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Accueil du site > Tribune Libre > « ROBESPIERRE » de Jean-Clément MARTIN

« ROBESPIERRE » de Jean-Clément MARTIN

Les deux principales images communément retenues de Maximilien de Robespierre sont celles de l’Incorruptible et du Tyran. Son action politique hante toujours les discussions intellectuelles et historiques plus de deux cent vingts ans après sa mort, tant il fut l’un des principaux moteurs de la Révolution au point de l’incarner. Aujourd’hui encore, aucune artère parisienne ne porte son nom. C’est dire la gêne ressentie face à l’héritage robespierriste par les autorités républicaines successives depuis 1794. 

Jean-Clément Martin, professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne nous propose un livre « éminemment politique » consacré à cette personnalité hors du commun. Il revient sur le parcours extraordinaire de Robespierre, commencé à Arras et terminé Place de la Révolution, tête défigurée au vent et conspué par la foule (1). Cette dernière célébrait la mort de celui qu’elle considérait comme un despote et se montrait heureuse de retrouver cette liberté tant chérie après des mois de tension et de crainte. 

Beaucoup associent le nom de Robespierre à la Terreur, mais ils négligent ou méconnaissent l’envergue de ses prédilections politiques. L’oeuvre intellectuelle de Robespierre ne peut être cantonnée à ce seul aspect. Il suffit de lire les plus grands discours de Maxime (surnom donné par ses intimes) pour s’en rendre compte. Les Thermidoriens l’accusèrent très vite d’avoir été le seul instigateur de cette politique ultra répressive et le condamnaient comme seul responsable pour la postérité. Cependant ce réquisitoire a-t-il un réel fondement historique ? Ou au contraire s’agit-il d’une reconstruction à postériori de la part des adversaires de Robespierre ? Ces deux questions exposent parfaitement la thèse centrale de l’ouvrage. Martin explique, loin de tout esprit partisan et de tout sentimentalisme, que le « Robespierre monstre » fut en réalité littéralement fabriqué par ses adversaires.

En effet, comme le rappelle Martin, dès les premières pages de son très bon ouvrage, cette caricature fut imposée par les vainqueurs du 9 thermidor (2) : « dès le lendemain (de la mort de Robespierre), tandis que soixante et onze autres robespierristes sont exécutés à leur tour, Barère, député à la Convention et membre influent du Comité de salut public, assure que la France vient de supprimer le tyran et sort de la dictature ». Tallien, un autre conventionnel célèbre, déclame à la tribune que : « le 9 thermidor, le pays s’est débarrassé du système de terreur en chassant du pouvoir Robespierre qui en avait été l’instigateur et l’organisateur ». La mort de Robespierre qui n’était finalement qu’un membre parmi d’autres du Comité de Salut Public : « devient une des journées – après celle du 14 juillet et du 10 août – qui firent l’histoire de France, puisqu’il est régulièrement admis depuis que la Révolution française commencée en juillet 1789 s’achève – pour sa phase proprement révolutionnaire – en juillet 1794 ».

L’auteur prend le soin de préciser que les personnes qui envoyèrent Robespierre sur les genoux de la grande faucheuse refusaient d’assumer les violences de la guerre civile et son cortège de morts, même si pour la plupart ils y participèrent allègrement, tout en désirant conserver les avantages que la Révolution leur avait procurés. Il est indiscutable que Robespierre a exercé des responsabilités politiques lors des événements de 1793, tout en mettant en place – paradoxe robespierriste ? – un système permettant le contrôle des révolutionnaires les plus violents ou fanatiques (Carrier, Collot d’Herbois, Fouché, etc. ). Il faut comprendre son exécution comme le paroxysme d’une rivalité politique entre différentes factions pour le contrôle des destinées de la Révolution. Curieusement et aussi étonnant que cela puisse paraître, l’association responsable de la chute de Robespierre fut composée de modérés et de membres de l’extrême gauche. Selon les tendances et couleurs politiques, ses accusateurs lui reprochèrent son extrémisme ou sa modération.

Robespierre a de son vivant suscité des commentaires divers voire opposés. En effet, il se présente tout à la fois comme : un homme secret et solitaire, un puissant politique disposant d’un réseau aux ramifications très étendues, adulé des foules notamment des femmes mais craint par de nombreux révolutionnaires, monstre et bouc émissaire. De fait comment discerner la réelle personnalité de Robespierre ? Martin développe l’idée suivante : « la personnalité publique de Robespierre est indissociable des images, louanges, accusations et calomnies qui lui ont été accolées après le 9 thermidor, mais aussi dès 1789. Il est alors d’autant plus difficile d’accéder à l’individu lui-même que les sources authentiques sont peu nombreuses et très connues ». L’objectif que se fixe Martin est clairement énoncé : « ne cherchons pas le vrai Robespierre sous les oripeaux qui le masqueraient, mais essayons plutôt de comprendre comment et pourquoi les éléments de sa courte vie ont pu servir à bâtir l’échafaudage proprement monstrueux qui l’a enseveli – et immortalisé, ce qui ne se produisit pas pour ses contemporains, même ceux qui furent ses proches, ses soutiens et ses concurrents ».

Pour Martin, Robespierre se présente telle une véritable énigme. En effet, ce petit avocat arrageois devint un homme dont le nom fut redouté de son vivant en France et à l’étranger. Une fois mort, son souvenir inspirait encore effroi, inquiétude et également de l’enthousiasme. Après son exécution, il eut de nombreux défenseurs (3). Effectivement plusieurs personnalités politiques, encore aujourd’hui, se réclament de sa pensée. Pourtant, Martin pose une question fondamentale : « comment se fait-il qu’un homme dont la vie personnelle se résume à si peu de chose, qui vécut sans argent, qui ne disposait pas de relations remarquables, qui n’eut jamais de pouvoirs exceptionnels, ait pu jouer un rôle si extraordinaire ? ». En lisant cet ouvrage, nous comprenons – entre autres – par quels moyens et procédés Robespierre sut gravir les échelons de cette société d’Ancien Régime et s’imposer comme l’une des figures majeures de la Révolution. 

Etudier et écrire sur Robespierre revient en définitive à étudier et à écrire sur la Révolution. Martin établit le constat suivant : « l’individu-Robespierre a été ainsi coulé de force dans le personnage-Robespierre, lui-même assimilé au destin national, si bien que retracer son histoire conduit à entreprendre une sortie d’histoire parallèle de la Révolution française ». Chacun sait que la France conserve une forte tradition révolutionnaire que ce soit en esprit ou dans les institutions. Nonobstant cet état de fait, notre pays rencontre encore la plus grande difficulté à regarder ces années (1789-1794) dans le blanc des yeux. Il ne s’agit nullement d’un hasard ou d’un malentendu. La République éprouve toujours de l’embarras dès qu’on évoque son passé ou son acte de naissance…

Cette biographe ne présente pas de découvertes documentaires inédites, mais elle nous propose une étude historique et politique passionnante éloignée des poncifs thermidoriens qui ont gravé dans le marbre l’idée d’un Robespierre « sanguinaire » et unique responsable du totalitarisme révolutionnaire. Rappelons qu’il s’était prononcé contre la peine de mort au début de sa carrière politique même si, lors des discussions concernant le sort à réserver au roi Louis XVI, il avait dit : « Louis doit mourir pour que la patrie vive ». Ainsi va la vie ou la mort.

 

Franck ABED

 

 

(1) Lors de son arrestation qui fut mouvementée, Maximilien est gravement blessé à la mâchoire, sans que l’on sache précisément si c’est le gendarme Merda (ou Meda, l’orthographe est incertaine) qui lui a tiré dessus ou s’il s’agit d’une tentative de suicide. Le jour de l’exécution sa mâchoire était maintenue par un bandage qu’on lui retira quand il monta à la guillotine. Selon les commentaires et observateurs de l’époque le fait de lui ôter cette bande lui arracha un « grand cri de douleur ».

(2) 27 juillet 1794, coup d’Etat entraînant la chute des robespierristes. 

(3) Nous pensons principalement à Albert Dulin de Laponneraye qui entreprit en 1832 la publication des discours de Robespierre en fascicules, avant d’éditer les Mémoires de Charlotte de Robespierre sur ses deux frères en 1835 puis les Œuvres de Maximilien Robespierre en quatre volumes en 1840, qu’il contribua largement à diffuser. Pour la petite histoire, il était le fils d’un officier qui avait émigré 1791 à 1801.


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12 réactions à cet article    


  • Jean Roque Jean Roque 12 avril 17:20

    Entre Onfray qui parle du variqueux puceau mégalo sanguinaire massacreurs de paysans et Guillemin (vidéo sur youtube) du sauveur du prolétariat contre la bourgeoisie gocho, on voit l’ambivalence.
     
    Robespierre aurait du naître à Sparte, la communauté au holisme antique, pas chez les gogochons naissants
     
    C’est ce qu’explique Marx, la contradiction du Don Quichotte visiteur revenu du Passé.
     
    "L’idée grandiose de Robespierre et de Saint-Just, de créer un « peuple libre » qui vivrait selon les règles de la justice et de la vertu [...] cette idée ne pouvait tenir quelque temps que par la terreur ; c’était une contradiction [historique], contre laquelle les éléments vulgaires et égoïste du peuple [les gogochons] réagirent de façon lâche et sournoise que l’on ne pouvait qu’attendre d’eux." La Sainte Famille (des pieux bobos gochos)


    • Jean Roque Jean Roque 12 avril 17:28

      « peuple libre » fait référence aux « égaux » de l’antiquité grecque, libres par leur idéal politique (citoyen). Mais déjà venaient les libidineux égotiques au froid payement comptant (droitdelhommistes spectateurs), les gochos du Supermarché, qui deviendraient les soumis glands remplacés puis les esclaves multiethniqués de Coudenhove-Klergui
       
      « Ce n’est qu’à travers l’alliance avec le meilleur sang bourgeois que les éléments les plus capables du développement de la noblesse féodale d’antan s’élèveront vers une nouvelle apogée ; ce n’est qu’à travers l’union avec les sommets de l’européanité non juive [Krupp] que l’élément juif de la noblesse du futur parviendra à son plein épanouissement […] notre âge démocratique est un pitoyable interlude entre deux grandes époques aristocratiques [...] Dès qu’une nouvelle et véritable noblesse se sera constituée, la démocratie disparaîtra d’elle-même [...] L’humain du lointain futur sera un métis […]. La race du future, négroïdo-eurasienne (eurasisch-negroide Zukunftsrasse), d’apparence semblable à celle de l’Égypte antique [esclaves], remplacera la multiplicité des peuples [libres]  »
       
      ’Praktischer Idealismus’ Richard de Coudenhove-Kalergi


    • Christian Labrune Christian Labrune 12 avril 21:33

      @Franck Abed

      Savoir parler quelquefois contre soi-même, c’est une excellente hygiène morale, et c’est ce que je me suis dit en lisant le compte rendu que vous faites de cette lecture, parce que j’ai lu d’autres de vos articles, et je ne saurais vous soupçonner d’une bien grande sympathie pour ce triste sire. J’emploie à dessein le verbe « soupçonner », parce que je trouverais presque criminelles ces sortes de dilections  ! Pour moi, la révolution française, dont les débuts n’ont certes rien de méprisable, ne s’arrête pas à la mort de Robespierre, mais aux massacres de septembre 92.

      Peu importe, au fond, ce qu’était ce sinistre personnage dans le tête-à-tête qu’il pouvait entretenir avec ses proches ou avec lui-même. Les pires criminels, si on essaie d’entrer dans les méandres de leur psychologie, sont au fond des hommes comme tout le monde, aimant leurs vieux parents, leur petite famille et même leur chien, comme beaucoup des pires nazis ou comme Staline. L’en-soi de ces gens-là, au fond, m’importe peu. Seuls comptent les phénomènes criminels qu’ils produisent, et ceux qu’on peut imputer à Robespierre ne sont pas du tout négligeables. Le bonhomme avait une idéologie, elle était totalitaire avant la lettre, comme celle de Rousseau dont elle procédait directement, et le fonctionnement de la Terreur en découle d’une manière assez nécessaire.

      J’espère que vous ne verrez pas trop d’objections à ce que je crie : feu à volonté sur Robespierre et tous les robespierristes !


      • Franck ABED Franck ABED 13 avril 14:19

        @Christian Labrune

        Merci de me lire régulièrement.

        Je suis un intellectuel et un historien honnête. Je lis beaucoup de livres. Je pense que l’approche méthodique et réellement historique de Jean-Clément Martin présente un réel intérêt. 

        Je me permets, à toutes fins utiles, de vous conseiller mon premier ouvrage : 


        Lisez-le et donnez m’en vos impressions quand ce sera fait. Merci.

      • Étirév 13 avril 03:49
        Robespierre, en Vérité.
        Présenté à Mme Roland par Brissot, longtemps il fréquenta son salon, s’inspirant de ses grandes idées, mais avec la pensée secrète d’en faire sa gloire personnelle, un marchepied pour arriver au pouvoir, et nul pressentiment ne semble avertir Mme Roland qu’elle recueille un traître, qu’elle réchauffe un ennemi dans son sein, un homme qui, après avoir conspiré avec elle, conspirera contre elle, renversera la puissance de son parti et prendra sa place, et l’enverra elle-même à l’échafaud. Le contraste est frappant entre la bonté de la femme et la perfidie de l’homme.
        Le 10 août, Mme Roland se livra à un mouvement de générosité pour sauver Robespierre.
        Après la journée du Champ de Mars, il fut accusé d’avoir conspiré avec les rédacteurs de la pétition de déchéance, et, menacé comme factieux de la vengeance de la garde nationale, il fut obligé de se cacher. Mme Roland, accompagnée de son mari, se fit conduire à onze heures du soir dans sa retraite pour lui offrir un asile plus sûr, dans sa propre maison ; il avait déjà fui ce domicile ; elle supplia Buzot d’aller aux Feuillants disculper Robespierre, pour elle, pour la liberté qu’ils défendaient ensemble ; il y alla, après avoir hésité un moment.
        Ces trois amis dévoués devaient tomber victimes de l’homme qu’ils s’efforçaient de sauver.
        Quand Mme Roland fut arrêtée et enfermée à Sainte-Pélagie, elle eut l’idée d’écrire à Robespierre, se rappelant l’ancienne amitié qui avait existé entre elle et lui ; elle était malade à l’infirmerie de la prison, pensait à sa fille, à son mari, eut un moment de faiblesse ; un médecin qui se disait ami de Robespierre était venu la voir, il lui parla de lui, peut-être pour lui rapporter les propos qu’il entendrait.
        Elle lui répondit : « Robespierre, je l’ai beaucoup connu et beaucoup estimé. Je l’ai cru un sincère et ardent ami de la liberté. Je crains aujourd’hui qu’il n’aime la domination et peut-être la vengeance. Je le crois susceptible de prévention, facile à passionner, lent à revenir de ses jugements, jugeant trop vite coupables ceux qui ne partagent pas ses opinions. Je l’ai vu beaucoup : demandez-lui de mettre sa main sur sa conscience et de vous dire s’il pense mal de moi.  »
        Et cette noble femme, qui ignorait la nature perverse de l’homme, faisait appel à des bons sentiments qu’il n’avait pas, à une conscience droite comme la sienne...
        Elle eut jusqu’à la naïveté de lui écrire, mais elle déchira sa lettre et ne l’envoya pas, mais elle en garda les morceaux ; sa dignité de femme l’avertit à temps qu’on n’implore pas un traître.
        « Robespierre, homme de volonté, sans lumière, ayant toute sa force dans l’instinct, doit être regardé comme l’expression d’une tyrannie populaire dont l’action se réfléchissait dans les moindres comités révolutionnaires ; il n’existait pas d’opinion publique hors de lui, ceux qui avaient le malheur de s’y confier étaient perdus. Tyran subalterne...  » (Fabre d’Olivet, De l’étal social de l’homme, p. 334).

        • pissefroid pissefroid 13 avril 10:36

          La conférence d’Henri Guillemin présentée au cern est à écouter, ou à lire.

          première partie :
          https://mediastream.cern.ch/MediaArchive/Audio/Public/Open/1970/AUDIO-1970-003-1/AUDIO-1970-003-1-128-kbps-44-kHz-stereo.mp3
          deuxième partie :
          https://mediastream.cern.ch/MediaArchive/Audio/Public/Open/1970/AUDIO-1970-003-2/AUDIO-1970-003-2-128-kbps-44-kHz-stereo.mp3

          Texte de la conférence :
          http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Guillemin_raconte_Robespierre_et_la_R evolution_francaise.pdf

          Court extrait de la première partie :

          Je vais vous lire, ce texte est tout court, la phrase essentielle je vais vous la lire lentement. C’est du Robespierre de 1788 :

          "La plus grande partie de nos concitoyens - la plus grande partie - est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement, où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné."

          C’est terrible de demander ça, et de dire aux gens : vous allez réfléchir aux causes de votre misère !

          Vous êtes des exploités, vous êtes des malheureux, prenez-en conscience !

          Vous comprenez que c’était terrifiant. Alors un homme qui dit des choses comme ça se fait repérer tout de suite.

          Et même il va encore plus loin, il va prononcer un mot terrible à la tribune.

          Il va parler d’hypocrisie — vous m’entendez : d’hypocrisie— à propos de la déclaration des droits de l’Homme.

          Pourquoi donc ? La déclaration des droits de l’Homme votée à l’unanimité avait pour article principal, vous le savez ça, c’est assez souvent cité :

          « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».

          C’était la grande phrase de la déclaration des droits de l’Homme.

          « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».

          Alors Robespierre dit : Nous avons tous voté ça, mais quelle application en faites-vous ?

          L’égalité ? Je ne la vois pas, l’égalité !

          Ces hommes qui sont tous égaux, alors pourquoi avez-vous distingué les français en deux groupes : les citoyens actifs et les citoyens passifs, d’après leur argent.

          Ils sont tous libres ? Il y a aussi des citoyens noirs parce que la France avait encore à ce moment-là quelques colonies, surtout dans les Antilles.

          Il avait demandé l’abolition de l’esclavage.

          Le lobby colonial qui était extrêmement puissant à la constituante avec La Fayette, entre autres, qui s’était absolument opposé, la constituante avait maintenu l’esclavage.

          Et Robespierre disait : Hypocrisie de dire que tous les hommes... puisque les hommes noirs vous voulez les laisser en esclavage.

          Et puis il y a d’autres esclaves, qui sont pas noirs, qui sont blancs, ce sont ces ouvriers auxquels vous interdisez de se coaliser pour défendre leur salaire.

          Je dis donc le mot hypocrisie parce que ni l’égalité, ni la liberté, ne sont respectés par vous.

          Fin d’extrait.

          Je pense que ce texte est à méditer.

          Robespierre est le bouc émissaire de la convention corrompue.


          • Decouz 13 avril 11:12

            Lu et trouvé intéressant, je connaissais mal la période, agréable à lire, « La Révolution française, de M. Pichot Bravard  :

            https://www.famillechretienne.fr/livres/sciences-humaines/histoire-et-civilisation/la-revolution-francaise-131233

            L’auteur fait débuter la Terreur bien plus tôt que la période officielle portant le nom, comme si elle était inséparable de la Révolution (il y a eu des têtes coupées dès le début).
            Les historiens, du moins certains, ont tendance à réévaluer le rôle de Louis XVI, dans un sens plus favorable, en ce qui concerne sa conscience des évènements et son analyse de la situation historique.
            Louis XVI, qui dans un sens, joue contre son camp en soutenant l’Indépendance des Etats-Unis pour affaiblir l’Angleterre.
            Révolution préparée par l’affaiblissement de la monarchie, la frivolité et la mondanité de la vie à la Cour, la Fronde et la volonté d »indépendance de la noblesse, les guerres qui ruinent le royaume, la volonté d’affranchissement des villes et de la bourgeoisie.


            • Decouz 13 avril 11:19

              "Robespierre a repris les valeurs de Rousseau, notamment le modèle de la Vertu, devenue véritable religion, pour secourir la Patrie. L’image de l’incorruptible s’appuie sur schémas, théoriques et simplifiés, des oeuvres de Rousseau. D’où les dérives sanguinaires de ce mouvement qui se voulait libérateur et pur, de façon abusive."

               

               
              "L’influence des philosophes :
               
              Il est convenu de dire que les philosophes du siècle des Lumières ont alimenté les pensées du courant révolutionnaire.
               
              Ceci est exact, mais mérite des nuances.
               
              Jamais Voltaire, Montesquieu, Diderot, Rousseau et les autres n’ont pensé à un seul moment que la société française devait être réformée en profondeur au sens révolutionnaire, c’est-à-dire que la monarchie devait disparaître.

              http://www.bibliolettres.com/w/pages/page.php?id_page=252


              • Montdragon Montdragon 13 avril 13:38

                Le ci-devant Robespierre, grand-papa des acnéiques de Tolbiac avait tout compris en supprimant froidement les annonciateurs de la sociale-démocratie.


                • Gisyl 13 avril 13:45

                  Si on veut comprendre et apprécier Robespierre à sa juste valeur, il faut lire les synthèses opérées par Matthiez, Soboul et surtout Jules Massin.

                  On ne peut que regretter le retour à une historiographie thermidorienne faîte par François Furet et qui perdure aujourd’hui. L’assimilation à Robespierre comme devancier de Pol Pot est effarante de simplisme.



                  • Blé 13 avril 13:51

                    En 1789, la bourgeoisie a eu besoin des « gueux » pour renverser la monarchie et mettre au pas la noblesse en lui supprimant ses privilèges, ensuite les gueux ont été priés de retourner chez eux. C’est alors qu’ils ont compris qu’ils avaient simplement changé de « Maîtres », il n’était pas question pour ces derniers de partager le pouvoir. La démocratie, oui, pour les français riches mais les français riches n’ont jamais aimé les pauvres.

                    Depuis cette date, pour les français dépendants d’un salaire ou des banques,rien a changé en 2018, le pouvoir est toujours aux mains de la bourgeoisie et des possédants.

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