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Tourner le dos à la croissance, utopie idéaliste ou affront salutaire ?

Il s’agit d’une notion tellement commune, qu’on l’utilise souvent sans savoir de quoi on parle. La « croissance ». Oui, mais la croissance de quoi ?

La croissance désigne en fait la variation positive de la quantité de biens et services produits et échangés au sein d’une économie. Elle se mesure grâce au Produit Intérieur Brut (PIB), représentant la somme totale de ces biens et services échangés sur une période donnée.

Difficile à mesurer, notamment dans une économie où les services prennent de plus en plus de place[1], la croissance et son corollaire le PIB ne s’en sont pas moins imposés comme le couple le plus en vue de l’actualité économique de ces dernières décennies.

Tout cela a commencé au XVIIème siècle. L’idée dominante chez les économistes est alors que plus une société produit des biens et des services, plus elle augmente le confort de ses membres. Pour Adam Smith par exemple, la recherche de l’abondance par la production et le travail constitue le moyen de renforcer la cohésion sociale en accroissant les liens interindividuels. Emile Durkheim ne dira pas le contraire un siècle plus tard en reconnaissant à la division du travail un rôle de création de solidarité fonctionnelle : chacun a besoin de l’autre pour produire.

Le XIXème siècle voit augmenter d’un cran cette glorification de la production. Pour Hegel ou Marx, produire et consommer sont bien plus que des moyens d’augmenter la richesse d’une société. Travailler, inventer, produire, cela permet de s’accomplir, de transformer le monde et l’humanité.

Au XXème siècle, avec l’invention de la comptabilité nationale, on va chercher à mesurer tout cela, à estimer le revenu national. C’est dans ce contexte que l’économiste Simon Kuznets réalise en 1934 une première ébauche du PIB. Déjà, pour son inventeur, le PIB est imparfait en ce qu’il ne tient compte que d’une partie des activités et ne dit rien du bien-être. Cela ne va pas empêcher les économistes en charge de réfléchir à la mise en place des comptabilités nationales de travailler sur cette base et d’élaborer des instruments aptes à calculer ce fameux PIB. La suite vous la connaissez. Si l’économie était une religion, croissance et PIB en seraient les dieux.

Cet appétit pour la croissance rappelle pourtant de plus en plus l’attirance de Blanche-Neige pour cette belle pomme qui avait pourtant l’air si sucrée.

A y regarder de plus près, nombreux sont les indices faisant apparaître qu’il s’agit d’une construction, bancale, qu’on nous impose malgré nous comme étant l’unique solution, le remède à tous nos maux. Loin d’être un remède, nous verrons que la croissance possède un côté obscur, dévastateur, tant au niveau social qu’écologique. Pourtant, si l’on enlève les œillères dont nous équipe insidieusement la pensée dominante, de multiples chemins apparaissent à côté de cette autoroute grise qu’on nous présente pourtant comme le seul chemin praticable. Et loin de nous ramener à notre point de départ, ces chemins alternatifs semblent bien contourner l’abîme qui commence à se dessiner, là-bas, à l’horizon, dans lequel va se jeter tout droit ce triste ruban de béton sur lequel nous sommes actuellement.

Tourner le dos à la croissance ? Utopie idéaliste ou affront salutaire ?

La « croissance » : une notion survalorisée aux effets pourtant potentiellement néfastes

 

La « croissance à tout prix » : un mythe façonné par le discours dominant…

Le champagne a dû couler à flots. Les chiffres de l’INSEE publiés vendredi 14 février (2014), repris en fanfare par le gouvernement, le confirment : la croissance en France est meilleure qu’attendue pour l’année 2013[2]. Soulagement général au sein du monde politico-économico-médiatique.

Pourquoi, de l’avis général, ce retour de la croissance est-il une si bonne nouvelle ? Pourquoi les grands médias, et au-delà, une large part de l’opinion, savourent-ils ces chiffres de l’INSEE avec la délectation qu’on réserve habituellement à une petite sucrerie en fin de repas ? Au-delà, comment la « croissance » est-elle devenue le but ultime de notre société, l’objectif suprême de notre modèle économique ?

Car contrairement à ce qu’avance la pensée dominante, il n’y a rien là de très évident. Comprendre comment la croissance est parvenue à s’ériger au rang de déesse laïque est un préalable nécessaire à celui qui cherche à envisager d’autres chemins.

La croissance, la plus forte possible, constitue donc l’objectif des économies libérales. Elle est porteuse de toutes les vertus car en son sillage se trouvent emploi et prospérité. Cette vision est imposée comme une évidence et rares sont les médias se hasardant à la remettre en question. Et cette évidence s’est glissée partout, jusque dans les foyers. Faites le test, autour de vous, et ne soyez pas surpris si vos interlocuteurs sont de fervents adeptes de cette religion laïque.

Si le modèle néolibéral et sa corollaire la croissance se sont imposés comme l’unique chemin, ce n’est pas du fait de leur faculté à améliorer le bien-être général, ni parce qu’ils constituent un moyen de maintenir des économies stables et prospères, mais parce qu’ils ont bénéficié depuis maintenant des décennies d’un travail d’inculcation insidieux, travail fourni par une élite économico-médiatique à destination des masses.

Pierre Bourdieu déclarait en 1996 lors d’une intervention à la Conférence générale des travailleurs grecs à Athènes : « On entend dire partout, à longueur de journée, – et c’est ce qui fait la force de ce discours dominant -, qu’il n’y a rien à opposer à la vision néolibérale, qu’elle parvient à se présenter comme évidente, comme dépourvue de toute alternative. Si elle a cette sorte de banalité, c’est qu’il y a derrière un travail d’inculcation symbolique auquel participent, passivement, les journalistes ou les simples citoyens et surtout, plus activement, un certain nombre d’intellectuels[3] ».

Comment cela se passe-t-il concrètement ? Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la pensée libérale et les préceptes qui l’accompagnent (croissance maximum, productivité, compétitivité, flexibilité, etc.) sont présentés à travers les différents médias comme allant de soi, à la manière d’une image subliminale qui viendrait imprimer un message dans l’esprit d’un spectateur à son insu.

Ainsi, prenant l’exemple de l’Angleterre, Bourdieu explique-t-il que la politique ultra-libérale de Margaret Thatcher n’est pas née avec elle, mais « avait été préparée depuis longtemps par des groupes d’intellectuels qui avaient pour la plupart des tribunes dans les grands journaux[4] ».

Ce travail, initié dès la fin de la deuxième guerre mondiale, dans un contexte de lutte contre le communisme se poursuit actuellement. Il n’y a qu’à constater l’enthousiasme exacerbé dont fait preuve la presse française au sujet de l’économie allemande et son modèle libéral.

Serge Halimi, dans son ouvrage Les nouveaux chiens de garde[5], vient actualiser les réflexions de Bourdieu. Son livre prend en quelque sorte le relais de l’ouvrage de Paul Nizan, Les chiens de garde, paru en 1932, dont on pourrait citer cet extrait : « La pensée bourgeoise dit toujours au Peuple : ‘‘Croyez-moi sur parole ; ce que je vous annonce est vrai. Tous les penseurs que je nourris ont travaillé pour vous. Vous n’êtes pas en état de repenser toutes leurs difficultés, de repasser par leurs chemins. Mais vous pouvez croire aux résultats de ces hommes désintéressés et purs. De ces hommes qui détiennent à l’écart de ces hommes pour lesquels ils travaillent, les secrets de la vérité et de la justice[6]’’ ». Remplacez « bourgeoise » par « néolibérale » et vous aurez une idée de la thèse défendue par Serge Halimi.

Ces hommes qui « détiennent les secrets de la vérité » sont aujourd’hui omniprésents. Ils hantent les plateaux télés, monopolisent les tribunes de la presse écrite. Ils sont les « experts » invités régulièrement un peu partout pour nous apporter la lumière, leur lumière. Présentés à grands coups de titres universitaires, validant d’emblée l’ensemble de leur propos, ils se croisent de plateau en plateau, inondent nos librairies, avec toujours le même objectif, défendre la pensée libérale. Quiconque souhaiterait acheter l’ensemble de livres publiés par Jacques Attali, ancien président du « Comité pour la libération de la croissance » commandé par Nicolas Sarkozy en 2007, devra, si ce n’est faire un emprunt, du moins posséder beaucoup de place dans sa bibliothèque. Et le travail qui consisterait à lister l’ensemble de ses apparitions télévisées serait sans doute comparable à celui mené par Ludwig von Köchel lorsqu’il a inventorié l’ensemble des œuvres de Mozart. La figure de Jacques Attali nous est de fait connue, familière, et plus inquiétant, son discours, libéral, aussi.

Et Attali n’est qu’un exemple. Ils sont quelques-uns, dans la même veine, à produire en continu via de nombreux médias un discours libéral, depuis maintenant plus de 40 ans. Ils nous chantent « une musique de fond » à laquelle nous sommes habitués à force de l’entendre, et que nous finissons par croire sur parole.

Mais pourquoi les Alain Minc, Nicolas Baverez, Élie Cohen et autres Michel Godet, lesdits « experts », agissent-ils ainsi ? Peut-être est-ce parce qu’ils sont convaincus de défendre le « bon » modèle, celui qui éradiquera la misère et apportera le bien être à tous ?

Un élément de réponse apparaît quand on découvre les fonctions « cachées » de ces experts, celles qui n’apparaissent pas lorsqu’on les présente au journal télévisé. Au-delà de leurs qualités universitaires présentes ou passées, ils sont en effet pour la plupart membre de conseils d’administration de grandes entreprises, collaborent avec des banques, conseillent des fonds spéculatifs. Juges et parties en quelque sorte. Elie Cohen par exemple, présenté en tant que « Directeur de recherche au CNRS », est également administrateur d’Orange, de Steria, du Groupe « Pages jaunes ». Son compère Christian de Boissieu, « professeur à Paris 1 », est ou a été administrateur de la banque Hervet, membre du conseil stratégique du cabinet d’Ernst & Young, membre du conseil de surveillance de la banque Neuflize OBC, conseiller économique du hedgefund HDF Finance, conseiller du Crédit agricole, administrateur du fonds d’investissement Pan Holding, etc. Pour le téléspectateur lambda, il est simplement « professeur à Paris 1, qui doit avoir raison au vu de son titre universitaire ».

En résumé, ces experts ne défendent pas le modèle qu’ils croient positif pour le bien-être général, mais le monde auquel ils appartiennent, les entreprises grâce auxquelles ils s’enrichissent. Ils monopolisent l’espace médiatique, au détriment des intellectuels ou politiques ne partageant pas ces points de vue. Quelques chiffres explicitent ce constat : entre 2002 et 2007, les économistes Frédéric Lordon et Jean Gadrey, au point de vue disons « divergent », ont été invités 32 fois à eux deux à la radio et à la télévision. Sur la même période, Jacques Attali totalise 572 passages[7].

Voilà pourquoi il y a neuf chances sur dix que lors de votre prochain repas de famille votre voisin de table soit persuadé que la logique libérale est la seule envisageable, et qu’il est évident qu’il faille toujours plus de croissance si l’on veut sortir du marasme. Cependant, nous l’avons vu, ce n’est pas parce que cette logique est à même d’apporter prospérité et stabilité qu’elle est tant vantée, mais bien parce qu’elle sert les intérêts d’un petit groupe de personnes, une oligarchie qui dispose de toute la place qu’elle veut dans le paysage médiatique, et donc de l’oreille du public.

 

Chaque médaille a son revers. Et à y regarder de plus près, derrière l’éclat des préceptes néo-libéraux, notamment la course à la croissance, semble se dresser une réalité bien plus obscure. Et si la croissance n’était pas cet ange salvateur qu’on nous vante pourtant ?

 

… Présentant pourtant tous les caractères d’un mirage

On n’en parle pas, ou peu, mais la croissance a ses revers, ses conséquences néfastes. Loin d’engendrer uniquement emploi et prospérité, elle peut laisser dans son sillage une empreinte noire, marquée par la destruction des ressources naturelles d’une part, la création d’inégalités d’autre part.

 

Croissance et environnement : l’impossible équation

Croissance et environnement ne font pas bon ménage. A la fin des années 60 déjà, le Club de Rome, fondé par l’italien Aurelio Peccei, tirait la sonnette d’alarme sur les conséquences néfastes de la recherche de la croissance à tout prix. Le rapport rédigé par les chercheurs du Club, The limits to growth[8], devenu un best-seller mondial, évoque pour la première fois les dangers écologiques de la croissance économique et démographique que connaissent les économies libérales à cette époque.

Il met en garde sur les limites physiques de la croissance, qui seront bientôt atteintes, et sur la nécessité d’équilibrer croissance économique et démographique avec les ressources disponibles. Pour cela, il faut abandonner les politiques à court terme, et oser engager des actions qui ne porteront leurs fruits que dans 50 à 100 ans.

Lors de la présentation du rapport en 1972 à Washington, Dennis Meadows déclarait : « chaque année perdue dans la mise en œuvre d’une nouvelle politique rendra la transition nécessaire beaucoup plus difficile et diminuera nos chances de la réaliser[9]. »

Mais l’électeur, l’industriel, et donc le politique sont « court-termistes », et rien ne fût entrepris. Le changement appelé par le Club de Rome ne vint pas, et les questions posées par Dennis Meadows et ses collègues restent malheureusement plus que jamais d’actualité.

Une équation simple permet de poser une partie du problème. Croissance rime avec production, production rime avec énergie, et malheureusement, aujourd’hui, énergie rime avec pétrole et charbon. Comment serait-il possible de produire toujours plus lorsqu’on utilise des ressources non renouvelables de moins en moins disponibles ? D’aucuns répondront qu’il n’y a pas de soucis à se faire, car bientôt « ils » vont trouver une solution pour remplacer les énergies fossiles. En attendant, le charbon reste l’énergie de l’avenir, tandis qu’on s’évertue à exploiter les dernières gouttes de pétrole, sous forme de sable bitumineux ou de gaz de schiste, à des couts environnementaux et sociaux de plus en plus importants.

Imaginez-vous dans une voiture lancée à pleine vitesse. A quelques centaines de mètres se dresse un mur. Diriez-vous à vos passagers « il n’y a aucun souci à se faire, quelqu’un ou quelque chose va bien arriver sous peu pour nous sortir de cette situation quelque peu délicate », ou alors chercheriez-vous à faire changer la direction de la voiture afin d’éviter l’obstacle ? La question peut paraître stupide, pourtant, actuellement, nous choisissons la première solution.

La production et la croissance des pays du Nord coûtent cher. Elles se paient au prix de milliers d’hectares de forêt boréale canadienne saccagée pour l’exploitation des sables bitumineux, au prix de la vie des 30 millions d’habitants du delta du Niger[10], au prix des innombrables nappes phréatiques polluées par le procédé de fracturation hydraulique utilisé pour l’exploitation des gaz de schiste. Par-dessus tout, les bouleversements climatiques induits en grande partie par les émissions carbone liées à l’activité industrielle mondiale, moteur de la croissance, sont en train d’impacter durablement l’ensemble des écosystèmes et le climat de la planète avec les conséquences que l’on connaît.

Ce qui marchait hier ne peut plus fonctionner aujourd’hui : « La croissance des Trente Glorieuses s’est faite à crédit, basée sur des ressources non renouvelables comme le charbon et le pétrole. Quand des milliards d’êtres humains supplémentaires se lancent à leur tour dans la course au développement, la Terre s’emballe, le prix des matières premières s’envole, les terres agricoles se font rares et les dégradations de l’environnement s’amplifient, parfois irrémédiablement[11] ».

Car l’incompatibilité entre la croissance telle que nous la concevons actuellement et la conservation de notre environnement ne se cantonne pas aux problèmes liés à l’exploitation ou l’utilisation des énergies fossiles. De tous les côtés, sous la pression des modèles capitalistes productivistes cherchant encore et toujours la croissance, les indicateurs sur l’état de conservation des ressources naturelles virent au rouge.

Sous la pression de l’élevage industriel en Amazonie, de la culture des palmiers à huile et de l’exploitation du bois pour la fabrication de pâte à papier en Indonésie, les forêts du monde reculent. Selon l’Organisation Mondiale pour l’agriculture et l’alimentation (FAO)[12], 300 millions d’hectares de forêt primaire sont partis en fumée depuis 1990, soit l’équivalent de la surface de l’Argentine. D’après le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), près de la moitié de forêt de Sumatra, en Indonésie, a disparu entre 1985 et 2007[13]. La course à la production ne serait-elle pas en train de nous attirer vers les écueils qu’aurait connus l’île de Pâques, dépeuplée à partir du XVIIème siècle à cause d’une déforestation massive ?

On pourrait allonger sans fin la liste des ressources naturelles mises en péril à l’échelle mondiale du fait de l’activité économique. De la surexploitation de quasiment tous les stocks de poissons aux pollutions liées à l’agriculture conventionnelle (rejets de nitrates issus des déjections animales, de phosphore issus des engrais), en passant par la monopolisation des ressources d’eau douce par l’agriculture en Afrique et en Asie[14], etc. tout semble indiquer que le modèle que nous suivons est trop impactant pour être viable à long terme. C’est en substance ce qu’annonçait en 1974 le philosophe André Gorz : « Il n’y a pas assez de ressources minérales, ni même d’air, d’eau et de terres, pour que le monde entier puisse adopter ‘‘notre’’ façon ravageuse de produire et de consommer[15]. »

Tout devient rare. Les terres sont monopolisées pour la production de viande à destinations des pays industrialisés, au détriment des productions agricoles locales et des forêts essentielles à l’alimentation de milliards d’êtres humains. Le cuivre, l’or, l’argent, le zinc, les terres rares, l’uranium ne pourront pas indéfiniment être extraits en quantité toujours croissante, à l’image des ressources fossiles.

Croissance et environnement ne font pas bon ménage. Le problème est que nous sommes entièrement dépendants de notre environnement, dès lors, chaque point de croissance « gagné » dans quelque Etat du monde revient à un coup de scie supplémentaire porté à la branche sur laquelle nous sommes assis. Peuvent en témoigner les 1,6 milliards de personnes, soit une personne sur cinq, à l’échelle de la planète, dont la survie dépend des forêts.

 

Les laissés-pour-compte de la croissance

Et l’homme dans tout ça ? Car la croissance ne se révèle pas seulement une dangereuse prédatrice des ressources naturelles ; sa faux possède aussi un tranchant destiné au domaine social.

On entend dire allègrement que la croissance constitue le seul moyen de lutter contre la pauvreté. Si effectivement, comme ça a été le cas en Chine par exemple, une économie affichant une croissance élevée est plus à même de faire sortir de la pauvreté une part importante de la population, il apparaît qu’au-delà du taux même de croissance, un autre indicateur est primordial : celui du niveau de redistribution des richesses produites. La taille du gâteau n’est pas tout, il reste à voir comment on le découpe.

Au début du XXèmesiècle, en France et aux Etats-Unis, le 1 % le plus riche de la population captait entre 15 % et 20 % du revenu total du pays[16]. Ces inégalités vont être aplanies suite aux deux guerres mondiales et aux politiques fiscales ambitieuses mises en place par Roosevelt notamment en ce qui concerne les Etats-Unis. Puis, soufflé par les Thatcher et autres Reagan, un vent libéral s’abat sur certains pays d’Europe et les Etats-Unis. Les impôts pesant sur les plus hauts revenus s’abaissent. Vingt ans plus tard, le 1 % le plus riche des Américains capte à nouveau autant de richesses qu’en 1915. Cela veut dire concrètement que la croissance ne profite pas à tous au même niveau, les plus riches en captant l’essentiel des fruits.

Plus grave, certaines parts de la population peuvent voir leurs revenus décroître, malgré une économie en croissance. Citons l’Allemagne par exemple, ce modèle vers lequel il faudrait tendre à en croire la pensée dominante. L’Allemagne et sa croissance moyenne bien supérieure à la nôtre. Depuis 1996, le dixième des salariés les moins bien payés n’a cessé de voir son salaire réel (soit le salaire une fois l’inflation déduite) reculer : en 2009, il était à un niveau inférieur de 20 % à ce qu’il était en 1996. Dans le même temps, les 20 % des salariés les mieux payés ont vu leur salaire réel progresser de plus de 5 %[17].

Quittons l’Europe et rejoignons l’Inde, et sa croissance (il est vrai en ralentissement), atteignant 5 % en moyenne depuis 1991. Malgré ce chiffre plutôt flatteur, 356 millions d’Indiens, soit près d’un tiers de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté en 2010[18]. Pourquoi ?

Il s’avère que la croissance économique seule ne suffit pas à faire reculer massivement la pauvreté. L’Etat a son rôle à jouer, au niveau de la redistribution notamment, de la création et mise en œuvre de systèmes de santé, de retraite, etc. En Inde, les recettes fiscales captent seulement 10,4 % du Produit intérieur brut, ce qui n’est pas suffisant pour permette au gouvernement de mener une politique sociale efficace. Les dépenses publiques de santé, par exemple, sont négligeables et constituent 1,2 % du PIB. « Avec six docteurs et neuf lits d’hôpitaux pour 10 000 habitants, l’Inde a la mortalité infantile la plus élevée au monde et une terrible mortalité maternelle : 200 décès de mères pour 100 000 naissances. Les fonds alloués à l’éducation n’épousent pas davantage la courbe de la croissance. Pire, ils déclinent, passant de 4,26 % du PIB en 2000 à 3,1 % en 2012. Or, près d’un tiers de la population reste analphabète[19] ». L’inde constitue peut-être l’exemple le plus flagrant que la croissance seule, même importante, ne constitue en rien un gage de prospérité et de bien-être de la population.

« Il n’y a pas de lien évident entre la croissance et la répartition de ses fruits au sein d’une société », déclare Camille Landais, chercheur au Stanford Institute for Economic Policy Research[20]. Voilà qui met à mal bien des idées reçues sur notre ange salvateur.

Une idée imposée par la pensée dominante non fondée sur des considérations liées au bien-être général, des conséquences dévastatrices sur l’environnement mondial, un manque cruel d’égalité dans la répartition de ses fruits. Et si, pour paraphraser le film « L’an 01[21] », au lieu d’un pas en avant, nous faisions un pas de côté ? Tournions la tête dans une autre direction ? Ne découvririons-nous pas qu’à côté de l’autoroute « croissance » se dessinent une multitude d’autre chemins encore trop peu explorés ?

 

Tourner la page de la croissance telle que nous la connaissons

 

Nous l’avons vu, la croissance telle qu’elle est conçue et recherchée actuellement, ainsi portée sur les flots d’un courant néolibéral, ne semble pas en mesure de nous conduire durablement vers le bien-être. Mais après tout, peut-être ce modèle est-il le moins pire ? L’équivalent économique de la démocratie, « le pire des régimes à l’exception de tous les autres » selon la fameuse phrase de Winston Churchill ?

Pas si sûr. Il semble bien que les alternatives soient là, à portée de mains.

 

Changements d’indicateurs, mise en œuvre de nouveaux types d’économies, les diverses alternatives envisageables

La fondamentale question des indicateurs

Regarder dans une autre direction, oui, mais laquelle ? A la base, tout est question d’indicateurs. Ils fixent la direction vers laquelle tendre. Changer d’indicateur, c’est changer d’objectif. Il semble aujourd’hui primordial de faire descendre le PIB de son piédestal.

Nos sociétés productivistes droguées à la croissance n’ont d’yeux que pour les évolutions du PIB, indicateur dominant du débat économique. Lui seul actuellement reflète la santé d’une économie d’un pays.

Le PIB correspond à une certaine vision de la « richesse » d’une nation : une vision quantitative, axée uniquement sur la quantité de biens et services échangés sur une année. Quatre limites du PIB en tant qu’indicateur sont couramment invoquées.

En premier lieu, cet indicateur met l’accent sur la quantité, non sur la qualité. Jean Gadrey fait remarquer qu’aux yeux du PIB, un kilo de fraises bio vaut la même chose qu’un kilo de fraises qui a parcouru des milliers de kilomètres en avion, qui contient des pesticides, et qui a été élevé dans des conditions de travail indignes[22]. Le PIB est ainsi incapable d’intégrer des notions de qualité, de durabilité environnementale.

Ensuite, le PIB est un tiroir dans lequel on fait entrer certaines choses, et duquel on en exclut d’autres. N’entrent pas en compte dans son calcul les travaux domestiques, l’éducation des enfants par les parents au foyer, le bénévolat réalisé dans les associations, les activités politiques et citoyennes, etc., soit tout un pan de nos activités quotidiennes, vitales au fonctionnement de notre société.

Troisième point, le PIB n’a cure de la répartition de ce qu’il mesure, ne tient pas compte des inégalités au niveau de la production et de la distribution des richesses. Que la production soit réalisée par une grande ou une petite partie de la population ne l’affecte pas. Qu’un seul acteur économique produise « 100 », et que 99 autres ne produisent rien revient au même, pour le PIB, que 100 acteurs produisent chacun « 1 ». De la même manière, que les richesses produites soient partagées entre tous ou accaparées par une minorité, aux yeux du PIB, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Seule compte la taille du gâteau, peu importe qui le mange.

Enfin, le PIB ne connaît pas de « moins », il ne tient pas compte des ressources prélevées nécessaires à la production. Si l’on doit abattre une forêt pour produire « 100 », seul ce chiffre de « 100 » sera retenu pour le calcul du PIB. Pire, le PIB se nourrit des impacts sociaux et environnementaux. Qu’une rivière ou une plage soit polluée par des rejets liées aux activités agricoles, si l’on engage des frais pour dépolluer, cela fera grimper le PIB.

Le PIB seul n’est pas un indicateur apte à renseigner sur le bien-être d’une population, d’un pays. Mais alors, par quoi le compléter, voire le remplacer ?

Il existe de nombreux indicateurs alternatifs, développés ces dernières années. Plutôt que de les lister tous, il convient avant tout de poser les bonnes questions : qu’est-ce que la « richesse » ? qu’est ce qui compte vraiment dans sa mesure, qui peut en décider et comment le mesurer ? La réflexion débute à peine, mais quelques pistes de réponse ont déjà été avancées[23].

Qu’est ce qui compte ? Faire entrer dans la balance tout ce qui permet à une société de s’inscrire dans la durée : patrimoine naturel et cohésion sociale devraient avoir leur place. Pour le patrimoine naturel, mesurer les « services rendus par les écosystèmes » est une piste suivie par certains économistes, attribuant il est vrai une vision utilitariste à notre environnement, ce qui peut ne pas faire consensus. Une autre option serait de mesurer la qualité et la quantité des éléments composant ce patrimoine (nombre d’hectares de forêt, qualité des eaux, etc.). Le débat reste ouvert.

Sur l’aspect social, l’Indice de Santé Sociale (ISS) créé en France par le Réseau Associatif d’Alerte sur les Inégalités constitue une piste intéressante. Il regroupe 14 indicateurs et tient compte de différents aspects relatifs au travail, au revenu, à l’éducation, à la santé, au logement, à la sécurité ou encore au lien social et interindividuel. A titre d’exemple, en France, si l’on se base sur le PIB par habitant, il vaut mieux vivre en Ile de France ; c’est là qu’il est le plus élevé. Lorsqu’on regarde la même situation à travers le prisme de l’ISS, le Limousin l’emporte haut la main, l’Ile de France n’arrivant qu’en 17ème position sur les 22 régions métropolitaines[24].

Qui serait apte à décider de ce qui compte et de ce qui ne compte pas ? Là encore quelques idées ont été avancées. Celle du collectif FAIR[25], « Forum pour d’autres indicateurs de richesse », est d’impliquer les citoyens. Les nouveaux indicateurs de richesse ne devraient pas être uniquement affaire de spécialistes, mais résulter de réflexions collectives impliquant citoyens et experts, sociologues, climatologues, biologistes, économistes, etc.

Enfin, comment mettre en œuvre une mesure impliquant des critères sociaux, environnementaux, économiques, etc. ? Le PIB est en ce sens pratique en ce qu’il mesure des choses reposant sur une unité de mesure commune (le prix, l’argent). Dès lors on peut additionner le prix des biens et des services entre eux et parvenir facilement à déterminer un niveau de PIB. C’est plus délicat lorsqu’il s’agit de rendre compte des évolutions du patrimoine naturel ou du climat social. Diverses solutions seraient envisageables, visant par exemple à ramener divers indicateurs sociaux, environnementaux, économiques à une même mesure (par exemple en leur attribuant un nombre de « points ») et à pondérer l’importance de chacun d’entre eux. L’indicateur dit de « l’Epargne nette ajustée » développée par la Banque mondiale est à ce titre intéressant en ce qu’il ne raisonne pas en termes de flux, mais de capital[26]. Il prend en compte l’épargne totale d’une Nation, y ajoute les dépenses d’éducation, en retire les dégradations du capital naturel, etc. Il cherche ainsi à prendre en compte les capitaux humains, sociaux, environnementaux, etc.

Si cette approche comporte encore bien des biais (quelle « valeur » attribuer à un actif environnemental, un hectare de forêt par exemple ? Est-ce pertinent de pouvoir compenser l’érosion du capital environnemental par des gains au niveau du capital social ?), elle a le mérite d’exister, et montre que des réflexions sont en marche à grande échelle.

Les questions sont encore nombreuses, la transition débute à peine : « Le choix de nouveaux indicateurs, au terme de délibérations publiques dont nous avons plus que jamais besoin, est désormais urgent. C’est le premier pas vers l’abandon de l’obsession de la croissance et sur ‘‘les chemins de la transition19’’ ».

 

Vers d’autres économies

Changer d’indicateur et donc d’objectif est essentiel en préalable à toute démarche visant à s’extraire de l’emprise néfaste de la croissance. Mais ensuite ? Quel modèle adopter ?

L’économie actuelle est dite « linéaire » : on extrait des matières premières, on fabrique des produits qui sont vendus aux consommateurs, qui les jettent au bout d’un certain temps. Pour les raisons évoquées plus haut (épuisement des matières premières, pollution, etc.), ce schéma n’est pas viable et ne saurait fonctionner encore longtemps. A cela il existe une solution, l’économie dite « circulaire », visant à optimiser et réutiliser tout au long de la chaîne de production et de consommation les ressources matérielles et énergétiques, sur le modèle de « rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme  ».

Cela peut consister par exemple à mobiliser plusieurs acteurs d’un même territoire, en créant une synergie, afin par exemple que les déchets ou rejets de l’un servent de matière première à l’autre.

Au sein du port danois de Kalundborg, la plus grande centrale électrique du pays vend de la vapeur à la raffinerie de pétrole voisine, laquelle en retour lui vend ses eaux usées à des fins de refroidissement. La centrale fournit également de la vapeur à la municipalité pour alimenter son réseau de chauffage urbain ainsi qu’à d’autres entreprises voisines qui en ont besoin. Ce type de fonctionnement génère moins de croissance que si chacun devait se débrouiller tout seul pour trouver sa vapeur, son eau de refroidissement, etc. Cela dit, c’est la collectivité qui y gagne.

Produire autrement est une chose, consommer autrement en est une autre, les deux devant aller de pair.

C’est là qu’intervient l’économie de « fonctionnalité », conceptualisée par Walter Stahel au milieu des années 90. Il s’agit de développer non plus « l’achat » des biens, mais leur utilisation dans le cadre d’une prestation de service. En d’autres termes, l’entreprises ne vend plus ses produits, mais les met à disposition de l’utilisateur pour les reprendre en fin de vie. La firme Xerox effectue 75 % de son chiffre d’affaire de cette façon. Elle met à disposition des entreprises des photocopieurs, puis les récupère lorsqu’ils ne fonctionnent plus. Cela contribue à allonger la durée de vie des produits en luttant contre l’obsolescence programmée et favorise le recyclage. Xerox a ainsi simplifié les composants de ses appareils, afin de pouvoir les réutiliser plus facilement. Là encore, ce n’est pas bon pour la croissance. Jeter son imprimante pour en racheter une neuve tous les deux ans serait préférable aux yeux de notre indicateur favori. Mais l’utilisateur et le citoyen ont tout à y gagner.

Multiples sont les initiatives allant dans cette direction. Un dernier chiffre pour convaincre de l’intérêt du réemploi : la société anglaise Mazuma mobile propose un service de vente de téléphones portables reconditionnés. Ça n’a l’air de rien. Cependant, d’après une étude menée par la fondation britannique Ellen Mac Arthur, si la moitié des téléphones portables utilisés en Europe était collectée pour être réutilisée ou reconditionnée, 1 milliard de dollars de matières premières et 60 millions de dollars d’énergie seraient économisés chaque année[27].

Encore trop petites pour remettre en cause la course globale à la consommation, ces idées et initiatives ne répondant pas à une logique de « croissance » prouvent que faire autrement est possible, sans « revenir à la bougie » comme se plaisent à le répéter les détracteurs de ces idées nouvelles, desquels fait sûrement partie votre voisin de table de tout à l’heure.

 

Vers une prospérité sans croissance

C’est l’argument principal des pro-croissance et autres téléspectateurs passifs des émissions politico-économiques télévisées : sans croissance il n’y a que le chaos, le chômage, la pauvreté. On pourrait leur demander leur avis sur la situation sociale indienne malgré une croissance plus de trente fois supérieure à la nôtre sur ces dernières années, mais ce serait un peu facile, la réponse mérite d’être davantage creusée.

Il convient de présenter tout d’abord le point de vue des tenants d’une « croissance verte », car il s’agit là d’une solution alternative à la conception que nous avons de la croissance, basée sur un modèle capitaliste productiviste.

Selon l’OCDE, « la croissance verte consiste à favoriser la croissance économique et le développement tout en veillant à ce que les actifs naturels continuent de fournir les ressources et les services environnementaux sur lesquels repose notre bien-être. Pour ce faire, elle doit catalyser l’investissement et l’innovation qui étaieront une croissance durable et créeront de nouvelles opportunités économiques[28]. » Il s’agit par exemple de verdir les investissements en orientant les fonds vers des projets « durables » et respectueux de l’environnement, de rechercher d’autres sources énergétiques en privilégiant les énergies renouvelables, etc. La logique reste bien celle de croissance, de développement économique. Mais « vert ».

Cette démarche est cependant mise à mal par certains économistes et écologistes. Pour Tim Jackson, auteur de la « Prospérité sans croissance[29] », c’est une erreur que de chercher à maintenir notre modèle de développement actuel au prétexte que nous parvenons à augmenter notre efficacité de production, et donc à prélever moins de ressources naturelles et consommer moins d’énergie. Il constate que ces dernières années, nous avons effectivement diminué la quantité de ressources utilisée par unité produite, mais la production allant en augmentant, les quantités absolues de ressources consommées croissent[30].

Hervé Kempf, journaliste au Monde et auteur de « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme[31] », le rejoint sur ce point. La logique actuelle, visant un « toujours plus », ne mène nulle part. C’est cette logique productiviste même qu’il faut changer et non les procédés et technologies utilisés. En résumé, construire des éoliennes n’est pas une solution dans la mesure où l’on ne cherche pas à réduire notre consommation d’électricité.

Est-il alors possible de tourner franchement le dos à la croissance tout en maintenant voire améliorant notre qualité de vie ?

C’est l’avis de Jean Gadrey, professeur émérite à Lille 1. Au toujours plus, il préfère le toujours mieux, et cela change tout[32].

Il récuse tout d’abord l’idée selon laquelle la croissance est indispensable pour résorber le chômage. Ce qui manque aujourd’hui, ce sont les ressources naturelles, alors que le travail humain, lui, et surabondant. Beaucoup de travailleurs sur un marché où les ressources se font rares, où l’on n’arrive plus à produire à des coûts raisonnables du fait de la rareté des matières premières, voilà qui créé du chômage.

A contrario, la transition écologique est créatrice d’emplois. Sans entrer dans les détails, le scénario élaboré par l’association NégaWatt, qui vise à éviter 65 % de la demande d’énergie en France d’ici 2050 grâce à la sobriété et l’efficacité énergétiques, table sur la création de 700 000 emplois dans les 20 ans à venir[33]. Remplacer l’agriculture conventionnelle, gourmande en chimie, par une agriculture biologique de proximité nécessiterait 30 % à 40 % d’emplois supplémentaires dans ce secteur29.

Loin d’être une stagnation ou un retour en arrière, abandonner la croissance nous permettrait de nous propulser en avant. Remplacer le nucléaire ou le charbon par des énergies renouvelables, effectuer la rénovation thermique de millions de logements, réorienter l’agriculture vers des méthodes agro-écologiques, mettre en œuvre à grande échelle des politiques de sobriété, etc., voilà un vaste programme qui n’a absolument rien d’un retour en arrière.

Abandonner la croissance permettrait de vivre mieux, de manger mieux, de respirer mieux. Et ce dernier point n’a rien d’une métaphore, en témoignent les nuages de pollution issus de l’activité industrielle envahissant certaines mégalopoles chinoises, voire même des temps à autres les grandes villes françaises.

La logique productiviste qui nous est imposée malgré nous ne conduit nulle part, ses effets négatifs se font déjà sentir, au niveau social comme environnemental. Peu nombreux sont ceux qui mettent encore en doute la réalité du changement climatique, accéléré par les émissions liées à l’industrie, aux transports, à l’élevage industriel. « Il faut croire ce que nous savons » déclare Yann Arthus Bertrand au sujet du changement climatique en conclusion de son film « Home[34] ». Il aurait pu ajouter « et agir en conséquence ».

Agir en conséquence semble devoir inévitablement passer par ce virage important, pas un demi-tour non, pas un retour en arrière, mais un virage vers une logique nouvelle, valorisant le bien-être et l’environnement en lieu et place de la production et de l’échange de biens et services. Nous avons tout à y gagner.

A Jean Gadrey de conclure : « La perspective de bien vivre dans une société solidaire est-elle moins enthousiasmante pour la plupart des gens que celle qui leur a été offerte ces dernières décennies d’accumuler toujours davantage de biens matériels ? 27 ». Posons-nous la question.

 

Guillaume Cottarel – Avril 2014

Source : Tourner le dos à la croissance, utopie idéaliste ou affront salutaire ?



[1]La croissance doit être distinguée de l’inflation : un médecin augmente sa consultation de 5 euros, est-ce parce qu’il soigne mieux ou passe plus de temps avec ses patients, ou est-ce juste pour gagner plus à la fin de la journée ? Distinguer ce qui relève de l’inflation de ce qui constitue une réelle « croissance en volume », représentant une hausse de qualité ou quantité constitue une première difficulté à la mesure de la croissance.

[2] Au quatrième trimestre 2013, le PIB progresse de 0,3 %, ce qui porte sa croissance sur l’ensemble de l’année à +0,3 %, INSEE, 2014, voir http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26

[3]Pierre Bourdieu, Intervention à la Conférence générale des travailleurs grecs, Athènes, 1996, in Contre Feux, raisons d’agir, 16ème édition, 2012, 125 p.

[4]Ibid.

[5]Les Nouveaux Chiens de garde, Liber-Raisons d’agir, novembre 2005, 160 p

[6]Les Chiens de garde, Rieder, Paris, 1932

[7]Les Nouveaux Chiens de Garde (film), Gilles Balbastre et Yannick Kergoat (2012)

[8]Limits to Growth (1972).Donella H. Meadows, Dennis L. Meadows, Jorgen Randers and William W. Behrens III, (1972)

[9]Voir DERNIÈRE ALERTE 40 ans après les limites à la croissance, Arte, 2013

[10] Depuis 1958, plus de 13 millions de barils de pétrole, soit 2 milliards de litres, ont été déversés dans le Golfe du Niger. Golfe du Niger : l’autre marée noire, Porcher T., L’express, juillet 2010

[11]Domergue M, Le retour de la rareté, Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013.

[12] Williams, 2002 ; Les forêts et l’évolution du monde moderne, FAO, 2010

[13]The Last Stand of the Orangutan, PNUE, 2007

[14]Le secteur agricole ponctionne 84% de l’eau douce en Afrique, 88% en Asie du Sud et 81% en Asie du Sud Est et Océanie. Domergue M., Le retour de la rareté, Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013

[15]Gorz A., Ecologie et Politique, Galilée, 1975

[16]Legay S., Le retour d’une société de rentiers, Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013

[17]Workplace Heterogeneity and the rise of West Germany Wage Inequality Card, Heining J., Kline P., in Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3èmetrimestre 2013

[18]Buissoi J., Près d’un Indien sur trois vit sous le seuil de pauvreté, Le Monde, Mars 2012

[19]Fiquet B., Inde : Une croissance sans développement, Novembre 2013

[20]Interview parue dans Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013

[21]L’an 01, film réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, 1973

[22]Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Gadrey J., Les petits matins, 2010

[23]Méda D., Faire bonne mesure, in Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013 ; INSEE 2013

[24]Grimault J., Ce que le PIB ne dit pas de la France, in Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013 ; INSEE 2013

[26]Thiry G., Indicateurs alternatifs au PIB. Au-delà des nombres. L’Epargne nette ajustée en questions, Emulations n°8, 2010

[27]Vers une économie circulaire, Fondation britannique Ellen Mac Arthur, janvier 2012

[28]Vers une croissance verte : suivre les progrès. Les indicateurs de l’OCDE, OCDE, 2012

[29] Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable, Tim Jackson

Ed. De Boeck, 2010, 250 p.

[30]Entretien réalisé dans Alternatives Economiques n°323, avril 2013

[31]Kempf H., Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ; Coll. L’histoire immédiate, éd. du Seuil, 2009, 154 p.

[32]Voir « Il faut mettre fin à la course à la productivité », entretien réalisé dans Alternatives Economiques, hors-série n°97, 3ème trimestre 2013

[33]Manifeste NégaWatt. Réussir la Transition écologique, coll. Domaine du possible, Actes Sud, 2012

[34]Home,écrit et réalisé par Yann Arthus-Bertrand, produit par Luc Besson 2009

 


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39 réactions à cet article    


  • antyreac 3 avril 2014 12:57

    Article long et ennuyeux et nul de surcroît

    On ne peux pas vraiment vivre sans la croissance 
    On n’a pas vu des société qui a réussit de vivre sans le travail sans la croissance
    C’est d’autant plus vrai aujourd’hui avec une population mondiale de 7 milliards d’habitants.


    • Gemini Gemini 3 avril 2014 13:01

      Vous êtes un bon vous. S’il y a bien au moins un fait d’avéré, c’est qu’une croissance infinie dans un monde fini est impossible.

      En d’autres mots, si vous affirmez que l’on ne peut pas vraiment vivre sans croissance, cela signifie donc que l’on ne peut pas vivre tout court à vous entendre.

      À l’inverse, nous pouvons affirmer que nous ne pourrons pas continuer de vivre avec la croissance. Les destructions opérées dans notre environnement rendent notre monde de moins en moins vivable et finiront par le rendre impropre à la vie humaine. Notre civilisation est condamnée en l’état.

      Dernier point : 7 milliards avec notre niveau de vie, c’est effectivement impossible. Pourtant, si vous prenez la peine de vous renseigner, vous verrez que notre planète peut supporter 7 milliards d’âmes. En revanche, il est certain qu’elle ne supportera pas 7 milliards d’automobilistes.


    • antyreac 3 avril 2014 13:49

      Quelque soit le type de société que l’humanité choisira dans le futur ce sera toujours avec le travail et avec la croissance et entre nous la population ne s’arrêtera pas à 7milliards mais plutôt vers 12 milliards (prévision optimiste ) 


    • antyreac 3 avril 2014 20:35

      Non, il n’est pas bon, c’est un con puissance 1000, faut pas lui répondre, de toute façon il à une olive à la place de la cervelle..


    • mmbbb 3 avril 2014 22:44

      @ Par Gemin si vous lisez la courbe de croissance demographique ; elle est exponentionnelle Ce qui est une aberration Propos de Cavanna et constatation de l’antrhopologue Claude Lewis Strauss De surcroit ce sont les villes qui vont croîtrent puisque les campagnes n’offrent plus une vie assez decente Le hic est que la ville est plus energitivore et concentre tous les problemes Quoi qu’il en soit afin de vivre heureux il vaut mieux avoir du patrimoine croissance ou decroissance la mixite sociale n’est pas mon truc entre un ghetto de riche et un ghetto de pauvre mon choix est fait L apauvret n’est pas une vertu et que se sache les bobos ecolos font du velo en zone urbaine et non dans les banlieues delabrees 


    • DsrEvil DsrEvil 4 avril 2014 21:57

      Le « travail » (l’emploi en fait, et surtout le salaire qui va avec) et la croissance sont deux choses différentes... 

      Pire (mais plus difficile à assimiler), le travail et l’emploi sont deux choses distinctes aussi !

    • bibou1324 bibou1324 3 avril 2014 13:15

      Actuellement, la croissance et l’accumulation de biens physiques, n’est pas imposée par le système. C’est le souhait des dirigeants, et ils incitent à aller dans ce sens, mais si vous souhaitez vivre autrement, rien ne vous en empêche. D’ailleurs, je gage qu’un grand nombre de lecteurs d’Agoravox (dont moi) partagent votre point de vue. Mais si, pour vous comme pour moi, le bonheur ne passe pas par l’argent, une partie non négligeable de la population ne pense pas ainsi.


      Si la croissance s’arrête, et elle n’a pas de choix que de s’arrêter, à moins que l’éducation change et que les gens fassent passer leur bonheur avant leur argent, la jalousie va augmenter. 

      Je souhaite, tout comme vous, une prise de conscience générale. C’est loin d’être le cas, et à l’allure où vont les choses, je vois l’horizon bien noir.

      • bakerstreet bakerstreet 3 avril 2014 13:22

        On a beaucoup ergoté sur l’affaire Madoff et cette fameuse pyramide de Ponzi, qui fait qu’une escroquerie peut se construire sur une dogme culotté : La conviction que l’amorçage de nouveaux arrivants, dans un système de crédits, suffira à satisfaire l’appétit des quelques personnes qui redemandent leur actif. 


        Les chaines d’argent procèdent de la même ingénierie fallacieuse : Cela tient le temps que cela tient, suffisamment longtemps pour que les escrocs aient le temps de décamper, les seuls qui savent que le temps n’est pas de leur coté. 

        D’une certaine façon, le système actuel est construit sur les même bases : La confiance. Que les quidams redemandent leur actif aux banques, et celles ci ne tiendraient pas deux jours : Leurs avoirs étant pour au moins neuf dixième que purement théorique. L’argent que vous leur confiez étant aussitôt investi vers le plus offrant, le plus spéculatif, elles seraient bien en peine de rembourser le dixième de ce qu’elles devraient. 

        En conséquence, elles ne peuvent survivre qu’en s’agrandissant, autant pour faire face à la concurrence, qu’en répondant à la demande des actionnaires, toujours plus gourmands, tournés de plus en plus vers la rentabilité immédiate. 
        Et c’est bien compréhensif car ceux ci savent que cette économie de casino est assez fictive, pour ne pas trop attendre. 

        Le système peut tromper son monde un temps en se dopant aux anabolisants, en décrétant la croissance, encore et toujours, en dépit de cette invraisemblance : Le monde et ses ressources, eux sont bel et bien finis, mais de plus s’épuise. 
        C’est un peu comme un vieillard à qui l’on demanderait de sauter toujours plus haut !
        « You can if you want it ! »

        Mais les injonctions ont les limites de la raison, un mot têtu et dérangeant.
        Qu’on oublie en économie, un comble. 
        C’est comme si on expulsait la notion de foi dans la religion.
        Quoique tout cela se conjugue finalement assez ; la foi dans l’économie échappe tant à la raison, qu’on en a les foies ! 

        Toutes les conditions d’une explosion sont donc réunis. 
        Mais la science tellurique a encore bien des progrès à faire, et en est encore aux intuitions, quand ce n’est pas pour parler du déni. 
        Qui a envie d’écouter un type qui vous dit que la terre va se mettre à trembler, alors qu’on veut vendre sa maison ?

        On le voit, on passe de l’économie et la psychopathologie assez facilement. 
        En espérant que ces bons esprits ne deviennent pas des serial killers, ou peut être bien des golems, nous montrant la route de l’enfer !

        • Scual 3 avril 2014 13:48

          La croissance aveugle est aussi stupide que la décroissance aveugle.

          La notion qui devrait nous guider est le progrès.


          • antyreac 3 avril 2014 13:51

            Sauf que avec la croissance la population s’en sort alors que avec la décroissance c’est le saut vers l’inconnu


          • Scual 3 avril 2014 14:03

            Pas vers l’inconnu, vers la pauvreté.

            Passer d’un modèle économique à un autre entraine mécaniquement de la croissance, le seul et unique moyen de décroitre est donc de se priver de plus en plus en ne changeant rien à nos mode de production... toujours aussi polluant.

            La décroissance est de plus une chimère qui part de l’illusion que les ressources sont limitées ce qui est factuellement faux. Seuls les hydrocarbures d’origine minérale sont limités. Les autres ressources sont indéfiniment disponibles mais plus difficile à exploiter.

            En ce qui me concerne puisque je suis de gauche et donc contre la pauvreté, je suis évidement fondamentalement opposé à la décroissance, c’est à dire à la paupérisation.

            Par contre c’est clair que si on continue de laisser faire les inconscientes entreprises privées, c’est à dire les riches, on ne risque pas d’avoir une croissance propre de sitôt...

            Une croissance propre est possible, le problème qui empêche tout basculement vers un tel système est uniquement d’ordre politique.


          • Gemini Gemini 3 avril 2014 15:47

            Ahhh le progrès ! Je rêve d’un monde de progrès, où nous serons tous nourris aux OGM lyophilisés Monsanto, dans nos belles maisons ultra-connectées avec no télé connectée, frigo connectés, etc. , où nous aurons tous notre puce cutanée,où nous choisirons nos enfants dans un catalogue comme à Gattaca, avec nos belles centrales nucléaires, toutes nos prothèses informatiques réfléchiront pour nous, nous dirons quoi manger, quand, où aller, par où, quand, comment, quoi penser, quoi voter, quoi acheter, etc.

            J’ai hâte.


          • Scual 4 avril 2014 11:59

            Et moi j’ai hâte que ceux qui font passer ça pour du progrès... aillent s’acheter un dictionnaire histoire que je n’ai pas systématiquement l’impression de parler avec des religieux réinventant les définition des notions qui vont contre leur dogme.

            C’est même la principale raison pour laquelle je trouve les décroissants dangereux : ils ne sont pas rationnels (du tout !) et ont des définitions réinventées de tout un tas de concepts pourtant très précis... exactement comme les extrémistes de tout bord. Impossible d’avoir une discussion rationnelle et concrète avec eux. 

            De plus leurs idées sont fondamentalement réactionnaires et pourtant ils se disent de gauche alors que leur programme politique est la rareté des biens et des service et donc la pauvreté. Bref tout ça sent très mauvais politiquement, comme tout ce qui est fondamentalement réactionnaire et j’appelle tout le FdG a faire très attention à ne pas se faire avoir et faire entrer le loup dans la bergerie : si vous êtes pour le programme « l’Humain d’abord », il est totalement impossible de l’obtenir dans le cadre d’une décroissance. Toute politique de relance et de réduction du chômage (et donc de la dette), de la pauvreté et tout basculement des modes de production vers un modèle écologique et des énergies propres et renouvelables, tout cela est impossible dans le cadre d’une décroissance, aussi surement que 1+1=2.

            De toute façon dans tout les groupuscules qui font croire que les régressions sont du progrès, bref que le blanc est noir, que le rapide est lent et que le jeune est vieux etc : il y a toujours un loup dans le poulailler. Cette inversion des sens est toujours la base des idéologies visant à nous faire demander l’inverse de ce que l’on veut vraiment en nous faisant croire que tout signifie son contraire.

            Bref soyez vigilants, qu’ils soient sincère mais désinformés, idiots, ou volontairement réactionnaires, il n’en reste pas moins que les décroissants NE SONT PAS DE GAUCHE... DU TOUT.


          • anomail 3 avril 2014 14:49

            Décroissance = Paupérisation ?

            Regardez ceci :
            https://www.youtube.com/watch?v=m_cZ26B7ACQ


            • Neymare Neymare 3 avril 2014 16:24

              On peut vivre avec une croissance perpétuelle : il suffit que , de temps en temps, tout s’écroule, et de rebatir sur les cendres une fois que ça s’est écroulé (si on est encore là). C’est comme ça que marche la bourse, et tout le reste
              De toute façon, toute civilisation a forcément une fin, et nous ne pourrons rien changer d’ici la fin de celle ci, prévue, par de multiples études scientifiques (dont la dernière de la NASA) d’ici la fin du siècle.
              Il est dejà trop tard, alors profiter de la vie sans vous prendre la tete


              • anomail 4 avril 2014 09:25

                "On peut vivre avec une croissance perpétuelle : il suffit que , de temps en temps, tout s’écroule, et de rebatir sur les cendres une fois que ça s’est écroulé (si on est encore là)."

                Ce n’est pas une croissance perpétuelle.


              • politzer politzer 3 avril 2014 16:42

                utopie =qui est irréalisable : imaginaire ! allez dire à ceux qui crèvent de faim ou qui ne bénéficient d aucun soins médicaux que la croissance n est pas nécessaire ! Je vis dans un pays capitaliste d Asie où des gamins ont faim et je vois près de chez moi en France des ados qui regardent les fruits au super marché sans pouvoir les acheter ! Même avec une autre répartition il faudrait produire bien d avantage . Idéologie de bobos imbéciles et aveugles !  


                • antyreac 3 avril 2014 17:32

                  On a connu une sorte de décroissance dans les pays communiste ,une période donc peu ont envie de revivre.


                • anomail 4 avril 2014 10:37

                  Ca m’interpellerait si les étals de vos supermarchés étaient vides.

                  Or les fruits sont bien là, qu’est-ce qui empêche vos gamins de les manger ?

                  Le manque de croissance ? Réellement ?

                  Y’aurait pas autre chose ?


                • Marc Chinal Marc Chinal 3 avril 2014 19:04

                  Depuis 1970 la croissance était permanente, et depuis 1970 le chômage n’a fait qu’augmenter. La croissance ne résout donc pas les problèmes.
                  Mais sans croissance, pas moyen de payer les intérêts... Donc, quoi qu’il arrive, on ne s’en sort pas.
                  Il ne vous reste plus qu’à venir écouter ce que les post-monétaires ont à vous dire.
                  Et de participer, bien évidemment...


                  • antyreac 3 avril 2014 20:34

                    Tu parles là de la France pays de tous les échecs 

                    Ce n’est pas vrai pour tous les pays du monde
                     la Chine ou la Corée du Sud en sont des exemples

                  • anomail 4 avril 2014 10:38

                    Non c’est comme ça dans à peu près tous les pays occidentaux.


                  • antyreac 3 avril 2014 22:12
                    Les dangers du discours sur la décroissance
                    Cyril Di Méo et Jean-Marie Harribey.




                    http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/soutenabilite/discours-decroissance.pdf.

                    • joletaxi 3 avril 2014 22:38

                      De toute façon, toute civilisation a forcément une fin, et nous ne pourrons rien changer d’ici la fin de celle ci, prévue, par de multiples études scientifiques (dont la dernière de la NASA) d’ici la fin du siècle.

                      voici le parfait exemple de la machine à mentir qu’utilise en permanence la mouvance
                      cela fait déjà plusieurs commentaires où je vois cette affirmation apparaître.
                      car si la presse « lobotomisée » par les élucubrations des Philipulus verts a répercuté aussitôt cette « étude » en la saupoudrant des divagations habituelles de nos besogneux journalistes dits scientifiques, on a pas vu une seule ligne sur le démenti officiel de la-dite NASA,qui a tellement été catastrophée par la teneur de cette daube, qu’elle s’est vue obligée de se fendre d’un communiqué officiel pour démentir toute implication de sa part.
                      Un mensonge répété 10 fois.... ;
                      cela fonctionne toujours avec autant de réussite.
                      Et comme par hasard,on retrouve toujours la même clique

                      Bon, maintenant on va bouffer de la transitude énergétique, je crois que cela va être rockandroll


                      • egos 4 avril 2014 00:05

                         « ... et duquel on en exclut d’autres ... »


                        restez vigilant lorsque vs tenez ce genre propos car il pourrait parvenir à des individus ou institutions aux intentions discutables,

                        prenez l’exemple du projet de Loyer Imputé, dont rien n’indique l’abandon définitif et imaginez ce que pourrai en extrapoler nos politiques fiscales : salaire Imputé lorsque vs faites le ménage ou vs servez un verre ...

                        l’article le rappelle, le PIB est la somme des valeurs ajoutées de l’économie marchande, plus récemment corrigé des activités publiques pour 1 valeur équivalente aux coûts salariaux des services concernés

                        aspect qualitatif est évacué, seuls perdurent (pour cobien de temps) des limites liées à des préceptes moraux ( aux contours subjectifs et hypocrite ie prostitution (mais ps la pornographie) drogue (mais pas les alcools ou le tabac) travaux domestiques au noir (mis pas les jeux)

                        la notion de PIB (et valeur ajoutée) fut développée par les experts de la Comptabilité Nationale, l’une des fonctions majeure et l’établissement de la base d’assujettissement des divers acteurs économiques aux nombreuses et croissantes taxes et impositions assurant le fonctionnement de l’Etat (sujet aussi brûlant de nos jours que les menaces pesant su le climat)

                        la solution peut elle venir de l’Etat, juge et partie, la réponse parait s’imposer d’elle même au vue des palinodies et contorsions de groupes ou d’individus se réclamant de l’écologie politique que ce soit au niveau national ou européen ou plus encore l’instrumentalisation sans retenue qu’en font les gvts de tout bord.

                        de rares personnalités surnagent , bien isolées : Corinne Lepage, Eva Joly pour donner qques noms, cela tient surtout à leur intégrité (éthique personnelle) l’intelligence des situations, une vigilance sans relâche et les autres qualités propres aux leaders d’opinion : combativité et clarté d’expression.

                        Donner une orientation nouvelle à l’accomplissement des activités de transformation de la nature par l’homme et pour son usage (tte activité humaine engendre un passif écologique et engage l’avenir ...) passera probablement par des mobilisations de type Démocratie Participative (pour ce qui concerne la réforme et l’implication de l’Etat) mais tout aussi surement par des actions transnationales ciblées afin d’exercer des pressions sur les entreprises, là ou se situe le noeud du problème. 

                        merci pour cet article 

                        • Auxi 4 avril 2014 00:11

                          Un nombre incalculable de gadgets à la noix ne constituent certainement pas le « progrès ». On vit très bien sans portable, et pas coupé du monde pour autant. Nombre d’emplois, publics ou privés, sont des emplois-prétextes, parfaitement inutiles quand ils ne sont pas carrément nocifs. Lisez donc enfin Paul Lafargue, ce génial visionnaire qui avait TOUT COMPRIS, et dont TOUTES les prédictions se sont réalisées !


                          • rhea 1481971 4 avril 2014 06:59

                            En terme numérique nous avons conscience que de 2000 bits d’information sur les 400 milliards de bits que notre cerveau traite chaque seconde, rapport 2*10 puissance 8. Ceci pour comprendre la différence entre une tablette numérique et un livre papier. Une tablette numérique à une fréquence de rafraichissement, le cerveau l’enregistre mais on en n’en a pas conscience, un livre l’image de la page est stable.
                            On peut tenir le même raisonnement pour différencier un CD et un support analogique type disque vinyle. Dans les deux cas le progrès nous rendu les choses plus faciles mais nous avons perdu de la qualité dans les sensations perçues. Bilan humainement nous régressons.


                            • Scual 4 avril 2014 12:16

                              On peut obtenir une croissance perpétuelle... il suffit d’investir, de faire de la recherche et de travailler.

                              Malheureusement ça c’est uniquement d’un point de vue économique. D’un point de vue politique il faut aussi que le système fonctionne... c’est à dire qu’on ne se retrouve pas avec une ploutocratie parasite qui s’approprie tout et empêche tout changement.

                              D’un point de vue écologique, il faut aussi que des États forts et défendant l’intérêt général fassent appliquer des règlements et des lois très contraignantes et qu’ils les fassent respecter, parceque sinon la croissance sera synonyme de destruction de l’écosystème et de notre mort. Autant dire que si l’on en meurt la croissance ne risque pas d’être éternelle.

                              La croissance ne peut pas être désignée comme coupable de quoi que ce soit, c’est juste un indicateur économique et en plus il peut vouloir digne mille choses complètement différente. La croissance peut tout aussi bien être mauvaise que bonne... contrairement à la décroissance qui ne peut être systématiquement que mauvaise au passage. En tout cas s’en prendre à la croissance en la désignant comme ennemi est une attitude irrationnelle, incohérente et antisociale. La croissance n’est rien du plus qu’un indicateur des activités humaine, comme je l’ai dit ces activités peuvent être aussi bien bonnes que mauvaises, mais s’en prendre à l’activité humaine comme si c’était ça le problème, c’est s’en prendre à l’Humanité.


                              • Le Yeti Le Yeti 4 avril 2014 12:17

                                2007 = Peak Oil.

                                Ce n’est jamais la réalité qui s’est trompée ...


                                • Loatse Loatse 4 avril 2014 13:10

                                  La croissance à l’infini n’est pas possible. c’est un fait, déjà quantifiable au niveau de l’épuisement des matières premières qui se profile non pas dans quelques siècles mais dans une centaine d’années tout au plus.. 

                                   Continuer à polluer l’air, les rivières, les mers, la terre ne peut que nous mener à une catastrophe écologique majeure auquel cas, la question de posséder ou produire tel ou tel smartphone ne se posera plus...

                                  Mais puisque nous avons mésusé de ce que la nature, généreuse mettait à notre disposition tout en nous endettant au delà de nos possibilités, la décroissance s’imposera à nous que nous le voulions ou non.

                                  Cela n’empêche pas le progrès, mais si le progrès consiste à sans cesse trouver de nouveaux traitements médicamenteux pour des maladies de civilisation induites justement par notre mode de vie stressant et nutritionnellement aberrant, à fabriquer des robots soldats, à fabriquer truites et saumons géants d’élevage (gustativement à chier), là aussi il faudrait redéfinir ce que l’on appele progrès...


                                  • Le Yeti Le Yeti 4 avril 2014 13:32

                                    Bonjour Loatse.

                                    Je suis bien d’accord avec toi mais je reconnais bien là ta délicatesse et ton optimisme.
                                    « Une centaine d’année » avant épuisement, pour bien des matières premières cela se résume plutôt à 30 ou 40 ans (sans parler du Peak food !).
                                    Quant au progrès, je vais enfoncer le clou en rappelant qu’aujourd’hui on ne sait toujours pas recycler les écrans plats et qu’à l’origine, il y avait jusqu’à sept épis sur une seule tige de blé ...


                                  • Scual 4 avril 2014 21:57

                                    Loatse, il y a dans les 7000 milliards de galaxies dans l’univers visible.

                                    Dire que les matières premières sont bientôt épuisées est absurde.

                                    En ce qui concerne la planète Terre on estime à une quantité colossale les ressources non découvertes, difficilement exploitables ou inexploitables pour l’instant. Bref ce discours est un gigantesque attrape nigaud, c’est tout simplement factuellement faux... et je ne parle même pas des ressources déjà transformées qui ne se sont pas envolées par magie mais ne sont simplement pas recyclables ou reconvertissables efficacement... pour l’instant.

                                    Les hydrocarbures eux, seront effectivement bientôt très chers, difficiles et polluants à exploiter pour ceux d’origine minérale, ou bien il faudra en produire de renouvelables au détriment de l’agriculture vivrière ce qui aboutit à une catastrophe gigantesque... et ne résout en rien les problèmes de pollution et de dérèglement du climat. Cependant il existe déjà des tas de méthodes ou pour les remplacer. Elle ne sont pas optimisées ou rentables pour l’instant mais elle le deviendraient si on y mettait les moyens, et de toute façon il y en a des tas d’autres qui finiront par apparaitre mais qui n’existent pas pour l’instant.

                                    Le seul problème c’est que des intérêts gigantesques s’opposent au changement et au progrès... ils préfèrent que tout le monde crève sauf eux plutôt que de voir leur rente de situation devenir obsolète et l’origine de leur pouvoir disparaitre. Les USA par exemple ont comme SEULE origine de leur pouvoir le contrôle militaire des ressources pétrolières mondiales. RIEN d’AUTRE. C’est grâce à ça qu’ils peuvent imposer le dollar comme seule monnaie d’échange pour le pétrole et c’est en réalité la seule raison pour laquelle cette monnaie a encore la moindre valeur tout court. Les USA s’effondreraient totalement si on remplaçait les hydrocarbures...

                                    Tout sera fait pour que l’on ne remplace pas le pétrole. Parmi leur nombreuses opérations de manipulation pour nous faire accepter voir réclamer la pauvreté plutôt que le changement, on trouve cette théorie de la raréfaction des ressources et de la décroissance, qui est scientifiquement l’équivalent moderne d’un « la terre est plate ».

                                    Il y a bien des problèmes. La pollution. Le manque d’investissement. Le système politique corrompu. La propagande. etc Oui des problèmes il y en a, mais la raréfaction des ressources ne vaut que pour les hydrocarbures et on sait déjà comment on pourrait les remplacer à grande échelle à plus ou moins long terme, mais concrètement presque tout les centres de pouvoir du monde s’y opposent malgré les discours exactement inverse qu’ils tiennent... il faut dire que si c’est des centres de pouvoir, ça signifie qu’ils profitent du système et de l’ordre mondial actuel et donc qu’ils risquent de tout perdre à un changement alors qu’ils n’ont rien à y gagner.

                                    En tout cas il y a des tas d’opinions, de théories et d’idées intéressante concernant la meilleure direction à prendre pour l’avenir mais une chose est sure : le discours de la raréfaction des ressources et l’idéologie de la décroissance est une gigantesque manipulation pour détourner l’écologie de son objectif premier puisque sa décrédibilisation a échoué. La décroissance est un moyen de faire passer la récession et l’austérité pour des objectifs souhaitables... bref c’est une sorte de cinquième colonne de droite dans le mouvement écologiste.


                                  • DsrEvil DsrEvil 4 avril 2014 22:22

                                    @Scual : 

                                    Je te conseille la lecture de L’île des naufragés . La croissance n’est que de la création de masse monétaire, cette création d’argent est expliquée à l’échelle de quelques personnes dans cette nouvelle, mais le principe à l’échelle mondial reste le même. Voilà pourquoi il faut toujours plus de croissance ! sinon, le système s’écroule...
                                    Et c’est ça que l’article critique, le fait de cette recherche de croissance à tout prix ! La « décroissance » de l’article n’a absolument rien de nocif, contrairement à cette recherche de croissance inconditionnelle.


                                  • Le Yeti Le Yeti 5 avril 2014 12:45

                                    Tu as raison, Scual ; on n’est pas grave dans la merde, pour l’instant ...


                                  • Scual 5 avril 2014 13:40

                                    J’ai lu et je ne suis absolument pas d’accord avec l’extrême simplification aboutissant à une erreur factuelle sur ce qu’est la richesse et l’argent. L’ile des naufragés est une tromperie par rapport à la réalité.

                                    L’argent est la représentation physique de la richesse créée. Il est non seulement normal, mais indispensable que la masse monétaire augmente pour compenser l’augmentation réelle de la richesse due au travail, en dehors des gains de productivité bien sur.

                                    En clair si la masse monétaire est de 1000 pièces au moment ou l’on a 10 brouettes, il faudrait que l’on ait une masse monétaire de 2000 pièces au moment où l’on en a 20. Je met de coté les gains de productivité et la loi du marché pour simplifier, hein.

                                    Donc dans le cas des abrutis de l’ile, ils ont oublié d’injecter dans l’économie la valeur des richesses qu’ils ont créé ce qui veut dire que tout ce qu’ils ont produit depuis qu’ils ont eu l’argent ne vaut rien et diminue même la valeur en argent des richesses produites avant ! En clair plus ils travaillent, moins ils créent de richesse. C’est complètement débile.

                                    L’idiot qui a écrit ce truc veut nous faire croire à un système ou toute la richesse produite par l’humanité aura toujours la même valeur fixe et que la masse monétaire ne change pas, que jamais on aura l’argent pour rembourser le moindre crédit, à cause d’un manque d’argent alors que dans les faits on est même en pleine bulle inflationniste au niveau boursier à cause de planches à billets qui tournent à plein régime, que l’argent vaudra toujours de plus en plus cher puisque si la masse monétaire ne change pas alors que la production augmente, il faudra de plus en plus de biens à échanger pour obtenir la même valeur monétaire.

                                    En clair l’ile des naufragés décrit un système qui n’existe... nulle part et même on peut dire qu’il est pratiquement EXACTEMENT l’inverse de notre réalité.

                                    De plus cela n’a absolument aucun espèce de rapport avec la croissance. La croissance ça veut dire que quand ils arrivent sur l’ile il n’y a rien, mais qu’à force de travailler, il y a d’abord une cabane puis, une maison, des champs cultivés, des enclos... et qu’une fois qu’il y a tout ça, ils feront des enfants à qui il faudra aussi des maisons, puis ils finiront par être assez à produire la nourriture de manière suffisamment efficace pour permettre à d’autres de diversifier la production et créer de nouvelle richesses fabriquer un bateau vers une autre ile et ainsi de suite.

                                    La croissance c’est l’indicateur qui évalue les changements dans la création de richesse d’une année à une autre. PAS LA VALEUR. La monnaie est sensée représenter la valeur de la richesse. On peut effectivement jouer avec le feu en traficotant avec celle-ci et aboutir à des manipulations en ce qui concerne l’évaluation de la croissance, mais au final la monnaie reste une toute autre question.

                                    Pour finir je critique moi aussi la croissance à tout prix si vous avez bien lu mon message. La croissance peut être bonne OU mauvaise, et à tout prix, ça bien dire qu’on garde tout ce qui est mauvais et je suis radicalement contre... Cela dit je critique au même niveau la décroissance : la décroissance est TOUJOURS mauvaise. La décroissance ne peut en aucun cas être autre chose que le signe d’une paupérisation. C’est absolument certain. La décroissance est même le nom scientifique en économie de la paupérisation qui est son nom dans les science sociales. Paupérisation et décroissance sont des synonymes. Enfin son vraie nom est récession mais ça vend moins alors ils ont changé son nom alors que c’est exactement ça... et j’ai lu les textes des décroissants expliquant la différence entre décroissance et récession : il n’y en a aucune à part les bonnes intentions.

                                    Il n’y a pas de salut économique ET écologique en dehors d’une moralisation de la croissance. La décroissance est au moins aussi néfaste que la croissance aveugle actuelle dont les fruits ne sont pas bien partagés. Même écologiquement hein ! allez dire à des gens qui crèvent de faim de ne pas mangers des espèces protégées, ou a des gens qui crèvent de froids de pas bruler les pneus qu’ils ont trouvé et de faire attention à l’impact environnemental de leur existence alors qu’ils cherchent à échapper à la mort... et de toute façon si vous croyez qu’ils revoteront une seule fois pour un tel programme au lieu de tous retourner chez le gentils et protecteur capitalisme prédateur productiviste et pollueur qu’ils auront tous pu juger comme tellement mieux.

                                    Je comprend l’intention annoncée des décroissant, leur intentions sont bonne, mais ils se trompent sur le sens de presque toutes les notions qu’ils utilisent et même leur postulat de base est factuellement faux : les ressources ne s’épuisent pas, l’univers est infini, l’imagination, l’intelligence et la créativité aussi ce qui signifie concrètement que la science et les techniques peuvent aussi se développer à l’infini et que donc la productivité aussi peut augmenter indéfiniment. Il n’y a que dans le cas des hydrocarbures d’origine minérale que les ressources s’épuisent et ils sont remplaçables en plus de pouvoir être produits autrement... Bref l’idéologie de la décroissance repose sur une gigantesque mystification.

                                    Ce que je demande simplement à ceux qui se font les apôtres de la décroissance, c’est de au lieu de suivre une idéologie qui tient plus de la religion que de la rationalité, de chercher concrètement et rationnellement à vraiment comprendre et connaitre les choses dont ils parlent, sinon ils ne débattent pas, ils prêchent, sinon ils ne réfléchissent pas, ils répètent et pour finir ils verront que si leurs solutions valent peut-être pour le monde imaginaire qu’ils décrivent, elles ne valent ne valent pas pour le monde réel dans lequel nous vivons. Bref il faut arrêter de croire à tout ce que les décroissants vous racontent et vérifier et prendre du recul à chaque fois. Vous verrez que ça ne tient en réalité pas debout et que pour atteindre vos objectifs, qui sont effectivement bons et vertueux, il faut forcément suivre une autre voie.

                                    Les chemins qui mènent à l’enfer sont pavés de bonnes intentions... la décroissance est à 100% l’une de ces mauvaise voies.


                                  • joletaxi 6 avril 2014 19:59

                                    quelle journée !
                                    un soleil radieux, un mistral pas trop envahissant, un article du Mage cabalistique,un article de Reopen, un article de contrepoint sur le végétarisme( il en est à plus de 350 commentaires !) et enfin, cerise sur le gâteau, un commentaire sensé, bien argumenté, que j’avais hésité à lire,comme quoi l’exception...,
                                    Je suis parfaitement d’accord avec ce que vous avez développé, j’ajouterai que ce sont les sociétés les plus « riches » qui se préoccupent le plus de l’environnement, cf nos amis teutons(même s’ils se fourvoient complètement, mais l’intention et les moyens y sont)
                                    Et le plus puissant moteur de développement, c’est l’accès à l’énergie, la moins chère, la mieux partagée, tout le contraire de ce que prône la mouvance.

                                    Comment est-ce possible que dans un pays comme l’allemagne, 700.000 foyers soient dans ce que prudemment, on appelle, la précarité énergétique, c’est un scandale sans nom.
                                    Quand ces énergumènes verts s’ingénient à empêcher le financement d’une centrale à charbon en Afrique du Sud, ils tuent les gens, c’est une honte.
                                    En ce sens , c’est flibusterie de lutte contre le réchauffement climatique(oups, dérèglement, oups, disruption, oups....) est un vrai crime contre l"humanité.

                                    en tout cas, merci You make my day


                                  • Loatse Loatse 4 avril 2014 14:04

                                    Bonjour le yeti

                                    tu dis :

                                    Quant au progrès, je vais enfoncer le clou en rappelant qu’aujourd’hui on ne sait toujours pas recycler les écrans plats

                                    humpf, ca peut se transformer en tables de nuit ou à plantes vertes, en étagères, en murs pour cabane de jardin ou en oeuvres d’art à la césar, concassées... 

                                    Le futur sera kitch ou ne sera pas.... smiley


                                    • Le Yeti Le Yeti 5 avril 2014 12:46

                                      MDR !

                                      Excellente idée !...  smiley


                                    • Alain SOULOUMIAC 28 août 2014 16:12

                                      IMAGINATION INFINIE


                                      La croissance ne résulte pas d’un don gratuit de la nature - auquel cas on pourrait la considérer finie. 

                                      La croissance résulte de l’esprit humain qui crée et ajoute quelque chose à la nature. C’est cet ajout qui est la source de la croissance.

                                      L’imagination de l’être humain est infinie. Les surfaces cultivées en France ont diminué. Depuis toujours, l’être humain produit plus avec moins. 

                                      Au cours de ces deux derniers siècles, il a abîmé son environnement. Il est indispensable que son imagination et ses investissements soient mis au service de la protection de la Planète.

                                      Dire que c’est impossible est destructeur. C’est possible. C’est encore une question de croissance (développement durable) et de volonté (bonne gouvernance).

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