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Accueil du site > Tribune Libre > Tempête médiatique dans un verre d’eau trouble

Tempête médiatique dans un verre d’eau trouble

Ce qui met en transe depuis quelques jours le tout Landerneau médiatique, ce ne sont pas les réformes engagées au pas de charge par l’exécutif macronien qui font tourner la tête aux commentateurs déboussolés par l’hyperactivité de notre Jupiter picard mais les saillies de Wauquiez dans son intervention devant des étudiants de l‘EM Lyon Business School de Lyon.

Les chaînes d’info en continu qui sont passées expertes dans l’art de remplir le vide et qui se soucient de notre temps de cerveau disponible selon la célèbre expression de Patrick Le Lay, nous ont fait vivre les premiers épisodes de la télénovela "Marnes-la Coquette, son univers impitoyable", son lot de rebondissements et son suspense insoutenable pour enfin savoir qui, des protagonistes déjà tous millionnaires, empochera le magot d’un pauvre gars né dans la rue un soir de juin 1943.

En attendant les prochains développements de ce palpitant feuilleton, faute de nouveaux faits divers croustillants, nous avons eu droit pendant près d’une semaine au récital d’un chœur de vierges effarouchées et hypocritement scandalisées par l’homme à la parka rouge, ex premier de la classe reconverti en Tonton flingueur.

Ses jugements abrupts sur ses collègues ou ex-compagnons, la situation chez les républicains est aussi fluctuante que les cours de la bourse, et ses autres vacheries gracieusement distillées sur quelques personnalités ou organisations de l’échiquier politique et social hexagonal ont affolé les Tartuffes aux discours lénifiants qui voudraient nous faire croire à la fable d’un monde politique aseptisé et sans aspérité.

Malgré son côté indéniablement clivant, Wauquiez sait aussi se montrer œcuménique dans ses détestations, et en y regardant de plus près, hormis quelques outrances dignes des brèves de comptoir, nous sommes tentés de dire qu’il n’y a guère dans ses allégations quelque peu décapantes de quoi fouetter un homme. Si nous avons substitué à dessein dans cette expression à l’origine obscure homme à chat en reprenant le titre d’un essai sur nos petits félins du regretté Louis Nucera, c’est qu’elle heurte notre sensibilité d’ailurophile passionné.

Peu importe que cette conversation à bâtons rompus avec les étudiants devait rester privée, on a du mal à croire que malgré ses avertissements préalables Wauquiez ait pu faire preuve d’une telle confondante naïveté, il y a belle lurette que la non divulgation des déclarations des politiques dites "off" tout comme le secret de l’instruction sont des notions frappées d’obsolescence.

La vertueuse sphère autrement appelée Camp du Bien n’avait pas attendu les déclarations débridées du patron des républicains à Lyon pour le mettre en orbite et le faire graviter autour de la fâcheuse sphère plus connue sous l’appellation fourre-tout fachosphère. Les mal-pensants peuvent s’estimer heureux, les temps ont changé, les mœurs s’adoucissent, en 1965 Sartre les envoyait illico ronger leurs os dans un chenil avec cette comminatoire sentence « Tout anticommuniste est un chien ».

Pour critiquer les propos brut de décoffrage de Laurent Wauquiez, ses anciens camarades en rupture de ban toujours pas affranchis d’un insidieux « surmoi »de gauche n’ont pas hésité à user aussi de quelques excès de langage, ainsi Xavier Bertrand, invité de BFM Politique le patron des Hauts-de-France, a dit dimanche, avoir entendu, dans les propos de Wauquiez, « les mots de la famille Le Pen, la même tonalité, la même violence ». Pour lui, « c’est pire que du Trump ».

Pas sur que cette dernière comparaison avec le locataire de la Maison-Blanche à l’improbable mèche peroxydée soit de nature à froisser l’ambitieux Laurent à la chevelure prématurément blanchie qui pourrait se mettre à rêver au fabuleux destin de Donald le tweeteur incontinent.

Après ce psychodrame très loin des préoccupations quotidiennes des Français, qui n’aura mis en ébullition que le microcosme politico-médiatique, les chaînes d’info pourront consacrer quelques minutes aux problèmes du chômage, du pouvoir d’achat, de la sécurité pour en revenir rapidement à ce qui semble les intéresser au plus haut point, l’écume des choses.


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10 réactions à cet article    


  • eddofr eddofr 26 février 2018 14:42

    J’approuve.


    Que ce soit les propos et celui qui les tiens ou leur méthode divulgation et ceux qui en sont à l’origine, tout ça ne vaut pas un « pet de lapin ».

    (Non que je critique ici Yann Barthes et son Quotidien, au demeurant fort distrayants et souvent pertinents dans le dévoilement des dessous du « grand cirque »).

    (Pas plus que je ne critique ici Laurent Wauquiez, au demeurant fort distrayant et absolument jamais pertinent en quoi que ce soit*) ... 

    *Mais bon j’ai tendance à « intellectualiser » et les arguments « ras des pâquerettes » me passent souvent largement sous les organes génitaux (pour dire comment c’est loin du cerveau), en ne m’en touchant même pas une (alors pour ce qui est de remuer l’autre !) ... 

    • siatom siatom 26 février 2018 19:32

      @eddofr

      en ne m’en touchant même pas une (alors pour ce qui est de remuer l’autre !) ...

      Cela ressemble furieusement à du Chirac dans le texte.


    • Diogène Diogène 26 février 2018 15:54

      Tout ça, c’est seulement pour faire croire que si le FN est à l’extrême droite et les LR à droite, LREM serait à gauche et le PS à l’extrême gauche. 

      Dans dette redistribution des socio-styles rêvée par le MEDEF, la FI serait carrément terroriste à reléguer aux fichiers S et le PC une curiosité archéologique. 
      Voir les choses comme ça, ça les rassure, mais ça ne change rien aux réalités.

      • Diogène Diogène 26 février 2018 17:20

        @Diogène

        pour ce qui est du titre, et pour rendre hommage à vous attaches armoricaines, il ne faut pas oublier le vieil adage des marins bretons : « tempête pour sortir, t’en chies pour rentrer ». Ici,, ça serait plutot : « tempête dans une verre d’eau, t’en pisses dans ta culotte ! »


      • siatom siatom 26 février 2018 19:40

        @Diogène

        Je vous laisse la paternité de cette redistribution, par contre je souscris volontiers au PC, curiosité archéologique.



      • siatom siatom 26 février 2018 21:31

        @Diogène

        il ne faut pas oublier le vieil adage des marins bretons : « tempête pour sortir, t’en chies pour rentrer »
        Le groupe Cabestan spécialisé dans les chants de marin en a fait une chanson.


      • François Vesin François Vesin 26 février 2018 18:08

        De même que De Gaulle rencontrant le couple Kennedy

        aurait glissé à propos de Jacky « elle finira sur un pétrolier »
        il n’est pas improbable de considérer que le petit Laurent
        se prépare à devenir le bâton de la Maréchal que voilà ! 

        • siatom siatom 26 février 2018 19:35

          @François Vesin

          L’avenir nous le dira.


        • Doume65 27 février 2018 13:10

          « Ce qui met en transe depuis quelques jours le tout Landerneau médiatique, [ce sont] les saillies de Wauquiez  »

          Ah non, mon ami ! Ça, ça vient après les histoires de succession de notre Johnny national. smiley

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