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Secrets of the Secret Service

 

Note de lecture.

Gary J Byrne un ancien agent du Secret Service relate dans ce livre la manière dont le Secret Service s'est constitué, et détérioré.

Au dos de ce livre-témoignage, on peut y lire sa conclusion : « s'il n'y a pas très vite de changements en profondeur, un autre président américain sera assassiné. Et si ce n'est pas Trump, ce sera le suivant ! »

Si l'on suit l'auteur, l'on peut considérer que les raisons de cet état de fait ne relèvent pas, en propre, du Secret Service. Pour lui, la problématique principale se rapporte à ces interrogations : comment un simple agent peut-il convaincre un président, lui donner un ordre, et le contraindre à ne pas faire ce qu'il veut ? Jusqu'où le Secret Service doit-il protéger le président, lui dont le système l'introduit au plus intime de la vie du gouvernement, et le doit-il s'il assiste à des comportements illégaux ?

Je suppose que c'est le cas de tous les services de ce type, quel que soit le gouvernement, et le pays. Mais, à cela, d'après l'agent qui a écrit ce livre, s'ajoutent plusieurs éléments.

Le passage des Clinton a occasionné, d'après Byrne, des dégâts définitifs.

« Quand Clinton se parjura », « la position devint intenable ». En effet, la direction du Secret Service faisait pression sur ses employés afin qu'ils attestent de l'innocence de Clinton. Gary Byrne fût l'un de ceux qui n’obtempéra pas.. « La mafia de l'Arkansas », comme les dénomme Gary Byrne, avait beaucoup à cacher. Et cela plaça les agents dans une situation complexe. Obéir à leurs supérieurs qui jugeaient invincibles les Clinton, et être condamné ? Ou dire les faits, et fragiliser le Secret Service ?

Le Service n'avait jusqu'alors pas été assigné à témoigner. Par exemple, lors du Chinagate, ou de l'affaire Paula Jones vs Bill Clinton. Mais le procureur Starr réussit à amener des hommes du Secret Service devant les tribunaux. Menaçant, par là, la confiance que les successeurs des Clinton éprouveraient en le Service.

Mais tout n'est pas imputable aux Clinton. L'on trouve des causes endogènes à la fragilisation de l'organisation.

Pour commencer, une culture du tourisme sexuel, de l'alcool, de la fête.

Byrne cite des exemples. Il décrit tel agent qui, à Amsterdam, s'effondre ivre mort pendant son service. Il évoque deux cadres du service qui à l'occasion d'une alerte à la bombe en face de la Maison Blanche débarquent complètement bourrés. L'ouvrage comporte d'autres anecdotes.

Pour ce qui est du tourisme sexuel, Byrne mentionne les événements qui se sont produits lors du Sommet des Amériques, en 2012, à Carthagène, Colombie.

Avant que ne démarre les sommets, des agents sont envoyés sur place afin de sécuriser et d'étudier les lieux. Normal.

A cette fin, entre 13 et 17 agents prirent leurs quartiers à l'Hôtel Caribe. Ils se firent connaître dans les environs comme vedettes d'un Strip Club, fêtes, alcools, et invitations de prostituées dans leurs chambres. Le risque étant, d'après Byrne, d'être mis en lien, ou manipulés, par des réseaux de délinquance ordinaire, ou de type cartels, voire terroristes.

A priori dangereux, en effet.

Mais ce n'était pas l'avis de Sullivan, le directeur du Service de l'époque, qui argumenta en disant, premièrement – ce n'est pas moral, c'est condamnable, mais ce n'est pas une habitude. D'après Byrne, c'est faux, et ces pratiques sont régulières. Secondement, d'après Sullivan, ce n'était pas dangereux car il n'y avait pas de liens avec des réseaux. En fait si. Une des femmes, d'après Byrne, était affiliée à un cartel.

Au final, le Sommet des Amériques fût occulté, 22 personnes furent expulsées, mais les punitions furent légères, ce qui assure la perpétuation de ces comportements.

Ainsi, entre la culture de l'impunité, de la dissimulation, les heures supplémentaires, l'apport des Clinton, et le Master Plan (qui consistait à faire du Secret Service un égal de la CIA et de la FBI), le Service commença à se désagréger, et un grand nombre d'agents quittèrent celui-ci pour le Service Fédéral de police de l'air, ou encore l'administration de la Sécurité des Transports (effet septembre 2001).

En conclusion, l'on peut, avec Byrne, faire une bref recension de ce qui est arrivé, ou non, aux derniers présidents américains.

JFK, l'on connait. Ford et Carter, d'après l'auteur, ont été épargnés par la chance. Reagan c'était limite. Bill Clinton doit sa vie à la célérité d'un agent, qui allait devenir par la suite le directeur du Service, et qui s'appelait Merletti. Ce dernier réussit à faire emprunter à Clinton un itinéraire autre que prévu aux Philippines. Une Bombe étant placée sous un pont positionné sur le chemin initial. Bush aurait très bien pu être emporté par une grenade qui n'explosa pas, à Tbilissi, Géorgie, en 2005. Obama idem. Il passa quelque temps avec un inconnu du Service dans un ascenseur. Par chance, celui-ci ne voulut prendre qu'une photo.

On voit que la Présidence Trump a de quoi réfléchir (ce dernier a d'ailleurs nommé, une première, quelqu'un à la direction du Service qui n'était pas du sérail). D'autant plus que, d'après Byrne, « se généralise l'approbation tacite de la violence à l'encontre de Donald Trump ». Il cite, par exemple, le propos de Philipp Mudd, ancien CIA FBI, journaliste à CNN, qui disait, sans préciser de qui il parlait, « il va le tuer parce que Trump ne le soutient pas ». Mais ce sont surtout les célébrités américaines qui délivrent ce message tacite (que l'on songe à De Niro « Fuck Trump »). Afin de prévenir ce genre de passage à l'acte, Byrne mentionne la déclassification, par Trump, des archives de la CIA relatives à JFK.

Cet ouvrage m'a rappelé cette suite d'images que j'avais vu un jour alors qu'étais allongé dans mon lit pendant la nuit. J'y voyais Saul Berenson, un des cadres de la CIA dans la série Homeland, qui frappait au bureau de Trump – qui était bien plus jeune que maintenant - afin de lui communiquer des informations relatives à des membres de l'administration américaine qui se livraient à des orgies. Cela m'a évoqué ce que Byrne disait à propos des performances remarquables du Secret Service en Colombie.


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2 réactions à cet article    


  • Ruut Ruut 6 septembre 15:19

    Pourtant le lien est logique.
    Si les Services secrets doivent mentir et couvrir des actes totalement amoraux, pourquoi eux-mêmes ne profiteraient ils pas de la fête ?
    L’alcool pour oublier les mensonges imposés, les prostituées pour compenser les carences sexuelles et affectives liées à leur travail qui leur interdit une sociabilisassions normale.

    Tout se tient et est logique.


    • CLOJAC CLOJAC 8 septembre 08:23

      Pas de quoi ricaner des autres, quand on voit un personnage comme Benalla, homme de confiance du président et coordinateur de ses services de sécurité, encadrant une équipe de barbouzes aux C.V assez surprenants.

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Auteur de l'article

Oulan Bator


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