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Scandale dans le sport

Après le cinéma, la politique, c’est maintenant le sport qui est touché par la vague « Me too » … Depuis une semaine, le chaos « Balance ton porc » s’est immiscé dans le monde du sport. Chacun son tour. Ceux qui se pensaient à l’abri doivent commencer à s’en mordre les doigts … « Pourvu qu’ils continuent à taper sur les acteurs, producteurs et autres cinéastes, pendant ce temps-là ils ne viennent pas mettre le nez ici… » … Loupé. La vague déferle maintenant : foot, patinage, rugby … Tout le monde prend la parole : femmes, parents, collègues, les langues se délient et parlent d’actes qui semblent fréquents et surement pas isolés. Sans tomber dans l’isolement et le cloisonnement de nos enfants qui nous amènerait, par facilité, à les mettre face à une console où, certes, ils ne risquent rien, et surtout pas de se faire des amis et de se dépenser, on en vient à se demander comment on les protège de ça, comment on leur en parle pour les aider à définir ce qui est normal ou ce qui ne l’est pas.

D’abord il y a eu Sarah Abitbol, puis Sébastien Boueilh. Tous deux victimes de violences sexuelles, ils ont pris la parole. La première a dénoncé son ancien entraineur à travers son livre, sans toutefois porter plainte contre lui, le second, attouché et violé pendant son enfance, a choisi la sensibilisation des rugbymens junior : il fait aujourd’hui le tour des clubs pour raconter son histoire et encourager les enfants à prendre la parole. Il y a aussi Saïd Chabane, président du SCO d’Angers, qui est de l’autre côté de la barrière : lui est accusé d’agressions sexuelles aggravées et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes.

En parallèle, oui, les athlètes de haut niveau se rassemblent, clament leur indignation, proposent des pistes pour aider les victimes, encourager au dialogue, à la dénonciation. Parmi eux, Nathalie Péchalat, Teddy Riner, Marie Martinod, Astrid Guyart, Ophélie David … ils souhaitent tous apporter leur pierre à l’édifice et le disent eux-mêmes : ils ont tous, à un moment ou un autre, entendu des bruits de couloirs, eu des doutes sur telle ou telle personne … Mais n’ont jamais surpris, vu, été témoins de tels actes …

Alors oui, c’est bien. On en parle, trivialement, des têtes tombent, des grands noms sont mis en lumière, des responsables sont mis face à leurs actes, ou face à leurs responsabilités lorsqu’ils ont eu vent de tels actes et n’ont rien fait … On en remet une couche aux têtes blondes pour leur expliquer que leur corps est à eux et que « Non, on ne laisse pas un monsieur ou une dame te toucher là ou là » … Et …. Pouf. La vague passe. La tempête se calme, les réseaux sociaux reprennent leurs fils d’actu tranquilles, se re-remplissent petit-à-petit de vidéos « Insta », de selfies remplis d’emojis … Et la société remet bien vite le sujet sous son tapis rapeux, sale et déjà bien gonflé de scandales étouffés.

Alors la question se pose ? Dans tous les domaines confondus, que les victimes soient des enfants, des femmes ou des hommes, comment peut-on faire, chacun, au quotidien, pour rester en veille et détecter une éventuelle souffrance chez un collègue, un ami, une sœur ? Comment sort-on du « ça n’arrive qu’aux autres ? » ? Et lorsque ça nous arrive, qu’est-ce qui fait que l’on ne parle pas tout de suite, ou pas du tout, comment mettre en confiance pour encourager à la parole ?

 


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8 réactions à cet article    


  • JL JL 19 février 11:50

    Les GJ ont dit : la peur doit changer de camp.

     

    Sarah Abitbol dit en fait : la honte doit changer de camp.

     

    Puisqu’il est maintenant bien établi que la meilleure protection des pédo-criminels, c’est la honte que ressentent leurs victimes.


    • Ruut Ruut 19 février 12:20

      Pour que ça change, il faut que les avérés coupables soient condamnés.

      Une peine lourde et sévère pour les fausse accusations afin de redonner une véritable crédibilité aux vraies victimes.


      Cesser de stigmatiser un genre mais stigmatiser les vrais coupables sans distinction de sexe, de nationalité ou d’apparence.(Ne pas cacher les choses, appeler un chat un chat)

      Ce serait a mon avis un bon début.

      Avoir un fichier Nationale sécurisé des plaintes sans preuves afin d’identifier des points de convergences sur les accusations (gros accusateur ou grosse accusatrice) et les faits potentiels (beaucoup de signalements répétés) en vue d’enquêtes indépendantes plus poussées.

      Cesser de reporter les accusations dans les médiats mais mettre en lumière les jugés coupables (y compris les faux accusateurs, accusatrices).


      • Ruut Ruut 19 février 12:22

        Qu’il y ai des enquêtes sérieuses pas seulement pour les membres du gouvernement ou les membres de la haute bourgeoisie.


        • jymb 19 février 13:19

          On vit surtout une période nauséabonde où une affirmation lancée sans preuves vaut condamnation et mise au placard social sans réparation ultérieure, et où l’on peut trente ans aprés coup ( sans jeu de mots) changer d’avis et accuser son partenaire d’alors de violeur(se) 


          • Pere Plexe Pere Plexe 19 février 18:29

            @jymb
            Quand les faits ont plusieurs décennies il est généralement très complexe et périlleux d’établir des éléments à charge ou à décharge.
            C’est pourquoi le législateur à prévu la prescription.
            Mais celle ci est souvent remise en cause devant l’émotion et le peu de courage du politique.
            Dans les derniers cas médiatisés, les langues se délient et les témoignages concordants affluent et se recoupent.


          • Albert123 19 février 15:12

            « comment mettre en confiance pour encourager à la parole ? »


            punir « mytho » par des sanctions lourdes et concrètes. 

            Puisqu’en guise de « meetoo » on a surtout eu droit à une belle grappe de mythomanes et de michetonneuses.

            Entre celles qui réécrivent l’histoire toutes les 48 h, celles qui sont soudainement prise d’une indignation par reproduction sociale, celles qui se découvrent victimes 35 ans après les faits et celles qui sont filmées en train de se trémousser sur le zob du futur accusé, on a surtout eu droit à une image déplorable des femmes.


            • rita rita 20 février 10:19

              Le sexe mène le monde chez les animaux comme sur les humains !

              On semble découvrir aujourd’hui cette banalité ?

              9 milliards d’âmes et des milliards de milliards d’animaux !

              La messe est dite !

               smiley


              • Djam Djam 20 février 11:22

                @ Cédric

                Posez-vous donc les bonnes questions...

                A quoi servent toutes ces dénonciations touchant l’homme ordinaire ?

                Pourquoi les femmes de notre triste époque se mettent presque toute à se considérer comme « victime » ?

                Pourquoi les médias s’acharnent sur les hommes, et plus particulièrement l’homme blanc mâle de préférence de plus de 50 ans ?

                Pourquoi pousse-t-on les femmes a se sentir victime alors qu’elles ont envie « en même temps » de séduire les hommes ?

                Oui, Cédric, au lieu de tomber dans le panneau, grossier de surcroît, de ces dénonciations publiques assez gerbatoires pour la plupart, interrogez-vous sur l’objectif véritable de cette guerre femmes contre hommes et de ces anathèmes quotidiens faits vraisemblablement pour les uns se jettent contre les autres ?

                Quid des stratégies malsaines qui empêchent les efficaces luttes collectives ? Non, vraiment Cédric, vous ne voyez pas ??

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Cédric Mercier


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