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Trump va-t-il s’effacer du paysage politique américain ?

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Maintenant que Donald Trump est officiellement l’ancien président des États-Unis, de nombreuses questions se posent sur son sort politique. Va-t-il se représenter aux élections présidentielles de 2024 ou bien sera-t-il légalement et rapidement bloqué par le Congrès s’il est déclaré coupable d’incitation à l’assaut du Capitole le 6 janvier ?

Trump retournera-t-il au business et à l’immobilier ou conservera-t-il sa place dans le circuit politique américain ? Bien sûr, nul ne peut prédire le comportement de l’ancien président américain. C’est ainsi qu’il était au pouvoir et restera après avoir quitté ses fonctions.

Mais sa page ne se pliera sûrement pas de sitôt. Il se peut qu’elle ne se plie tout simplement pas, du moins dans un avenir prévisible. Trump a réussi à désarçonner la démocratie américaine.

Les «  cicatrices  » laissées par lui ne sont pas faciles à guérir. Il suffit de dire qu’il a provoqué un épisode qui ne s’est jamais produit en près de 150 ans dans l’histoire des USA, lorsqu’il a refusé de prendre part au transfert officiel du pouvoir au nouveau président. Trump a tenu à maintenir la scène américaine divisée.

C’est une division que le président Biden a reconnue. Dans son premier discours immédiatement après l’inauguration, il a cherché à détendre l’atmosphère et à guérir les blessures. Mais ce ne sera pas aussi facile que l’imaginent certains. Les États-Unis laissés par Trump ne sont désormais plus celles que le monde connaît.

De nombreux spécialistes et chercheurs parlent des conséquences de l’isolationnisme américain et de l’approche du président Trump concernant le leadership américain en matière d’ordre mondial. Certains vont même jusqu’à parler de signes d’érosion de l’empire américain, comme ce qui est arrivé à l’ex-URSS.

Ce qui m’importe dans tout ce que l’ancien président Donald Trump a dit dans ses derniers jours à la Maison Blanche, c’est la promesse qu’il a faite dans son discours d’adieu, si vous voulez, de revenir au pouvoir d’une façon ou d’une autre. Ces mots doivent être pris au sérieux.

Ce n’est pas comme certains le pensent, des phrases pour sauver la face et préserver la dignité et la fierté (avec la façon dont il a choisi de sortir de la scène seul, isolé même sans son proche personnel présidentiel), ou une autre promesse ou menace sans lendemain. Ce qui me semble intéressant dans cette déclaration, c’est que Trump a l’intention de rester sur la scène politique américaine.

Quelles que soient ses chances de réussir ce projet, qui est étroitement conditionné par les prochaines démarches du Congrès, ses intentions continueront de faire diviser et de compliquer les efforts visant à combler le fossé national. Trump fait vibrer la corde sensible de ses électeurs, quelque 74 millions qui ont voté pour lui lors de la dernière élection présidentielle. Ils forment un segment énorme de l’électorat du parti républicain.

Trump parie sur l’adhésion de tous ces gens à un nouveau parti politique qu’il a l’intention de créer. Le parti serait basé sur ses slogans et idées nationalistes, que beaucoup accusent d’enflammer le racisme, la xénophobie et le suprémacisme blanc. Trump a également l’intention de lancer une plateforme médiatique qui parle pour ce mouvement, promeut et défend ses idées.

Le nœud du problème, à mon avis, est que le maintien de Trump sur la scène politique américaine sera particulièrement périlleux pour les républicains. Leur parti verra une partie de son poids diminuer. Le nouveau parti sera actif dans des zones traditionnellement contrôlées par les républicains.

De plus, pour beaucoup de ses électeurs, Trump est toujours considéré comme une victime des allégations de «  vol  » d’élections et d’autres idées qui ont été propagées sous sous silence des républicains. Selon des sondages, environ 50 % des électeurs républicains croient les affirmations de Trump concernant les résultats de la dernière élection présidentielle.

La majorité d’entre eux soutiennent l’attaque du Capitole, symbole de la démocratie américaine. Plus de la moitié de ces électeurs soutiennent le désir de Trump de se présenter à la prochaine élection présidentielle en 2024. Un sondage Reuters/Ipsos réalisé immédiatement après le siège du Capitole a montré que 70 % des républicains restent fidèles à Trump.

Ma conviction est que la présence de Trump dans la vie politique américaine donne du poids à l’extrême droite. Ça risque de nuire à la mission du président Biden de mettre en œuvre son programme politique domestique.

Je crois que le fait d’être hors du poste donne à Trump une grande opportunité de se diffuser médiatiquement et de se libérer des contraintes de sa fonction de sorte que ses tendances de droite se voient renforcées et que la fracture sociale s’accentue.

Trump restera un personnage principal dans l’arène politique américaine, à moins que le Sénat américain n’appuie sa condamnation pour avoir provoqué le raid au Capitole et mettre une croix sur son avenir politique.

Même dans ce cas, le trumpisme restera présent chez des millions d’Américains, y compris chez de nombreux hommes politiques, parmi lesquels il y aura des gens qui chercheront à prendre la relève. En d’autres termes, le trumpisme restera même sans Trump. Les conditions que l’ancien président a réussi à exploiter pour remporter l’élection présidentielle de 2016 restent là.

Trump a fait campagne à l’époque en tant que personne sans passé politique et n’appartenant pas à un parti existant. Mais il a adressé ceux qui ont perdu la foi dans les partis et les politiciens traditionnels. Ceux-ci ont voulu voir leurs ambitions exprimées. Ils sont le segment de l’électorat qui a le plus soutenu Trump jusqu’à présent.

 


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2 réactions à cet article    


  • Parrhesia Parrhesia 27 janvier 10:40

    >>> ...La majorité d’entre eux soutiennent l’attaque du Capitole, symbole de la démocratie américaine.<<<

    Vu depuis un « extérieur neutre », il ne s’agit pas d’une « attaque » mais bien d’une « reconquête symbolique » du temple de la démocratie américaine.

    Quant au procédé consistant, dans un système bipartite, à éliminer tout opposant de l’un ou de l’autre parti pour assurer la victoire de l’un ou de l’autre parti, je dois dire que Staline, en d’autres temps et autres lieux, n’aurait pas fait mieux !!!

    C’est ce que sont en train de faire les véritables maître embusqués des petits-enfants de l’ancien Uncle Sam.

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