Reconfinement et Crispation sociale
Les petits commerçants et les libraires sont en colère contre le nouveau confinement. Plusieurs manifestations ont eu lieu en France, en Italie, en Espagne, etc. Ils ne manifestent pas contre le capitalisme-salariat, contre les rapports sociaux de production actuels mais contre l'arrêt délibéré de la machine économique. Le petit bourgeois voit que la chute brutale de son chiffre d'affaires n'a rien à voir avec une crise économique, une crise du capitalisme-salariat mais causée par des décisions politiques de l'Etat.
Sur une longue période, en Occident, le capitalisme-salariat est en effondrement, un effondrement en ralenti de sorte qu'il n'est sensible à travers des mesures, des graphiques, etc. De façon populaire on arrive à sentir ce déclin économique où les jeunes sont de plus en plus précarisés, entrent de plus en plus tardivement sur le marché du travail. Et pourtant rien ne se passe. L'Etat continue à défendre fermement le capitalisme-salariat, à marginaliser le communisme le seul avenir possible de l'humanité. La situation se détériore et va donc pourrir autant que nécessaire jusqu'à ce que quelque chose se passe. Et ce pourrissement loin d'être un cas unique est une loi de développement normal de l'espèce.
En Occident, dans le haut moyen âge, on n'a pas aboli l'esclavagisme antique lorsque celui-ci était majoritaire dans la population active, mais c'est lorsqu'un nouveau mode de production est devenu dominant(paysan alleu) et l'esclavagisme réduit à l'état minoritaire que celui-ci a été aboli par la grande Révolution féodale du XIe siècle. Cette révolution permit une croissance rapide du servage et qui devient plus tard le mode de production dominant. Il a fallu plusieurs siècles de transformation économique jusqu'à ce que la grande masse de la population active soit constituée de petits bourgeois au XVIIIe siècle. L'abolition politique du servage en 1789 n'a donc été possible que parce que la grande masse de la population a longtemps cessé d'être serfs.
Voilà maintenant près deux siècles depuis 1825 que le capitalisme-salariat traverse des crises économiques périodiques, qu'une partie de la population est condamnée au chômage. Karl Marx et Friedrich Engels ont vu justement que le capitalisme-salariat est en contradiction permanente avec les forces productives. Contradictions économiques qui se manifestent par les crises de surproduction et de surpopulation. Il fallait donc abolir la propriété privée pour permettre une gestion rationnelle de la production et de la consommation.
Mais Karl Marx et Friedrich Engels n'ont pas vu que nous sommes en lutte des superclasses. Ils croyaient que les salariés sont capables historiquement de faire révolution communiste, ils croyaient ainsi que la lutte de classes entre capitalistes et salariés allait mené jusqu'à la révolution communiste. Les partis communistes croissaient partout en Europe à la fin du XIXe siècle et en Octobre 1917, le parti communiste de Russie prend le pouvoir. Les révolutionnaires ont nationalisé les moyens de production, planifié l'économie. Jusque là tout se déroule normalement. Mais bizarrement, ils se sont mis à produire plus rapidement les moyens de production que les biens de consommation. Les masses populaires commencent à sentir la pénurie de consommation. Cette pénurie loin d'être occasionnelle est devenue chronique de la même manière que le chômage est chronique sous l'économie de marché. Ils gérait la pénurie au lieu de la supprimer de la même manière qu'on distribue des minimas sociaux au lieu d'abolir le chômage sous l'économie de marché. Finalement dans une crise finale de pénurie de consommation l'URSS s'est effondré.
Pourquoi malgré la pénurie, les bolcheviks s'obstinaient à développer plus rapidement les biens de production par rapport aux biens de consommation ? Imaginez un grand pays industriel tel que la France, l'Allemagne, les Etats-Unis, etc. sans marché extérieur. Le chômage devient vite général. Avant l'avènement de la grande industrie, un pays peut compter sur son marché intérieur pour écouler ses produits mais avec la révolution industrielle sans le marché mondial un pays industriel ne peut pas exister dans le cadre des rapports sociaux capitalistes-salariaux.
Dans le cadre d'une économie entièrement nationalisée et planifiée telle que l'URSS, sans le développement plus rapide des moyens de production, c'est le chômage généralisé, c'est la destruction de la propriété privée des biens de consommation pour la majorité, un danger mortel pour tout Etat capitaliste-salarial. C'est pourquoi les dirigeants soviétiques étaient condamné à gérer la pénurie de consommation au lieu de la supprimer. Dès le départ, la lutte des superclasses était donc au cœur de la révolution bolchévique.
Donc bien que le communisme tel que Marx et Engels le préconisait est la seule solution contre les contradictions du capitalisme-salariat, il n'est applicable que lorsque les chômeurs seront dominants. Il y a besoin pressant de communisme pour les millions de chômeurs et précaires mais en face il y a une majorité de salariés, de petits bourgeois, de capitalistes opposés à tout changement consciemment ou inconsciemment. On peut donc dire, aujourd'hui, que le communisme est techniquement possible mais socialement impossible. Techniquement possible, parce qu'existence de chômage permanent et crises économiques périodiques et socialement impossible parce que nous sommes en lutte de superclasses : l'antagonisme entre chômeurs et capitalistes-salariés se manifeste politiquement par l'opposition entre une gestion communiste rationnelle de l'économie et le mode de production capitaliste-salarial anarchique.
Le capitalisme-salariat en Occident est en déclin économique permanent de façon irréversible. La crise sanitaire du Covid-19 n'a aucune espèce d'influence sur cette dynamique. Les confinements font hausser le taux de chômage et après le taux de chômage retrouve son niveau normal plus ou moins rapidement. Le véritable moteur qui détruit de l'intérieur le capitalisme-salariat, c'est la hausse de la productivité du travail. Plus on travaille intelligemment, plus on a besoin de moins de travailleurs, plus le chômage et la précarité augmentent rapidement.
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