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Scènes de vie à l’ombre du mur de Berlin (fin) : la fin du mur

Voici la fin du mur, celui-là même qui devait empêcher les habitants du paradis socialiste de se réfugier à l'Ouest, dans l'enfer capitaliste. Ce mur que certains ont franchi au péril de leur existence, tandis que d'autres, moins chanceux, y ont laissé leur vie. 

La fin du mur

Le mur se fendille

Le mur de Berlin n’a pas explosé : il a implosé. La politique de Gorbatchev en URSS amène une réflexion dans les populations des pays de l’Est. L’étau soviétique semblant se desserrer, elles en profitent. À la télévision, les Berlinois découvrent des images inhabituelles.

À l’époque des vacances d’été, on leur montre des gens, hommes femmes et enfants mélangés, qui se pressent à l’intérieur d’ambassades de la RFA. En effet, de nombreux vacanciers de RDA, partis en principe pour les hôtels des syndicats situés sur la Mer Noire, à l’intérieur du paradis des prolétaires, ont profité de ce qu’ils n’étaient pas en RDA pour se rendre dans une ambassade de la République fédérale, notamment à Budapest et à Prague, et pour s’y installer en disant qu’ils n’étaient pas disposés à en ressortir si ce n’est pour se rendre en RFA, dans le monde libre.

Les vacanciers en question tentent le tout pour le tout pour contourner le mur. À force de discussions entre le gouvernement d’Allemagne fédérale et les autorités tchèques et hongroises, dont les pays sont limitrophes de la RFA pour la Tchécoslovaquie, et de l’Autriche pour les deux, les diplomates arrivent à organiser le passage d’un train humanitaire qui transporte les vacanciers réfugiés en Allemagne de l’Ouest. Ce passage a lieu en dehors de toute participation des autorités de RDA.

C’est la première fois qu’un groupe de plusieurs centaines d’Allemands de l’Est arrive à franchir le mur en le contournant.

D’autres images vont montrer aux Berlinois des formes différentes d’action nécessitant la participation de milliers de participants. Le 4 septembre 1989, des caméras des télévisions de l’Ouest, venues officiellement pour un autre événement et qui avaient le droit de tourner dans toute la ville de Leipzig, se sont massées devant la sortie du temple protestant dédié à Nicolas (Nikolaikirche) pour filmer la sortie des fidèles. Tous les lundis ont lieu des offices pour la paix, et le nombre des participants augmente de semaine en semaine. Ce jour-là, des centaines de fidèles se massent sur le parvis en criant divers slogans qui feront florès plus tard : « Autorisez le Nouveau Forum » pour pousser le pouvoir à admettre un parti d’opposition, « Nous resterons ici » pour montrer leur détermination à ne pas se laisser disperser, « Liberté, Égalité, Fraternité », où l’accent est mis sur le premier terme, « Gorbi, Gorbi ! » pour se référer à un responsable soviétique, « Liberté pour les incarcérés » pour demander la libération des prisonniers politiques, et le désormais célèbre « Nous sommes le Peuple ».

De lundi en lundi, les troupes de la paix enflent, à tel point que les autorités déplacent des unités de parachutistes pour empêcher les démonstrations de masse. Mais contrairement au 17 juin 1953, où les Soviétiques avaient soutenu avec leurs blindés les autorités d’Allemagne de l’Est, cette fois-ci, le grand frère soviétique est aux abonnés absents, si bien que le pouvoir va devoir reculer.

Les Allemands de l’Est, par leur calme et leur paisible détermination, ont ainsi donné le coup de grâce à un régime autoritaire, antidémocratique et sanguinaire, dont il ne pourrait pas se relever.

Helmut Kohl et l’unification

Helmut Kohl ne savait pas plus qu’un autre que le mur allait s’écrouler, mais en tant qu’homme politique, historien de formation, il a su saisir sa chance et œuvrer à l’unification des deux Allemagnes.

Dès la chute du mur, le 28novembre 1989, il proposa au Bundestag un « programme en 10 points pour mettre fin à la division de l’Allemagne et de l’Europe ». Dès le18 mai 1990 était signé le traité créant une union monétaire, économique et sociale avec la RDA. Contre l’avis du Président du Bundestag, Otto Pöhl, il avait proposé un taux de change de 1 pour 1 entre le mark Ouest et le mark Est en ce qui concernait les salaires, les loyers et les retraites, une décision qui mit les entreprises nouvellement fondées à l’Est devant d’énormes difficultés. Enfin, il réussit à négocier avec les 4 forces d’occupation dans le traité « deux plus quatre » la réunification des deux Allemagnes et le retrait des troupes d’occupation.

Ceci lui donna un deuxième souffle politique et permit, grâce aux voix des Allemands de l’Est, sa réélection le 17 janvier 1991. Il devint ainsi le premier chancelier de l’Allemagne unifiée.

Les dépouilles de l’armée populaire de RDA et de l’Armée rouge vendues à la sauvette

Une fois le mur tombé, il devient de plus en plus intéressant de se promener entre le Reichstag et la porte de Brandebourg. En effet, des soldats soviétiques, mais aussi des membres de l’armée populaire de la RDA, se sont installés avec des tables à tapisser, sur lesquelles ils ont étalé une panoplie complète du parfait petit soldat de l’Est : des toques de fourrure ornées d’un insigne (faucille et marteau soviétiques ou marteau et compas est-allemands), des uniformes complets, des jumelles de toutes tailles avec ou sans étui, des boussoles, des montres de sous-mariniers, des bottes en cuir, des poignards. D’aucuns disent même, mais je n’ai pas eu l’occasion de le voir, qu’on aurait pu acheter des armes dans certaines arrières cours : des pistolets, des fusils, voire des kalachnikovs et même des véhicules. Les soldats comptaient ainsi arrondir leur maigre solde en bradant, à la sauvette, tout ce qui pouvait être monnayable. Évidemment, on pouvait se demander comment ils pouvaient, sans être inquiétés, détourner tout ce matériel des dépôts où il se trouvait.

D’autres personnes venues de l’Est se livraient à un autre trafic : des vendeurs vietnamiens de cigarettes de contrebande. À la sortie du métro, un vendeur sortait une cartouche d’un chiffon et la proposait aux gens qui sortaient ou entraient. Si quelqu’un acceptait l’achat, le vendeur se saisissait de l’argent, le refilait à un de ses acolytes qui lui donnait aussitôt une nouvelle cartouche et retournait faire le guet à quelques mètres de là. Un troisième Vietnamien venait à son tour prendre l’argent et assurait la navette entre une cache et les vendeurs.

Sur le Kurfürstendamm, la grande artère de Berlin Ouest, des joueurs de bonneteau venus de l’Est proposaient des jeux à la sauvette. Tandis que plusieurs d’entre eux montaient la garde aux croisements les plus proches, ce jeu d’escroquerie pure étant interdit, le spécialiste armé de trois tiroirs de boîtes d’allumettes petit format renversés et d’un petit caillou invite les gogos à jouer. La mise à prix est de 100 DM (50 euros), le gain du double. Il fait d’abord un galop d’essai, pour montrer à sa future victime qu’il n’est pas si difficile de trouver le caillou qu’il déplace sans trop de hâte d’un tiroir à l’autre. Évidemment, lorsqu’il arrête de bouger, le gogo désigne le bon tiroir.

Ensuite a lieu la partie proprement dite. Cette fois, le caillou est déplacé beaucoup plus vite. Mais lorsque le gogo désigne le tiroir où il pense que se cache le caillou, l’escroc le retourne, et il n’y a naturellement rien. Évidemment, on ne montre pas où il se trouvait. On se contente d’encaisser le billet et de faire disparaître tous les tiroirs.

Quelquefois, le gogo a du mal à faire le deuil de ses 100 DM. Alors, il se plaint, mais l’escroc répond par un geste de la main qui semble vouloir dire : « Va te faire voir ! »

Mais si la victime devient agressive et prend le tricheur par le col, les complices du tricheur interviennent aussitôt, et du poing ou par la menace d’un couteau à cran d’arrêt, mettent le récalcitrant en fuite.

Parfois intervient un policier. Dans ce cas, le tricheur et ses complices prennent leurs jambes à leur cou.

Il y a sans doute eu d’autres trafics, mais ils ne se sont pas étalés au vu et au su de tous.

Devenir Allemand de l’Ouest quand on est de l’Est

Ça y est, le mur est tombé. On le croyait solide, mais on a réussi à le démolir. Et dire que des gens ont risqué leur liberté, et même leur vie, pour le franchir, d'est en ouest. Selon le Musée situé au Check point Charlie, 1065 personnes auraient trouvé la mort en essayant de franchir le mur ou la ligne de démarcation. Certaines autres ont réussi en creusant un tunnel, en nageant sous l’eau, voire même en le franchissant en montgolfière.

Mais tout cela est du passé. L’Est et l’Ouest sont désormais unis. On aurait pu penser que les deux Etats allemands formeraient une confédération, le temps de s’habituer à vivre ensemble. Les faibles salaires de l’Est auraient permis de faire de l’ancienne RDA, des nouveaux Länder, comme on dit poliment, un pays où l’on pourrait délocaliser facilement du travail.

Eh bien non ! Les Ossis (ceux de l’Est : Ost = Est) ne veulent pas moins gagner que les Wessis (ceux de l’Ouest : West = Ouest). Mais comme il est vite clair que l’argent vient de l’Ouest, et qu’il doit être investi pour la plus grande part à l’Est, qui est exsangue et se trouve dans un état proche de celui de la fin de la guerre, ce sont les payeurs qui décident. Les deux pays ne sont pas du tout équivalents de par leur importance. L’un est la 4e puissance, le 1er exportateur, l’un des plus grands pays industriels du monde. Il faut chercher plus loin dans les profondeurs du classement pour trouver l’autre, qui n’est en fait connu que par ses résultats sportifs et par ses talents dans le dopage élevé en système. L’un a 62 millions d’habitants, l’autre seulement 17. L’un est à la pointe du progrès, l’autre au niveau des années cinquante. Le poids du premier va donc logiquement écraser le second.

D’abord, le pays ne s’appelle pas officiellement « Allemagne » mais « République fédérale d’Allemagne »,qui est le nom de l’Allemagne de l’Ouest. La monnaie est le Mark de l’Ouest, le DM, la constitution et les lois, le système politique sont ceux de l’Ouest. La seule chose qui soit restée de l’Est concerne le Code de la route : la flèche verte peinte sur fond noir indiquant à un feu rouge que l’on peut tourner à droite si aucun véhicule n’arrive sur la rue que l’on croise.

Les Wessis se voient imposer un impôt de solidarité avec l’Est, les salaires vont être peu à peu harmonisés, les retraités de l’Est, qui ont cotisé des sommes ridiculement basses reçoivent une retraite au niveau de l’Ouest. Mais il existe une différence de près de 10 % entre les salaires des fonctionnaires de l’Ouest et ceux de leurs homologues de même catégorie de l’Est.

L’argent est affecté en priorité à la reconstruction. La cathédrale de Dresde, en piteux état, est reconstruite, ainsi que le « Senter-Oper », l’opéra de cette même ville. Les autoroutes, les routes, les voies ferrées sont refaites, le cœur des villes est restauré.

Je me suis moi-même rendu en 90 à Greifswald, une petite ville universitaire au nord de Berlin, pour y apporter des logiciels d’apprentissage du français faits maison à mes homologues de l’université. Les bâtiments étaient situés au centre-ville. Quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir des maisons bombardées pendant la Deuxième Guerre mondiale, et qui n’avaient nullement été reconstruites. Les autorités s’étaient contentées de construire des cités pour loger les travailleurs en dehors de la ville, mais s’étaient bien gardées de faire reconstruire le centre-ville, cela revenant trop cher. On a préféré fermer les yeux pendant 45 ans sur toutes les destructions. On m’a d’ailleurs raconté à ce propos que les ouvriers du bâtiment avaient très souvent été envoyés en mission à Berlin-Est, la vitrine du pays pour les étrangers comme pour les ressortissants de l’Allemagne de l’Est, mais qu’ils avaient beaucoup moins travaillé dans leurs régions d’origine, stratégiquement moins intéressantes.

Certains, que la situation actuelle n’enchante guère, voudraient reconstruire le mur. À l’Ouest, certains disent que l’Est coûte cher. Ils trouvent aussi que la criminalité a bien augmenté depuis la chute du mur. À l’Est, on déplore la destruction de nombreux emplois, la fin de la solidarité entre les gens.

Évidemment, tout n’est pas positif, dans la chute du mur. Mais ceux de l’Est sont-ils prêts à renoncer à la démocratie, à leur liberté de circuler, celle de donner leur avis, à leur bien-être actuel ? Et ceux de l’Ouest ont-ils du mal à comprendre que leurs frères de l’Est ont, après tout, les mêmes droits qu’eux, et qu’il n’y a pas de raison pour qu’ils continuent à vivoter et à se serrer la ceinture ?

Bien sûr, des sommes astronomiques, acquises grâce au travail et au savoir-faire de l’Ouest sont passées à l’Est, alors que l’Ouest avait encore des besoins, d’où un certain malaise.

Problèmes de reconstruction

Cela a été très net à Berlin, le seul Land constitué d’une partie anciennement Ouest et d’une autre anciennement Est. L’argent du Land prévu dans le budget des écoles, lycées et universités de l’Ouest a été « siphonné » vers l’Est. Ainsi, les universités sous-équipées ont-elles été amenées à la pointe du progrès, tandis que celles de l’Ouest marquaient le pas.

Un autre problème a été le côté humain. Nous étions, dans notre institut de la FU (freie Universität : Université libre, parce qu’à l’Ouest), une trentaine de professeurs pour enseigner les langues étrangères aux étudiants et futurs professeurs spécialistes de cette langue, mais aussi aux étudiants d’autres matières (droit, économie, chimie, physique, mathématiques, musique, etc.) qui apprenaient ces mêmes langues soit pour passer des examens, soit pour préparer des études à l’étranger, en général dans le cadre du programme ERASMUS. L’institut correspondant de l’Université Humboldt, qui avait moins de tâches à assurer que le nôtre, puisqu’il n’assurait pas la formation des étudiants spécialistes en langues, comptait plus de 120 enseignants.

Il a donc été assez vite clair que tous ne pourraient pas être repris.

Mais la plus grande disparité venait de la façon de vivre et de travailler ensemble. Les Ossis étaient dans l’ensemble très sociables, très solidaires, habitués à travailler ensemble et à se soutenir dans un milieu peu performant et sujet à de nombreuses défaillances. Il existait beaucoup de lieux de discussion : au travail, mais aussi dans les logements. Les cités d’habitation avaient un conseil constitué de représentants des habitants qui géraient le fonctionnement de ces cités. Il y avait donc discussion et critique dans le travail et la vie en commun. En revanche, on était espionné, et il n’était pas question de critiquer trop ouvertement le régime.

Lorsque j’ai fait la connaissance de mes collègues de la Humboldt puis de Potsdam, je suis tombé dans les deux cas sur un groupe de gens chaleureux. Je leur ai proposé de leur donner un cours d’initiation au traitement de texte, puis à l’utilisation d’internet dans l’enseignement des langues, chaque cours comportant 6 heures par jour pendant une semaine pendant les vacances. Le tout gratuitement, et en plus de mon travail.

Chaque jour, quelqu’un a apporté du café et des biscuits pour soutenir le moral des troupes, et le dernier jour, on m’a offert un disque de mon compositeur favori. Cela m’a changé de cours du même genre offert à des occidentaux de tout poil, parmi lesquels des Allemands de l’Ouest et des Français, dont le seul signe de reconnaissance a été un « merci » dit du bout des lèvres.

Méthodes de Wessis, méthodes d'Ossis

Le problème principal posé à ces Ossis lâchés dans le monde capitaliste était leur naïveté et leur habitude de la pénurie. Tous avaient des économies. Du fait qu’il y avait peu de choses à acheter, ils ne connaissaient pas la fièvre acheteuse. Beaucoup ont donc eu l’idée d’acquérir une voiture d’occasion. Ils étaient habitués à la fameuse Trabant, voiture à carrosserie plastique et au moteur à deux temps, qui fonctionnait avec un mélange d’essence et d’huile, comme un hors-bord, ce qui remplissait l’air d’une odeur huileuse écœurante. La durée d’attente pour avoir une Trabant neuve était de 7 ans. On la commandait et on payait un acompte, mais on ne vous la livrait que 7 ans plus tard. La Trabant d’occasion, que l’on pouvait avoir tout de suite, était à l’Argus plus chère que la neuve, qu’il fallait attendre. Après la chute du mur, toutes sortes de voitures d’occasion ont été vendues, quels que soient le kilométrage, l’âge ou l’état à des prix fortement exagérés à des gens qui ne demandaient qu’à croire ce qu’on leur racontait.

La façon de travailler à l’Ouest a été aussi une source de surprise. Un contremaître de mes connaissances, qui œuvrait dans une fabrique de meubles, m’a raconté qu’il avait travaillé avec une équipe d’ Ossis très sympathiques. Le matin, il leur avait montré où se trouvaient les planches à utiliser, leur avait donné le plan des divers meubles et leur avait dit de commencer. Mais au lieu de travailler régulièrement, sans trop de hâte, mais sans traîner tout de même, ils se sont mis à travailler d’arrache-pied. Lorsque le tas de planches eut disparu, ils dirent au contremaître : « On a fini, il n’y a plus de planches. Alors, on rentre à la maison », celui-ci a dû les freiner et les détromper en leur montrant qu’un camion venait d’arriver avec un chargement de nouvelles planches. Ils travaillaient à flux tendu, pour économiser le coût d’un entrepôt, si bien qu’il y avait toujours de quoi travailler. Les ouvriers est-allemands avaient pour habitude de travailler selon le principe du« fini, parti », et ils devaient attendre l’arrivée de nouvelles planches, ce qui pouvait prendre plusieurs jours, avant de se remettre au travail.

Ces différences d’appréciation de la réalité ne facilitaient pas les choses. Lors des premières élections, les électeurs de l’Est ont permis la victoire de la CDU/CSU et donc la réélection du chancelier Kohl. Celui-ci avait fait des promesses difficiles à tenir. En particulier, l’unification ne devait rien coûter, puisque c’étaient les entreprises qui allaient tout financer. Tout le monde aurait du travail, et serait payé comme à l’Ouest.

La réalité fut tout autre. En effet, les usines de l’Est, à bout de souffle, fermèrent les unes après les autres, détruisant les emplois qui y étaient liés. Aujourd’hui, encore, il y a une différence entre les salaires de l’Ouest et ceux de l’Est.

Aux prochaines élections, les Ossis, déçus, ont porté en grand nombre leur suffrage vers le parti PDS, le successeur du SED qui les avait enfermés, espionnés, manipulés, et qui n’avait pas hésité à faire tirer sur ceux d’entre eux qui voulaient s’en aller. La seule explication était qu’ils avaient le sentiment que seul ce parti, issu de leur passé et de leurs rangs, était capable de les comprendre.

Ainsi, ce n’était pas si facile de se comprendre et de s’intégrer, et le chemin serait encore long jusqu’à la disparition des différences. Ce n’est qu’une question de temps. Il y a quand même une petite consolation : la chancelière, la personne la plus puissante d’Allemagne, est certes née à l’Ouest, mais elle a été formée et elle a débuté sa carrière à l’Est. Ainsi, comme chaque noir d’Amérique peut se dire que, comme Obama, il peut atteindre le sommet, l’Ossi de base peut à juste titre penser que, comme Angela Merkel, il pourra gravir tous les échelons qui séparent la base de la chancellerie.


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3 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 11 novembre 15:20

    ça fait pas mal d’arnaques des capitalistes.


    • Rincevent Rincevent 11 novembre 17:56

      La chute du Mur, et ses suites, a été l’occasion d’une ruée des entreprises occidentales pour mettre la main sur ce qui restait de possiblement exploitable dans ce tissu économique collectiviste, et pas qu’en RDA.

      Certains locaux aussi se sont vite mis au diapason des nouvelles règles du jeu. J’ai le souvenir, lors d’un séjour à Prague, (moins de deux ans après la chute du Mur) d’un détail signifiant. Me baladant à pied dans cette ville magnifique, j’entends dans mon dos un bruit très reconnaissable, celui du moteur d’une Porsche qui se gare. Un trentenaire en descend : costard Smalto, montre Rolex. Je pense à un Allemand ou un Autrichien, car ça fait déjà quelques années qu’ils viennent plus ou moins trafiquer ici, les autorités laissant assez faire. Mais non, c’est un Tchèque, Hier, c’était un trafiquant, aujourd’hui c’est un « nouvel acteur économique ». L’écart est énorme, dans cette rue, entre lui et les autres passants, encore vêtus, pour beaucoup, à la mode des années 50/60.

      Plus tard, on a joué à se faire peur avec une Tatra qui était derrière nous. La 603, le même modèle qu’on voit dans le film l’Aveu, quand la police politique va arrêter Arthur London (Yves Montand). On s’amuse comme on peut… https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatra_603


      • bob14 bob14 12 novembre 07:59

        Combien Gorbachev a t il reçu de millions de dollars pour la destruction du mur de la part des USA ?

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