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Rencontres interculturelles : le dialogue comme vecteur d’ouverture et d’acceptation de l’autre

Lorsque l’on est amené à rencontrer ou à travailler avec des personnes de culture différente, il existe souvent des risques de choc du fait du manque de connaissance des habitudes de l’autre. Pourtant, à force de bonne volonté et de communication, l’on finit toujours par accepter et à aimer les différences des autres. Voici mon expérience.

Au cours du premier semestre 2008, j’ai effectué un stage pratique dans une administration luxembourgeoise. En provenance d’Alexandrie d’Égypte, j’ai pris un vol à destination de Bruxelles. Une fois à Bruxelles, j’ai pris le train jusqu’au Luxembourg. C’était mon premier voyage en Europe et je savais très bien dans ma tête que la réalité serait autre que ce que je connaissais. Quand bien même je venais de passer huit mois à essayer de m’adapter à la réalité égyptienne qui déjà est très différente de la mienne. Bien qu’ainsi préparé psychologiquement par ma vie en Egypte, mes lectures et autres émissions vues à la télé, les choses n’ont pas été tout à fait comme je le pensais.
 
Déjà à l’aéroport de Bruxelles, j’ai été très surpris pas l’allure pressée des gens. Personne ne semblait s’occuper de ce que pouvait faire l’autre et cela a été un grand choc pour moi car, lorsque, peu habitué aux panneaux et indications, j’ai eu besoin de me renseigner et que je suis allé vers une dame qui était seule debout, elle a tout de suite paniqué et j’ai compris que je m’étais approché un peu trop d’elle. Ce constat restera dans ma tête tout au long de mon séjour et guidera chacun de mes gestes car j’ai compris que, contrairement à l’Afrique, tout le monde était dans ‘’son monde’’ et se ‘’méfiait’’ de l’autre. C’était un fait tout à fait nouveau pour moi mais j’ai très vite fait l’effort de m’y faire et de m’habituer à cette façon de vivre.
 
L’autre chose qui m’a le plus surpris s’est passée dès la première semaine de mon stage. J’avais alors été invité à déjeuner par un collègue. Le déjeuner fut bon mais une fois le repas terminé, le garçon nous apporta séparément l’addition de chacun. Chez moi, c’est celui qui invite qui paye donc j’étais quelque peu déboussolé. Je payai quand même sans montrer ma surprise et ce n’est qu’une fois sur le chemin de retour que je trouvai le bon moyen pour parler à mon collègue de cette différence. Nous rigolâmes quelque peu et ce fut une bonne introduction pour lui parler un peu de l’Afrique et de nos différences. Cette expérience m’a permis de comprendre que les gens ne sont pas de mauvaise foi mais qu’ils ont besoin qu’on leur parle de nos différences. Ils ne savent pas forcément ce qui fait nos spécificités et c’est à nous de leur expliquer, en même temps qu’il nous faut manifester du respect à leur façon d’être.
 
Une autre expérience, plus anecdotique celle-là, s’est passée sur le lieu de mon stage. Dans le cadre de mon travail, je devais réaliser un audit interne. A cet effet, j’avais à rencontrer une trentaine de personnes dont un certain nombre de femmes. Chez moi, lorsque j’avais à travailler avec des femmes, je n’hésitais pas à leur faire un petit compliment de temps à autre, histoire de détendre l’atmosphère. Cela leur faisait plaisir sans jamais être interprété comme des avances. A l’administration, j’ai entrepris d’user de cette méthode qui avait fait ses preuves chez moi et qui m’avait rendu bien des services. Je n’hésitais donc pas à dire aux femmes combien je trouvais leur sourire joli ou leur coiffure belle. Bien entendu, je n’avais aucune arrière-pensée en le faisant. Peu de temps après, je reçus un courrier d’une collègue qui me disais qu’elle avait compris que je voulais que nous sortîmes ensemble mais qu’elle était déjà fiancée. Je tombais des nues. J’en parlai spontanément à mon encadreur de stage qui m’expliqua que dans leur culture, lorsqu’on dit à une femme qu’elle est belle, c’est comme si on lui faisait des avances. J’écrivis aussitôt à ma collègue pour m’excuser et lui expliquer. Elle fit preuve de compréhension. J’étais terriblement embêté parce que le bruit courut quand même que j’avais fait des avances à plusieurs femmes. Un jour, je fus invité à la fête d’un ami à laquelle les collègues étaient invités et je profitai de l’occasion pour expliquer le truc. Plusieurs hommes rigolèrent et se moquèrent un peu. D’autres apprécièrent ma sincérité. Les femmes surtout.
 
A la fin de mon stage, je suis retourné en vacances chez moi à Porto-Novo au Bénin et je me suis dit que je ne serai plus le même. J’ai compris que les choses qui nous paraissent évidentes ne le sont pas toujours pour les autres. J’ai appris à prendre un peu plus de recul face aux événements et à comprendre que les autres peuvent être différents du fait de leur culture et de leurs habitudes. Il s’agit de les accepter et de s’ouvrir également à eux afin qu’ils nous acceptent. A la fin, lorsque que chacun fait preuve de bonne volonté et de communication, on finit par s’entendre. L’expérience égyptienne m’a appris que la barrière linguistique est difficile à franchir. L’expérience européenne m’a montré que tant qu’on peut se parler, on peut se comprendre.
 
L’année prochaine, plusieurs de mes amis luxembourgeois passeront leurs vacances chez moi en Afrique. Ils en ont vraiment envie et pour la plupart, ce sera le premier contact avec l’Afrique. Ils avaient toujours eu peur parce que les seules informations qu’ils en avaient, c’était les histoires de guerre à la télé. J’ai contribué à leur donner envie d’y faire un tour. Je suis sûr qu’ils apprécieront. Car je serai là pour leur faire découvrir. Vivre ensemble, différents, quoi de plus beau !

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4 réactions à cet article    


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 10 janvier 2009 09:47

    Bonjour Conrad et bon séjour en Europe.

    J’ai apprécié la simplicité de votre article.

    Au cours de ma vie j’ai rencontré des centaines, voire des milliers de personnes d’autres cultures, langues, couleurs de peau, de tous les métiers .... Peu de problèmes sinon aucun d’intercompréhension, car j’ai un secret : je parle l’espéranto, et les personnes rencontrées aussi. J’ai encore souvenir d’un médecin égyptien et de sa dame, rencontré à Madrid.

    Voilà mon message. 


    • Pie 3,14 10 janvier 2009 12:12

      Un bel article sincère et amusant.


      • rodolphe 12 janvier 2009 15:52

        Vous avez un style assez particulier. Sincérité et pertinence. Du courage !


        • nervyoko nervyoko 7 février 2009 15:50

          Cet article est magnifique. La simplicité, la lucidité et le bonheur des relations humaines sincères sont bien différentes de la haine véhiculée par l’aspect sécuritaire de la politique Française.

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Conrad B.


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