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Accueil du site > Tribune Libre > Sur les enseignants. Il leur sera beaucoup pardonné parce qu’ils ne (...)

Sur les enseignants. Il leur sera beaucoup pardonné parce qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent !

Il y a peu, j'ai lu l'article " Un petit nombre de preneurs d’otages – Retour sur la grève des correcteurs du bac " de Jordi Grau, publié sur AgoraVox le samedi 20 juillet 2019 puis les réactions qu'il a suscité. Beaucoup de celles-ci présentent comme arguments documentés, pertinents, affutés : " Si ces imbéciles d’enseignants, " ; " En effet, une jolie bande d’abrutis " ; " Zerro (tel quel) lamentable et en plus vous fanfaronnez " ; " D’ailleurs le terme « profs » finit par faire rire !!! Ces gugus sont payés pour instruire " ; le verbatim se trouve à la fin de l'article.

Aussi m'a-t-il semblé judicieux de soumettre à la sagacité des auteurs de ces réactions, quelques informations pour enrichir leur analyse.

Après avoir fustigé, insulté, méprisé ceux que vous ne connaissez manifestement pas bien, par probité, voulez-vous en savoir un peu plus sur eux pour reprendre le débat sans chimères ?

 

 Les enseignants du second degré (et à fortiori du supérieur) sont les meilleurs spécialistes dans leur matière : aucun ingénieur n'a le niveau d'un étudiant en master de mathématiques par exemple (ce qui est normal, les buts étant différents, mais ce qui donne un critère de comparaison sociétale objectif) ; les professeurs de langue ont non seulement un très haut niveau de pratique mais aussi une excellente connaissance de la littérature du pays ; de même dans toutes les matières qui nécessitent des études universitaires longues.

Ceci démontre que notre système éducatif apporte un très haut niveau de qualification et d'érudition.

Comme le fait que nos chercheurs, nos ingénieurs, nos informaticiens soient très appréciés dans beaucoup de pays d'un haut niveau technologique.

 

 Alors, que mettent en évidence les évaluations internationales ?

Notre système éducatif amène une partie des élèves et étudiants jusqu'à des niveaux d'excellence, jusqu'à obtenir plusieurs médailles Fields, nombreux prix Nobel, physique, chimie, médecine, etc.

Mais il ne parvient pas à réduire la proportion d'environ 20% à 30% des élèves en très grand échec scolaire frisant parfois l'analphabétisme. Ce qui pèse sur la performance mesurée.

Et donc la conclusion de ces évaluations est que le système creuse les inégalités au lieu de les diminuer.

 

 J'ai été professeur de mathématiques pendant 30 ans et personnel de direction pendant les 11 dernières années de ma carrière.

 Parmi toutes les initiatives élaborées en plus des programmes officiels par des dizaines de milliers d'enseignants et dont on pourrait remplir des dizaines de livres si on voulait les décrire toutes, j'en évoquerai deux auxquelles j'ai pris une part prépondérante.

 Cette année-là, un certain nombre de parents avaient choisi de faire passer leur enfant en 4eme contre l'avis de la majorité du conseil de classe pour qui : "il n’a pas le niveau, il ne passe pas ! "

Et quoi, il attend l’âge de la retraite là ?

A la fin de leur cinquième, pour ces élèves, nous avions créé une classe 4eme / 3eme en trois ans avec retour dans une 3eme ordinaire la dernière année. Ma collègue de français et moi en maths, responsables et animateurs du projet, organisions un bilan mensuel avec les élèves, leurs parents et les collègues disponibles entre autres innovations et ce avec beaucoup de succès. 15 élèves inscrits, 15 élèves qui passeront en seconde. Et nous étions en REP, devenue ambition réussite, etc.

 Une autre année, nous étions tombés sur deux classes de 6eme chargées et intenables. Pour l'année suivante l'équipe de professeurs composée des deux professeurs de français et de moi-même en mathématiques pour les deux mêmes classes devenues 5eme, nous avons regroupé deux heures dans chaque matière pour mettre en place un atelier de jeux dramatiques et de théâtre, un après-midi de 3 heures par semaine toute une année.

Au passage vous avez compris qu'on prenait 2 heures sur nos cours et qu'on donnait une heure bénévolement, en plus de toutes les heures d'organisation et de concertation absolument toutes gratuites. Les problèmes d'indiscipline grave et d'agitation ont disparu au cours de l'année au grand soulagement des autres professeurs en charge de ces classes dans les autres matières, des parents concernés, des élèves travailleurs. Et bien sûr, mes deux collègues et moi avons dû couvrir le programme scolaire prévu.

Je le répète, de telles actions ont été mises en place par des dizaines de milliers d'enseignants avec autant de dévouement et souvent de bénévolat depuis des dizaines d'années.

 Vous me direz peut-être que ceux dont je parle là sont les bons profs mais qu'ils ne sont pas tous comme ça.

Comme personnel de direction, je peux témoigner qu'être "un bon prof" dépend d'innombrables facteurs qu'on ne maitrise qu'en partie. Deux exemples.

 Je me souviens d'un professeur agrégé avec beaucoup d'ancienneté, félicité et distingué par un recteur d'académie pour son travail dans un grand lycée pénible d'une autre région. Arrivé dans le collège difficile où j'étais principal adjoint, la première année il a eu toutes les peines du monde à tenir ses classes de sixième !

 A contrario, dans ce même collège difficile, j'ai vu une jeune collègue débutante pleurer dans mon bureau ou dans celui des CPE toute sa première année. Avec le soutien et les conseils de toute l'équipe pédagogique elle a repris les choses en main l'année suivante. Quand je suis parti au bout de mes 9 ans de direction elle y était encore, solide et efficace.

Alors je confirme. On peut être un soi-disant « bon » prof une année, dans un établissement et moins bon ailleurs ou plus tard, voire plus bon du tout.

 

 Une vie de prof en collège c'est : pendant 1 ou 2 années on met en place la réforme du dernier ministre nommé ; l'année suivante on attend celle du nouveau ministre qui vient d'être nommé ; et on recommence. Tous les 4 ans, changement des programmes. D'abord la première année en 6eme, la suivante en 5eme, 4eme, 3eme et on recommence. Tout le travail d'adaptation sur son temps "libre".

Quand j'entends certains dire que les profs ne se renouvellent pas, je sais qu'ils n'y connaissent absolument rien.

 

 Un professeur certifié assure un minima de service de 18 heures de cours devant élèves. Après il assure les préparations, évaluations, corrections, réunions parents-profs, entretiens particuliers avec les parents, conseils de classe, conseils d'enseignement, conseils d'orientation, pour certains conseil(s) de discipline ou conseils d'administration, formations continue ou didactique ou pédagogique ou méthodologique, organisation de sorties, de visites, de voyages, animation des activités périscolaires dont certaines pendant les vacances scolaires (genre école ouverte) et j'en passe, la plupart relevant du bénévolat ou quasiment.

 Et tout ça pour un salaire dont l'évolution est prévue et fixée sur 30 ans avec au départ guère plus élevé qu'un SMIC et à peine 2 O00 euros en milieu de carrière. Un professeur certifié est recruté après un master, 5 ans, réussite au concours et un an de stage de professionnalisation.

 Ce métier exige un dévouement sans bornes et beaucoup d'estime pour les élèves sans quoi on ne peut pas l'apprécier et encore moins le supporter.

Prof, c'est tout ça et encore bien plus !

Vous pouvez reprendre le débat maintenant que vous en connaissez un peu les bases, un peu seulement. Pour en savoir plus il faudrait vous mettre devant certaines classes, quelque temps.

 

 Opportunément, pourquoi ce statut des fonctionnaires ?

La garantie d'emploi des fonctionnaires c'est d'abord l’intérêt et la protection des citoyens parce que la garantie d'emploi des fonctionnaires c'est la seule garantie d’un traitement égal de tous les français par l'état.

En effet un fonctionnaire ainsi protégé peut résister aux pressions qu'il pourrait subir. Un juge, un policier ne plieront pas devant un puissant. Un enseignant ne se soumettra pas à une idéologie. Un fonctionnaire des finances, un douanier ne céderont pas à un riche. Etc.

Au service du public, conformément aux lois et règlements, indépendamment des pouvoirs.

Plus de fonctionnaires protégés par leur statut c’est la porte ouverte à tous les abus.

Ne soyez pas stupide, ne vous tirez pas une balle dans le pied !

 

 Verbatim des extraits des réactions avec les fautes d'orthographe d'origine de certains de ces donneurs de leçon mais pas de leçon d'orthographe en particulier lexicale :

"D’ailleurs le terme « profs » finit par faire rire !!! Ces gugus sont payés pour instruire (ils nous le râbachent suffisamment) alors utilisons le terme « instructeur » ça suffit AMPLEMENT...La tour d’ivoire a pris de l’altitude depuis qqes décennies dites donc !!! "

 

" Si ces imbéciles d’enseignants, ne sont pas content de la politique de leur employeur, ils n’ont qu’a se barrer et dégager.

Un résumé des valeurs des auteurs, l’irresponsabilité, l’incompétence, la politisation de leurs profession, simplement une étique comportementale lamentable ...

Un texte qui en dit long sur l’incapacité de ces enseignants a faire le job vu qu’eux même sont incapables de faire un texte clair comme cet article. "

 

" Vos résultats sont MINABLES et vous êtes responsable d’un désastre éducatif.

Zerro lamentable et en plus vous fanfaronnez ! "

" En effet, une jolie bande d’abrutis !!! Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne font jamais parler d’eux par leurs performances, en bon derniers de l’OCDE !!! Ils ont en plus la bêtise profonde de la ramener, en prétextant je ne sais quel souci pour le bien des élèves, c’est un comble. Gonflés les types !!!

« Centrés sur leur nombril » ...Un nombril gigantesque, "

 

Il leur sera beaucoup pardonné parce qu'ils ne savaient pas de quoi ils parlaient et certains, comment ça s’écrivait !


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52 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 1er août 12:42

    comme j’aurais aimé aller dans une telle école rencontrer ces êtres nirvanéens ( désolé pour le néologisme ) et recevoir d’eux un enseignement .....

    hélas ......

    et pourtant j’en connais des profs j’en ait côtoyé pendant des décennies d’école, la majorité de mes condisciples sont devenus profs et j’en côtoie régulièrement ( ainsi que des directeurs d’établissement ) . Ce qui m’étonne c’est que rien de mon réel ne ressemble à ce que je viens de lire ..........

    il faudrait peut être un jour que « les profs » se demandent pourquoi une telle dichotomie entre la perception qu’ils ont d’eux même et celle qu’ont les autres non ? 


    • Alain Alain 1er août 14:23

      @gaijin
      Donc je raconte n’importe quoi. Solide contre argument.


    • gaijin gaijin 1er août 15:02

      @Alain Alain
      je n’ai pas dit ça
      je vous demande d’où provient la différence entre votre perception et la mienne ( qui semble partagée par pas mal de monde )


    • benyx 1er août 19:33

      @gaijin
      La perception est toujours faussée par son égo !


    • baldis30 1er août 12:42

      et tapons sur les ingénieurs c’est bien vu ça rapporte

      «  aucun ingénieur n’a le niveau d’un étudiant en master de mathématiques  »

       Qu’en savez vous .... ? 


      • gaijin gaijin 1er août 13:17

        @baldis30
        vous copierez 100fois :
        « Je ne remet pas en question les compétences de mon professeur. »


      • Alain Alain 1er août 14:27

        @baldis30
        Je ne tape sur personne et je le signale entre parenthèses. En revanche, mes deux filles ingénieurs ont commencé leur carrière à 2 500 euros net primes diverses en plus. C’est là le point de comparaison. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.


      • Alain Alain 1er août 14:39

        @baldis30
        Parce que le programme universitaire en mathématiques est par nécessité beaucoup plus pointu que celui d’une école d’ingénieur. Les ingénieurs ont autre chose à étudier et n’ont besoin que des outils mathématiques utiles à leur formation.
        Dés la troisième année universitaire, nous n’étudions plus que les mathématiques.


      • mac 1er août 16:06

        @Alain Alain

        Vous pensez réellement qu’il y a beaucoup de polytechniciens qui sont incapables d’obtenir un master de maths ? Et que dire de la réciproque ?


      • baldis30 1er août 19:38

        @Alain Alain

         Parce que vous croyez que les ingénieurs abandonnent leur formation ... Je vous dirais aussi que les connaissances de mécanique des universitaires sont nulles ... Et j’englobe toute la mécanique là-dedans ... et pour son enseignement c’est pire ... !


      • oncle archibald 1er août 20:05

        @Alain Alain : "mes deux filles ingénieurs ont commencé leur carrière à 2 500 euros net primes diverses en plus. C’est là le point de comparaison. « 

        Ça n’est pas le seul point de comparaison ! Vos deux filles à la première connerie elles ne beneficieront pas du droit à l’erreur. Elles seront virées et iront pointer chez Popaul Emploi. Vos deux filles elles vont chercher une nounou qui pourra garder leurs gniards en attendant qu’elles aient leurs propres vacances, bien plus maigres que celles des enseignants.Vos deux filles quand elles auront 45/50 ans on va commencer à trouver qu’elles coutent de plus en plus cher à l’entreprise et qu’elles sont de moins en moins productives.

        Cependant les mômes déchainés de certaines classes dites »difficiles" faut se les fader face à face, je le reconnais ... mais c’est pendant 16 heures par semaine ? 18 heures ? et moins encore pour les enseignants agrégés, mieux payés moins emmerdés, à vie !

        Bref .... Chaque métier a ses avantages et ses inconvénients, et je trouve les enseignants plutôt pas mal traités au niveau financier quand on ramène leur rémunération à l’heure de boulot effectif, plutôt pas mal traités en terme de responsabilité personnelle non punissable, etc etc ...


      • Alain Alain 2 août 01:30

        @mac
        Vous êtes marrant. Les universitaires ont un meilleur niveau parce qu’ils ont étudié leur matière plus complètement et plus longtemps. Mais bien sûr que si les élèves de grandes écoles voulaient eux aussi atteindre ce niveau en faisant les études nécessaires, ils y arriveraient certainement. J’essaie de vous dire que ceux qui qualifient les enseignants d’abrutis, d’imbéciles se trompent parce qu’ils n’y connaissent rien. Quant à la réciproque, il est évident qu’une fois passé le barrage de la sélection, tous les impétrants sont capables de terminer leurs études. Et le problème de la sélection n’est pas qu’une question d’aptitudes. Mais là, je doute que vous ayez la compétence pour en parler et peut-être même pour la comprendre.


      • mac 2 août 06:23

        @Alain Alain Vous feriez mieux de douter cela vous éviterait peut-être de raconter n’importe quoi...


      • mac 2 août 06:32

        @Alain Alain Les universitaires ont un meilleur niveau ? Les prix Nobel sont issus de normal sup et de polytechnique en premier lieu, Désolé mais les meilleurs lycéens ont plutôt tendance à se diriger vers les grandes ecoles...


      • mac 2 août 06:42

        @mac Je voulais dire éviteriez


      • mac 2 août 07:07

        @mac Au temps pour moi, j’ai douté trop rapidement de ma première version sous le coup de l’énervement.


      • gaijin gaijin 2 août 09:13

        @mac
        « Désolé mais les meilleurs lycéens ont plutôt tendance à se diriger vers les grandes ecoles... »
        https://www.youtube.com/watch?v=fcRtZp4eceo
        ( parce qu’un petit dessin .....)
        les meilleurs des meilleurs des meilleurs chef !
        MDRPTDRXXL ...........( perdu le contrôle de mes sphincters ....)
        même les grandes écoles commencent a se plaindre qu’elles ne forment au final que des grosses têtes dépersonnalisées atteintes de psittacisme ......


      • Allexandre 2 août 14:31

        @Alain Alain
        Ils ont un meilleur niveau sur des sujets très précis. Mais bien souvent, j’ai pu constater que ce même niveau tombait plus bas dès que l’on évoquait un autre sujet, pourtant lié à leur discipline. Et je ne parle pas du formatage bibliographique dont beaucoup sont les victimes et les tenants.


      • mac 2 août 17:54

        @gaijin Que dire des universités ?


      • Loatse Loatse 1er août 13:23

        comment pardonner à des individus qui te bousillent ta scolarité parce qu’ils ont décidé qu’une partie de leur classe n’était pas digne d’attention, parce qu’à la place de dispenser leur savoir à tous ceux qui leur sont confiés, ceux ci s’entourent d’une petite cour de talentueux, délaissant et ignorant les autres..

        D’autres font l’inverse et consacrent leur temps d’enseignement en priorité à ces élèves... les interrogeant, les regroupant au premier rang, faisant en sorte que toute la classe ait intégré le cour avant de passer à l’étape suivante.... afin qu’une difficulté à appréhender telle ou telle notion ne se transforme pas au fil du temps en abîme.

        En point de non retour ou l’élève qui peut exceller dans d’autres matières finit par se sentir nul, stupide, et décroche rejetant en bloc le système éducatif...


        • Alain Alain 1er août 14:33

          @Loatse
          41 ans dans l’éducation nationale plus 23 ans élève puis étudiant : je n’ai pas rencontré le genre d’expérience que vous avez observée. J’ai pourtant fait la quasi totalité de ma carrière dans des établissements difficiles y compris en Lycée professionnel en zone prioritaire. Vous n’avez vraiment pas eu de chance. J’espère que vous étiez parmi les élèves du premier rang.


        • banban 2 août 10:11

          @Alain Alain
          p>


        • Désintox Désintox 1er août 15:29

          Merci pour cet article.


          • mac 1er août 15:32

            Ingénieurs versus master de maths en théorie c’est vrai mais en pratique une bonne partie des agrégés sont passés par des prépas maths, idem pour les médaillés fields.


            • baldis30 1er août 19:43

              @mac

              d’accord avec vous.....
              j’ai donné l’exemple pour la mécanique ... quelle qu’elle soit ... et deux sujets me viennent à l’esprit, Lévy d’un côté, et Maxwell-Castigliano-Menabrea de l’autre... outre tous ceux que j’oublie ...


            • mac 1er août 15:46

              Je pense personnellement que tous les professeurs ne se valent pas et que parmi les nouvelles recrues il y a tout de même à se poser le problème du niveau étant donné la pénurie dans certaines matières. Je suis désolé de le dire mais quand on regarde un manuel d’histoire ou d’éducation civique actuellement , il faut que le professeur ait une âme de résistant pour arriver à jongler avec son contenu pour ne pas tomber dans la propagande voulue par l’état. Enseigner devient alors un véritable sacerdoce...


              • Abou Antoun Abou Antoun 1er août 19:13

                Les enseignants du second degré (et à fortiori du supérieur) sont les meilleurs spécialistes dans leur matière : aucun ingénieur n’a le niveau d’un étudiant en master de mathématiques par exemple

                Oui enfin tout cela c’est très théorique. De fait, pour des raisons budgétaires on a fait appel dans les années 70-80 à un grand nombre d’enseignants du premier degré comme supplétifs au collège, baptisés PEGC. Ces fonctionnaires n’avaient pour la plupart jamais passé un concours du second degré (CAPES ou AGREG) ils étaient rétribués sur une grille inférieure et avait par leur statut un nombre d’heures plus important à accomplir. Tout bénéfice pour le budget de l’éducation.

                Mais ce n’est pas tout !

                Plutôt que d’ouvrir des postes aux concours, le ministère, toujours par raison d’économie a préféré conserver un grand nombre d’auxiliaires de diverses catégories sous-payés, taillables et corvéables à merci. Très utiles pour les remplacements, les vacations, etc..

                La gauche au pouvoir a lancé un grand programme de titularisation de ces catégories avec accès aux corps des certifiés et des agrégés. Je crois avoir même lu un article ou l’auteur prouvait qu’il était possible de devenir chef d’établissement avec le seul baccalauréat.

                Pour le choix des chefs d’établissement, justement, les premier critères sont la discipline et la docilité, pas les connaissances académiques. On se retrouve donc avec de nombreux professeurs d’EPS qui deviennent principaux, proviseurs adjoints et pour finir proviseurs.

                Donc il faut un peu modérer votre tirade sur la grande qualification du corps enseignant et de l’administration.

                Cela dit je ne prétend pas que les PEGC ou les auxiliaires étaient de façon systématique incompétents je dis seulement qu’ils n’ont pas été sélectionnés sur les critères normaux (les concours) et que cela donne à penser que votre argumentation est partiellement biaisée.

                Par ailleurs vous insistez sur le dévouement de ’certains’ collègues. Ce n’est pas loin s’en faut une attitude générale, et d’ailleurs quand les enseignants accomplissent strictement leur service, il n’y a rien de plus à exiger. Enseigner est un métier, ce n’est pas un sacerdoce. Par ailleurs de nombreux incompétents, pédagogiquement s’entend, se sont abrités derrière ce dévouement, ce zèle justement, pour masquer ce bagage fort léger et légitimer leur intégration dans des cadres auxquels ils n’auraient ’normalement’ pas eu accès.

                Actuellement, les exigences sont encore très élevées, toujours en théorie, mais je puis vous assurer de deux choses. Le recrutement en sciences ’dures’ (maths, physique, etc...) est difficile, les étudiants vont plutôt en STAPS, en gestion, en économie, en communication et que sais-je encore ...

                Pour éviter de fermer des UER et de licencier des enseignants chercheurs les jurys de fac ont revu leurs exigences à la baisse et valident des examens avec des notes assez basses. Devant le manque de candidats, on repêche également assez bas à l’écrit et à l’oral et malgré cela il reste chaque année des postes non pourvus dans les concours. Donc même par voie de concours ce n’est peut-être pas la crème qui se destine à l’enseignement de nos jours.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er août 19:42

                  @Abou Antoun

                  Vais pas te raconter la carrière de mon père qui avec le simple bac aura été instit ...pegc en collège puis principal en Polynésie, faisant l’ouverture des nouveaux établissements , détaché a vie sur le territoire a la demande des institutions locales ( ils ont été deux dans ce cas ) . Fier de lui et du taf qu’il a accompli , et crois moi dans les îles c’est pas simple .


                • baldis30 1er août 19:49

                  @Abou Antoun

                  bonsoir
                   « Donc il faut un peu modérer votre tirade sur la grande qualification du corps enseignant et de l’administration. »
                  Ô oui ! Et subitement parce que le problème de l’Histoire est venu aussi sur le tapis ... je repense à cet agrégé d’Histoire qui eut « Les crues » comme sujet de géographie au concours .... Vu ce qu’il fit sur le terrain, en tant qu’élu, sa copie mériterait d’être revue et je pense que le zéro pointé éliminatoire puisse rétrospectivement être utilisé .... Gravissime ... donnant l’exemple ensuite à des générations .... du haut de sa chaire .... et de son mandat ....


                • Abou Antoun Abou Antoun 1er août 19:57

                  @Aita Pea Pea
                  Bonjour,
                  Tu remarqueras que je ne porte aucun jugement sur les carrières et les mérites des uns et des autres. Simplement tu apportes de l’eau à mon moulin quand j’écris qu’on peut devenir chef d’établissement avec un baccalauréat.
                  Cela concerne ma réponse au ’bac+5’ obligé de l’auteur.
                  J’ai travaillé en DOM-TOM et je sais que la situation est difficile, comparable parfois à celle des ’quartiers’ . Ton père a sans doute été l’homme de la situation quand il s’agissait de s’adapter à un environnement particulier. Peut-être qu’une maîtrise de maths ne lui aurait pas été d’une grande utilité dans ces circonstances.
                  Bien à toi.


                • Abou Antoun Abou Antoun 1er août 20:04

                  @baldis30
                  Le plus ennuyeux quand on parle du problème de l’enseignement et des enseignants c’est que les gens réagissent toujours affectivement et que leur vécu sert de base à leur réflexion, si tant est qu’ils réfléchissent vraiment à ces questions (recrutement, motivation, efficacité, compétence, etc...). Donc ils généralisent à partir de leur cas particulier.
                  Je crois que le pourcentage de cons est exactement le même chez les enseignants que dans la population en général. Il s’agit simplement de cons ’instruits’ enfin plus instruits que la moyenne.
                  Si je me réfère à mon vécu (très ancien maintenant) d’écolier, d’élève, d’étudiant, je n’ai pas un mauvais souvenir en général de la profession.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er août 20:10

                  @Abou Antoun

                  Très intelligent, diplomate , humaniste et curieux de la culture des autres. A noter que pour monter un nouvel établissement il arrivait à imposer la première équipe pédagogique. Tant qu’a partir autant que ce soit sur des bases saines . Et il adorait son boulot...


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er août 20:50

                  Abou ...re . Le collège de Hao aux Tuamotu ...c’est mon pater qui a tenu le projet et la finalisation. Imagine faire venir des gosses a 500 bornes a la ronde...et le retour aux vacances ...l’ internat etc etc ....il s’est crevé mais toujours dans la bonne humeur.


                • benyx 1er août 19:44

                  Le problème de l’école est insoluble pour une simple question administrative. D’une part on ne pratique que deux formes d’intelligence (logique et linguistique) sauf en lycée technique mais plus pour longtemps. D’autre part le parcourt éducatif est à marche forcée de la maternelle à la terminale (pas de doublement, peu ou pas d’orientation en fonction des aptitudes...). L’offre de formation se normalise de plus en plus et se réduit à de moins en moins de champs. Bref, l’éducation en a pour 10 à 20 ans avant d’imploser pour le plus grand bonheur du privé !


                  • chantecler chantecler 1er août 20:43

                    Ce matin j’ai lu un article : « la fable du libéralisme » d’un certain Babeuf qui nous a placé une intervention de B. Guigue, que d’habitude j’apprécie beaucoup .

                    Mais là il m’a semblé que par son attitude apologétique sur la Chine, il dépassait les bornes , surtout à partir de sa vanne sur les enseignants français comparés aux enseignants chinois qui apparemment fonctionnent à la baguette , ce qui donnerait des résultats merveilleux ...

                    J’ai répondu par un commentaire en fin de débat .

                    https://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/la-fable-du-liberalisme-qui-sauve-82358

                    Je n’oublie pas aussi que les enseignants ont toujours été dans le collimateur de l’extrême droite , ce qui a entrainé de curieuses mesures sou l’Etat français de P. Pétain .

                    Amitiés pour l’auteur A.A qui semble parler ici, sur ce site dans le vide , ou pour le fun .


                    • Alain Alain 2 août 01:12

                      Je voudrais remercier @chantecler pour ses encouragements : un enseignant essaie toujours de proposer quelque chose tout en sachant que la réussite dépend de ce qu’en fera celui à qui il l’a proposé ; c’est pour cela que je continue à soumettre des textes.

                      Je me souviens d’un élève à qui on proposait une 4° CPPN. Je me souviens du désespoir de sa maman qui l’élevait seule. Je me souviens de la rage de l’adolescent. Finalement nous avons réussi à quelques uns à convaincre l’équipe pédagogique de le laisser passer en 4°générale. Non pas qu’on pensait qu’il allait réussir désormais mais parce qu’on était certain que la 4° CPPN ne lui servirait à rien. Il est devenu juge après un BAC G1 (secrétariat).

                      Les PEGC n’avaient pas tous fait de longues études. C’est donc vrai que beaucoup n’étaient pas parmi les meilleurs dans la matière enseignée. En revanche, comme anciens instituteurs passés par l’école normale, ils étaient très performants pédagogiquement et ont fait les efforts nécessaires pour se mettre à un niveau suffisant pour des élèves de collège sans oublier que beaucoup avaient déjà acquis une grande érudition par goût personnel. En tout cas, dans mon collège d’enseignement général (CEG) où tous les professeurs étaient des PEGC, ils ont formé parmi mes camarades un dermatologue, un ophtalmologue, plusieurs ingénieurs, techniciens supérieurs et une foule d’instituteurs et professeurs dont moi. Les ouvriers eux ont été formés dès la 4° par le collège d’enseignement technique (CET) voisin.

                      Bien sûr il y a des difficultés à l’éducation nationale. Mais ce n’est pas la qualité des enseignants qui en est la cause.

                      Quant à l’intervenant qui soulève avec juste raison les risques d’être employé dans le privé, en quoi cela concerne la qualité des enseignants ? Sa charge agressive est totalement gratuite. J’espère que ça lui a fait du bien de dire ce qu’il avait sur le cœur à ces planqués de profs même si c’était pour le moins déplacé parce que hors sujet.

                      Euphémisme.

                      Ah, ces profs qui prennent toujours des pincettes de peur de décourager même les plus nuls.


                      • mac 2 août 06:55

                        @Alain Alain « Les profs », la généralisation n’est jamais bonne ni dans un sens ni dans l’autre, Parmi les 800 000 individus qui constituent le corps enseignant, il y a des personnes géniales et de veritables ratés...Inutile de les défendre comme s’ils n"étaient qu’un...


                      • oncle archibald 2 août 10:10

                        @Alain Alain :

                        "Quant à l’intervenant qui soulève avec juste raison les risques d’être employé dans le privé, en quoi cela concerne la qualité des enseignants ? Sa charge agressive est totalement gratuite. J’espère que ça lui a fait du bien de dire ce qu’il avait sur le cœur à ces planqués de profs même si c’était pour le moins déplacé parce que hors sujet.« 

                        J’ai cru me reconnaitre mais si vous estimez agressif mon propos c’est que vous êtes hypersensible ! Il est simplement réaliste et je n’ai jamais qualifié les enseignants de »planqués« .

                        Et non ça n’est pas moi qui ait soulevé le problème, c’est vous ! En vous plaignant que les profs soient »mal payés« et en comparant leur rémunération à celle de vos filles ingénieur ou qui désormais, avec la féminisation des noms de métiers, sont plutôt ingénieures, ou ingénieuses, ou ingénieuresses, vous devez bien savoir quel est le mot juste vous qui savez tout sur tous les sujets comme tous les enseignants !

                        Mal payés les enseignants ? Je maintiens que c’est complètement faux ramené à l’heure de travail effectif et aux avantages énormes que donne le fait de pouvoir être présent à son domicile en même temps que ses enfants les Mercredi, vacances de Toussaint, vacances de Noël, vacances de printemps, vacances de Pâques, grandes vacances d’été, etc etc ... et à »la prime de risque" accordée en quelque sorte aux ingénieurs et d’une façon générale aux cadres qui comme vos filles travaillent dans le privé et dont la productivité et l’efficacité sont surveillées de très près par une hiérarchie attentive et tatillonne, à la recherche de la rentabilité optimum et l’index toujours prêt à vous montrer la sortie si vous ne correspondez pas aux attentes.


                      • Brunehaut 2 août 13:48

                        @oncle archibald
                        Les enseignants français sont mal payés parce que l’éducation  ou plutôt la transmission des savoirs  n’est plus une valeur dans notre société. Notamment... Car il y a aussi d’autres raisons.
                        Considérez-vous sérieusement, cher oncle Archibald, que leur travail se limite au temps de présence devant les élèves ? Et que ce travail de représentation devant un public non acquis est un boulot ordinaire ? Que direz-vous alors des comédiens qu’on choisit de venir voir au théâtre et qui font moins d’heures de scène ! Dans votre esprit, quel métier de feignasse ! 


                      • oncle archibald 4 août 14:08

                        @Brunehaut

                        Pas du tout, je ne prétends en rien qu’il s’agit d’un métier de feignasse ni que tous les enseignants sont nuls, mais simplement, objectivement, que la rémunération de leur travail n’est pas du tout aussi mauvaise que certains le prétendent quand on veut bien objectivement la ramener au prix de l’heure de travail effectif, compris bien sur les heures de travail à domicile pour préparer les cours et corriger les copies.

                        Pour certains les avantages liés aux vacances et au fait qu’une partie du travail puisse être faite au domicile ont même été des critères de choix. Pourquoi vouloir absolument passer pour des martyres alors qu’ils ont un job à priori intéressant, enrichissant, valorisant, laissant beaucoup de temps libre, et une rémunération objectivement très convenable au vu de la quantité du travail à fournir et de la sécurité de l’emploi absolue liée au statut de fonctionnaire ?

                        Aucun boulot n’est « ordinaire » et dans votre listing de ceux qui ont l’air de ne pas travailler beaucoup et dont la rémunération est très-très-très élevée, vous oubliez, entre autres, les footballeurs de haut niveau dont le seul mérite est de faire entrer beaucoup d’argent dans les caisses du club qui les emploient.


                      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 2 août 10:43

                        On ne juge pas les enseignants aux titres qu’ils se décernent mais aux résultats qu’ils obtiennent. Vous semblez avoir une haute idée du niveau de formation des professeurs. Ainsi selon vous « les professeurs de langue ont non seulement un très haut niveau de pratique mais aussi une excellente connaissance de la littérature du pays », comment se fait-il alors que les résultats de l’apprentissage des langues en France soient si faibles, que les jeunes bacheliers décident de passer de longs séjours en Angleterre ou aux USA pour enfin apprendre l’anglais en dehors de « l’anglais scolaire » sans parler de l’allemand. « Nombreux prix Nobel de physique, chimie etc.. », on est quand même loin derrière les USA, l’Angleterre et l’Allemagne.


                        • Brunehaut 2 août 13:21

                          @Bernard Mitjavile
                          Bernard, les résultats du travail des enseignants dépendent non seulement de leur compétence professionnelle mais aussi des élèves. Comprenez bien : je ne défends personne. Mais pourquoi le non-travail généralisé des élèves en France reste-t-il tabou ? Pourquoi le sujet n’est-il posé  quand il l’est  que sous la forme d’une mise en cause des enseignants, de leur capacité à motiver leur public ? Quelle est la valeur attachée au travail dans notre société ? Est-ce que l’éducation responsabilise les jeunes par rapport à leur avenir ? 


                        • Abou Antoun Abou Antoun 2 août 13:54

                          @Brunehaut
                          Bernard, les résultats du travail des enseignants dépendent non seulement de leur compétence professionnelle mais aussi des élèves.
                          C’est pourquoi une évaluation de la compétence des enseignants est presque impossible. En outre, tel professeur capé réussira en milieu ’favorisé’ mais ne pourra rien faire en ZEP.


                        • Abou Antoun Abou Antoun 2 août 14:00

                          @Bernard Mitjavile
                          Les mauvais élèves en langue sont ceux des anciennes puissances coloniales (France, UK) . Traditionnellement les ressortissants de ces pays ont jugé plus commode d’obliger les autres à parler leur langue que de faire un effort.
                          Je pense d’ailleurs que le niveau moyen des Britanniques et des Américains en langues étrangères est encore plus mauvais que celui des Français. Par contre si vous voyagez en Europe vous verrez que les scandinaves, les Hollandais, à un degré moindre les Allemands parlent parfaitement anglais dès le plus jeune âge. Les gens d’Europe de l’Est parlent tous au moins l’une des 3 langues (russe, allemand ou, plus récemment, anglais).


                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 août 14:22

                          @Abou Antoun

                          Salut. Question d ’oreille aussi . La mère de mon fils contrôle pas mal de langues . Elle a transmis ça a mon gamin .Moi suis un blaireau même en anglois...snif.


                        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 2 août 16:20

                          @Brunehaut Le problème de l’enseignement des langues en France ne date pas d’aujourd’hui. Même à une époque où il y avait beaucoup plus de discipline et de travail dans l’éducation nationale (jusque vers le milieu des années 70), les résultats étaient aussi médiocres par rapport au nombre d’heures passées en cours. Je me souviens des cours d’allemand où chaque prof avait sa méthode d’enseignement qu’il trouvait génial sans s’occuper de ce qu’avaient fait les autres profs. S’il n’y avait que l’enseignement des langues qui pose problème... Au fil des ans, les profs ont essentiellement fait grève (grèves plus nombreuses qu’ailleurs) pour une seule raison, la défense de leurs intérêts catégoriels, certainement pas ceux des élèves. Ce qui se passe avec les études Pisa, c’est qu’après leur avoir répété que nous avions le meilleur système d’éducation au monde, les gens commence à s’apercevoir qu’on leur a menti, surtout si l’on compare les résultats aux sommes dépensées par élève..


                        • Abou Antoun Abou Antoun 2 août 16:28

                          @Bernard Mitjavile
                          Au fil des ans, les profs ont essentiellement fait grève (grèves plus nombreuses qu’ailleurs) pour une seule raison, la défense de leurs intérêts catégoriels,
                          Oui !


                        • Allexandre 2 août 14:39

                          Merci à l’auteur pour cette très bonne analyse, reposant sur le savoir de l’expérience.

                          Que de commentaires subjectifs relevant du règlement de compte avec le prof qui n’a pas été « juste avec le fils ou la fille d’untel », alors qu’il disait vrai. Bien des parents et élèves ne se fient qu’aux notes et appréciations qui aujourd’hui n’ont plus aucun sens, tant elles sont galvaudées. Mais le temps n’est plus à la réflexion ou à la remise en question.Il faut réussir à tout prix (au propre comme au figuré) ; qu’importent les véritables curseurs d’évaluation. Si le bac ne vaut plus grand chose aujourd’hui, les diplômes supérieurs suivent le même chemin. Il ne faut être ni ingénieur, ni polytechnicien pour le comprendre. La France est devenue le laboratoire de la médiocrité, voire même en dessous, par la volonté de nos dirigeants qui depuis quarante ans cèdent aux sirènes des vrais potentats de la planète...mondialisation oblige !


                          • Brunehaut 2 août 15:35

                            Depuis le ministre Allègre, de nombreux politiques ( Sarkozy ... ) ont désigné les enseignants à la vindicte populaire. Laquelle s’est déversée sur Internet, puis les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les jeunes diplômés, malgré le chômage, fuit autant que possible ce métier : les conditions de travail et le salaire, mais aussi le manque de reconnaissance symbolique ( tout le monde a au moins un voisin qui crache sur les enseignants ). Les jeunes, de l’école au lycée, sont devenus intolérants aux frustrations et, donc, à l’autorité des professeurs quand elle exige ou quand elle punit. Et les parents sont trop nombreux à soutenir aveuglément le chéri de leur coeur. C’est un problème majeur dont il n’est presque jamais question. 


                            • Brunehaut 2 août 15:54

                              Pardon : les jeunes diplômés fuient....


                              • Brunehaut 2 août 17:31

                                Je ne défendrai pas l’enseignement des langues. Mais, n’étant pas un perdreau de l’année, j’ai quand même constaté que l’enseignement que j’avais reçu en langues étrangères m’avait permis d’évoluer par moi-même ( contacts, voyages, lectures... ). L’enseignement donne essentiellement des clés ; à chacun d’en faire bon usage. Je ne suis pas sûre que la supériorité en anglais des pays du Nord de l’Europe soit à chercher du côté de leur système d’éducation. Mais plutôt de la culture et d’une forme d’appétit dont les Français semblent dépourvus.


                                • Abou Antoun Abou Antoun 2 août 20:10

                                  @Brunehaut
                                  Mais plutôt de la culture et d’une forme d’appétit dont les Français semblent dépourvus.
                                  C’est exact, mais aussi du fait qu’ils sont conscients dès leur plus jeune âge d’appartenir à des cultures (très) minoritaires, d’où la nécessité d’ajouter une langue ’véhiculaire’ à leur langue ’vernaculaire’.
                                  Les anglophones ont le sentiment de pouvoir se débrouiller dans le monde entier avec leur langue maternelle et c’est partiellement vrai. Les Français ont le même sentiment mais c’est de plus en plus faux, le Français régresse même et surtout chez les peuples latins. Spectaculairement dans le monde germanique et slave. Les Russes aujourd’hui font dans l’efficace (anglais seconde langue). L’élite intellectuelle conserve le Français ou l’Allemand en plus par coquetterie, par imitation de l’ancienne aristocratie.

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