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Accueil du site > Tribune Libre > Sherlock Holmes et l’étrange affaire du cabinet noir

Sherlock Holmes et l’étrange affaire du cabinet noir

      C’était par une de ces journées grises et ternes typique du mois de Mars Londonien, que nous primes connaissance de l’affaire. Holmes était atteint d’une neurasthénie profonde et hésitait entre une pipe d’opium et un programme TV, deux formes de dérivatif à l’existence, le second encore bien plus dangereux que l’autre.

       Depuis que Morialty avait disparu lors de cette fameuse chute dans les chutes de Reichenback, le grand homme n’était plus le même. Je me plais à penser qu’il nous faut identifier un ennemi et le combattre pour exister, et que si sa disparition nous soulage dans un premier temps, cette période d’euphorie n’est que transitoire, et qu’un vide abyssal risque de nous envahir si nous ne nous mobilisons pas dans un autre combat. C’est le médecin mais aussi l’ami qui vous parle. Il faut nous prendre en charge, sans nous en remettre aux résultats d’élections incertaines, faibles électrochocs de nos vies, nous promettant des lendemains meilleurs, comme autant de leurres.

       La sonnette de la porte d’entrée du 221 B Baker Sreet se mit à raisonner avec tant d’insistance, que j’hésitais à me déplacer, appréciant bien peu de telles manières intempestives. Mais l’envie de donner du « grain à moudre » au cher homme, comme on dit sur le continent me fit me raviser.

       C’était une femme, bien mise de sa personne, située dans la cinquantaine avantageuse, et dont on voyait, autant dans la maintien que dans les manières, qu’elle faisait partie de la meilleure société. Avant qu’elle eut ouvert la bouche, Holmes après l’avoir dévisagé brièvement, rejetant le « Times », qu’il lisait,l’invita à s’asseoir.

      « Reposez-vous, miss. Vous devez être fatiguée. C’est que la route est longue depuis le département de la Sarthe. Je peux vous rassurer, votre époux n’est pas encore en prison ! Sans doute devriez être plus confiante en l’avenir. Votre fortune considérable n’est-elle pas de nature à vous éviter l’armée du salut ? »

       La noble dame en resta bouche bée, et ne put éviter de piquer un fard révélateur.

      « Assurément vous êtes très fort ! Dit-elle, se relevant d'un bond. On ne m’a pas trompé sur vos talents. Vous êtes assurément le seul homme qui peut nous sauver des méchants qui s’acharnent à nos basques !

        « Mais vous êtes un magicien, ne pus je m’empêcher d’exulter ! Un véritable Houdini ! Comment avez vous pu percer ces choses, Holmes ? »

   « Mais c’est élémentaire mon cher Watson ! Le parfum capiteux de Miss Penny, vient des meilleur parfumeurs de la capitale française. Un « Chanel numéro 5 », si je ne m’abuse. Mais un autre s’impose au dessus et le gâche quelque peu, par son musc. C’est celui des « rillettes », dites « Du Mans »un produit local originaire du nord ouest de la France, précisément de ce petit conté qu’on appelle la Sarthe. C’est assez des frais de voyage, et Miss Penny a cru bon de ménager sa fortune, en venant ici, en préparant un sandwich « rilllettes-cornichons » pour une petite collation ferroviaire, afin de réduire le coût de son voyage.

      Si elle nous vidait son petit sac Hermès, je suis persuadé que le titre de transport qu’elle a utilisé est un billet de seconde classe. Miss Penny a peur de déchoir, suite aux affaires calamiteuses de son mari, le baron Fillon, qui traverse en ce moment quelques infortunes.

        Je ne suis guère un sorcier, Watson ! La lecture du « Times » peut vous ouvrir aux affaires du monde comme un jeu de mots croisés. La magie des définitions qui se recoupent impose des mots auxquels vous n’auriez pas pensé, et l’on comble ainsi les cases vides. Ainsi et la supposition que son époux est bien l’homme dont toute l’Europe se moque actuellement, correspond à une hypothèse facile, liée à la juxtaposition d’une baguette française bourrée de rillettes et d’une anglaise assez affranchie pour manger une telle nourriture dans un wagon des chemins de fer britanniques.

      Le comte sandwich en tomberait à la renverse ! Assurément, pour oser changer cette règle d’or qui veut qu’un honnête sandwich ne peut se baser que sur une honnête tranche de jambon, pris entre deux tranches de pain de mie, il faut avoir vécu de longues années en France. Et miss Penny remplit précisément toutes ces conditions. 

      On ne pouvait que s’incliner devant l'art du grand homme !...Etait-ce de se voir mise à nue, de façon métaphorique bien sûr, mais je vis miss Penny devenir blême. Holmes n’eut que le temps de se lever pour la recevoir dans ses bras. Nous l’installâmes sur le divan, et les sels que j’allais chercher dans ma mallette lui fit rapidement retrouver tout ses esprits. Elle nous adressa un sourire timide, s’excusa de la gène occasionnée.

      Assurément, se perdre au fond du bocage français, n’avait pas donné à cette dame une saine tranquillité d’esprit, mais plutôt des émois vaporeux du genre de que cette Madame Bovary éprouve, dans le roman de Gustave Flaubert.

      Elle réussit enfin à dompter son discours, retrouvant une maîtrise toute britannique.

     «  Quand une situation est au pire, il faut qu’elle cesse ou qu’elle se relève ! Comme disait Shakespeare. C’est un maître qui m’aide à vivre, dans cette province perdue, où les hasards de l’existence m’ont fait attachée parlementaire et peut-être demain première dame de France. Ou alors jetée comme une coquine au fond d’un cachot ! »

      « My god ! Ne pus-je m’empêcher d’intervenir. N’exagérez vous pas un peu ? Il me semble que la reine interviendrait si une si gracieuse représentante de la couronne Britannique était inquiétée outre manche ! »

     « Mon sort est lié à my husband qui n’est aucunement un escroc, mais au contraire un héros véritable, first quality ! Il donne tout son temps libre à cette entreprise de redressement moral de la french country qui devait le disposer à la tête de l’état. Las ! Les méchants s’acharnent. Est-ce sa faute si son tailleur est riche  ?... On lui fait des crocs en jambe à chaque pas qu’il fait. Il suffit que la montre Suisse qu’il porte à son poignet soit d’une qualité indiscutable, tant il accorde de l’attention à toujours être exact à ses multiples rendez vous, pour qu’on lui cherche noise.

       En fait, c’est surtout depuis que ce méchant canard s’est mis à cancaner à chaque pas que nous faisons, et sur la qualité de mon travail d’attachée à mon husband, que la vie est devenue un enfer ! Au moins, comme disait Hamlet « Je tâche d’affecter l’apparence de la vertu ! »

      Mais même Shakespeare que j’adore et me divertit n’ a pas assez de clés dans sa boite à outils pour venir toujours à mon secours...Il doit exister une intelligence supérieure qui préside à ces manigances.« Please, my lord, help me ! Venez au plus vite afin de démasquer cette conspiration. Mon mari pense qu’un cabinet noir se trouve au centre du complot, situé au centre même de l’état. J’ai bien peur que ses bad boys mettent demain l’entente cordiale entre la France et l’Angleterre en danger ! Qui sait si ce méchant canard ne va pas se déchaîner davantage et se transformer en vautour, tant ses manœuvres préparent déjà la guerre ?"

      « Watson, me dit Holmes. Je vous invite à préparer nos malles ! Nous ne pouvons dignement laisser cette dame dans un tel embarras. Néanmoins je dois préciser à Miss Penny qu’une telle mission représentera une jolie note de frais, surtout si nous devons nous établir à Paris ! »

      «  Il n’y a que les mendiants qui savent compter leurs richesses. (Romeo et juliette). Mais je saurais vous rétribuer. Même si l’essentiel de notre argent va à la défense de notre cause, il me reste encore de nombreux pots de confitures datant de l’an passé, de l’époque heureuse des primaires, où mon statut d’attaché parlementaire ne me faisait pas encore rougir. Même s’il y a peu à choisir, entre des pommes pourries »..(La mégère apprivoisée) »

       Miss Penny ne pouvait rester davantage, et continuer à nous instruire en tirades de Shakespeare, car elle avait trouvé un cheval pour son royaume, sous la forme d’un covoiturage intéressant. Un prince Saoudien l'emmenerait à bord de son yacht jusqu’à Deauville. De là, un capitaine de sous marin russe, pour quelques vils euros lui avait proposé de remonter la rivière Sarthe, en plongée, la déposant ainsi à quelques encablures de son domaine.

     C’est dire comment cette femme sut nous impressionner par son intelligence et ses capacités pratiques de femme moderne. Pouvait-on rêver meilleure attachée parlementaire ?

     Quelques jours plus tard, nous quittions Londres, et débarquâmes au Havre. Là, nous louâmes des chevaux, afin de rejoindre au plus vite le domaine du baron Fillon….

       Pendant toute cette journée d’hiver, journée fuligineuse, sombre et muette, où les nuages pesaient lourds et bas dans le ciel, nous avions traversé au galop une étendue de pays singulièrement lugubre, nous contentant le midi d’un « Mac do » insipide, et enfin, comme les ombres du soir approchaient, nous nous trouvâmes en vue du manoir mélancolique de Beaucé.

       C’est miss Penny qui nous ouvrit. Le baron se tenait derrière elle, aux aguets. La poignée de main qu’il me tendit me parut bien molle. Pendant un bon moment, il resta ainsi à l’écart, laissant son épouse nous parler en notre bonne langue anglaise, l’aérant encore de ci de là des citations de Shakespeare qui semblaient chez elle comme une respiration naturelle.

…   « Des espions étaient partout », nous confia enfin le baron, nous prenant à part. Il fit de suite référence à ce fameux « cabinet noir » dés que nous fûmes dans la salon, jetant un coup d’œil par la fenêtre..Il nous montra un livre écrit d’ailleurs à ce sujet et qui avait confirmé ces intuitions. Les preuves étaient là, indiscutables. Le monde allait savoir. Il fallait tirer une édition anglaise !

        Peut être le château était il sur écoutes ! Il nous demanda de parler plus bas. Des caméras n’étaient elles pas cachées derrière les rideaux ?... ..Il ne fallait en aucun point qu’il donne une image festive, rapport aux charges qu’il comptait investir et le programme qui allait mettre le pays à la diète. On lui avait reproché assez de manger des rillettes trop grasses ! C’est pourquoi ce soir il nous servirait des cuisses de grenouilles, les ayant lui même pêchées dans l’étang du château. Les échotiers seraient trop contents, nous dit il, de tomber sur une cuisse de poulet de batterie trouvée dans les poubelles ! »

        Nous passâmes dans la salle à manger aussitôt. Les cuisses de grenouilles risquaient de refroidir, nous dit sentencieusement Pénélope. Etait-ce là encore une citation de Shakespeare ? Ne sachant trop, je préférais sourire d’un air entendu, alors qu’elle soulevait le couvercle de la marmité, pour commencer le service.

       Assurément, l'art de manger des cuisses de grenouille devait être une de ces choses qu’on apprenait à l’ENA.. Une sorte de rituel, un bizutage, un bon entraînement entre ministres, capables par leur exemple de faire avaler plus tard ces fameuses couleuvres au peuple, toujours retors aux sacrifices..

   Je regardais mon assiette, parsemée de ces petites choses mortes, avec un mélange de consternation et d’horreur. Comment me sortir de ce mauvais pas sans indisposer mes hôtes ? Boire me parut une alternative intéressante ! J’ignorais comment la tête de Poutine pouvait se trouver sur l’étiquette d’un vin de Bordeaux ! « Grand cru bourgeois, cuvée Vladimir ».

 

      Le simple don d’un admirateur inconnu, nous dit le baron.

    Un homme politique français pouvait peut être se faire corrompre sans s’en rendre compte ? Ce devait être dans leur culture, comme pour nous l’art du thé. . Dans ce pays étrange, Il fallait payer de sa personne, avant d’espérer des retours de service. Ou alors inversement ? Je pensais à ce DSK, si sulfureux, et pas seulement amateur de cuisses de grenouilles, qui avait failli lui aussi devenir présidentiable. Pour le défendre, ses amis avaient évoqué eux l’existence d’un cabinet noir qui travaillait à la perte de leur champion.

Miss Penny avait peut être bien raison. Mais il y avait bien quelque chose de pourri au royaume de France !

       Dieu merci, aucun espion de n’importe quel cabinet noir ne pouvait révéler mes pensées les plus secrètes, alors que mon imagination un peu débridée par l’alcool s’affranchissait de toute pudeur, en regardant évoluer la gracieuse Penny.

 Le baron F...au bout de la troisième bouteille du château Vladimir me parut tout à fait charmant. J’avais eu tort de le trouver effacé. C’était un faux mou, sans doute toujours sur ses gardes, ne perdant jamais de vue son but. Des hommes médiocres arrivaient ainsi, en buvant beaucoup d’huile de ricin. Car la constipation était l’effet secondaire fâcheux. L’acharnement qu’il mit pour retirer le bouchon en liège récalcitrant d’une dernière bouteille de vin, pour fêter notre succès futur, fut très éloquente de ses qualités d’obstination hors pair.

       Même s’il devait passer par toutes les couleurs, frôler l’apoplexie, et se démettre l’épaule en tirant sur le tire bouchon, cet homme ne devait jamais céder en rien, quitte à casser la bouteille, et ne pas verser la moindre goutte à ses invités.

      La nuit était tombée, et nous passâmes dans la bibliothèque. Penny avait allumé des bougies, afin d’économiser l’électricité. Leur faible lueur faisait tourner des ombres inquiétantes sur le visage du baron, et un moment, je crus reconnaître le visage grimaçant du comte Sarkozy, celui dont la famille avait quitté la Transylvanie pour s’installer aussi en ce pays. L’instant d’après ce fut la tête du général de Gaulle que je crus voir en ombre chinoise sur les murs de pierre de taille. Je devais avoir trop bu du château-Vladimir, et perdis le fil du dialogue, comprenant mal cette langue sans sauce à la menthe et sans accent tonique. Pour la première fois je vis sourire le baron, en évoquant une de nos compatriotes, Miss Thatcher.

       A ce moment ses canines, m’apparurent singulièrement longues et pointues. Il chérissait au plus haut point notre ancienne première ministre. Il nous montra son petit musée personnel, une vitrine dédiée à la gloire de Margaret, et toute une collection fort intéressante : Une médaille offerte par le général Pinochet, une tête d’obus corrodée ayant servi pendant la bataille des Falkland, et même, objet troublant qui me fit rougir, une jarretière de notre ancienne premier ministre !

 

  Quelqu’un qui aimait tellement l’Angleterre ne pouvait être un mauvais guide pour la France. Sans aucun doute une intelligence spécieuse travaillait à saper l’honorabilité de cet homme, et au travail qu’il mettrait à rétablir « l’intelligence cordiale ». Mon exaltation à défendre le couple me fit prendre la parole un peu imprudemment. « Par saint-Georges, déclarais-je, nous partirons dés demain à Paris pour démonter cette immonde machination ! »….

      A vrai dire, j’ignorais comment nous allions opérer pour trouver ce fameux cabinet noir ! Comment rentrer à l’Élysée ? Un béret sur la tête et une baguette sous le bras serait-il suffisant pour gagner la confiance des gardes, à l’entrée ?

 L’idée fugitive me vint de nous déguiser en canard, et de suivre la file des gallinacés, pour arriver naturellement jusqu’à ce mystérieux cabinet noir….C’est là sûrement que les conspirateurs, une cagoule sur la tête, s’asseyaient tous autour d’une grande table ronde. Mais ne l’avaient-ils pas déjà repeint ? Et notre accent ne risquait-il pas de nous confondre ?

      Beaucoup d’interrogations, donc ! Cependant le baron était un homme à solutions. Il nous remis à chacun une carte d’attaché parlementaire, dont il avait toute une collection. Celles là même que Penny n’avait jamais utilisées. Avec ça, nous pouvions rentrer dans le palais de l’Élysée en toute discrétion .

 Sur le coup de minuit, la fatigue se fit sentir, et nous primes congé de nos hôtes pour gagner nos chambres. Dans l’escalier, je jetais un coup d’œil par la fenêtre, en cette nuit humide où la pleine lune éclairait les toits d’ardoises. Ce devait être une hallucination, mais je crus voir le baron, traversant la cour en se dandinant étrangement. Sa bouche n’était plus qu’un bec, et il agitait les bras, comme s’il voulait s’envoler, ou rejoindre cette horde de vilains canards, qui s’agitaient dans la mare, coursant une femelle, ou tachant d’avaler une grenouille. Etait-ce ainsi que fonctionnait notre monde, sous son vernis de civilité ? J’en eu un haut le cœur. Il me semblait que les grenouilles que j’avais du avaler sautaient toutes dans mon estomac, enivrées par la cuvée « Vladimir ».

      Las, je m’ effondrais sur le lit, sombrant dans un sommeil agité, plein de cauchemars étranges. Pouvait il en être autrement dans ce pays de chasseur de grenouilles et de folies bergères, où l’on mange des rillettes et où les attachées parlementaires sont payés fort chers à faire de la confiture ?…..Il devait être trois ou quatre heures quand Holmes me réveilla.

      « Habillez-vous vite, Watson, nous partons en exploration. Sans doute n’y a t’il pas besoin de gagner Paris pour élucider le mystère de ce fameux cabinet noir ! »

      Nous descendîmes les volées d’escalier en faisant le moins de bruit possible.

      « N’avez-vous pas fait attention à ce bruit de moteur lancinant ? Il devient de plus en plus insistant au fur et à mesure que nous descendons »

      Les marches de pierre humides devinrent de plus en plus étroites. Enfin nous arrivâmes dans une grande pièce voûtée, bruyante. Ce que j’identifiais immédiatement comme des rotatives de presse tournaient à pleins régimes.

      Les journaux tombaient, en pile, les uns au dessus des autres. Un casquette de rédacteur sur la tête, un animal étrange, tenant à la fois du canard et du baron Fillon commandait les opérations.

      Il semblait dans son monde électoral, totalement coupé du réel et des contingences ordinaires, et ne nous aurait pas vu si Holmes ne s’était pas approché de lui, et ne lui avait déplié sous le nez un des journaux sentant encore l’encre fraîche sous les yeux.

      «  Oh oh, que lis-je en première page : « Sherlock Homes dévoile le cabinet noir, et la vilenie du pouvoir socialiste ! » Un long article développait comment le célèbre détective venu d’outre manche, afin de prendre la défense d’une compatriote, injustement diffamé, s’était passionné pour la cause de son époux, et avait réussi à prouver l'existence d'un cabinet noir, au sein même de l'Elysée, s'acharnant à sa perte !

      En deuxième page : "Nos canettes acclament le candidat Fillon ! Les dindons sont refaits, et vont être inculpés !".... Voici une version bien étrange et apocryphe du fameux canard ! « Le canard déchaîné ! » Plus d’un lecteur se serait sans aucun doute fait avoir au subterfuge. 

     Le vers était dans le fruit. Comme à la lecture de ce fameux livre « Bienvenue place Beauvau ! » Il ne restait plus qu’à attendre le temps de cuisson parfait pour retirer la marmite pleine de grenouilles, de les faire voter, et de servir !

      « Ainsi, baron, c’est ainsi que vous comptiez nous utiliser ! Une fois que nous serions entrés en douce au coeur de l'Elysée, un de vos agents n’aurait pas manqué de nous photographier, nous compromettant assez pour acheter ensuite notre silence, tout en vous assurant notre caution ! Vous n'avez reculé en rien, allant jusqu'à utiliser votre noble épouse, et ses qualités indiscutables, liées à sa culture à son charme, et à son art de mettre Shakespeare en confitures pour nous appâter !

      C’était donc cela ce mystérieux cabinet noir : Une pièce étrange, sans fenêtre, qui n’est que dans votre tête, et par lequel vous espionnez le monde par le trou de la serrure, sensible uniquement à vos intérêts de manipulateur !"

     Confronté à ses mensonges, le baron avait perdu de sa superbe. ! Il est vrai que cet homme n’existait déjà plus à mes yeux. Avant de descendre dans la cave, Holmes m’avait montré la pièce des cadeaux, dont cet homme caméléon affublé d'une poche kagourou et tenant de l'ornitorynx avait fait grand profit : La caverne d’Ali baba ou le trésor de l’Aga khan semblait anecdotique à coté de ce qu'il avait accumulé… Les retours sur intérets s'avéreraient considérable pour le peuple français, si cet homme venait à être élu.

  Maintenant qu’il était démasqué, Il se ratatinait dans ses plumes jaunes, et semblait de moins en moins éligible. C’était une nouvelle casserole qui s’ajouterait aux autres, si l ‘affaire venait à être ébruitée. Un nouveau « faux et usage de faux » s’ajouterait à la longue liste d’inculpations.

      « Trop tard, sortit il d’une voix blanche. Un première édition de ce nouveau canard est déjà partie et va inonder le pays ! »

       Il semblait posséder la vilenie et le pouvoir de machination de Moriarty, et si je n’avais pas vu celui ci de mes yeux disparaître dans les chutes de Richenbach, j’aurais juré avoir devant nous notre ennemi éternel.

      « Il ne vous reste plus qu’à écrire une édition spéciale, pour annoncer votre démission de la présidentielle dit Holmes, en lui montrant un détail, sur la première page. »

      Le baron blêmit. Cette fois-ci il ne pouvait que s’incliner, avouer sa défaite. Il allait se retirer de toute vie politique, et promit de se consacrer finalement à ses deux passions. Le culte de Margaret Thatcher, et l’exportation de rillettes vers l’Angleterre et l’argentine, afin de créer une nouvelle entente cordiale. .

      Alors que nous sortions du château, après avoir pris congé de Miss Penny, pauvre innocente créature flouée en dépit de son propre gré, condamnée comme Sisyphe à faire des confitures et des rillettes, je ne pus m’empêcher de demander à Holmes comment il avait réussi à convaincre le baron de s’amender.

     «  Mais c’est élémentaire, mon cher Watson. Mais « good heavens ! », il faut reconnaître que dieu nous est venu en aide. Le canard enchaîné, comme ceux qui l’achètent le savent, sort le Mercredi de chaque semaine.

      Ors le baron qui ne l’achète jamais, s’est trompé et a daté son édition au Samedi, qui est comme chacun sait le premier avril, la journée internationale de la farce.

      Dés lors, comment pouvait il être pris au sérieux ? S’il y a une chose que les politiques ne supportent pas, c’est bien le ridicule.

      Peut-être ce peuple de froggys va-t-il enfin sortir de sa cécité ?

      « Car comme dirait miss Penny qui adore Shakespeare : « C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles ! »

       Et comme pour parachever cette histoire, un vol de canards sauvages passant très haut dans le ciel, nous sembla un bon présage.

        Même si la nature de leur ricanements ne pouvait souffrir du moindre doute : Ils se foutaient de nous ! Semblablement aux politiques. D’un coté ou de l’autre de la manche et du veston, ils nous prenaient à leurs mesures !

 


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12 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 28 mars 19:58

    Bonsoir Vélosolex


    J’arrive, je lis, mais ça ne va pas être ’ Laine de mouton’, je n’en ai plus sur le dos, de soutenir la comparaison avec vous. En conséquence je vais réfléchir, ce qui va me demander un effort d’introspection non négligeable, je regrette déjà, mon dimanche en vélo et, mes voyages connexes en tête, vu l’autruche que je consomme tous les dimanches, et l’hélium aidant, je refais surface, attendez, je viens ...

    • rogal 28 mars 20:51

      Stupéfiant !


      • Sergio Sergio 28 mars 21:14

        « Habillez-vous vite, Watson, nous partons en exploration. Sans doute n’y a t’il pas besoin de gagner Paris pour élucider le mystère de ce fameux cabinet noir ! »


        Il faut dire qu’il ne faut pas confondre ’cabinet noir d’aisance’ et ’cabinets noirs’ des Antilles, fameux fessiers des ’bonda maté’ affriolantes du pays sus-dit, dont la courbe vaut bien, pour les grimper en vélo, autant d’hardiesse et de courage, que d’abnégation salvatrice pour, arriver au sommet de l’Olympe, de qui on sait, l’hélium aidant, afin de repousser aux ’grolands grottesques’ le retour de manivelle judiciaire du dit ’gogue obscur’. 

        Ouf, la phrase est longue, on y trouve à défaut d’une senteur de madeleine, un relent de ’fosse de bienveillance’

        «  It’s not the pussy Proust of my funny Pénélope »

        J’imagine alors, qu’après réconciliation, se retrouver en mission, l’improbable collaboration de nos justiciers autobrexités, débrexités et rebrexités d’avec notre bon Arsène Lupin, volant le riche pour donner aux pauvres soit :

        Le Robin des bois ’froggies’ contre la ’Chérie de Fillongateman’

        Mon périple, hier sur mon Giant, m’a consommé une quantité non négligeable d’O2, il me reste alors à vous offrir, que de la dérision, parce que j’imagine qu’il va falloir en avoir, non pas en concordance des temps, mais dans pas longtemps. 
        Je vous demanderais alors, vous sachant compétent en la matière, de me pardonner de pourrir un peu votre post et, de m’épargner une quelconque reconnaissance, au CM-10 de l’échelle de la souffrance humaine.

        Plus sérieusement, pour tout vous dire, je suis depuis plus de trente ans, votre collègue (IDE), encore en activité. Croyez-moi, votre vidéo fait le tour de mes connaissances professionnelles, alors permettez moi, en toutes amitiés, un bien à vous !


        • velosolex velosolex 28 mars 22:17

          @Sergio
          Merci Sergio. Partager est la chose la plus formidable du monde. Ce Fillon à triste figure, que l’on sent méprisant du vulgaire, à tout pour inspirer la parodie. Dracula, Mister Jykell, où la chute de la maison Usher m’ont fourni quelques matériaux, sans compter ce Moriarty, le mal incarné. Peut être est il bon de s’amuser avec ce genre de type sinistre, mais le mieux est qu’ils restent des personnages de roman ; mais voilà quelques temps qu’ils sortent des livres, que la fiction enfonce furieusement la réalité.... Leur enfoncer un pieu dans le coeur ? Encore faut ils qu’ils en aient un. 
          D’où vient ce grand dérèglement ?...N’est ce pas depuis que certains ont commencé à cacher un moteur électrique dans leur vélo, que le monde s’est déréglé. Il faudrait revenir aux fondamentaux. Peut être au pignon fixe. Le dérailleur électrique est une perversion. Car le vélo est à l’image de la vie, une mécanique parfaite. 

           Encore deux ans et je pourrais chanter la chanson de John Lennon, « when I am sixty four »...
          .Combien de tours de pédales un gars doit il faire avant d’atteindre la sérénité ? J’ai bien peur que Fillon ne pourrait répondre. Ma petite chatte Jemba est morte hier à l’age de 13 ans. Elle était unique, comme chacun sur cette terre..Je l’ai enterré avec son bol de terre, comme une princesse égyptienne qu’elle était. Tout cela me retourne encore un peu. Le contraire serait encore plus perturbant. En vélo, et ailleurs, j’ai eu souvent de brefs compagnons de route, des fulgurances que je ne cherche pas à retrouver sur facebook. Dix kilomètres ensemble sur une route de campagne laisse parfois plus de souvenirs que des barbants que l’on a fréquenté des années. Tout cela je vous l’accorde part dans tous les sens, à l’image de la vie, pleine de fautes d’orthographe et de fautes de sens. Les plus beaux textes sont certainement des mensonges. Il faut faire l’apologie des crevaisons et des sorties de route. Je vous souhaite bon, sergio, et à tous les autres qui voudront bien se reconnaître en l’errance, sur les chemins perdus, regardant les nuages, les beaux nuages blancs. 

        • alinea alinea 28 mars 23:32

          J’étais dans votre peau en train de le créer, ce morceau choisi ; j’en ressentais les jubilations, et les audaces. Il vise haut et a quelques faiblesses, à mon avis. C’est un synopsis, il mérite d’être travaillé et développé !
          Merci en tout cas, c’est comme une pause, un retour en arrière quand les temps étaient plus doux !


          • velosolex velosolex 29 mars 00:11

            @alinea
            Les temps sont incertains, et ceux de la météo sont une bonne consolation, avec ses promesses de pluie et de soleil, Vous avez raison, la jubilation vient de la création. Au fond qu’importe qu’elle soit parfaite, et sûrement mieux ne vaut pas qu’elle s’en approche...Arrive un moment où il faut arrêter de corriger, de mettre une touche de peinture en plus. 

             Les chefs d’oeuvre ont quelque chose de mortifère en eux, car ils coupent toute critique, se suffisent à eux mêmes. Un truc bancale et inachevé est une incitation à discuter et à s’emparer à son tour du sujet. Déjà le vieux ballon crevé que nous poussions dans les champs valait mieux au niveau de l’émotion que la coupe du monde.
             Ce n’est pas le monde de la vile politique, mais celui de l’enfance qui est la grande affaire, celle qui nous fait et nous invite à retourner si souvent sur ses traces. L’écriture, la lecture qui s’autoalimentent nous replongent dans ces territoires perdus. 
            Le pouvoir est là, bien loin de la vile activité de soumettre les autres. Celui d’un geste lancé vers le ciel, celui d’un regard confiant. Les plus grands bonheurs sont loin du temps des montres Cartier, mais dans le quartier des secondes suspendues. 

          • Tall Tall 29 mars 08:21

            Très drôle ! smiley


            Cela rappelle l’ancien Agoravox qui était bien mieux pourvu de ce genre d’article qu’on ne trouve jamais dans la presse.

            • velosolex velosolex 29 mars 09:40

              @Tall

              Merci
              De même que des articles qui ne nous plaisent pas toujours, mais qui reflètent cette variété d’opinion qu’on ne trouve pas ailleurs, tant une bien bien-pensance travaille à une forme soi d’autocensure, soit d’hygiène morale et de conformisme ambiant. 
              Le joyeux foutoir des années 70 était riche de trajectoires et d’écrits étonnants. C’était un temps déraisonnable où l’on fumait sur les plateaux, dans les rédactions, et dans les écrits.

            • Tall Tall 29 mars 10:02

              @velosolex
               

              C’était le temps de l’esprit libre ... le temps de Charlie
              On va devoir sortir les tromblons maintenant, nos gamins n’ont pas tout compris

            • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 29 mars 10:04

              En résumé et sans faire dans l’humour britannique, je dis seulement que le « Cabinet noir » dont parle Fillon est le « Cœur même de l’Elysée », ils est dans les entrailles de cette vieille battisse ; c’est là que se perpétue les « calculs, les machinations, les intrigues, les complots, le choix du candidat à imposer au peuple... En clair, c’est ici que survit l’idéologie de la Ve république qui a véritablement dissout les espoirs des peuples des Deux Rives » ! 


              Ce « Cabinet noir » ne finit pas de broyer du noir au point de noircir tous les horizons, ce qui empêche les Français de décider de leur destin ! 

              La fuite en avant n’est jamais la meilleure solution, d’autant plus qu’aujourd’hui la visibilité est presque nulle ! 

              Autant s’accrocher aux amarres les plus solides qui ramènent tout et tout le monde aux fondement de la Nation ! 

              Le peuple de France, « d’origine » ou des « arrivistes depuis des siècles »« doit se rassembler autour d’un FRONT NATIONAL qui sera garant de la SURVIE et D’UN AVENIR POUR TOUS !

              Ni Fillon, ni Macron, ni Mélenchon, ni Hamon du »Pendule Gauche-Droite« . Ni Liberté totale du libéralisme des milliardaires apatrides, ni National-socialisme plus gauche que les crabes, ni haute trahison des »Porteurs de Valises« des banques impérialistes, ni »révolutionnaires de la soumission"... UN SEUL CREUSET POUR TOUS, UN SEUL RASSEMBLEMENT POUR TOUT LE MONDE, UN SEUL OBJECTIF NATIONAL : Conduire à l’Elysée un FRONT NATIONAL qui conduira la France EN METTRE FIN AUX HAUTES TRAHISONS !

              • Sergio Sergio 29 mars 10:47

                Je voulais vous le faire partager, mais vous devez connaître !

                https://www.youtube.com/watch?v=2cfoMFXf_uE


                • Dzan 29 mars 12:36

                  Merci velosolex pour cette anthologie de Sherlock. Je me suis bien marré.

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