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Accueil du site > Tribune Libre > Répression de la langue russe en Ukraine (suite, mais pas fin...)

Répression de la langue russe en Ukraine (suite, mais pas fin...)

Nous vous avons déjà parlé de la chasse linguistique anti-russe qui prend des tours parfois inattendus, dans les écoles, chez les parents d’élèves, dans les forums de copropriétaires, dans les maternités.
Voici cinq exemples récents, tout aussi surprenants et peu conformes aux « valeurs européennes », si souvent invoquées dans nos médias et à Kiev.

1. Une polémique a éclaté lorsque quelqu’un a protesté parce que l’épitaphe d’un jeune soldat mort au front pour l’Ukraine était en russe !
Pas de source directe (l’essentiel de ce genre de polémique se déroule sur les réseaux sociaux) mais un média 100% ukrainien y fait référence en début d’article :

« À peine la polémique sur la langue des épitaphes dans un cimetière de Kropyvnytskyï (anciennement Kirovohrad) s'était-elle apaisée en Ukraine, que la médiatrice linguistique, Olena Ivanovska, a jeté de l'huile sur le feu. » (Traduction Google)
https://ukraina.ru/20261028/a-zelenskogo-budut-lechit-ukraintsy-v-shoke-ot-natsistskoy-initsiativy-yazykovogo-ombudsmena-1084109629.html

2. La suite du même article traite du refus de certains soignants d’utiliser la langue russe (alors qu’ils la connaissent tous) :
« Elle a en effet déclaré que les professionnels de santé pouvaient refuser de prendre en charge des patients russophones. "Des professionnels de santé m'ont contactée pour me dire qu'ils ne sont pas disposés à fournir des services à des patients russophones. Eh bien, comme on dit, il s'agit là d'une question de morale. Mais, encore une fois, je tiens à rappeler une disposition précise : la troisième partie de l'article 30. Un prestataire de services ne peut proposer ses prestations dans une autre langue que s'il le souhaite, car un citoyen ukrainien n'est tenu de connaître aucune autre langue que la langue officielle", a affirmé cette ancienne spécialiste du folklore. Elle a précisé que les soignants préoccupés par la question de la langue sont, pour la plupart, des employés des services d'urgence, chargés de prodiguer les premiers soins. »

S’ensuit une polémique politique avec un député :
« La médiatrice pour la langue, Olena Ivanovska, a rapporté que des médecins l'ont contactée pour lui faire part de leur refus de soigner des russophones ; elle souligne que ce refus est conforme à la loi. Le député Boujanskyi a qualifié la position d'Ivanovska de honteuse, soulignant qu'un tel discours ne sert que les intérêts de la propagande russe. L'homme politique a fait remarquer qu'il est scandaleux d'entendre de tels propos de la part d'une responsable publique, ajoutant qu'il ne s'agit plus seulement d'une question personnelle, mais d'un problème qui concerne l'ensemble du système étatique. 
 Dans une récente interview, la commissaire à la protection de la langue d'État, Olena Ivanovska, a révélé qu'elle recevait fréquemment des messages de professionnels de santé affirmant qu'ils ne souhaitaient pas « fournir de services » à des patients russophones. La médiatrice pour la langue a répondu que, bien qu'il s'agisse d'une question de morale, la position des médecins est, selon elle, tout à fait légale. Le député Maksym Boujanskyi a réagi à ces propos, qualifiant la position d'Ivanovska de honteuse et la traitant de "personne insensée". "Il s'agit, au fond, d'une théorie raciale qui n'a rien à voir avec la protection de la langue ukrainienne ni avec notre Constitution. Les médecins ne "fournissent pas de services" ; ils sauvent des vies et protègent la santé. C'est précisément ce que proclame le serment d'Hippocrate — dont la médiatrice pour la langue, Olena Ivanovska, n'a manifestement jamais entendu parler", a fait remarquer l'homme politique. "En réalité, c'est une personne incroyablement stupide", poursuit Boujanskyi. "Ce qu'elle fait revient à inciter à la haine ; cela constitue une aide directe à la Fédération de Russie et à sa propagande." Par ailleurs, selon Boujanskyi, les récits concernant des médecins, tels que rapportés par Ivanovska, sont purement inventés, aucun cas de refus de prodiguer des soins n'ayant été signalé en Ukraine. Il estime que la médiatrice chargée de la langue attise délibérément des tensions qui nuisent tant à la société qu’à l’État. "Ceux qui ont nommé Ivanovska à ce poste — et qui l’y maintiennent — devraient avoir honte. Il ne s’agit plus seulement d’un problème personnel la concernant ; c’est un problème qui touche l’ensemble du gouvernement ukrainien", a conclu le député du groupe parlementaire « Serviteur du peuple ». Il convient de noter que Boujanskyi a raison d’invoquer la Constitution : selon le droit ukrainien, le refus de porter assistance médicale à un patient n’est pas seulement "illégal" — comme l’affirme la médiatrice, — mais constitue une infraction pénale passible d’amendes et d’une peine d’emprisonnement. »
https://ukranews.com/ua/news/1183630-buzhanskyj-rizko-vidpoviv-ivanovskij-na-yiyi-dozvil-likaryam-ne-nadavaty-dopomogu-rosijskomovnym

Un autre média ukrainien (très nationaliste) commente lui aussi la polémique médicalo-linguistique, et son évocation par la Russie :
 « Elle a ajouté qu'il s'agissait d'une "question de morale". Mme Ivanovska a fait référence à une disposition légale (partie 3 de l'article 30 de la loi "Sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue d'État"), qui stipule qu'un prestataire de services (y compris un médecin) est tenu de fournir ses services dans la langue d'État. Il ne peut passer à une autre langue que s'il choisit de le faire, à la demande du client. Étant donné que les citoyens ne sont pas tenus de connaître une autre langue que l'ukrainien, un médecin ne peut être contraint de parler russe. Les médias russes et pro-russes se sont immédiatement emparés de cette déclaration, en diffusant des interprétations erronées — affirmant que "la médiatrice a officiellement autorisé les médecins en Ukraine à refuser tout traitement ou soin aux russophones".
Cela a donné l'occasion à des personnalités telles que la célèbre porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, d'évoquer une fois de plus l'existence d'un "nazisme" en Ukraine. Mme Ivanovska n'a, depuis, ni clarifié ses propos, ni affirmé qu'il s'agissait d'un "lapsus" ou que ses paroles avaient été "sorties de leur contexte". En réalité, la législation ukrainienne actuelle et l’éthique médicale interdisent formellement de refuser des soins médicaux d’urgence ou nécessaires à un patient — quelle que soit la langue qu’il parle — si un tel refus fait courir un risque à sa vie ou à sa santé. La déclaration portait précisément sur l’obligation et le droit d’utiliser la langue officielle lors de la prestation de services. »

Ladite médiatrice se plaint de la difficulté de sa charge, et vante son importance pour l’Ukraine :
https://censor.net/ua/resonance/4029973/interv-yu-z-movnoyu-ombudsmenkoyu-olenoyu-ivanovskoyu
« Olena Ivanovska, médiatrice pour la langue : Une part importante des citoyens est bilingue, et ce fait ne peut être ignoré. Nous sommes encore en train de surmonter les conséquences d’une russification prolongée. Occuper le poste de médiatrice pour la langue en Ukraine — surtout en pleine guerre russo-ukrainienne — n’est pas une tâche pour les âmes sensibles. C’est d’autant plus vrai si l’on perçoit sa mission comme un enjeu historique et que l’on s’affirme activement dans l’espace public. Le parcours est loin d’être aisé : vous devrez faire face à des menaces, le compte TikTok de votre fille sera passé au crible, et votre carrière universitaire dans le domaine du folklore — même si c’est sur le ton de la plaisanterie — sera détournée en mèmes. Pire encore, certains individus nourriront à votre égard une haine viscérale et intense. D’un autre côté, si vos déclarations attirent l’attention personnelle de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères connue pour son langage fleuri, et si votre mission devient la cible de légions de "bots" du Kremlin… eh bien, n’est-ce pas la preuve que votre action est réellement significative ? De nombreux Ukrainiens attendaient avec impatience une protection législative des droits des locuteurs ukrainiens. Certains partisans d’une ligne dure estiment que le processus d’« ukrainisation » est trop timoré et que la médiatrice pour la langue devrait adopter une posture plus ferme. Ce point de vue est vivement contesté par ceux qui ont grandi au contact de la langue russe et qui la pratiquent eux-mêmes — sans se soucier du fait que les chauvins de la Fédération de Russie utilisent précisément cette langue pour marquer les territoires qu’ils entendent "libérer" à l’avenir. »

3. La suite de l’entretien fait référence à un échange de tirs entre des membres de deux services de sécurité, SBU et GUR (incident qui fut brièvement rapporté par nos médias), durant lequel les Ukrainiens impliqués se disputaient en russe  !

Mme Ivanovska a donc écrit à ces services dans le cadre de ses fonctions de commissaire à la langue d’Etat. Sans surprise, elle a obtenu le même genre de réponse qu’elle obtiendrait chez nous si DGSE et DGSI se tiraient dessus...
« nous avons contacté le SBU et le GUR, tout en soulignant l'importance d'une vigilance constante en matière de politique linguistique au sein de ces organisations. (…) Elles mènent actuellement une enquête interne ; toutefois — comme nous nous y attendions — il n'est généralement pas possible de divulguer publiquement les noms ou les détails spécifiques concernant les employés impliqués. »

Sans préjuger de la conclusion de l’enquête interne des services de sécurité, les premières constatations ont la force de l'évidence : en situation de stress intense, on s’exprime dans la langue dans laquelle on pense ! Et ces agents, quoique pro-Kiev, pensaient en russe… La purification de la pensée a donc encore du chemin à faire – c’est d’ailleurs la conclusion de la médiatrice, plus nuancée, voire alambiquée :

 « Voici une citation tirée d’un fil de discussion en ligne concernant cette situation : « Dans une situation stressante ou dangereuse, une personne s’exprime généralement dans la langue dans laquelle elle pense. Ces individus parlaient russe parce que c’est la langue dans laquelle ils pensent. Cette personne le comprend-elle ? Ou s’attend-elle à ce que les protagonistes d’une fusillade — au mépris des lois de la nature — s’expriment dans un ukrainien formel, tel qu’utilisé dans les protocoles officiels ? » Comment répondriez-vous à un tel argument ? - En réalité, nous sommes encore à une étape où nous surmontons les conséquences d’une politique coloniale de russification de longue date — une politique menée d’abord par l’Empire russe, puis par les autorités soviétiques. Pour de nombreux Ukrainiens ayant grandi dans des familles russifiées, le russe demeure leur langue maternelle, ou du moins la langue dans laquelle ils ont l’habitude de penser. Une part importante de nos concitoyens est bilingue ; c’est une réalité que l’on ne peut ignorer. Par ailleurs, il convient de distinguer les échanges privés de la communication officielle. Dans des circonstances extrêmes, une personne peut effectivement revenir, de manière automatique, à un code linguistique acquis durant l’enfance. Nous savons qu’un stress intense affecte le comportement et que des réactions habituelles peuvent prendre le pas sur le contrôle conscient. À cet égard, on peut évoquer une scène célèbre du film *Dix-sept moments de printemps*, dans laquelle une agente des services de renseignement soviétiques, alors qu’elle accouche dans l’Allemagne nazie et perd connaissance, s’exprime dans sa langue maternelle. Certes, je comprends parfaitement qu’en situation de combat, une personne puisse basculer vers la langue dans laquelle elle a l’habitude de penser. Toutefois, comprendre ce mécanisme ne signifie pas que la question linguistique est dénuée d’importance, et cela ne justifie pas non plus de renoncer à nos efforts pour instaurer la langue ukrainienne dans toutes les sphères de la vie. »
https://censor.net/ua/resonance/4029973/interv-yu-z-movnoyu-ombudsmenkoyu-olenoyu-ivanovskoyu

4. « Une enseignante à Kyiv sanctionnée par une amende pour avoir diffusé un dessin animé en russe à des élèves de première année, suite à la plainte d'un père ancien combattant. (Apparemment sans le son !)

"Une enseignante d'un établissement scolaire de Kyiv a écopé d'une amende de 3 400 hryvnias pour avoir diffusé, devant une classe d'élèves de première année, un dessin animé de l'époque soviétique en langue russe. L'information a été relayée sur Facebook par Olena Ivanovska, représentante du Commissaire à la protection de la langue d'État, selon le média Censor.NET (...)
 À lire également sur Censor.NET : La langue russe n'est plus protégée en Ukraine au titre de la Charte européenne : Zelensky signe une loi en ce sens. Dans une déclaration à LIGA.net, Ihor Spiridonov, représentant du Commissaire à la protection de la langue à Kyiv, a précisé que l'enseignante avait montré aux élèves de première année un dessin animé soviétique en langue russe. L'incident s'est produit durant un cours d'éveil au monde. L'enseignante a expliqué que le son du dessin animé était coupé ; toutefois, cela ne change rien au fait que la législation linguistique a été enfreinte, a souligné M. Spiridonov. Une amende pour l'enseignante À l'issue de l'examen du dossier, un rapport officiel et un procès-verbal constatant une infraction administrative ont été établis. Une sanction administrative, sous la forme d'une amende de 3 400 hryvnias, a été infligée à l'enseignante. Celle-ci a reconnu les faits et a réglé l'amende le jour même. 
« L'utilisation de la langue de l'État agresseur, notamment dans le cadre de l'enseignement, constitue une violation grave et inacceptable de la loi. Les élèves de première année ne devraient pas avoir à défendre leurs droits linguistiques face à des adultes. Il incombe à l'établissement d'enseignement, à son administration et à son corps enseignant de veiller à ce que le processus éducatif se déroule dans la langue de l'État », a souligné Spiridonov. Il a ajouté que signaler des infractions à la législation linguistique ne saurait être assimilé à de la « délation » ou à de la « dénonciation », et a encouragé les citoyens à rapporter de tels incidents. À lire sur « Censor.NET » : un projet de loi déposé à la Verkhovna Rada prévoit des amendes pouvant atteindre 170 000 hryvnias pour la diffusion de chansons russes dans des établissements. Il convient de noter que, conformément à l'article 21 de la loi ukrainienne « Sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue d'État », le processus éducatif au sein des établissements d'enseignement doit se dérouler dans la langue de l'État. 
https://censor.net/ua/news/4014897/u-kyyevi-vchytelku-oshtrafuvaly-cherez-rosiyiskyyi-multyk-na-urotsi
(Enfin des gens qui prennent la dérussification au sérieux !)

5. Par ailleurs, la médiatrice des langues s’en est également prise aux moteurs de recherche :
« Comme l’a rapporté « Ukrainski Novyny », Ivanovska a contacté Google, car le moteur de recherche affiche des résultats en russe pour des requêtes formulées en ukrainien. »
https://ukranews.com/ua/news/1183630-buzhanskyj-rizko-vidpoviv-ivanovskij-na-yiyi-dozvil-likaryam-ne-nadavaty-dopomogu-rosijskomovnym

On voit que le combat linguistique qui se livre dans l’Ukraine de Zélensky se déroule sur tous les fronts : noms de rues, statues, livres, écoles, parents, forums privés, maternités, cimetières, services secrets, moteurs de recherche - la pureté linguistique est à ce prix. 


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8 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 30 octobre 15:02

    J’aimerais bien voir la gueule de poutine si les moteurs de recherche russes donnaient des resultats en ukrainiens... 

    Ce que fait l’Ukraine est ce qu’on fait toutes les nations. Dans mon coin au debut du vingtieme siecle tout le monde parlait occitan. Puis l’administration n’a accepte que le francais, dans les ecoles les gamins qui parlaient occitant prenaient cher, ils se faisaient tabasser, litteralement... enfin exactement le meme procede. La russie a plein d’ethnicites sur son territoire, mais les medeciins ou les fonctionnaires parlent russe, et tant pis pour toi si tu ne le connais pas.

    Ceci dit, c’est pas ma tasse de thé, mais les nationalistes la qui critiquent l’ukraine il semble que vous ne comprenez rien a ce qu’est une nation


    • berry 30 octobre 15:40

      @sylvain
      Vous n’avez pas l’air de comprendre que c’est la Russie qui est agressée par la clique mondialiste depuis au moins deux siècles. 
      Vous critiquez le capitalisme mais vous rangez derrière les pires capitalistes qui soient, à savoir les banquiers corrompus de Wall Street et de la City, pour défendre l’Ukraine. Ca n’a pas de sens. BHL et Glucksmann sont plus cohérents que vous, ils sont pour le Nouvel Ordre Mondial en toutes circonstances. Il y a un choix à faire, on est soit avec eux, soit contre eux, on ne peut pas rester le cul entre deux chaises.
      Les manoeuvres de l’Otan contre Poutine s’inscrivent dans un cadre historique plus larges, avec au moins une dizaine de guerres contre la Russie (Afghanistan, Serbie, Géorgie, Syrie... Certains font remonter cela aux guerres napoléoniennes et même avant, aux guerres russo-suédoises du 18ème siècle). 


    • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 15:50

      @sylvain Une partie de mes grands-parents parlaient en langue locale. Effectivement, chez nous le jacobinisme français a progressivement consolidé le sentiment national, et l’unification linguistique y a contribué. Mais il a fallu plusieurs siècles. C’est justement le temps qui a manqué à l’Ukraine pour forger ce sentiment national, c’est une « nation » très jeune, à peine quarante ans, une mosaïque mal délimitée que les pressions externes, le coup d’Etat, les rébellions puis la guerre ont totalement déstabilisée.


    • C’est fascinant de voir avec quel aplomb ce genre de papier feint de découvrir les soubresauts linguistiques d’un pays en guerre, tout en oubliant l’essentiel : la politique d’éradication pure et simple de la langue ukrainienne menée par Moscou depuis des siècles.

      Parce qu’avant de pleurer sur des histoires de dessins animés ou de cimetières, il faudrait peut-être rappeler un minimum d’histoire. La russification en Ukraine, ce n’est pas un détail de l’histoire moderne : c’est un plan méthodique, institutionnel et brutal, des décrets tsaristes d’Ems et de Valouïev interdisant l’imprimerie et l’enseignement en ukrainien, jusqu’aux purges et aux famines soviétiques programmées pour briser l’intelligentsia locale. Bref, une tentative séculaire d’assimilation forcée pour effacer une identité entière.

      Aujourd’hui, faire chouiner la machine à propagande russe parce qu’un État agressé tente de retrouver sa souveraineté culturelle après des décennies de colonisation, c’est du grand art. La quasi-totalité des Ukrainiens est bilingue, et bon nombre de soldats qui meurent au front sont russophones, ce qui prouve bien que le problème n’a jamais été la langue que l’on parle chez soi, mais l’arme que l’on pointe sur le pays.

      Mais bon, pourquoi s’encombrer de faits historiques et de crimes de guerre réels quand on peut tranquillement dérouler les éléments de langage du Kremlin depuis son canapé ?


      • xenozoid xenozoid 30 octobre 15:41

        @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
         ....
        la politique d’éradication pure et simple de la langue ukrainienne menée par Moscou depuis des siècles....

         preuves ?
          ///de plus l’ukraine actuelle est une construction de l’urss , sa langue a ete mise en place par les austro/hongrois ainsi que les cults religieux pour contrer l’’influence russes avant la 1ere guerre mondial


      • xenozoid xenozoid 30 octobre 15:43

        @Guisseppe

         vous est un propagandist et un connard


      • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 16:02

        @Giuseppe di Bella di Santa Sofia Ce ne sont pas des éléments de langage, mais des faits illustrant l’ambiance totalitaire, la brutalité de la dérussification, parfois son absurdité, son irrationalité, en somme un reportage sur l’ambiance actuelle de l’Ukraine, un travail journalistique que nos médias auraient dû faire à ma place... Je ne conteste pas que l’Ukraine de l’ouest, la Galicie, ait une identité propre (une fois retranchée les identités polonaises, hongroises, roumaines des régions limitrophes), mais l’Ukraine est une mosaïque très jeune composée sur décision d’un hiérarque soviétique (donc potentiellement illégale au regard du droit international !). Ce patchwork instable est le thème du dernier épisode de la série humoristique de Zélensy, Serviteur du peuple (saison III). De plus, l’Ukraine n’a jamais battu monnaie, ni depuis 40 ans, ni durant la brève indépendance début 20e siècle, à l’inverse de tous les Etats... 


      • beo111 beo111 30 octobre 16:07

        Par contre l’anglais, qui n’est la langue maternelle de pas grand monde en Ukraine, y a le statut de langue interethnique, y compris pour les actes médicaux : https://itd.rada.gov.ua/billinfo/Bills/Card/42201

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