Retour sur l’inéluctable protectionnisme bien compris
Six cent trente-cinq ans après la mort de Gaston Fébus, († 1391)... et Cinquante-six ans après la mort du président Charles de Gaulle (†1970)... la majorité des Français n’a toujours pas compris l’importance vitale qu’il y a pour toute communauté humaine à se protéger économiquement contre la rapacité et les ambitions de concurrents potentiels sans Foi ni Loi.

Il était une « Foix »…
En cest an de male grace deux mil et vingt et six, au païs de dulce France, alors que nos futures élites bouffonnent et vandalisent à qui mieux-mieux au lieu d’étudier, et ceci parce que nombre de nos gouvernants se couvre de bassesse et d’indignité, il convient d’effectuer un constat ahurissant :
Six cent trente-cinq ans après la mort de Gaston Fébus, († 1391), avant-dernier des comtes de Foix de la première race et grands administrateurs de leur comté, et Cinquante-six ans après la mort du président Charles de Gaulle (1970), dernier des grands hommes d’Etat de la République Française, la majorité des Français n’a toujours pas compris l’importance vitale qu’il y a pour toute communauté humaine à se protéger économiquement contre la rapacité et les ambitions de concurrents potentiels sans Foi ni Loi.
Car l’étude de l’histoire médiévale montre que la plupart des économies régionales du Moyen-Âge étaient tributaires, dans leur environnement régional de l’époque, des mêmes impératifs et des mêmes riques libéraux que nos pays modernes lors de leurs échanges commerciaux
Les justifications du protectionnisme bien compris et son intérêt socio-économique étaient donc sensiblement les mêmes qu’aujourd’hui. Son ignorance, ou pire encore, le mépris de ses règles immuables de bon sens induisait donc les mêmes conséquences financières ruineuses et les mêmes conséquences humaines calamiteuses que de nos jours.
Le goût très « boutiquier » du « Tout pour ma gueule » et du « quoi qu’il en coûte pour les autres », n’a jamais cessé de sévir depuis le premier échange de noisettes entre chasseurs-cueilleurs il y a trois millions d’années. L’appât du gain pour la puissance qu’il confère sur son voisin de palier est éternel. Affecter d’ignorer cette vérité dans la conduite de toute politique économique est tout simplement criminel.
C’est ce crime-là qu’ont commis les ultra-libéraux lorsqu’ils nous ont vanté pour nous le vendre le concept de l’ultra-libéralisme dans un Monde présenté comme « Village global ».
La promesse de ce monde « village global virtuel », c’était en fait la promesse d’une planète radieuse sur laquelle tout et son contraire serait harmonieusement produit, équitablement partagé et facilement distribué parce que producteurs et consommateurs seraient subitement devenus de saints-hommes appliquant une morale socio-économique globalement respectée dans un intérêt général bien compris et accepté.
Nous pouvons admirer sur ce point la virtuosité des arnaqueurs qui ont réussi à vendre une foutaise de cette ampleur aux anciens peuples européens, tous gens rompus aux subterfuges des aigrefins depuis au moins trois millénaires, et en tous cas depuis Hermès, dieu grec des marchands et des voleurs !
Depuis 1970, que je considère personnellement comme l’an I du triomphe ultra-libéral, et après plus d’un demi-siècle d’expérience libérale, chacun peut voir aujourd’hui les résultats de cette arnaque intercontinentale :
D’une part, l’ultra-libéralisme a conféré en un temps record une puissance inouïe à ceux qui l’ont rejeté (Chine, Etats-Unis, Inde, Corée du Sud et Corée du Nord).
D’autre part, et dans le même temps, le même ultra-libéralisme a pratiquement ruiné des pays naguère puissants qui l’on adopté, (Cf. : La dégénérescence infiniment symbolique de la France), tout en affaiblissant plus encore, par le biais de la désindustrialisation, les pays déjà fragilisés qui ont eu la faiblesse de l’accepter (quel meilleur exemple que la Grèce), la Russie des années 90, ou la Zambie, ou Haïti, ou l’Argentine des années 90, et j’en passe !
En faisant miroiter au consommateur l’attrait de produits venus d’ailleurs, apparemment moins chers à l’achat mais souvent plus chers en raison de leur qualité inférieure et de la pratique de l’obsolescence programmée, l’ultra-libéralisme détruit imparablement l’environnement socio-économique immédiat des populations qui y succombent !
Et aussi longtemps que ces inconvénients et les dissymétries qui en résultent subsisteront, une forme de protectionnisme restera inévitable pour les peuples qui entendent conserver la maîtrise de leurs conditions d’existence dans le respect de leurs libertés et de leur culture.
Cette vérité, c’est très exactement celle que connaissaient déjà, il y a neuf siècles les puissants comtes de Foix en établissant tant aux frontières de leurs Etats que sur des axes judicieusement choisis, un système de droits apparenté aux droits de douane, nommé « Leude » et complété, entre autres, par un usage étendu de la « Gabelle ».
Nous citerons quelques-unes de ces dispositions à titre d’exemples.
1) Régulation avec le souci tant de la protection locale que de l’intérêt général :
Pour être efficace, toute protection doit être appropriée, réfléchie, proportionnée, révisable et soucieuse du bien commun. (En un sens elle est presque le contraire de l’usage qu’en fait l’actuel président américain !)
C’est dans cet esprit que, dès 1284, Roger-Bernard III, le premier des comtes de Foix à s’illustrer par une politique économique, crée les conditions favorables aux exportations lointaines. En effet il autorise les marchands à venir vendre leurs étoffes aux foires de Foix, à la condition expresse de se munir d’une semblable autorisation délivrée par leur seigneur au profit des marchands fuxéens.
2) -Développement de la production locale contre la concurrence déloyale ou dangereuse pour la survie locale :
Entre le XIII et le XVIème siècles, les comtes de Foix favorisent la création de forges hydrauliques nommées Moulines. En 1450, le comte Gaston IV veille à ce que la production des Moulines de Foix ne soit pas concurrencée en interdisant les livraison de minerai à l’extérieur du comté, là où ce minerai était transformé à moindre coût qu’à Foix. Il évitait ainsi que ce minerai revienne en son pays de Foix sous forme de produits finis à forte valeur ajoutée, compromettant à la fois les finances du comté et la situation de l’emploi.
3) Régulation des prix
En 1316, Gaston II, très probablement sous la régence de sa mère Jeanne d’Artois, s’occupe même de la bonne marche de la fonction notariale. Il interdit aux notaires de réclamer un salaire exagéré pour rédiger leurs actes qui devaient l’être normalement... Quel exemple ! Si seulement Les successeur du « Grand Charles » en avaient fait autant en régulant les marges de certains importateurs de chinoiseries !
4) Gestion de la dette, des finances, et de la défense
Les comtes de Foix protégeaient l’abbaye de Boulbonne.( Cf. : Entre autres, l’exemple du comte Roger-Bernard Ier qui, en 1161, accorde la Franchise de la leude du pont de Foix au bétail des moines de l’abbaye.)
Nous savons qu’en contrepartie, l’abbaye prêtait des fonds aux Comtes, limitant ainsi leur dépendance financière de n’importe quel « prêteur » venu de n’importe où, dans on ne sait quelles intentions, comme le font nos actuels « Mozart de la finance ».
Dans le même esprit, les comtes de Foix favorisaient l’Ordre du Temple sur leurs terres. Par exemple, le 26 octobre1136, le comte Roger III de Foix donne aux Templiers le domaine de Nogarède et les exempte du droit de leude. Une sorte de bonne manière entre le « castrum Fuxense » et la puissance agricole et militaire des Templiers.
C’est aussi, et très exactement, ce que le général de Gaulle avait appréhendé tant par sa vaste culture que par la profondeur de ses analyses.
C’est pourquoi, dans le même esprit que les comtes de Foix d’antan, il a fait élaborer par son administration un tarif douanier remarquablement conçu ; c’est-à-dire un tarif douanier tenant compte à la fois des intérêt locaux et de l’intérêt général. Un tarif douanier qui permettait alors à la General Motors Corporation, en ces temps bénis première compagnie au monde, de donner du travail à du personnel français à Gennevilliers, en participant à la prospérité de la France, en favorisant sa balance du commerce extérieur tout en encaissant en encaissant des Royalties !
La morale de cet analyse est la suivante. Dès 1185, le roi d’Aragon Alphonse II « le Chaste » avait confié le poste de Gouverneur de la Provence au comte de Foix Roger-Bernard Ier ! Au-delà des alliances dynastique, cela dénote une confiance politique considérable et le signe d’un rayonnement de Foix bien au-delà des Pyrénées.
Ce rayonnement va bel et bien perdurer pendant plus de deux siècles jusqu’à Mathieu de Foix et jusqu’aux de Grailly.
Croyez-vous que le rayonnement de nos « Mozart actuel de la finance » perdure jusqu’en 2226 ?
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