans état d’âmes. Qui a décidé partout et en même temps de l’imposition d’une mesure de police sans précédent dénommée passe sanitaire ?

La liberté est un vague souvenir pour les cyber citoyens.

Le pluralisme se limite à partager la même idée en lui donnant un ersatz de différence qui justifie la Différence : les mêmes sont des pareils, et les pareils sont les mêmes. Il ne faut pas museler la presse mais au contraire multiplier les canaux de diffusion : pour autant qu’ils disent avec une palette de ton infinie, la même chose. Seules les nuances de gris sont autorisées sur l’écran monochrome de la gouvernance et la police de la pensée veille à ce que la même chose soit dite au même moment et en tout lieu.

Debord :

« Le spectacle, comme la société moderne, est à la fois uni et divisé. Comme elle, il édifie son unité sur le déchirement. Mais la contradiction, quand elle émerge dans le spectacle, est à son tour contredite par un renversement de son sens ; de sorte que la division montrée est unitaire, alors que l’unité montrée est divisée. »

L’unité est dans la fusion de l’Etat (qui cherche la domestication des foules) et des multinationales (qui cherchent la domestication des hommes). Ces deux-là étaient donc faits pour s’entendre et se retrouver. Comme en Angleterre au XIXème siècle, est en train de naître devant nous une nouvelle société : la société de la contrainte décrite par Pièces et Main d’œuvre :

« Contrainte. Nom féminin dérivé au XIIe siècle du verbe contraindre pour signifier 1) une violence exercée contre quelqu’un, une entrave à la liberté d’action. 2) Une règle sociale, morale, obligatoire. Le mot vient d’une racine Indo-européenne *streig- « serrer », d’où stringere en latin, strictus, constringere « lier étroitement ensemble » ; constrictio « resserrement » et constrictius, qui resserre, tel le boa constrictor.

C’est cela. C’est exactement cela. Serrer, resserrer, lier étroitement en un filet constricteur. En vain aurions-nous cherché un mot plus apte à nommer les nouveaux modes d’organisation de l’ordre public. On nous opposera que l’expression semble un pléonasme ; qu’il n’est pas de société sans règles, obligations ni tabous. Le même pourrait d’ailleurs être dit de la société de surveillance – connaît-on une société sans surveillance ? -, ou de l’état de nature – y-a-t-il rien de plus contraignant que la vie des nomades, chasseurs cueilleurs, astreints, sous peine de mort, à une stricte obéissance aux réalités du milieu ? Précisons donc. Nous avons maintes fois cité la formule de Clausewitz suivant laquelle « la guerre est (…) un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. »

Debord :

« On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique ; cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. C’est alors que la pensée scientifique a choisi, contre une grande part de son propre passé anti-esclavagiste, de servir la domination spectaculaire. La science possédait, avant d’en venir là, une autonomie relative. Elle savait donc penser sa parcelle de réalité ; et ainsi elle avait pu immensément contribuer à augmenter les moyens de l’économie. Quand l’économie toute-puissante est devenue folle, et les temps spectaculaires ne sont rien d’autre, elle a supprimé les dernières traces de l’autonomie scientifique, inséparablement sur le plan méthodologique et sur le plan des conditions pratiques de l’activité des « chercheurs ». On ne demande plus à la science de comprendre le monde, ou d’y améliorer quelque chose. On lui demande de justifier instantanément tout ce qui se fait. Aussi stupide sur ce terrain que sur tous les autres, qu’elle exploite avec la plus ruineuse irréflexion, la domination spectaculaire a fait abattre l’arbre gigantesque de la connaissance scientifique à seule fin de s’y faire tailler une matraque. »

 

Quant au secret, il suffit de voir l’omerta autour des effets secondaires des injections de thérapies géniques qu’on nous présente comme des vaccins et qui ont fait, au bas mot, au moins 200 000 morts en Europe (voir le site du Docteur Delépine qui se réfère au seul pays européen qui déclare vraiment les effets secondaires - les Pays-Bas - et en extrapole le nombre à l’ensemble du continent européen).

Debord :

« Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui l’on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. Jamais il n’a été permis de leur mentir avec une si parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien. Qui regarde toujours, pour savoir la suite, n’agira jamais : et tel doit bien être le spectateur. »

Pour que le peuple puisse vivre dans une illusion de confort et de sécurité, il faut le conforter dans des certitudes. On lui dit le vrai et c’est pour son bien. Sa santé est la préoccupation constante de l’Etat et des marchands de médicaments. L’Etat, les multinationales sont les frères du Christ : ils se sacrifient pour la rédemption de l’Homme. Ce n’est pas la Cène mais les noces des Cana. Et à ces noces, alors même que les pains ne sont pas multipliés, il faut faire croire au Miracle. C’est le rôle des « experts » à coup de jargon et de mensonge. Oui : il y a bien miracle : un pain partagé en trois, ça fait bien trois morceaux de pain. Or de quoi sont faits ces morceaux ? De pain. C’est bien la preuve que les pains ont été multipliés par trois. Ce sont vos yeux qui se trompent et ne savent pas voir la vérité de ma démonstration parfaite, gens de peu ! Ainsi le sophisme guide le monde.

Debord :

« Tous les experts sont médiatiques-étatiques, et ne sont reconnus experts que par là. Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien par les conditions d’organisation de la société présente. L’expert qui sert le mieux, c’est, bien sûr, l’expert qui ment. Ceux qui ont besoin de l’expert, ce sont, pour des motifs différents, le falsificateur et l’ignorant. Là où l’individu n’y reconnaît plus rien par lui-même, il sera formellement rassuré par l’expert. »

Plus loin :

« La science de la justification mensongère était naturellement apparue dès les premiers symptômes de la décadence de la société bourgeoise, avec la prolifération cancéreuse des pseudo-sciences dites « de l’homme » ; mais par exemple la médecine moderne avait pu, un temps, se faire passer pour utile, et ceux qui avaient vaincu la variole ou la lèpre étaient autres que ceux qui ont bassement capitulé devant les radiations nucléaires ou la chimie autres que ceux qui ont bassement capitulé devant les radiations nucléaires ou la chimie agro-alimentaire. On remarque vite que la médecine aujourd’hui n’a, bien sûr, plus le droit de défendre la santé de la population contre l’environnement pathogène, car ce serait s’opposer à l’État, ou seulement à l’industrie pharmaceutique. »

La crise a de tels avantages qu’elle doit durer in saeculi saeculo : sans crise, pas de domestication du troupeau humain ; qui contrôle la peur contrôle les esprits. Qui contrôle les esprits peut générer la peur et qui génère la peur empêche la réflexion. Les communiqués alarmistes succèdent aux communiqués anxiogènes et sont lus, écrits et répétés de la même voix monocorde que les discours lénifiants des anciennes républiques soviétiques. Gros plan en direct sur le mur gris avec écrit en rouge « URGENCES REANIMATION ». Scènes de peur chez le spectateur. Oui : cela se déroule bien au temps présent. Le journaliste dit qu’il ne sait pas, mais que c’est grave car un expert le lui a dit. La catastrophe est proche. Pas le temps de regarder l’Histoire, ni de prédire l’avenir : il faut profiter du temps présent. Toute l’énergie de l’Homme est concentrée dans ce moment. Il faut agir vite. Procédure et décisions. Le Verbe crée. Ou du moins essaie de le laisser croire.

Debord :

« Sur le plan des techniques, quand l’image construite et choisie par quelqu’un d’autre est devenue le principal rapport de l’individu au monde qu’auparavant il regardait par lui-même, de chaque endroit où il pouvait aller, on n’ignore évidemment pas que l’image va supporter tout ; parce qu’à l’intérieur d’une même image on peut juxtaposer sans contradiction n’importe quoi. Le flux des images emporte tout, et c’est également quelqu’un d’autre qui gouverne à son gré ce résumé simplifié du monde sensible ; qui choisit où ira ce courant, et aussi le rythme de ce qui devra s’y manifester, comme perpétuelle surprise arbitraire, ne voulant laisser nul temps à la réflexion, et tout à fait indépendamment de ce que le spectateur peut en comprendre ou en penser. Dans cette expérience concrète de la soumission permanente, se trouve la racine psychologique de l’adhésion si générale à ce qui est là ; qui en vient à lui reconnaître ipso facto une valeur suffisante. Le discours spectaculaire tait évidemment, outre ce qui est proprement secret, tout ce qui ne lui convient pas. Il isole toujours, de ce qu’il montre, l’entourage, le passé, les intentions, les conséquences. Il est donc totalement illogique. Puisque personne ne peut plus le contredire, le spectacle a le droit de se contredire lui-même, de rectifier son passé. »


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5 réactions à cet article    


  • I.A. 29 septembre 19:27

    Belle maîtrise de ce grand auteur français. Et pseudo à l’avenant.

    Merci.


    • Laconique Laconique 30 septembre 10:39

      Les extraits cités sont très bien choisis.


      • Jacques De Cock Jacques De Cock 30 septembre 10:44

        J’ai étudié avec attention La société du spectacle il y a cinquante ans. C’est un ouvrage très important dont je ne puis que recommander la lecture.

        Il pèche selon moi par le même côté par lequel pèche le 1984 d’Orwell. Tout en saisissant très bien le phénomène central de la destruction de l’humain qui caractérise notre époque, ils décrivent tous deux cette réalité comme une contrainte, alors que précisément la spécificité de ce Pouvoir omnipotent est de se présenter comme résultant du DESIR DE TOUS, au travers de la lobotomisation, la disparition du Langage et donc de la Pensée, l’omniprésence de l’image.

        Point de vue que je relève dans mon dernier ouvrage La fin de l’Etat (2021), la question de l’image ayant fait pour moi l’objet d’une précédente étude dans un ouvrage intitulé Image ou Langage ? ce qui signifie pour moi Animalité (survie) ou Humanité


        • zygzornifle zygzornifle 30 septembre 14:47

          En fait le but c’est moins de monde en réa, faut que les Français se rendent bien compte que le vaccin c’est pour crever en famille et a la maison ce qui permettra au gouvernement de supprimer plein de lits dans les hôpitaux et faire ainsi la purge qu’il avait prévu ...


          • Jean Keim Jean Keim 30 septembre 17:16

            Si nous étions sain d’esprit le cirque viral aurait-il pu avoir lieu ?

            Alors puis-je demander sans arrière pensée ce qu’en penserait Debord que je ne connais point.

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Auteur de l'article

Guy Troisbord


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