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(Russie libre)... organisation de financement et des objectifs suspects !

Dans cet article, nous discuterons de certaines aspects des activités de l'opposition russe à l'étranger. Nous nous arrêterons en particulier sur ses activités en Bulgarie, et ses relations de ces opposants avec les pays occidentaux !

La Conférence du mouvement “pour une Russie libre”, Gennady Gudkov (droit), Rosen Plevneliev (gauche), en Bulgarie / Photo Bivol TV.

Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, les noms de certaines personnalités, qui ont été absentes du théâtre politique russe depuis longtemps, ont commencé à apparaître dans l’espace médiatique. Il semble clair que les États-Unis d'Amérique, en particulier, et l'Occident, en général, utilisent ces personnalités pour construire ce que l'on peut appeler une opposition à l'étranger. L'objectif est d’exercer une pression politique sur les dirigeants russes et de former une opinion publique internationale contre la politique russe officielle.

L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) est une des institutions les plus importantes qui soutiennent ce type d'activité. De plus, les ambassades des États-Unis fournissent un soutien efficace à des organisations non gouvernementales, qui visent à promouvoir la politique américaine d’influencer l'opinion publique dans certains pays.

L'une des plus importantes de ces organisations, qui a émergé au cours de la dernière décennie, est (free Russia). Cette organisation a été fondée en 2014 à Washington, et elle a des bureaux à Kiev, Tbilissi, Prague et Berlin ; ses programmes comprennent : la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie, le Caucase du Sud, l'Asie centrale, l'Europe et l'Amérique du Nord. Selon son site web officiel, elle est une organisation à but non lucratif, non partisane et non gouvernementale, les activités de laquelle visent à soutenir la société civile et le développement démocratique en Russie. Plusieurs spécialistes russes, américains et européens travaillent au sein de cette organisation. En juin 2019, le ministère russe de la Justice a rendu un jugement qui a consideré les activités de l'organisation (Russie libre) indésirables !

Sans doute, la première question qui vient directement à l'esprit du lecteur est la suivante : Pourquoi les États-Unis soutiennent la société civile et la démocratie dans d'autres pays ? La réponse pour nous, en fait, est très claire ! Noun ne sommes pas trop naïfs pour que nous ne voyions pas les faits qui sont ancrés dans l'image globale de la politique des États-Unis !

L'organisation (Russie libre) est dirigée par Natalia Arnault, en fait la famille (Arnault) est celui de son mari (Michel Arnault), et la famille originale est (Budayeva). Natalia était bien connue parmi les membres de l'opposition russe, elle a dirigé entre 2004 et 2014 la division russe de l'Institut Républicain International (IRI). IRI a été fondé en 1983 après le discours du Président Ronald Reagan en 1982 au Parlement britannique où il proposait d'aider les autres États à construire la démocratie. Le sénateur américain John McCain dirigeait l’IRI depuis sa fondation jusqu'à la mort de McCain en 2018, McCain lui-même est un promoteur de la russophobie. Certaines sources confirment que Michel Arnault a également travaillé dans cet institut. Certaines sources indiquent également que Budayeva elle-même a pris en charge le financement des manifestations de 2013 dans le district de Perlova à Moscou.

La vice-présidente de (Russie libre) est Natalia Lundé, qui a ainsi occupé plusieurs postes dans diverses institutions occidentales avant de travailler dans l’organisation de (Russie libre). De 2015 à 2017 elle a été vice-présidente de la Fondation (Potomac) pour le développement et les communications. La fondation (Potomac) est une institution de recherche spécialisée dans plusieurs directions, dont les plus importantes sont : l'étude des économies après-guerre froide, la croissance militaire de la Chine, la compétitivité industrielle nationale, l'intégration des pays d'Europe de l'Est et de l'Espace soviétique avec l'Occident et l'OTAN. Ainsi, Potomac est considéré comme une institution consultative pour l'OTAN. Entre les années 2006-2015, Lundé a occupé le poste de directrice de sensibilisation avec la société au Centre d'évaluation stratégique et budgétaire (CSBA). CSBA est spécialisé dans les questions de sécurité, de défense et d'investissement militaire, et a son siège à Washington. De 2005 à 2006, Lundé a été directrice adjointe du conseil des relations internationales pour les affaires du Congrès et la politique extérieure des États-Unis.

Je pense que l'image devient maintenant plus claire pour le lecteur ; ces institutions de recherche ne sont que des outils de « puissance douce » aux États-Unis. Ils sont destinés à soutenir et à financer certaines activités favorables à la politique américaine. En fait, les participants aux activités de l'organisation (Russie libre) n'ont pas caché leurs véritables objectifs, une (Russie libre) selon eux est (la Russie post-Poutine) ou (la Russie sans poutinisme). Afin d'atteindre cet objectif, les activistes de cette organisation préparent des rapports et des articles, organisent des conferences et des lectures, qui sont axées sur la description du régime du président Poutine comme régime sanglant, dictatorial, tyrannique... etc., et sur la promotion de telles idées parmi les émigrants russes dans diverses capitales du monde.

Au cours des mois précédents, l'activité de l'organisation (Russie libre) s'est intensifiée dans le contexte des récents développements entre la Russie et l'Occident. Il semble que certains mots, tels que “liberté” et “libre”, soient des marques assez populaires dans le marché des termes politiques, que nous aurons besoin de quelques articles pour aborder le sujet. Mais, dans cet article, nous nous arrêterons seulement sur un événement important, qui a eu lieu en Bulgarie !

En février dernier, dans la capitale bulgare Sofia, sous les auspices de Charles Perego qui est le secrétaire de l'ambassade des États-Unis pour les affaires politico-économiques, s'est tenue la Conférence fondatrice du mouvement (pour une Russie libre). L'opposant russe Gennady Gudkov était le principal organisateur de cette conférence. Tous les participants ont déclaré que l'objectif était (de destituer le président Vladimir Poutine du pouvoir) !

Des représentants d'organisations et d'entités, qui ont été responsibles des tentatives de coup d'État ratées au Kazakhstan et en Biélorussie, étaient parmi les participants à cette conference, ainsi que des personnalités russes représentant certaines organisations de migration en Allemagne, à Bologne, en République tchèque, en Estonie et en Turquie.

Dans ce contexte, il faut noter que la conférence susmentionnée a eu lieu dans un hôtel de luxe qui a une importance historique ! C’est l'hôtel intercontinental-Sofia, derrière laquelle se trouve le monument du tsar Alexandre II ou Tsar Libérateur, et en face se trouve le parlement bulgare. Nous ne nous arrêterons pas trop sur la source de l'argent qui a été dépensé pour organiser ce parti politique, car je pense que la haute représentation diplomatique américaine nous donne une claire réponse !

Malgré ce grand dynamisme et soutien moral dans la préparation de cette conférence, la plupart des participants ont évité de répondre à la question de leur nombre réel, car, en fait, ce nombre ne dépassaient pas la cinquantaine !

Avant d'approfondir les idées qui étaient avancées par la conférence, il peut être opportun de présenter le principal organisateur de la conférence !

Qui est Gennady Gudkov ?

Il était colonel à la retraite du service fédéral de sécurité russe (FSB), aussi, il était membre des partis communistes soviétique et russe et député à la Douma d'État pour le parti Russie unie et pour le parti Russie juste de 2004 à 2007 et de 2007 à 2013 respectivement. À la fin de 2012, il a été inculpé de blanchiment d'argent en Bulgarie, et d'investissements illégaux avec sa femme et de conduite d'affaires par l'intermédiaire d'une société de sécurité privée. En conséquence, son adhésion à la Douma d'État a été suspendue au suffrage direct.

En 2013, Gennady et son fils Dmitry ont été expulsés par décision de l'organe central du parti Russie juste pour leur participation aux manifestations de cette année-là.

Gudkov s'est concentré sur la nécessité d'activer le mécanisme d'obtention d'un passeport Nansen dans son discours. En effet, c’est une invitation offerte aux Russes vivant à l'étranger pour renoncer à la citoyenneté russe, sachant que ce passeport est généralement accordé aux citoyens qui n'ont aucune citoyenneté ! C'est-à-dire que les citoyens russes vivant à l'étranger seront à la merci des organisations internationales qui accordent ce passeport, et donc ils seront soumis à un chantage politique ! Je pense que le lecteur sait très bien que les pays occidentaux contrôlent le travail de la plupart de ces organisations !

Parmi les invités figurait également Ilya Ponomarev, c’est un ancien membre de la Douma d'État du parti (Russie juste), et il a été le seul à avoir voté contre la décision d'annexer la Crimée en 2014, et à partir de cette année il a émigré pour aux États-Unis. En 2015, le parquet général l'a accusé d'avoir volé de l'argent public au Centre de recherche et développement Skolkovo, à la suite de quoi son immunité diplomatique a été révoquée. En 2016, en raison de l’absence constante des sessions du Parlement, son adhésion à la Douma d'État a été abandonnée. Depuis 2016, Ponomarev réside en Ukraine, et l'ancien président Petro Porochenko lui a accordé la citoyenneté ukrainienne en 2019. Ponomarev a appelé à combattre la Russie aux côtés de l'Ukraine, soulignant qu'il prendrait les armes pour affronter l'armée russe.

Le mouvement libéral a été représenté par Leonid Guzman, qui a lancé le slogan “Nous rendrons à la Russie sa grandeur”. Guzman dirige le bloc politique “Union des forces de droite”, qui n'a réussi à entrer à la Douma d'État qu'une seule fois en 1999 avec 8,52% des voix. Lors des élections suivantes, ce bloc n'a pas été en mesure d'obtenir le nombre minimum de voix pour entrer au Parlement. Guzman s'est toujours opposé à la politique du président Poutine après l'annexion de la Crimée à la Russie, et des mois avant l'opération militaire russe en Ukraine, il a ouvertement appelé à l'armement de l'Ukraine pour affronter la Russie, et il a également appelé sans vergogne l'Occident à imposer plus de sanctions à la Russie. En fait, il y a beaucoup de critiques et de controverses dans les cercles politiques russes à propos du bloc “Union des forces de droite” et des leurs dirigeants mais les détails ne relèvent pas du sujet de l'article.

La partie bulgare était représentée par l'ancien président bulgare Rosen Plevneliev. Plevneliev lui-même, lors de son seul mandat présidentiel entre 2012 et 2017, a été bien connu pour tous par sa sincérité de la politique occidentale, car il était un visiteur fréquent à l'ambassade des États-Unis à Sofia. Pendant la présidence de Plevneliev, la vie du peuple bulgare s'est considérablement détériorée et il a été tellement critiqué dans les médias bulgares que son parti “Citoyens pour le développement européen en Bulgarie GERB”, non seulement s'est abstenu de soutenir sa candidature pour un second mandat présidentiel, mais s'est même abstenu de soutenir sa candidature aux élections législatives ! En plus de Plevneliev, deux députés du Parlement bulgare ont assisté à la conférence, l'un du parti de GERB et l'autre du parti de “la Bulgarie démocratique”, qui sont maintenant des partis d'opposition en Bulgarie, et ces deux députés sont célèbres par leur rejet de la politique du président Poutine !

Certains des participants ont appelé à la formation d'un parti qui rassemblerait l'opposition panrusse, et donc ce parti serait le sixième pour Gudkov et le cinquième pour Ponomarev. Aussi incroyable que ces opposants, qui préféraient situer dans l'orbite politique de l'Occident, n'eussent pas pu obtenir plus de 3% des voix de l'électorat russe pendant la période de leur activité politique en Russie. Il faut souligner, à cet égard, que tous les partis russes dont ces opposants ont fait defection, comme : parti Russie Unie, le Parti communiste, le Parti Libéral Démocrate et le parti Russie juste, continuent d'exercer leur activité politique au sein des différentes institutions russes, et sont respectés et appréciés parmi citoyens russes.

Malgré tout ce que l'on peut dire concernat le pouvoir actuel en Russie, il est évident pour tous qu'il a atteint la stabilité politique et économique du pays au cours des deux dernières décennies, pendant que ses opposants n'ont pas offert de vision claire ou de programme politique pour l'avenir de la Russie, ou pour dévelpper la vie politique à la Russie. Ils n'ont pas répondu clairement à la question principale pour laquelle (Russie libre) a été fondée ! (Russie libre), d’après leurs vues, c'est la Russie sans le Président Poutine, donc et l'objectif primordial pour eux est de destituer le Président Poutine ! Comme si la liberté, moralement et humainement, doit étre une décision américaine ou une marque déposée qui caractérisent l'Occident uniquement ; parce qu'on ne parle de destituer le président Poutine qu'en Occident et dans les médias occidentaux anti-russes.

La plupart des médias bulgares ont ignoré la conférence, à l'exception de Bivol TV qui est une chaîne en ligne, ainsi que la chaîne locale Eurocom TV. Gudkov s'est plaint de la mauvaise couverture médiatique ; aussi il s'est plaint de l'absence de représentants des principaux partis bulgares et de l'absence du fondateur de l'agence de recherche Bellingcat (Christo Grosev).

En conclusion, il semble clair que la conférence précédente a réuni un groupe des “perdants en politique” sous l'égide américaine ! Bien que le lecteur ait pleinement le droit de ne pas être d'accord avec nous ou de douter des accusations de corruption portées contre les opposants russes, parce qu'il est très difficiles d'enquêter sur eux, je ne pense pas qu'il soit en désaccord avec nous sur le fait que ces opposants collaborent avec les ennemis de leur propre pays, donc leur activité est suspecte, et celui qui se met dans des situations suspectes, ne peut en vouloir qu’à lui-même !

Molhem Assef


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10 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 14 mai 16:55

    En conclusion, il semble clair que la conférence précédente a réuni un groupe des “perdants en politique” sous l’égide américaine !

    Navalny est indisponible pour le moment, il faut du sang neuf .

    Ce genre de déstabilisation n’a marché que dans les pays qui craignaient de contrarier les EU, peu de chance que ça marche en russie .


    • Molhem Assef Molhem Assef 14 mai 17:40

      @sylvain
      Merci pour votre commentaire.
      Je suis d’accord avec vous.


    • Attila Attila 14 mai 18:34

      @Molhem Assef,

      Très intéressante contribution sur des aspects peu connus des actions de déstabilisation américaines.

      .


      • Molhem Assef Molhem Assef 14 mai 18:35

        @Attila
        Merci pour votre commentaire.


      • Fanny 15 mai 00:03

        A vous lire, on dirait une bande de pieds nickelés sans grand intérêt.

        Plus intéressant serait un article sur l’opposant émigré Khodorkovsky. Il dispose de moyens financiers importants, il est proche des USA, il a des relais en Russie, il est intelligent et il semble qu’il soit assez actif dans l’anti-poutinisme.

        Si vous écriviez un article sur Khodorkovsky, je le lirais avec intérêt.


        • Molhem Assef Molhem Assef 15 mai 00:49

          @Fanny
          Merci beaucoup.
          Dans un seul article, il est trés difficile de parler à tous les opposnats.
          Peut-être dans nouvel article, je pourrai parler à Khodorkovsky.


        • V_Parlier V_Parlier 15 mai 21:51

          @Molhem Assef
          « Open Russia » c’est un peu du même tonneau d’ailleurs.


        • Attila Attila 16 mai 19:09

          « Il semble clair que les États-Unis d’Amérique, en particulier, et l’Occident, en général, utilisent ces personnalités pour construire ce que l’on peut appeler une opposition à l’étranger. »

          Comme ils l’avaient fait en Syrie avec l’ASL.

          La journaliste canadienne Eva Bartlett qui a travaillé en Syrie est maintenant en Ukraine et elle compare les modes opératoires américains :

          « Les médias occidentaux participent aux crimes commis à l’encontre des civils en Ukraine comme ils avaient fait en Syrie, en mentant et dissimulant les faits », a-t-elle fait savoir.

          Et Bartlett de poursuivre : « Les scènes montrant des civils ukrainiens accueillant les forces russes ressemblent à ce que le monde avait vu en Syrie quand l’armée arabe syrienne y était entrée pour libérer les zones de déploiement des terroristes ».

          Eva Bartlett sur SANA

          .


          • Molhem Assef Molhem Assef 17 mai 20:58

            @Attila
            C’est absolument vrai.
            Merci


          • Molhem Assef Molhem Assef 16 mai 19:25

            c’est absolument vrai.

            Merci

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