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Accueil du site > Tribune Libre > Silence, la puissance des introvertis

Silence, la puissance des introvertis

Le travail en groupe est plébiscité un peu partout comme LA manière de générer de l’innovation : l’échange, le débat, le brainstorming sont plus efficaces que laisser les gens tout seuls dans leur coin. Vrai ? Bof.

Selon Susan Cain et son ouvrage “Quiet : The Power of Introverts” (Silence : la puissance des introvertis), le travail de groupe en général est surtout favorable aux extravertis et pas du tout aux introvertis. Or la population est composée de 30% à 50% d’introvertis, qui se révèlent terriblement inefficaces dans des systèmes basés sur l’argumentation et la confrontation publique. Nous avons sans doute tous l’expérience de travaux en groupes, réunions, brainstormings que ce soit dans des cadres professionnels ou bénévoles, voir familiaux. Selon que nous sommes plutôt extravertis (donc à l’aise dans ce type d’environnement et capables de “mener les débats”) ou plutôt introvertis (donc le plus souvent avec une grande difficulté à défendre une opinion différente de celle en apparence majoritaire) l’expérience du groupe sera très différente.

Or la société valorise grandement la posture extravertie : il est “bien” d’être confiant, assertif, confortable sous les feux de la rampe. Les leaders, ceux qui comptent, ceux qui son visibles sont ceux et celles qui sont confortables avec les interactions fortes, et ils / elles imposent naturellement le modèle organisationnel qui leu convient le mieux, dans lequel ils / elles peuvent briller. On imagine mal un avocat de renom introverti. Nous apprenons tous que le travail de groupe est bien plus productif, bien plus créatif que le travail du solitaire dans son coin – mais c’est faux, du moins pour cette vaste proportion d’introvertis qui sont nettement plus créatifs et productifs seuls dans leur coin, justement. Pourtant les exemples de grands penseurs qui travaillaient seuls ne manquent pas : Descartes, Darwin, Einstein… Beaucoup d’introvertis ne se rendent pas vraiment compte du décalage entre leur potentiel et ce qu’ils / elles produisent dans un cadre fait par et pour les extrovertis, vu que la plupart d’entre nous (je m’associe au club des introvertis) ont dû apprendre à nous adapter et à faire “comme si” nous étions effectivement confortables avec ces méthodes.

Susan Cain analyse de nombreux cas et en tire un certain nombre de remarques : “Quand nous travaillons en groupe, il devient difficile de savoir ce que nous pensons réellement. Nous sommes de tels animaux sociaux que nous adhérons instinctivement aux opinions d’autrui, souvent sans nous en rendre compte. Et lorsque nous sommes en désaccord conscient, nous en payons un prix psychologique. En effet le neurologue Gregory Berns, de la Emory University, a démontré que ceux qui ne se conforment pas à l’opinion majoritaire montrent une activation accentuée de l’amygdale associée au sentiment de rejet social, ce qu’il appelle la “douleur de l’indépendance”".

Une autre fausse image des introvertis est qu’ils/elles ne font pas de bons leaders, justement. D’après une étude du professeur de management à Wharton, Adam Grant, les introvertis sont capables d’atteindre les mêmes objectifs que les extravertis mais avec un style différent : l’introvertis aura tendance à laisser faire ses subordonnés s’il a confidence en eux, sans chercher à imposer sa marque, et leur motivation sera moins associée à leur ego mais plutôt à l’idée d’un objectif beaucoup plus large. Gandhi, Roosevelt étaient des introvertis, tout comme Larry Page (Google) aujourd’hui : des leaders avec une vision “transformative” de leur entreprise ou de la société.

Il est amusant de constater que cette distinction entre extravertis et introvertis existe également dans le règne animal, même chez les mouches ! Pour le biologiste David Sloan Wilson, il est possible que ces deux types représentent en fait deux stratégies de survie différentes : l’animal introverti vit discrètement et se fait moins remarquer par les prédateurs que l’extraverti, mais en contrepartie ce dernier est plus efficace à l’exploration et la recherche de nouvelles sources de nourriture. L’analogie existe au niveau des humains, les extravertis allant naturellement de l’avant alors que les introvertis réfléchissent, se tâtent, supputent et observent avant de décider d’agir ou pas. Pour Cain, il est totalement contre-productif d’imposer des méthodes “extraverties” à des introvertis, et bien plus efficace de laisser ces derniers s’organiser naturellement avec un accès facile au calme et à la solitude créative.

On peut penser que le travail en groupe et l’argumentation “publique” reste néanmoins une méthode très efficace pour arriver à une “bonne” solution, la plus rationnelle au vu des élément dont dispose le groupe. Sinon comment avancer si les gens ne se parlent pas et ne confrontent pas leurs opinions ? Je pense que c’est vrai mais qu’il est important de faire deux choses : d’abord voir la nature “rationnelle” de l’argumentation pour ce qu’elle est, c’est-à-dire que notre faculté de raisonnement ne vise pas à la recherche d’une quelconque vérité, mais qu’elle est un produit de notre évolution visant à nous permettre de mieux argumenter afin faire gagner notre propre point de vue (voir ce billet sur la Théorie Argumentative du Raisonnement pour plus d’information), ce qui n’est pas tout à fait la même chose que la recherche objective de la “meilleure” solution. Ensuite adopter une méthode de travail qui permette d’éliminer, le plus possible, ce sentiment de “douleur de l’indépendance”. Garantir l’accès équitable à la parole de tous les participants est un premier pas, car sinon les extravertis s’expriment 99% du temps et les autres, 1% les bons jours. On peut aller plus loin en proposant par exemple d’adopter l’approche Sociocratique au sein de l’organisation.

Je terminerai en citant Cain à nouveau : “Dans notre culture, les escargots ne sont pas considérés comme des très vaillants animaux – nous exhortons constamment les gens à “sortir de leur coquille” – mais il y a beaucoup à dire sur l’intérêt d’amener sa maison avec soi partout où l’on va”.


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42 réactions à cet article    


  • Buddha-dassa 11 avril 2012 09:00

    Vincent, il me semble que la production soit totalement collective et ce depuis toujours , ensuite il faut mettre en place le vol de ce travail collectif ,non ?
    ôte de ta vue ce qui n’est pas fabriqué par un collectif ,que reste t’il....rien !!
    c’est le groupe qui fait tout, et donc la somme de ce que chacun peut faire...
    nos sociétés ne sont pas la somme de ce que chacun peut faire quand il s’agit de partager également,car c’est le voleur qui dirige..., mais mais pour voler le groupe il faut suggérer qu’il ne fait rien , ne vaut rien et que la compétition est chose naturelle , incontournable ,et que le sens de la vie est de se battre....Ce monde est un monde de mâles en quête de femelles, si si si !
     !alors en y croyant que la compétition est incontournable la masse remet un chèque en blanc au voleur....ca fait quoi 10 000 que ca dure...le cycle est il a sa fin ? possible....grâce a la population qui demande a simplement vivre correctement...le voleur lui n’aime pas que les autres vivent correctement, a quoi bon être au sommet de la pyramide si les autres ne souffrent pas ? ...
    Mais c’est le berger qui a besoin du troupeau , le troupeau ne le sait pas encore mais il n’a pas besoin du berger...pas de messie, de moise ,de sauveur, de dirigeant , etc mais de gens éveillés a eux même qui décident que faire et partager ensemble ,équitablement est la seule autre issue a la guerre, la violence sans fin etc etc......
    Nous ne faisons que fuir dans des solutions personnelles qui n’ont aucun lien avec les problèmes rencontrés....voila pourquoi tout semble perdurer.....mais ce que je dis la ne peut résonner si on ne se connait pas du tout,ce qui hélas est le cas de tous,sauf rares exceptions ....
    en gros les humains fuient la mort qu’ils refusent entre l’age de 10 et 20 ans , pour se consacrer en totalité , le croient ils, à la réalisation de désirs personnels encouragés par les aveugles précédent qui dirigent les jeunes aveugles dans la conquête illusoire de l’extérieur..alors que l’origine est : maman j’ai peur je vais mourir alors que « moi » je veux que tout continue...or vivre ce n’est pas cela, en refusant de comprendre ce que mourir signifie pour la vie on ne vit pas ,on ne peut le refuser mais on essaye...la FAUTE ...mais dès lors restons pures machines et ne fonctionnons que avec cette partie du cerveau qui est mécanique et aussi automatique, l’ego !! si si si !!c’est la tentative de fuite de cet absolu de la vie qu’est la mort que nous petons tous un câble pour des raisons qui demandent une vie entière a saisir...alors que le voyage est en soi , dans la compréhension de ce que l’on est...
    On a tout faux, et 1 seconde d’activité décisionnaire pour mettre un papier avec un nom dans une boite,sans même savoir si il va y avoir de la triche ou pas , tout ca pour choisir le maitre en 5 ans..franchement ca ressemble a quoi ??? Ça ressemble pour moi a un cerveau qui est resté enfant non ???
    Fuir l’absolu que vie = mort fait que nous sommes restés enfants.....tous..
    intégrer cela , le vivre ,par contre va ouvrir le cerveau intelligent....rdv dans 100 000 ou plus ans....enfin sans moi ni vous bien sur....
    salutations... smiley Vincent..


    • kemilein 12 avril 2012 00:07

      ca dépend, globalement une société prospère plus rapidement avec plusieurs cerveaux d’actifs. pour qu’ils puissent utiliser leur cerveaux faut il encore qu’ils ne passent pas leur vie au champs ou a la chasse.

      être introverti ne signifie pas « ne pas partager » ou « ne pas apprendre des autres » mais de préférer penser, être, vivre seul ou tout du moins en terrain connu, avec peu de gens. ce qui ne les empêchent pas de contribuer au moins autant que les autres, et peut être par leur introversion ne pas etre aussi futile et puéril que nombre des extravertis.

      concernant la production je pense au contraire qu’il existe une époque ou chacun pouvait créer sa propre richesse, le chasseur, le cueilleur, le pêcheur, mais que parce qu’il a toujours été un animal social l’homme du fait de sa façon de naitre mammifère donc avec un lien d’éducation important, ainsi ce que l’un produisait tout seul il n’hésitait pas a le mettre en commun, pour aider son compagnon d’infortune, et quand l’autre rapportait a son tour il pouvait gouter des choses qu’il ne produisait lui même

      il y a dans toutes relations une forme d’utilisation, d’utilité du lien, on ne fait jamais les choses gratuitement, nous avons toujours un retour sur investissement, quand bien même ce n’est que la satisfaction d’avoir fait plaisir qui nous fait plaisir, sinon on ne le fait pas, on ne le refais plus.

      l’introverti garde pour soi et cherche en lui, il est souvent par essence introspectif et spéculateur (au sens ou il imagine plus qu’il ne le vit) ce qui le pousse a se connaitre mieux soi-même tout en ayant moins de chimères et illusions que nombre d’extraverti partage.


    • rahsaan 11 avril 2012 11:45

      Intéressant. L’idée est que l’organisation de groupe menée par les extravertis ne convient pas aux introvertis, qui peuvent être efficaces à leur manière, mais différemment. Cette différence au niveau du groupe aurait donc une origine psychologique, selon le tempérament de chacun. 

      Je me demande si, en retour, ce n’est pas aussi le groupe qui assigne à certains une position d’extraverti, en les choyant, en les encourageant à être des leaders, des winners ; et à d’autres la position (dominée) de l’introverti, en les intimidant, en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas légitimes pour parler, qu’ils ne font pas avancer le schmilblick etc. Bref, il y aurait derrière ce partage entre deux catégories psychologiques une part de violence et d’arbitraire social. On ne naît peut-être pas toujours introverti, on peut le devenir du fait de membres de sa famille, de ses amis, de son milieu professionnel etc. (fréquentation de personnalités dominantes, autoritaires, qui éprouvent naturellement le besoin de s’imposer aux autres, qui se sentent investis de la charge de diriger tout groupe humain où ils se trouvent etc.)

      Le discours du management aime bien s’appuyer sur des études psychologiques pour découvrir des ressources nouvelles dans les employés. Il faudrait aussi se demander si la structure hiérarchique de l’entreprise (ou de l’administration, du reste) ne contribue pas à reproduire/encourager/perpétuer ces atittudes d’intro- ou d’extraversion. 

      • opdc 11 avril 2012 19:55

        Merci pour cette note d’humour


      • kemilein 12 avril 2012 00:12

        "Je me demande si, en retour, ce n’est pas aussi le groupe qui assigne à certains une position d’extraverti, en les choyant, en les encourageant à être des leaders, des winners ; et à d’autres la position (dominée) de l’introverti, en les intimidant, en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas légitimes pour parler, qu’ils ne font pas avancer le schmilblick etc."

        c’est une remarque pertinente et réelle.

        Darwin parle d’évolution moi je n’y vois qu’Adaptation, et c’est valable pour tout individu. le lion s’adapte au zèbre autant que le zèbre s’adapte au lion.
        un individu est façonner par son monde autant qu’il façonne le monde. Quand je m’adapte les autres s’adaptent a moi.
        le groupe va pousser certain a être extraverti tout en même temps que l’individu va pousser le groupe a le voir en extraverti.
        il y a une réciprocité.


      • miha 11 avril 2012 12:39

        Le travail en groupe devrait se faire de deux façons complémentaires :

        en réunion « réelle » ET par échange de messages (par exemple) destinés à tout le groupe.

        Les intovertis, plus à l’aise pour s’exprimer par écrit, pourraient ainsi participer activement.

        Si je dis ça, c’est parce que c’est mon cas : très difficile pour moi de parler devant tous sans ressentir une sorte de panique (indécelable pourtant) qui me fait oublier mes arguments et mes idées.


        • kemilein 12 avril 2012 00:28

          - je suis introverti et j’assume pleinement, je n’aime pas les gens, ils sont bêtes, car même étant issu d’une classe socio-économique d’ouvrier (donc ayant statistiquement blablablabla) n’arrive pas a être aussi idiots que ces bougres instruit et sois disant éduqué.

          -je parle pas aux cons, n’en n’éprouvant pas l’intérêt
          -parler aux cons ça les instruits sans les rendre intelligent pour autant, ça en fait non plus des « cons » mais des « connards » (le con fait pas exprès, le connard si)
          -parler aux cons les laisse souvent aussi con a la fin qu’ début, c’est une perte de temps dont je me passe volontiers.

          -mais si j’ai a m’exprimer je n’en perd pas pour autant ce que j’ai a dire, et j’ai beaucoup a dire, bien plus qu’un populaire de beau gosse qui n’a rien dans le crâne (regardez les sportifs aucun ne brillent par leur intelligence, encore aujourd’hui)

          -comme je pense beaucoup et sans la contrainte de me faire bien voir des cons (la quasi totalité des êtres humains) ce que j’ai a dire choc et me fais passer pour un fou.

          si l’introverti est un introspectif réaliste et objectif (deux choses presque impossibles) alors c’est un antipathique misanthrope lucide.


        • dan taneli dan taneli 11 avril 2012 12:41

          bonjour.



          On ne naît pas « introverti » ou « extaverti »
          on le devient tout au long d’une éducation, d’un milieu, et des personnes qui croisent votre chemin dans une société extravertie et devenue ces dernières décennies totalement exhibitionniste. Ce qui ne signifie pas « désinhibée ». Tant s’en faut.
          Question de « personnalité » également.
          Observons les bébés...
          L’éducation selon l’environnement encouragera l’extraversion ou au contraire l’introversion, et selon le « tempérament » de la personne, le choix ou non choix se fera.
          Mais avons-nous un choix quand toute une société vante les grandes gueules, les m’as-tu vu,
          l’égo-manie (on en a de brillants exemples à longueur de journée actuellement). Les monsieur-je-sais-tout, les ceux qui se croient si intelligents, si brillants, qui pensent qu’on ne peut pas vivre un seul jour sans voir leur reflet dans notre potage...
          Bref, « introverti » n’est qu’un terme sociopsycho, une étiquette posée face aux normes du système. 
          Etre « introverti », c’est souvent avoir développé une hyper-sensibilité, une intelligence ouverte et curieuse, un esprit critique, car la pensée est toujours en mouvement et surtout n’a pas peur de s’explorer ! au-delà des idées toutes faites. C’est être hyperconscient de son être et de ses dires, hyperconscient du ridicule de l’ego (tous ces petits coqs montés sur leurs ergots, cot cot cot !)hyperconscient de la grande bêtise humaine, lorsque ne sont pas canalisés les mots et les idées, savoir que les mots peuvent guérir et tuer à la fois...
          Alors effectivement, le système tel qu’il est conçu -egocentrique, mégalomaniaque, et hystérique- n’est pas fait pour les « grands sensibles », les penseurs différents et indépendants.
          Qui dérangent, comme toujours...
          Cette expression intéressante dans l’article : « la douleur de l’indépendance ». En fait il s’agirait plutôt de la douleur de la domination de la pensée sociale correcte.
          Aux grandes geules : la société Nous appartient !
          les autres ; continuez à vous taire.

          Cette société est endormie sur ses pseudo lauriers de gloire capitalistique.

          Mais il y a de l’espoir car tout un peuple d’éveillés est bel et bien en cours de se faire visible.
          Et il y aura changement. C’est le principe même de la vie.
          Qu’on le veuille ou non. Dans les larmes mais aussi dans la joie.
          Bonne journée.






          • chantecler chantecler 11 avril 2012 18:02

            Excellent !


          • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 13:51

            Je pense que le critère introversion/extraversion a une bonne dose d’inné, car des frères et soeurs ayant vécu exactement le même contexte familial et éducatif peuvent être très différents sur ce plan-là, quasi de naissance. D’autant que cet aspect intro/extra n’est qu’un aspect de la personnalité, par exemple le test bien connu de Myers-Briggs propose, en plus de l’axe intro/extra, 3 autres axes nommés Sensation/Intuition, Pensée/Sentiment et Jugement/Perception. Une personne introvertie mais avec une forte composante Jugement aura un comportement différent qu’une autre toute aussi introverties mais avec une forte composante Perception, donc il est un peu risqué de vouloir trop réduire les choses à cette dualité intro/extra. 


            • piquebateaux 11 avril 2012 13:52

              Bonjour à chacun, bon jour dans le vrai sens du terme.
              Bon jour parce que tout ce qui vient d’être dit jusqu’ici est d’une telle pertinence que, sûr, nos lendemains seront plus brillants que jamais. L’intelligence émotionnelle est à l’oeuvre, discrète, paisible, aimante, alors merci à chacun pour cet article et ces commentaires qui vont au plus profond du soi.
              Être ou paraître, il faut choisir.
              Nous ne sommes pas égaux en terme d’ego. Certains restent les plus côtés par notre civilisation où domination et compétition forment encore le modèle de l’Être. Soit disant de l’Être ! Car sitôt qu’on creuse un peu le sujet, on s’aperçoit que les férus de ces valeurs particulières sont, au bout du compte et fort paradoxalement, les plus fragiles d’entre nous.
              Il est fragile celui qui, pour exister aux yeux des autres, n’a trouvé d’autre moyen que le paraître.
              L’ego et l’émo (l’émotionnel) sont dans un bateau. L’un comme l’autre sont indispensables pour le faire avancer, ce bateau qui représente notre vie. Auquel d’entre ces deux larrons avons-nous personnellement choisi de confier la barre ? Lequel des deux est capitaine de notre existence ? Et surtout, lequel est le mieux à même de nous apporter ce confort intérieur, à la fois sécuritaire et moral, dont nous avons besoin pour être bien dans notre peau, bien dans notre vie ?
              Je pense que notre société vit un cancer qu’on peut appeler « égopathie », ou « égopathologie ». Et au vu de ce que je viens de lire, je pense que nous sommes en voie de guérison.
              Merci aux égopathes de nous renvoyer une image de l’être insupportable au point que le plus grand nombre d’entre nous voulons changer de registre.
              La bonne question serait, peut-être, « quelle alternative à la domination de l’homme par l’homme ? »


              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 14:43

                La domination de l’homem par la femme ? :)


              • Tristan Valmour 11 avril 2012 14:44

                Très bon article Vincent, comme d’habitude.

                Seulement, tous ces trucs de psychoneuneus, ça me laisse de marbre. Facile de catégoriser les gens, de les mettre dans des cases. Seulement, dans la réalité, ça ne marche pas comme ça. Mais ça fait vendre des livres, des tests, des conférences, des expertises, etc.

                Alors on serait introverti ou extraverti. Mais il est interdit, naturellement, d’être l’un dans certaines circonstances, et l’autre dans d’autres. Il est également interdit d’être un extraverti qui n’aime pas travailler en groupe, et un introverti qui aime travailler en groupe. Et celui qui travaille seul dans l’entreprise et qui s’éclate en boîte le soir en offrant la tournée à tout le monde, alors que lui-même n’a pas bu, il est quoi ? Pour être gentil, on me dira « généreux ». Mais il est intro ou extra ?

                Mais qu’est-ce au juste qu’un introverti ou un extraverti ? Existe-t-il une définition scientifique universelle ? Non. Dès ce moment, le reste, c’est de la supercherie. Comme les tests de QI. Ca m’a toujours fait rire de tester l’intelligence par des tests sériels alors que le cerveau fonctionne en parallèle. Ca n’interpelle personne ça n’est-ce pas ? Que teste-t-on alors ? Et on vous dit que l’intelligence ou la personnalité, c’est ce que mesurent les tests. Pourquoi y en a-t-il tant ? Pourquoi en est-on au WISC IV ? Finalement, c’est comme la pub pour les lessives : il y en a toujours un qui lave plus blanc.

                De quoi sommes-nous sûrs ? De l’apport de la neurobiologie qui influence les comportements : plasticité cérébrale, neurotransmetteurs et neuromodulateurs, neurones et cellules gliales, amygdales, hippocampe, etc. Et encore, on sait assez peu de choses sur le fonctionnement de tout cela. Mais ça, c’est de la science.

                Il y a longtemps déjà, j’ai cru, en raison de ma formation psy – bien que j’aie pris la voie de la psychologie cognitive qui est plus scientifique-, au Big Five (tous les tests pour savoir qui vous êtes, si vous pouvez travailler en groupe, les tests de personnalité). Puis fort heureusement j’ai vu du côté de la neurobiologie et j’ai vu tout ce qui n’allait pas. Et tout le business qu’il y a derrière ça !

                La psychologie, c’est de la biologie. Et la biologie nous enseigne que l’homme est plastique, qu’il change sous l’action de ce qu’il vit, aussi bien sur le plan psychologique que biologique.

                Alors l’assertivité, et toutes les théories de la communication qui se succèdent les unes aux autres, c’est beau, c’est convainquant, mais ça ne tient pas la route.

                La seule chose que la psychologie peut nous indiquer sur la personnalité, ce sont des tendances. En fait, c’est comme si vous on disait « dans la circonstance X, vous avez y % de chance de réagir de façon Z ». Mais la plupart des psychologues, des cabinets de recrutement, des magazines vont vous dire : « vous êtes introverti ou vous êtes extraverti ». C’est archi-faux naturellement.

                Vous prenez les tests basés sur les travaux de Jung par exemple : MBTI, Keirsey, etc.. Vous répondez à des questions, et on vous donne à la fin un profil genre « ESTP ». Et bien figurez-vous que j’ai extrait de ces questionnaires que je connais par cœur le concept de la question, et que j’ai formulé la question différemment, en employant des synonymes. Et ça a donné un autre profil ! Et oui, il y a la question et l’interprétation de la question ! Vous pouvez aussi vous amuser à faire le MBTI puis le Keirsey (qui ressemble beaucoup au MBTI) et vous aurez aussi un autre profil. Pourtant les deux s’appuient sur Jung.

                Pour finir sur les tests de personnalité, le meilleur, cad le plus proche de la vérité, c’est l’ IP-NEO PI de Pennstate University. Et figurez-vous qu’il est GRATUIT. C’est en anglais, et parfois assez difficile quand on ne maîtrise pas la langue.

                Quand on met des gens dans les cases (en les traitant d’introverti, d’extraverti, de penseur, d’impulsif, etc.), ces gens vont se conformer à la case dans laquelle vous les avez placés, et vous pourrez après dire « voilà, j’avais raison, c’est un extraverti ». En fait, ce n’est rien d’autre que de la suggestion, de la prophétie autoréalisatrice.

                Prenons le cas de l’assertivité, de la communication non violente, et autres trucs. Au final, ça donne quoi ? De la frustration chez celui qui n’a pas pu dire ce qu’il avait à dire. Mieux vaut dire ce qu’on pense, régler le problème et passer à autre chose plutôt que d’employer des codes de communication tellement éculés qu’au final, ils ne font plus du tout effet. En effet, le cerveau a reconnu le schème de communication employé, et il décode malgré tout le fond de la pensée. Mais entretemps, certains se sont bien gavés !

                Et j’ai oublié la PNL avec ses grands maîtres aux formations à 4000 euros par an. Mais on peut vous appeler grand maître sans avoir de PhD en psychology, ça donne de l’importance. Et quand vous levez les yeux en pensant, vous êtes visuels, quand vous baissez l’oreille vous êtes auditif, et quand vous vous récurez le nez, vous êtes kinesthésique. Warf, warf, warf. Bien sûr, l’être humain, c’est simple.

                Aucun psychologue n’a jamais pu prouver le caractère résolument scientifique de ses théories sur la personnalité ou encore l’intelligence. Et d’ailleurs, un spécialiste français de la mesure de l’esprit comme l’éminent Jacques Lautrey rappelle qu’on ne peut pas mesurer l’esprit (intelligence, personnalité), mais la performance observable de l’esprit, et que cette mesure est toujours très imparfaite, qu’il faut prendre d’infinies précautions. Et les psychologues sérieux prennent ces précautions en affirmant que les tests sont la base d’un travail à faire, qu’ils ne révèlent pas grand-chose en eux-mêmes. Malheureusement, de nombreux psy ne prennent pas ces précautions. Et les cabinets de recrutement et autres boîtes de formation n’en ont rien à faire. $$$$$$ d’abord !


                • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 15:36

                  Merci Tristan pour ce commentaire éclairant. N’étant pas versé en psychologie je m’y intéresse parfois du fait que j’ai assez souvent été confronté à des situations - oh, rien de grave - dans lesquelles ces différences de traits (appelons-les introversion et extraversion pour faire simple) déterminaient en grand partie les résultats de travaux de groupe. Mais je vous rejoint sans doute en disant qu’il ne faut pas dissocier le trait du contexte. Dans cet article, le contexte est clairement établi comme étant celui du travail de groupe. En boite ou sur un terrain de sport, tout peut certainement changer. 


                • L'enfoiré L’enfoiré 11 avril 2012 17:44

                  Bien d’accord, Tristan.
                  En plus, ce qui est très marrant, c’est que ces tests à l’américaine (souvent) sont posés par des organismes commerciaux, qui comme je l’ai appris, ont parfois un lien avec les églises de scientologie.
                  Les entreprises se basent ou se basaient sur ses tests. Aujourd’hui, il y a mieux, il suffit d’aller lire ce que dit quelqu’un sur Facebook.


                • rahsaan 11 avril 2012 15:49

                  C’est absurde. La société n’est pas une salle de classe, et la réussite dans la vie (en termes purs de salaire) n’est pas la même chose qu’une bonne note. Rien ne dit qu’un trader qui gagne un salaire à 5 chiffres travaille plus longtemps et plus dur qu’une infirmière. 

                  Pour un contrôle en classe, chacun travaille pour soi. Ce n’est pas le cas en société : une entreprise, un hôpital, une école, une mairie etc. ne « tournent » que par l’effort conjugué de tous. Une vague approximation en classe de la vie en société, ce serait plutôt un travail réalisé en commun par la classe, ou par plusieurs groupes différents, où il s’agirait de savoir qui est valorisé en fonction de son apport. Et de savoir quel groupe a fait le meilleur travail. Le chef de chaque groupe aurait-il une meilleure note ? Celui qui a fait les recherches sur Internet aurait-il une moins bonne note que celui qui a proprement rédigé le texte ? etc. 

                • Atlantis Atlantis 15 avril 2012 13:00

                  « En plus cela n’a rien à voir avec le sujet. »
                  je ne serai pas aussi catégorique. cette petite histoire simplifiée (à l’extrème ?) est aisément généralisable à la vie de tous les jours sous un concept que beaucoup connaissent mais très très peu en comprennent la puissance : nous sommes *tous* conditionnés par des schémas pavloviens.
                  Les rares personnes que je connais qui en sont réellement conscientes et/ou moins dépendante sont des introvertis.
                  Parce que l’extraverti ne prend pas le temps de la réflexion il ne peut percevoir ses propres mécanismes de fonctionnement.

                  (pour moi, on ne peut percevoir la puissance des schémas pavloviens que lorsqu’on comprend et applique -sans virer à la dépression- une citation simple : j’ai pour me guérir du jugement des autres toute la distance qui me sépare de moi-même.)


                • Taverne Taverne 11 avril 2012 16:15

                  « Un homme extraverti en vaut deux », est un préjugé tenace dans notre société de communication, fondée sur le paraître qui récompense le bruit et la mise en avant de sa personne. Le paraître et l’avoir prédominent sur l’être et sur la pensée.


                  • zelectron zelectron 11 avril 2012 18:13

                    je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas, mais bon sang qui est-ce qui a put dire une chose pareille ?


                  • rahsaan 11 avril 2012 16:28

                    L’expérience menée dans cette classe ne constitue pas un bon modèle de socialisme. 

                    Le socialisme, ce n’est pas la volonté de voler les riches et talentueux patrons (les « bons élèves ») pour distribuer aux fainéants de pauvres bons à rien (les « mauvais élèves »). 

                  • baba 11 avril 2012 17:00

                    Il est vrai que l’on est dans un système social qui a tendance à privilégier les extravertis et ceux qui manient bien le verbe, et que l’on a tendance à ignorer les introvertis, ceux-ci maniant moins facilement le côté oral. Or l’extraversion ou le côté leadership ne veut rien dire.
                    Il peut arriver que le travail de groupe s’apparente à faire beaucoup de bruit, ou alors à brasser de l’air.Le vrai leader est celui qui va prendre en considération tous les avis, pas seulement de ceux qui font le plus de bruit mais aussi de celui qui est silencieux.
                    On peut remarquer que dans des réunions à majorité d’extravertis, quand on va demander l’avis de l’introverti, personne ne va l’écouter, ou on va lui accorder un sourire indulgent (surtout s’il bafouille ou s’il rougit) et les conversations vont reprendre de plus belle.Sauf évidemment si le leader ou celui qui dirige la réunion fait taire le bruit environnant et là il peut arriver que la réflexion de groupe prenne un autre tournant.
                    Il y a un côté un peu absurde dans la société actuelle où c’est la raison du plus fort qui l’emporte.Cela se traduit dans tous les domaines, comme dans le travail en réunion, ou la force est représentée par la force verbale, et par la capacité d’imposer sa présence dans un groupe , système qui ne correspond pas vraiment à l’introverti, ce qui fait que sa réflexion, son travail et son avis, finissent à la trappe.
                    Le côté loi ou raison du plus fort est un reste de nos origines « hommes des cavernes » où c’est le plus fort qui survit et ça commence tout petit, dans les écoles primaires ou collèges, et même dans la fratrie : il y a toujours un leader qui est celui qui interagit le mieux avec les autres ou avec les adultes mais aussi qui manie bien le langage. Ensuite la vie devenant une compétition permanente, l’école, le sport, les études, les extra. continuent à avancer avec leurs talents : le verbal et les échanges sociaux.
                    L’introverti lui, découvre une autre façon d’évoluer dans la vie, peut-être loin des autres, mais justement cet isolement lui donne un espace propice à la concentration, à la réflexion et au recul.L’être humain, étant capable de résilience, ce qui peut paraitre aux yeux des autres comme un handicap social peut devenir source de créativité.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 11 avril 2012 17:30

                      @Vincent,

                      « la population est composée de 30% à 50% d’introvertis »

                      Ce pourcentage me semble bien trop faible.
                      J’ai participé à ce genre de catégorisation dans des groupes qui suivaient un cours de management.
                      Il était plutôt question de 20% d’extravertis.
                      J’ai eu les deux genres de caractères sous mon management.
                      Les plus travailleurs étaient peut-être les plus travailleurs, mais c’était loin d’être des meneur d’hommes.
                      En fait, dans une équipe, il faut les deux.
                      C’est un avis de l’expérience. smiley


                      • L'enfoiré L’enfoiré 11 avril 2012 17:38

                        correction :
                        « Les plus travailleurs étaient peut-être les plus introvertis, »
                        Désolé pour le lapsus.


                      • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 21:29

                        @L’enfoiré


                        Ok je note. Je pense qu’il n’y a pas une barrière étanche entre les deux, plus une question de degré sur un axe allant de très introverti à très extraverti. Les premiers font de la recherche en mathématiques, et les seconds font du catch :) 

                      • chantecler chantecler 11 avril 2012 18:19

                        Parfois je me marre en regardant une émission style « ce soir ou jamais » .
                        La plupart du temps il y a un allumé qui monopolise la parole pour tenir un discours confus ou l’embryon d’une idée répétitive .
                        Il y a ceux qui écoutent , parlent à bon escient quand on ne leur pique pas la parole .
                        Et il y a celui qui se tait mais qui a un visage très animé : parfois il démarre pour dire des choses étourdissantes .
                        Et ?
                        Rien .
                        Excellent article .
                        PS : ah si « la psychologie c’est de la biologie ... »
                        Non . C’est une école , peut être intéressante , mais la biologie , les « amygdales » n’expliquent pas tout . On voudrait tout ramener à ça car c’est tellement rassurant : les structures du cerveau, les neurotransmetteurs, la génétique ,etc...et aussi lucratif . Les labos ne s’y trompent pas qui veulent imposer leurs molécules chimiques qui régleraient tout ..Mais je m’ égare .
                        L’humain c’est peut être de l’inné mais aussi beaucoup d’acquis .L’environnement le plus précoce joue un rôle primordial .


                        • Mandrake 11 avril 2012 18:45

                          c’est vrai chantecler... soral, dieudonné, ramadan...toujours le même refrain confus...pseudo intello mais vrais comiques smiley

                           


                        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 21:43

                          On voit que Shakespeare n’a pas plongé dans les grandes profondeurs, ya des trucs bizarres et inquiétants qui se promènent la-bas...


                        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 22:17

                          Vous, vous avez du voir le film Sphere, avec Dustin Hoffman :)


                        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 21:49

                          Je viens de soumettre à Agoravox un autre article indirectement lié à celui-ci, sur ce qui fait que certains adoptent une idéologie politique conservatrice et d’autres, progressiste. 


                          • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 11 avril 2012 22:16

                            Ah oui, bon sujet, bon sujet.. :)


                          • sparte sparte 11 avril 2012 23:30

                            En ces temps pascal, je fus à l’église ou plutôt au prieuré bénédictin qui est près de mon domicile. Chacune des vigiles fut préparée et « animée » par un prêtre différent. Leur seul point commun - à part la foi - est d’être assez avancé en âge.

                            Chaque veillée fut différente et très ... comment dire ... « imaginative » ; emplie des symboles du temps de Pâque, mis en lumière par des scenarios, des chants, des participants différents. Bref ce fut pour chacun des fidèles, une grande joie

                            Et pourtant pas de brain storming derrière tout ça , « seulement » de la tradition, de la foi ... , de l’espérance, en un mot : de l’amour.

                            A tous, croyants et non-croyants : joyeuse Pâque !


                            • storm storm 12 avril 2012 01:05

                              avant j’étais timide, puis je suis devenu plutôt assertif borné,
                              maintenant j’ai atteint la sagesse (ou presque : p )...

                              et je me rend compte qu’il est souvent impossible d’avoir une discussion avec autrui  : paradigme différent, d’ou impossibilité d’échange par exemple, ou alors avec des personnes qui passent d’un sujet à l’autre trop vite pour qu’on puisse placer un phrase complète...

                              bref je m’introvertis consciemment après 40 ans combat contre les autres et moi-même


                              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 12 avril 2012 10:05

                                @Sparte : Allez, j’ose : Dieu est-il introverti ou extraverti ? 


                                @Storm : J’ai l’impression qu’une des principales difficultés de communication, sinon la principale, est le mélange entre la personne et son propos. Si qqun dit qqchose avec lequel je ne suis pas d’accord, voir qui me dérange, suis-je dérangé par la personne ou par son propos ? J’ai souvent remarqué une technique, inconsciente sans doute mais très présente chez les « meneurs », consistant à d’abord attaquer un propos qui ne leur convient pas puis, très rapidement, à attaquer la personne qui a tenu ce propos. L’art de la survie communicative, à mon avis, est d’arriver à canaliser les arguments sur le propos plutôt que sur les personnes.

                                • Thorgal 12 avril 2012 10:08

                                  [36-15 ma vie]
                                  Je suis les 2 :

                                  - je bosse en equipe dans mon boulot quotidien. Ca a des avatantages et inconvenients.
                                  - je buche tout seul sur mes projets artistiques. C’est le pied smiley Aucune envie de collaborer avec d’autres sur ces projets.

                                  J’ai une tendance a etre introverti si on ne me rappelle pas d’etre plus social (ma femme me le rappelle assez souvent). Mais j’ai appris a etre tres confiant et peu timide. Mon caractere plutot introverti passe surtout pour de l’indifference dans mon entourage qui n’est pas tres peuple, il faut le dire ... Mais je prefere les choses ainsi. J’aurais enormement de mal a « gerer » des gros « reseaux » de potes ou de relations.

                                  [/36-15 ma vie]


                                  • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 12 avril 2012 10:46

                                    @Thorgal

                                    Est-ce que être plus social = être plus extraverti ? Est-ce alors une forme de jeu de rôle que l’on accepte de prendre pour, justement, garantir une forme de paix sociale et familiale qui repose sur le modèle de comportement extraverti ? 

                                  • Thorgal 12 avril 2012 11:00

                                    @Vincent

                                    Je ne mettrais pas vraiment un signe = entre les 2 mais je dirais plus que l’un pousse a l’autre. Etant devenu plus « sociable » grace au fait que je suis marie et pere de 2 enfants, je suis amene a etre plus extraverti. Ce n’est pas un role mais une consequence naturelle selon moi. Ca ne me gene pas trop mais je dois avouer une certaine « inertie » personnelle lorsqu’on me propose telle ou telle activite de groupe. Il m’est encore un peu difficile d’etre tres enthousiaste a une telle perspective et ma femme, qui est tres « groupe », en arrive parfois a ne plus me proposer certaines activites. Mais lorsque je suis finalement hors de ma bulle, et bien ca se passe plutot bien. Maintenant, bon, la paix familiale repose toujours sur quelques compromis et c’est donnant-donnant dans mon cas smiley Je ne me soumets pas toujours a la mentalite plus extravertie de ma femme par exemple, sinon, cela voudrait dire qu’elle ne respecte pas ma personnalite. Mais je sais aussi que me bouger hors de ma bulle est un bon moyen d’apprendre quelque chose. On ne peut pas toujours « vivre le monde » tout seul, on tournerait en rond assez rapidement je pense. Bref, le principe sous-jacent est l’art du compromis : a partir du moment ou je peux vivre mon caractere introverti la plupart du temps, et bien je peux aussi essayer autre chose de temps en temps.

                                    Bon, allez, je vais pas squatter. Mais c’est un sujet interessant. 


                                    • gordon71 gordon71 15 avril 2012 06:49

                                      bravo 


                                      et merci de mettre en valeur l’intériorité et la profondeur, des qualités qui semblent presque ridicules et proches du handicap pour notre époque du faux semblant et du tape à l’oeil

                                      • ZenZoe ZenZoe 15 avril 2012 12:11

                                        Article très intéressant. Je n’avais jamais pensé au monde de l’entreprise comme ça.

                                        Je voudrais cependant faire une remarque.
                                        Si je comprends le paragraphe sur les mouches, on assimile généralement les extravertis à des gens « qui vont de l’avant », et les introvertis à des gens qui hésitent et finalement ne font rien, j’ai bien compris ?
                                        Ca me surprend. Les introvertis ne sont pas plus timorés que les autres, ils font leur truc plus discrètement, c’est tout. D’après ce que j’ai pu observer pendant ma longue vie.


                                        • Atlantis Atlantis 15 avril 2012 12:45

                                          un extraverti c’est l’action avant la réflexion. un introverti c’est l’inverse. perso j’ai choisi mon camps. merci à l’auteur du billet, le livre est déjà en route depuis avant hier :)


                                        • ZenZoe ZenZoe 15 avril 2012 14:11

                                          Non plus. Ce n’est pas une affaire de chronologie. L’extraverti raconte à tout le monde ce qu’il pense et fait - l’extraverti pense et fait ses coups en douce, sans en parler à personne.

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