Refus de l’incertitude et dépression collective
Ce ne sont plus seulement les trajectoires élémentaires qui sont imprévisibles, mais bien celles des systèmes...
C’est cette vision qui reste encore très présente dans l’esprit de nombre de ceux qui veulent prévoir l’évolution du monde : certes ils savent que le comportement de chacun de nous est imprévisible, mais ils pensent que, globalement, tout ceci – comme pour un gaz – va déboucher sur des systèmes modélisables, dont l’évolution est prévisible, ou, a minima, peut être mis en forme au travers de scénario assorti de probabilités.
Ainsi devons-nous accepter le fait que ce ne sont plus seulement les trajectoires individuelles qui sont imprévisibles, mais aussi les évolutions globales du système qui le sont : des écarts locaux ne sont pas lissés, mais amplifiés ; des décisions individuelles ont des conséquences globales.
Si, comme Jean-Paul Sartre l’a écrit dans Le Diable et le Bon Dieu, on préfère le désespoir à l’incertitude, on n’est pas prêt d’espérer quoi que ce soit et on sombre dans une mélancolie et une dépression collective.
Au choix...
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