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Tests PCR : entre pertinence et non-sens statistique

Pourquoi tirer des conclusions à partir de tests PCR appliqués en masse à toute une population est une aberration ?

 

LA THÉORIE

 

Imaginons une expérience scientifique qui donne deux résultats possibles : A ou B. Reproduisons cette expérience des milliers de fois, afin de s’affranchir du hasard et d’obtenir la vue la plus proche possible de la réalité. Ainsi, on s’attend à voir découvrir une vérité scientifique. Cependant, il y a un léger soucis : la fiabilité de ces expériences n’est que de 95 %. Ainsi, il y a 5 % des résultats qui indiquent le contraire de la réalité.

Imaginons que la réalité est la suivante : 50 % de A et 50 % de B. Dans ce cas, les expériences sur les A vont nous indiquer que 47,5 % du total de résultats sont des A [50 % × 95 %] et 2,5 % sont des B [50 % × 5 %]. En même temps, les expériences sur les B vont nous indiquer que 47,5 % du total des résultats sont des B [50 % × 95 %] et 2,5 % sont des A [50 % × 5 %]. Au final, les expériences nous indiquent toujours 50 % de A [47,5 % + 2,5 %] et 50 % de B [2,5 % + 47,5 %]. Ainsi, malgré une fiabilité relative, les expériences nous indiquent exactement la réalité. La science est sauve !

Maintenant imaginons une autre réalité : il existe 70 % de A et 30 % de B. Dans ce cas, les expériences sur les A vont nous indiquer que 66,5 % du total de résultats sont des A [70 % × 95 %] et 3,5 % sont des B [70 % × 5 %]. En même temps, les expériences sur les B vont nous indiquer que 28,5 % du total des résultats sont des B [30 % × 95 %] et 1,5 % sont des A [30 % × 5 %]. Ainsi, les expériences nous montrent 68 % de A [66,5 % + 1,5 %] et 32 % de B [3,5 % + 28,5 %]. C’est un peu contrariant car pas tout à fait conforme à la réalité. Mais à 2 % près, la précision est certainement suffisante pour beaucoup de monde.

Pour finir, envisageons le cas où il n’existe que des A. Ainsi, les expériences n’étant réalisées que sur des A, elles nous montreront 95 % de A et 5 % de B (souvenez-vous : 5 % des résultats qui indiquent le contraire de la réalité). Se tromper de 5 % concernant les A peut être tolérable car il y a beaucoup de A. Par contre, en faisant apparaître des B là où il n’y en a pas, on n’est plus du tout dans l’imprécision. La réalité est complètement déformée par l’expérimentation.

Est-ce que le fait que les expériences ne soient pas entièrement fiables fait obstacle à la connaissance ?

Je répondrais que ça dépend de ce qu’on cherche.

Si c’est pour connaître la réalité au cas par cas, c’est presque parfait. En tout cas, ça l’est à 95 %. Et si on a un doute, il suffit de renouveler l’expérience sur le cas en question, avec les mêmes paramètres et d’obtenir un résultat identique, pour que la fiabilité s’envole à 99,75 % [5 % × 5 % = 0,25 % de défauts]. Et si par hasard, à cette seconde tentative, le résultat est différent, il faudra encore renouveler la même expérience.

Par contre, si l’objectif est de tirer des conclusions sur l’ensemble des résultats des expériences, c’est plutôt gênant, car moins il y a de A ou de B, plus les résultats s’éloignent la réalité. Et si par hasard, on n’obtient que 5 % de résultats A ou de résultats B, c’est qu’en réalité, il n’y a aucun A ou aucun B.


 

LA PRATIQUE

 

Je me permets d’attirer votre attention sur le fait que depuis des mois, nos autorités nous indiquent que les tests PCR sont fiables à 95 %. En fait, suivant les sources et les époques, cette fiabilité annoncée va de 80 % à 98 % (98 % selon le président du Syndicat des biologistes, François Blanchecotte) [source : journal Le Monde].

Depuis la rentrée 2020, on a déployé en masse ces tests PCR. On en a réalisé 300 000 à l’automne dernier et depuis janvier, c’est même un demi million par jour. Le taux de positivité s’écarte assez peu des 5 %. Il y a bien eu un pic à 16 % l’automne dernier, mais la moyenne est plutôt de 7 %. Et depuis un mois, ce taux ne dépasse plus les 5 % [source : cascoronavirus.fr].

Ce taux est même à 3,2 % sur le dernier bilan quotidien de Santé Public France. Même si quelques mauvaises langues diront que la fiabilité augmente avec la disparition du virus, je veux bien concéder que celle-ci est très élevée. En conséquence, le test PCR est probablement un excellent outil pour connaître l’origine du mal d’un patient présentant les symptômes de la COVID. Cependant, nous nous immunisons un minimum au contact du virus et nos nez ne l’hébergent pas très longtemps. En conséquence, on ne rencontrera jamais des taux de positivité élevés. Et plus le temps passe, moins il y aura de chance que cela arrive. Ainsi, en dehors des rares moments où le virus a été nettement présent parmi nous, s’en servir pour déterminer sa présence dans une population est parfaitement trompeur. Avec un taux de positivité proche du taux de fiabilité, on est certain d’être dans le faux. Le test PCR a beau être fiable à 95 % ou même 98 %, il ne nous indiquera pas l’incidence du coronavirus dans une population.

Par ailleurs, le même raisonnement mathématique s’applique aux hospitalisés et aux décédés en lien avec la COVID. Là aussi, non seulement le manque de fiabilité du test PCR créé des cas fictifs, mais ici le biais est encore plus fort qu’en testant quasi aveuglément la population. En effet, les patients présentant des symptômes COVID, alors que leur test s’avère négatif, sont testés plusieurs fois, pour réduire autant que le risque de faux négatif. Par contre, à l’opposé, on ne « re-teste » jamais les positifs, dans l’espoir de découvrir qu’ils sont négatifs.

Maintenant au-delà de cette cécité statistique sur la pandémie, deux autres conséquences découlent de cette imprécision.

D’abord, il y a le mythe des contaminateurs asymptomatiques. En effet, chaque nouveau faux positif renforce l’idée que des gens sains puissent en contaminer d’autres. Et quand on a compris que toutes les mesures sanitaires ont été prises parce que des porteurs sains dissémineraient le virus à tout va, on réalise l’immense gravité de cette petite négligence.

Enfin, même si la disparition du virus fait encore grimper la fiabilité des tests PCR réalisés, tant que cette fiabilité ne sera pas absolue, nous comptabiliserons des « cas » et des victimes. L’immunité collective restera un mirage qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en approche.

 

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14 réactions à cet article    


  • LeMerou 2 juin 17:22

    Sans compter sur les personnes qui effectuent plusieurs fois les tests pour leur santé mentale...


    • pipiou2 2 juin 18:12

      Sauf que l’on constate, dans tous les pays une très forte corrélation entre le nombre de cas détectés par les tests et le nombre de décés.

      Y a-t-il des faux-décédés ?


      • I.A. 2 juin 18:25

        @pipiou2

        Archi-faux, 1-pipi-ou-3


      • Legestr glaz Legestr glaz 2 juin 18:46

        @pipiou2
         
        C’est une chose qui m’intéresse. Avez vous des chiffres qui montrent ces corrélations ? Merci. 

        Parce que, si vous en parlez, c’est que vous en avez eu connaissance. Sinon, c’est un mensonge. Véritablement, je suis intéressé à voir ces chiffres. 


      • Perplex Perplex 2 juin 18:47

        @pipiou2

        Je ne vois pas trop ce qui vous dérange.

        Heureusement qu’il y a une corrélation entre les décédés porteurs du virus et les autres porteurs du virus, tout comme il y a une corrélation entre les faux positifs qui décèdent et les faux positifs qui survivent.

        Enfin, sauf que comme je l’explique, il doit y avoir plus de faux positifs dans les hôpitaux et parmi ceux qui quittent notre monde que dans la population générale. J’ai entendu plusieurs témoignages d’hospitalisés qui se sont fait tester maintes fois durant leur séjour. Avec la peur qui règne partout, je comprends que le personnel soignant préfère avoir à faire à un faux positif plutôt qu’à un faux négatif.


      • pipiou2 2 juin 22:23

        @Legestr glaz

        Il suffit de regarder les courbes, et vous verrez cette parfaite corrélation.
        Mettez-vous à Internet !


      • pipiou2 2 juin 22:26

        @Perplex
        je ne parle pas des porteurs du Virus, puisque selon vous on les connait pas avec les tests.

        Je parle de la corrélation entre les cas déclarés positifs et les décés.
        Quand les cas déclarés augmentent les décés augmentent à la même vitesse et inversement.

        Comment se fait-il que les tests qui ne marchent pas prédisent aussi bien les décès ?


      • Legestr glaz Legestr glaz 2 juin 23:34

        @pipiou2

        Donc un mensonge de votre part. Quelle courbe ? Pris en flagrant délit le pipiou2 ! C’est pas joli, joli ! 


      • pipiou2 3 juin 00:15

        @Legestr glaz
        Ben toutes les courbes covid par pays , par exemple sur le site politologue , ou un autre.

        Je répète : « mettez-vous à Internet »


      • Legestr glaz Legestr glaz 3 juin 08:53

        @pipiou2

        Lorsque l’on avance avec certitude quelque chose on le démontre. 

        Je dis que vous mentez et que vous ne pouvez pas apporter la preuve de ce que vous écrivez. Et ce n’est pas en me demandant de faire mes « propres recherches sur le net » que vous apportez une quelconque preuve ! Vous tentez de retourner la situation, bien maladroitement ! 

        Vous mentez. C’est pas joli, joli ! Pris la main dans le sac du mensonge ! 


      • troletbuse troletbuse 2 juin 18:37

        San oublier : 500 000 X 75 euros = 37,5 millions de dette en plus qui sera à payer


        • I.A. 2 juin 18:59

          Bon...

          Côté raisonnement méthodique, voire abstraction mathématique, on est d’équerre : un illogisme reste illogique, une équation mal posée donnera un faux résultat, un mensonge ne peut devenir une vérité qu’en tordant le bras à d’autres vérités...

          Mais c’est dur, quand même, de parler de tests PCR avec les propres termes des laboratoires qui les fabriquent et qui, surtout, les vendent — sans parler des taux d’amplification « flottant à la gueule du client » !

          Enfin, un détail : se tester, c’est déjà s’imaginer porteur du « virus-qui-se-termine-par-la-réa » pour vous, ou bien pour vos proches. Nous avons affaire, dans ce cas précis, à tout un état d’esprit, toute une démarche psychosomatique à même de pulvériser vos défenses immunitaires en même temps que votre raison...

          Autant dire que si on vous annonce que vous êtes positif, alors vous mourrez POUR DE VRAI d’une vulgaire virose médiatique et sociétale. En réanimation, puisque la réanimation en est le stade terminal. Et surtout si vous n’êtes pas habitué, ou déniaisé, depuis une à deux générations, de ces débauches cinématographiques d’une ampleur nationale... 

          Moi, je trouve ça criminel.

          Force est de reconnaître que votre démonstration est correcte (mais soit elle manque d’humanisme, soit elle ne rappelle pas assez les conséquences humaines de la manipulation).


          • Perplex Perplex 2 juin 21:53

            @I.A.
            Je viens de vous mettre 3 étoiles smiley
            Je suis entièrement d’accord avec vous et je trouve que vous complétez bien le tableau.
            En effet, j’ai fait le choix du pragmatisme.
            Si le raisonnement suffit à démontrer la supercherie alors personnellement ça me suffit, parce que ça ne fait pas débat.


          • Adèle Coupechoux 3 juin 20:29

            Le question que je continue à me poser, c’est comment la population a pu s’y soumettre..

            A aller jusqu’à faire la queue...Et s’exhiber dans ces foutus barnums.

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